Patsy Walker

Dans la série « ces personnages de comics qui méritent que nous parlions d’eux », je vais vous entretenir aujourd’hui de Patsy Walker, une des héroïnes les plus atypiques de l’univers Marvel.

Si vous connaissez un peu l’histoire des comics, vous avez entendu parler du Golden Age. A cette époque, les super-héros vont connaitre un fort succès, qui finira hélas! par s’essouffler à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Timely Comics – société créée en 1939 pour concurrencer DC Comics sur son secteur, et futur Marvel Comics – décide alors de se détourner du marché du super-héros, et de se concentrer sur d’autres genres de comics, comme le western, la science-fiction, ou l’humour. C’est dans ce contexte qu’apparait Patsy Walker, sous la houlette de Ruth Atkinson avec la complicité de Stan Lee.

Imaginée en 1944 pour le second numéro du magazine féminin Miss America – elle aura droit à une revue à son nom dès 1945 – Patsy Walker est l’héroïne d’une série humoristique et sentimentale nous narrant ses aventures au lycée, entourée de son petit-ami Robert « Buzz » Baxter, de sa rivale Hedy Wolfe, et de son amie Nancy Brown, dans un ton qui n’est pas sans rappeler les Archie Comics.
Déclinée sous plusieurs titres, les aventures de Patsy Walker paraitront sans discontinuer jusqu’à l’avènement du Silver Age et la naissance d’une nouvelle génération de personnages dans les années 60, chez ce qui est alors devenu Marvel Comics. A cette époque, les histoires de Patsy commencent à accuser leur âge ; en 1964, elle quitte enfin le lycée, mais ses aventures prennent fin en 1967, alors qu’elles nous décrivent son quotidien et celui de Hedy, les deux héroïnes poursuivant une carrière de mannequin.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais c’était mal connaitre Marvel Comics.
A l’origine, les histoires de Patsy Walker ne se déroulaient absolument pas dans l’univers des super-héros, mais plutôt dans une Amérique fantasmée. Mais après quelques caméos discrets, Steve Englehart la réintègre dans la continuité, désormais mariée à Buzz Baxter. Tout ce que le public connaissait alors comme « les aventures de Patsy Walker » n’était en réalité que des comics dessinés par la propre mère de Patsy, qui s’inspirait de la vie quotidienne de sa fille et de ses amis. Maintenant que la série n’existe plus, la voilà retombée dans un certain anonymat ; et tandis que son mari travaille désormais pour la mystérieuse société Roxxon, elle s’ennuie et rêve d’héroïsme.

Son train-train quotidien, loin de l’inspirer, prend fin le jour où elle rencontre un monstre au pelage bleuté : The Beast. Celui-ci, blessé, a besoin d’aide, et Patsy Walker y voit là sa chance : elle accepte de lui porter secours, à condition qu’il trouve un moyen de faire d’elle une super-héroïne. Bon gré mal gré, il accepte ses conditions ; et alors qu’il vient d’intégrer les Avengers, Patsy se rappelle à son bon souvenir et se voit confier un costume amplifiant les capacités physiques, ayant appartenu à The Cat (devenue depuis Tigra et qui n’en a donc plus besoin). Captain America se demandera plus tard si, dans cette affaire, les Avengers n’ont pas été « un peu léger »… Sous le surnom de Hellcat, elle découvre les agissements criminels de Roxxon et de Buzz Baxter, dont elle vient de divorcer.

Après cette première aventure fructueuse en tant que super-héroïne, les Avengers lui proposent de rejoindre l’équipe. Elle effectue quelques missions à leurs côtés, jusqu’à ce que Moondragon lui offre de la prendre sous son aile, et de lui faire subir un entrainement sur Titan, comme elle en son temps sous la houlette de Mentor. Patsy développe ainsi ses capacités physiques, déjà supérieures à la normale de part son passé sportif, se familiarise avec les arts martiaux, et apprend à se servir des dons psychiques qui sommeillent en chaque être humain.
De retour sur Terre, elle contacte Doctor Strange et rejoint avec lui les Defenders, aux côtés notamment de Valkyrie, Hulk et de son futur époux Daimon Hellstrom.
Grâce à Daimon, Patsy s’initie aux forces occultes. Les deux compères finissent par quitter les Defenders, et se spécialisent dans les affaires impliquant le paranormal.

Mais Patsy supporte de moins en moins bien l’influence démoniaque de son mari, qui la pousse progressivement vers la folie. Dans un ultime acte de désespoir, elle se suicide !
Il faut attendre Thunderbolts 2000 puis Avengers 2000 pour que Hellcat revienne sur le devant de la scène. Dans le premier, Hawkeye part aux enfers récupérer l’âme de son épouse supposément décédée Mocking Bird ; il s’agissait en réalité d’une manipulation orchestrée par Daimon pour faire sortir Patsy du royaume de Mephisto, afin d’empêcher que celui-ci ne s’en serve contre lui. Dans le second, notre héroïne fait le point sur sa nouvelle vie, et décide de retourner dans sa ville natale, pour s’apercevoir que celle-ci est devenue un parc d’attraction à sa gloire, dirigé en sous-main par des forces maléfiques. Grâce au lien psychique qu’elle partage avec Moondragon, elle réussit à contacter les Avengers pour qu’ils l’aident à sauver la population.
Depuis, Hellcat a fait des apparitions sporadiques ; en tant que personnalité publique dont l’identité est bien connue des médias, elle n’a pas eu de remords à s’enregistrer comme héroïne auprès du gouvernement pendant Civil War. Et elle n’a plus de contact avec Daimon.

Vous l’aurez compris, l’histoire du personnage est plus intéressante que le personnage en lui-même, devenu particulièrement mineur au fil du temps après avoir connu son heure de gloire pendant plus de deux décennies. L’intégration à la continuité Marvel d’une figure qui n’a, à l’origine, rien à voir avec cet univers ne peut que surprendre ; imaginez un peu que Archie et Betty – les célèbres personnages de Archie Comics – gagnent subitement des super-pouvoirs et deviennent ennemis, c’est exactement ce qui est arrivé à Patsy Walker et à Buzz Baxter. Car, j’ai oublié de vous le dire, mais son ex-mari est désormais le super-criminel Mad Dog !

Après avoir eu droit aux honneurs de la résurrection au début des années 2000, elle semble aujourd’hui complètement passée de mode. Pourtant, elle reste – avec Captain America et The Submariner – une des plus anciennes figures de Marvel Comics encore en activité ; et il s’agit probablement d’un des premiers héros de cet univers à avoir profondément souhaité obtenir des pouvoirs, et à ne pas les avoir reçu par accident comme cela se faisait traditionnellement. Elle a tout fait pour devenir une héroïne : certes, elle commença par faire chanter The Beast, mais elle fit par la suite preuve d’une volonté hors-du-commun pour suivre les enseignements de Captain America puis de Moondragon. Cela force le respect.

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2 commentaires pour Patsy Walker

  1. Pso dit :

    Ton article tombe « bien », je l’ai croisé le temps de 2/3 pages dans une mini série récemment (« The Deep », sympathique comme tout) et je me demandais justement qui ça pouvait être, avec son design si… particulier (et son histoire n’est pas en reste cela dit), surtout que maintenant, elle ressemble quasiment à Batman: ses « sourcils jaunes » ayant disparu, et la forme du masque a un peu changé (Enfin, je sais pas si c’est comme ça depuis longtemps, ou si ça dépend du dessinateur) http://minu.me/69jk
    A mon avis, ça doit pas être involontaire 😀

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  2. Ping : World of Archie Digest (Free Comic Book Day 2013) | Le Chapelier Fou

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