Chapitre second : l’Exode

Le titre de ce billet me paraissait logique, en parallèle de celui sur Mobile Suit Gundam, comme il traite de ce qui constitue bien sa suite dans l’Universal Century : Mobile Suit Zeta Gundam. En soi, Zeta n’a rien à voir avec l’Exode, c’est juste un effet de style.

Plusieurs années se sont écoulées depuis la débâcle des troupes de Zeon.
Pour traquer les derniers fidèles de la famille Zabi, la Fédération Terrestre a mis en place les Titans, une force armée initialement composée de mercenaires, puis de soldats tous originaires de la Terre. Persuadés de la supériorité des natifs de la planète-mère de l’humanité, les Titans n’ont que peu de considération pour les colonies et leurs habitants, et n’hésitent pas à faire régner l’ordre dans l’espace d’une poigne de fer. A cause de leurs exactions, un sentiment de révolte s’est progressivement développé au sein des colonies, symbolisé par l’AEUG, une organisation para-militaire.

Kamille Bidan est né sur une colonie, celle-là même où ses parents mettent au point un nouveau modèle de Gundam, le Mark II, pour le compte des Titans. Alors que des membres de l’AEUG investissent la colonie pour récupérer ces Gundam, Kamille prend le contrôle de l’un d’entre eux, et s’enfuie aux côtés des indépendantistes.

Cette fois-ci, le spectateur change de côté : après la guerre d’indépendance menée par la famille Zabi que nous avons suivi du point de vue de la Fédération, celle-ci apparaît désormais comme un ennemi à abattre, et nous vivons cette guerre avec les insurgés. Un choix expliqué par les actions menées par les Titans au nom de la Fédération, et qui ne surprend pas vraiment suite à MS Gundam, vu le traitement qui y fût parfois infligé au White Base et à son équipage par leur propre camp.

La première question qui vient à l’esprit en découvrant Zeta est simple : puisqu’il s’agit de la suite de MS Gundam, les anciens personnages sont-ils toujours là ? Réponse : Oui !
Bon, comme nous l’apprenons dès le premier épisode, je peux bien le dire : cette fois, Char se bat pour les «gentils» puisqu’il continue sa lutte contre la Fédération ; et il n’y a pas à dire : autant c’est un ennemi redoutable, autant il devient rassurant une fois à ses côtés, du moins du moment qu’il ne trahit personne.

L’équipage du White Base est là aussi, dans le «bon» camp ; même si leur rencontre fût le fruit du hasard, ils n’en demeurent pas moins des individus hors du commun, et les revoir dans le feu de l’action ne surprend pas vraiment. Toutefois, si la présence de certains est logique vu leur rôle dans les nouvelles forces belligérantes, les rencontres avec les autres apparaissent cette fois comme les fruits d’un hasard faisant beaucoup trop bien les choses. Les fans auraient sûrement râlé de ne pas les voir, mais leur présence est bien trop fortuite. A une exception près : un des principaux personnages de la première série ne prend pas part à l’histoire, et nous ne le voyons que dans une courte séquence, en parallèle de l’action ; de mon point de vue, le même procédé aurait dû être employé pour d’autres anciens protagonistes, ce qui aurait sans doute comblé les spectateurs sans pour autant nuire à la crédibilité du scénario.
Là où la présence de ces-derniers pose véritablement problème, c’est quand Amuro – l’ancien héros – rencontre Kamille – le nouveau héros. Là, les scénaristes donnent l’impression de ne plus trop savoir quoi faire, et Amuro finit par voler la vedette à son successeur le temps de quelques épisodes.

Sur l’ensemble de la série, les anciens personnages nous sont présentés comme plus charismatiques qu’ils ne l’étaient à l’époque de MS Gundam, ce qui dessert les nouveaux, plus banaux. Ils vont, ils viennent, ils disparaissent, mais peu d’entre eux sont vraiment marquants, hormis quelques Newtypes – complets, partiels, ou en passe de le devenir -, et Cyber-Newtypes (un nouveau concept trop exploité mais pas assez approfondi). Oui, ce sont les soldes chez les Newtypes, il y en a de partout.
Le problème d’avoir tant de personnages, c’est que les scénaristes s’aperçoivent à la fin qu’ils en ont gardé un trop grand nombre. Donc ils s’en débarrassent. Et comment se débarrasser d’un excès de personnages dans une série sur la guerre ? Je pense que vous voyez de quoi je parle. Sauf que là, les disparitions deviennent trop rapides et brutales, et au final, elles n’affectent même plus ; il y a saturation. Même le grand rival de Kamille est achevé de manière expéditive !

Concernant les méchas, je pensais que After War Gundam X en possédait un grand nombre de modèles, mais ce n’est rien comparé à Zeta. Les différents camps n’arrêtent pas d’en sortir de nouveaux, mais bien souvent limités à un ou deux épisodes ; ça en deviendrait presque lassant. Genre : «Regardez lieutenant, voici le tout dernier modèle, vous allez voir la différence» ; et le coup d’après, il pilote un autre MS de la mort qui tue…

Bon, je passerai sur la qualité technique – si vous ne jugez que par le récent, passez votre chemin à moins d’être fan de Gundam – pour me focaliser sur le scénario.
Zeta Gundam part sur des bases plutôt originales. Ben oui, dès le début, le héros vole un Gundam, dit «merde» à la Fédération Terrestre, et s’enfuie avec Char. Imaginez le choc ! Mais ce n’en est que meilleur. Ensuite, nous découvrons les forces en présence, les protagonistes, et une trame assez simple se met en place, rythmée par les affrontements entre l’Argama – une sorte de White Base bis – et les Titans ou assimilés. Parfois, l’action se déplace sur Terre, mais n’attendez pas de gros cliffhangers ou des révélations à n’en plus finir ; c’est prenant, c’est bien fait, mais c’est basique.
Là où cela devient un peu plus nébuleux, c’est quand un troisième pôle d’attraction entre en jeu, et qu’il prend la mauvaise habitude de s’allier avec un groupe pour mieux le trahir ensuite ; difficile de toujours savoir qui se bat contre qui, à part contre tout le monde.

Je tiens maintenant à pointer le gros défaut de Mobile Suit Zeta Gundam : sa longueur.
Une série longue est une idée fort relative : Zeta fait 50 épisodes, mais sur des durées similaires, des animes comme Full Metal Alchemist où Sennen Jô ont suffisamment de scénario pour tenir et ne pas lasser le spectateur. Hélas, Zeta ne réalise pas cet exploit : il y a des longueurs, des redondances – par exemple le 10ème assaut consécutif du lieutenant Jerid – bref des passages donnant difficilement envie de continuer à regarder.
Pour me moquer, je dirais que la seule chose qui évolue sur près de 30 épisodes, au milieu de la série, c’est le nombre de personnes dont le Jerid susnommé veut venger la mort.

Mobile Suit Zeta Gundam est sans nulle doute un anime à voir pour ceux qui ont apprécié MS Gundam, mais je ne saurais que trop vous conseiller de vous armer d’une certaine patience, car il y a plus d’épisodes que ce que l’histoire peut en supporter, et malgré cela une fin un peu abrupte, avec notamment un avant-dernier épisode où la seule question qui traverse l’esprit est la suivante : qui va se faire dessouder ensuite ?
Ce qui m’a frappé, personnellement, dans cette série, c’est que finalement la majorité de ce qui peut sembler novateur dans les séries Gundam modernes est en réalité un concept mis en place pendant MS Gundam ou Zeta. Elles ne font presque toutes que reprendre des schémas éculés et de vieilles idées ; rares sont celles, comme G Gundam ou encore Turn-A Gundam, arrivant à s’affranchir un tant soit peu du poids de l’UC, et il faut voir MS Gundam et Zeta ne serait-ce que pour s’en rendre compte.

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