Camarade Japonais !

Le Fond de l'Air est Rouge

J’aime l’Histoire. Je crois vous l’avoir déjà dit. Parmi les nombreux sujets qui m’interpellent, celui traité par le réalisateur Chris Marker dans son documentaire Le Fond de l’Air est Rouge, dans lequel il revient sur la révolution d’extrême-gauche qui secoua le monde dans les années 60. Là où cela rejoint mon intérêt pour les manga, c’est que parmi les pays évoqués, où se déroulent des manifestations étudiantes et ouvrières d’importance, il y a le Japon. Oui, le Japon, ce pays industrieux, travailleur, plutôt conservateur. Le Japon a aussi connu son Mai 1968, sauf que celui-ci aura duré bien plus d’un mois.
Retour sur une période méconnue en France, ses origines, sa disparition, et son lien avec les manga. Je tiens tout-de-même à préciser, avant de commencer, que je ne suis pas historien.

Août 1945. Capitulation du Japon, suite à la destruction par le feu atomique de Hiroshima et Nagasaki. Les USA occupent le pays, imposent une nouvelle constitution qui établit l’égalité homme/femme et stipule – à travers son Article 9 – que le Japon renonce à la guerre ; un camouflet pour un pays avec une telle tradition militaire. Nous pourrions être tenté de dresser un parallèle avec l’Allemagne, mais il ne tiendrait pas longtemps. Déjà, les procès de Tokyo, équivalent de Nuremberg, ne voient défiler qu’un nombre limité de criminels de guerre, ou en tout cas rien de comparable avec les rescapés du Reich. Les membres de l’Unité 731, qui expérimentaient toutes sortes de traitements monstrueux sur la population chinoise, retournent à la vie civile comme si de rien n’était. Pour maintenir la cohésion, l’Empereur ne sera jamais remis en cause, même si son rôle reste dès lors avant tout symbolique. Quant à la population, elle est invitée à ne pas poser de questions.

Le devoir de mémoire se fera peu. La Guerre du Pacifique se transforme en détail des manuels d’histoire, les causes laissées de côté. Seule certitude : les Américains ont envahi le pays, et la population en paye le prix fort.
La génération de l’après-guerre, celle du Baby Boom, grandira dans ce contexte particulier, presque schizophrène, entre des parents attachés aux traditions conservatrices et bellicistes dans lesquelles ils ont été élevés, une défiance envers ces mêmes ainés – considérés comme responsables de la guerre et de la défaite, et de la situation qui a suivi – une modernisation galopante du Japon sous l’impulsion américaine, et un rejet de l’impérialisme américain.
Des Américains d’autant plus présents que, après le basculement de la Chine du côté de Moscou et la séparation des deux Corée, les USA ont besoin d’alliés solides dans le secteur, et donc de relations privilégiées avec le Japon, qui se traduiront en particulier par des accords comme le Traité Mutuel de Sécurité États-Unis-Japon en 1951, et surtout le Traité de Coopération Mutuelle et de Sécurité entre les États-Unis et le Japon en 1960, qui conduira à un premier épisode de manifestations.

Manifestations contre le Traité de Coopération Mutuelle et de Sécurité (1960)

Manifestations contre le Traité de Coopération Mutuelle et de Sécurité (1960)

L’influence américaine se ressentira sur plusieurs points. Déjà, économiquement, avec une modernisation à marche forcée du Japon, favorisée notamment à un taux de change entre le Dollars et le Yen bloqué de manière artificielle, mais qui rend l’importation de marchandises nippones très avantageuse. Une modernisation qui va, dans le même temps, dérégler les automatismes traditionnels de la société japonaise, provoquer une désertion des campagnes et une urbanisation déshumanisante.
Politiquement, le principal intérêt du Japon dans cette région du monde, reste qu’il ne s’agit pas d’un pays « rouge », une situation qui ne doit surtout va évoluer dans le mauvais sens. Aussi, il ne fait pas bon d’être communiste au Japon, la répression – déjà sévère dans le pays, notamment depuis des lois spécialement votées dans les années 20 – s’intensifie. Les pouvoirs publics et les industriels iront jusqu’à faire appel à des yakuzas pour casser les grèves.
Enfin, c’est peut-être un des points les plus importants, les USA se serviront du Japon, notamment d’Okinawa, comme base arrière durant les conflits en Asie, en particulier au Vietnam. Une présence militaire vivement contestée, notamment par les populations étudiantes attachées à l’Article 9, opposées à la fois à la guerre et aux Américains eux-mêmes.

Manifestations étudiantes en 1968

Manifestations étudiantes en 1968

Devenus adolescents puis jeunes adultes, nos baby-boomers présentent plusieurs caractéristiques, des plus triviales aux plus graves.
Déjà, ils sont les premiers à avoir grandis avec le manga comme phénomène de société, et de fait les premiers à continuer à en lire une fois adulte. Les éditeurs s’adaptent à ce lectorat, leur proposant des œuvres qui, sans être nécessairement classifiés comme seinen, se montrent plus sombres, plus ancrées dans la réalité, plus en phase avec leurs attentes. Des manga comme Ashita no Joe, racontant la misère et la révolte de son héros. Le personnage sera largement repris comme symbole par les manifestants.
Pour leurs études, nombre d’entre eux découvrent la ville, loin de leur foyer, seuls dans des appartements sans âme. Sans le sou, sans loisir, certains n’hésiteront pas à participer aux manifestations uniquement pour se changer les idées, car cela les amuse et les sort de leur quotidien.
Comme indiqué tantôt, ils s’opposent à la société encore ultra-conservatrice héritée de leurs ainés, aux Américains, et même à la Gauche traditionnelle, considérée comme partie intégrante du système, et supplantée par les partis étudiants. Beaucoup redécouvrent Marx, Lénine, et passent du côté du Communisme.

Manifestations devant la Diète (1968)

Manifestations devant la Diète (1968)

Enfin, et c’est un élément à ne pas négliger, ils ont l’impression d’avoir été trahis. Dès leur plus jeune âge, ils ont étudié sans relâche, avec au bout du chemin la promesse de l’université, d’une émulation positive entre professeurs et élèves, et au final, la garantie d’une bonne place dans une bonne entreprise.
Seulement, ça, c’était l’université de leurs parents, celle réservée aux élites, où les professeurs avaient suffisamment peu d’élèves pour se consacrer à chaque individu, et où il y avait finalement moins de compétition à la sortie.
Les universités que vont découvrir les baby-boomers n’ont strictement rien à voir ! Immenses, construites récemment pour accueillir la première génération à accéder en masse aux études supérieures, où les professeurs font cours devant des amphithéâtres bondés, où l’individu n’existe plus, et où les études ne garantissent plus l’accès à un poste avantageux.
Avec tous ces éléments mise bout-à-bout, vous obtenez un cocktail explosif.

Emeutes à Shinjuku (1969)

Emeute à Shinjuku (1969)

Tout commence en 1965, avec les manifestations contre la guerre au Vietnam et la présence militaire croissante dans le pays. Mais c’est réellement en Janvier 1968, avec l’annonce d’un détournement de plusieurs milliards de Yens dans une des principales universités du pays, que la révolte étudiante explose. Une révolte qui prône une diminution des frais d’inscription à l’université, la liberté, l’anti-racisme, l’anti-fascisme, et même l’écologie – des scandales environnementaux liés à l’industrialisation, comme la Maladie de Minamata, ayant commencé à être révélés – dans un premier temps largement soutenue par la population, qui comprend leurs revendications ; même si plus le temps passe, plus ce soutien diminue.
Parmi les nombreuses luttes menées par les étudiants, l’opposition à l’arrivée du porte-avions américain USS Enterprise au Japon, ou le refus de l’expropriation massive des agriculteurs de Narita, où un nouvel aéroport doit être construit (j’ai déjà entendu ça quelque part).
En Mai 1968, les universités sont bloquées. Les affrontements avec les forces de l’ordre se font de plus en plus violents.

Opposition au projet de construction de l'aéroport de Narita

Opposition au projet de construction de l’aéroport de Narita (1966)

Plusieurs facteurs viennent expliquer la fin du mouvement, outre la lassitude face à l’immobilisme des pouvoirs en place. Déjà, il ne faut surtout pas croire qu’il s’agissait d’un phénomène concerté, coordonné ; de nombreux groupes ou partis étudiants se battaient presque plus entre eux que contre les forces de l’ordre, d’où un effondrement prévisible. Ensuite, avec la diminution du soutien populaire, le gouvernement peut promulguer des lois plus restrictives, autorisant une répression plus musclée des manifestations et une arrestation massive des meneurs ; un problème d’autant plus urgent que, en 1970, doit se tenir le renouvellement du Traité de Coopération Mutuelle et de Sécurité, que rien ne doit empêcher. Pour la petite histoire, ce renouvellement se fera sans problème.
Pour la révolution japonaise, la messe est dite. Mais ce sont d’autres événements qui vont condamner le souvenir même de ces manifestations, au point que leurs meneurs cherchent aujourd’hui à cacher autant que possible y avoir participé, afin de ne pas se voir associés à leurs aspects les plus indéfendables. Là où, en France, nous gardons une vision romantique de Mai 68.

Prise d'assaut de Todai par les forces de police (1969)

Prise d’assaut de Todai par les forces de police (1969)

Avec la fin – et donc l’échec – du mouvement, les étudiants les plus radicaux et les plus politisés vont créer de nouveaux groupes, dont deux deviendront tristement célèbres : l’Armée Rouge Unifiée (Rengô Sekigun), née de la fusion entre de la Faction Armée Rouge (Sekigunha) de Tsuneo Mori et du Groupe de Lutte contre le Traité Conjoint de Sécurité Keihin (Keihin Anbo Kyôtô) de Hiroko Nagata, et l’Armée Rouge Japonaise (Nihon Sekigun), fondée par Fusako Shigenobu à partir de la branche internationale de la Faction Armée Rouge. Ces deux groupes et leurs membres feront largement parler d’eux, avant et après leur création officielle.
En 1970, des membres de la Faction Armée Rouge détournent un avion, prennent les passagers en otage, et exigent d’aller en Corée du Nord, afin d’y subir un entrainement militaire et ainsi se préparer à la révolution armée. Leur entreprise est couronnée de succès et ils finissent par atterrir à Pyongyang. Mais ils ne rempliront jamais leur objectif : plusieurs disparaissent mystérieusement, certains en essayant de quitter la Corée du Nord clandestinement. Les survivants finiront par demander à retourner au Japon, même s’ils doivent subir des condamnations pénales pour leurs actes.
L’histoire la plus tristement célèbre se produit en 1972. L’Armée Rouge Unifiée effectue une retraite dans les montagnes, qui va rapidement déboucher sur une purge interne de tous les éléments jugés insuffisamment engagés dans le mouvement. Quatorze personnes y perdront la vie. Les survivants seront arrêtés, dont certains après qu’ils aient pris en otage la gouvernante d’un gite ; les caméras de la télévision japonaise suivent la situation pendant plusieurs jours, scellant définitivement l’image des mouvements étudiants auprès de la population.

Prise d'otage par des membres de l'Armée Rouge Unifiée

Prise d’otage par des membres de l’Armée Rouge Unifiée (1972)

De son côté, l’Armée Rouge Japonaise s’allie au Front Populaire de Libération de la Palestine, mouvement nationaliste marxiste qui deviendra la seconde force au sein de l’Organisation de Libération de la Palestine, derrière celle conduite par Yasser Arafat. Petite anecdote, les réalisateurs Masao Adachi et Koji Wakamatsu iront tourné un documentaire sur l’Armée Rouge Japonaise, que Masao Adachi va finalement rejoindre et dont il va rester un membre actif, passé dans la clandestinité, pendant près de 30 ans.
Leur première action d’importance est l’attaque de l’aéroport de Tel Aviv, en 1972, qui fait 26 morts. Elle sera suivie par l’attaque de l’ambassade de France aux Pays-Bas en 1974. La plupart des membres, dont Masao Adachi, sont arrêtés puis extradés au Japon à la fin des années 90. Fusako Shigenobu, quant à elle, est arrêtée au Japon en 2000, et prononce la dissolution du mouvement en 2001.
Ces attentats et ces meurtres – auxquels s’ajoutent ceux perpétrés par le Front Armé Anti-Japonais d’Asie de l’Est (Higashi Ajia Hannichi Busō Sensen) à partir de 1974 – considérés comme le prolongement des mouvements de contestation étudiants des années 60, pourtant légitimes, auront un effet désastreux sur l’image de ces mouvements, dont les meneurs d’alors vivent désormais dans l’anonymat.

Avis de recherche de membres de factions d'extrême-gauche

Avis de recherche de membres de factions d’extrême-gauche

Et dans les manga ? Le phénomène peut se diviser en deux catégories : ceux de l’époque, qui se font l’écho de ce bouillonnement social ou de la situation complexe dans lequel se trouve le Japon d’alors, et ceux qui reviennent sur ces événements. Il s’avère difficile d’en prendre la mesure en France, étant donné que – malgré une volonté de la part de certains éditeurs – les titres patrimoines restent une exception, et que les œuvres plus politisées peinent à trouver leur public, dans un marché où les manga sont jugés avant tout en fonction de leur capacité à divertir les lecteurs. Même au Japon, à l’heure actuelle, la majorité des auteurs et éditeurs rechignent à proposer des titres engagés, par peur de s’aliéner une partie de leur public.

Kamui-den

J’ai déjà évoqué Ashita no Joe. Avant de le lire, je croyais qu’il s’agissait d’un simple manga sportif, alors qu’il n’en est rien. Dans le premier tome, nous découvrons un Japon oublié par la reprise économique, mis à l’index, et des individus prêts à tout pour se sortir de ce quotidien. Des individus tels que Joe Yabuki, orphelin, voyou, qui va trouver dans la boxe un moyen de lutter contre les élites, avec une faim et une rage sans pareil.
En 1964, Sanpei Shirato se lance dans l’écriture de Kamui-den, manga ouvertement d’inspiration marxiste, qui à travers sa peinture de l’ère Edo dénonce les inégalités de la société japonaise moderne et appelle à la lutte des classes.
De son côté, en 1970, Tatsuhiko Yamagami choisit la dystopie pour pousser à l’extrême les contradictions du Japon dans Les Vents de la Colère. Le résultat manque de subtilité, mais s’attaque violemment aux causes et conséquences de la maladie de Minamata, à la remilitarisation du Japon, et à ses liens avec les Etats-Unis.
Au-delà de ces exemples précis, des mangaka de l’ancienne génération comme Osamu Tezuka, Go Nagai, Shotaro Ishinomori, ou évidemment Shigeru Mizuki, ont largement propagé dans leurs écrits des messages anti-militaristes et profondément pacifistes. Osamu Tezuka qui, soit dit en passant, évoque les révoltes étudiantes (et certains de leurs aspects les moins élogieux) dans une histoire de son recueil Sous notre Atmosphère ainsi que dans son œuvre inachevée Neo Faust.

Ashita no Joe

Pour les raisons mentionnées tantôt, les titres récents revenant sur ces événements se font encore plus rares chez nous que ceux d’époque. Le plus souvent, il s’agit de séries se déroulant dans les années 60/70, qui vont les mentionner comme éléments du décor ou à travers un personnage en particulier, comme dans Kids on the Slope.
La seule exception véritable me venant à l’esprit concerne Eiji Otsuka, qui à travers Mishima Boys et Unlucky Young Men – œuvres qu’il a d’ailleurs eu du mal à imposer au Japon – revient sur plusieurs faits marquants de la fin des années 60, avec une attention particulière portée aux révoltes étudiantes.
Mais justement, en parlant de Mishima Boys, il ne faut surtout pas croire que tout le Japon penchait alors vers le socialisme, loin s’en faut : les mouvements militaristes opposés à l’Article 9 et ultra-nationalistes ne manquaient pas, un étudiant assassina un politicien de la gauche japonaise durant un rassemblement, et Yukio Mishima, auteur connu pour prôner l’impérialisme japonais, s’est suicidé après avoir exhorté l’armée nippone à se soulever contre le gouvernement.

Unlucky Young Men

Si le sujet vous intéresse, quelques recommandations. Pour commencer, l’indispensable Le Fond de l’Air est Rouge de Chris Marker, même si ce documentaire passionnant ne s’attarde pas uniquement sur le Japon. Tout aussi indispensable, je ne peux que vous conseiller United Red Army de Koji Wakamatsu, dont la première partie tient plus du documentaire sur les manifestations, tandis que la seconde essaye de reproduire le plus fidèlement possible la boucherie perpétrée par les dirigeants de l’Armée Rouge Unifiée ; un film d’autant plus réaliste que le réalisateur connaissait personnellement plusieurs des bourreaux et des victimes. Beaucoup plus expérimental et hermétique, vous pouvez essayer Armée Rouge – PFLP : Déclaration de Guerre Mondiale, documentaire sur l’Armée Rouge Japonaise par le même Koji Wakamatsu, épaulé par Masao Adachi, futur membre du groupe. Masao Adachi qui, après avoir purgé une peine de prison au Japon, réalisera le film autobiographique Prisoner / Terrorist, que je n’ai pas encore vu. Masao Adachi, toujours, qui avant de s’engager dans la guérilla, participera au tournage de La Pendaison de Nagisa Oshima, long-métrage éminemment politique contre la peine de mort, la religion organisée, la bureaucratie nippone, et le racisme de cette société, et qui apporte un éclairage particulier sur certains des événements dépeints dans Mishima Boys. Enfin, je vous conseille de regarder le documentaire d’Arte intitulé Le Japon, l’Empereur et l’Armée, extrêmement instructif sur le Japon de l’après-guerre et la main-mise des Américains.
Si vous avez d’autres œuvres à recommander, je suis tout ouï.

Armée Rouge PFLP - Déclaration de Guerre Mondiale

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5 commentaires pour Camarade Japonais !

  1. Natth dit :

    C’est un article très intéressant et complet sur une période dont on parle effectivement peu. Tu as fait une bonne synthèse et donné des pistes bien choisies.
    Le dernier épisode de Young Black Jack évoque aussi la radicalisation d’une partie de ces étudiants.

    Aimé par 1 personne

  2. Gemini dit :

    Il me semble qu’un chapitre de Black Jack évoque aussi ces manifestations, mais je n’ai pas mes tomes sous la main pour vérifier.

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  3. Rukawa dit :

    intéressant. merci pour la découverte de ce docu.

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  4. dit :

    Tu as le Gekiga « Sex and Fury », de Bonten Taro, qui raconte dans ses derniers chapitres le suicide de Yukio Mishima.

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  5. Ping : Unlucky Young Manga | Le Chapelier Fou

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