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Combatller V

Second billet employant la complémentarité entre le blog et MAZ. Cette fois, j’ai choisi comme thème les robots géants.

Les robots géants, voilà bien un thème récurrent dans l’animation japonaise, même s’ils se retrouvent fréquemment confondus avec les méchas, qui eux peuvent désigner aussi bien un vaisseau spatiale qu’un sous-marin.
Le terme « robot » est traditionnellement associé à Karel Čapek, auteur tchécoslovaque qui emploie pour la première fois ce mot pour sa pièce Rossum’s Universal Robot en 1920. Étymologiquement, il provient de plusieurs langues slaves et peut être traduit par « esclave » ou « travailleur ».
C’est Isaac Asimov qui va définitivement popularisé ce terme et ce qu’il désigne, au travers de nombreux ouvrages dans lesquelles il énonce notamment les fameuses 3 Lois de la Robotiques :
¤ Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger.
¤ Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.
¤ Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.
Traditionnellement, le mot « robot » désigne des organismes mécatroniques accomplissant des actions à la place des humains. Dans la fiction, il s’agit d’entités mécaniques capables d’agir indépendamment de tout contrôle humain direct.

Les robots, dans les manga et l’animation japonaise, font rapidement leur apparition après la Seconde Guerre Mondiale. Nous pouvons citer notamment Miichi, robot créé par Osamu Tezuka dans son manga Metropolis en 1949. Mais le plus célèbre, toujours chez Osamu Tezuka, reste sans aucun doute Astro Boy (Atom), héros du manga éponyme débuté en 1952.
L’invention des robots géants, quant à elle, est associée à Mitsuteru Yokoyama, célèbre mangaka qui en 1956 combine l’intérêt des jeunes Japonais de l’époque pour les robots avec le gigantisme, puisque Godzilla vient de faire son apparition au cinéma et de connaître un grand succès. Le premier de ces robots démesurés s’appelle Tetsujin 28-go ; le manga qui le met en scène va à ce point fonctionner qu’il se retrouve adapté en drama en 1960, puis en anime dès 1963, soit l’année même ou Astro Boy ouvre les portes de la télévision à l’animation japonaise. Mitsuteru Yokoyama renouvellera même l’expérience avec Giant Robo.
Tetsujin 28-go et Giant Robo possèdent un mode de fonctionnement bien particulier, puisqu’ils sont télécommandés, ce qui au passage les éloigne légèrement des robots traditionnels. Ici, toutes leurs actions leur sont dictées par la personne disposant de leur système de contrôle, dont la sauvegarde devient un enjeu capital, dans la mesure où ces robots ne sont pas soumis aux 3 Lois et se contentent de répondre selon les desiderata de leur pilote.

En 1972, petite révolution avec l’apparition d’un des genres phares des années 70 : le Super Robotto. Avec Mazinger Z, Go Nagai a l’idée de mettre un pilote directement à l’intérieur d’un robot – qui pour le coup s’éloigne encore un peu plus du robot d’origine – et comme le succès sera au rendez-vous il fera des émules, particulièrement au format animé.
Les séries de Super Robotto répondent à une suite de stéréotypes, même si tous ne se retrouvent pas nécessairement. Dans ces séries, le robot principal est un personnage à part entière, invincible, doté d’une énergie infinie, et dont les pilotes crient les noms de leurs attaques avant de les lancer ; les animes sacrifient le plus souvent au principe de « l’ennemi de la semaine », et la majorité – car il existe des exceptions – dépeignent une lutte manichéenne entre des humains et un peuple non-humain (mais potentiellement humanoïde).

Avec Mobile Suit Gundam en 1979, Yoshiyuki Tomino veut donner naissance au Real Robotto, qui s’oppose au Super Robotto en niant au robot son statut de protagoniste, lequel redevient une arme, produite en série, interchangeable, faillible à l’image de son pilote, et qui peut tomber à cours de munition ; le conflit, quant à lui, se rapproche des guerres réelles en opposant deux camps humains luttant chacun pour sa propre cause. Néanmoins, l’existence même du robot Gundam RX-78 dans la série de Yoshiyuki Tomino suffit à discréditer cet aspect réaliste que le réalisateur voulait imposer, et il faudra attendre d’autres animes pour que le concept soit effectivement exploité jusqu’au bout.

Nous pouvons considérer le Super Robotto et le Real Robotto comme les deux courants majeurs de la série de Robotto ; nous pourrions même parler de l’anime de robotto puisqu’il s’agit du format sous lequel nous le connaissons le mieux, malgré l’existence de très nombreux manga sur le sujet. Evidemment, tous ces animes ne peuvent pas être classés dans une ou l’autre de ces catégories : ceux datant d’avant leur apparition, mais aussi des productions plus atypiques, ou ceux mélangeant plusieurs de leurs aspects respectifs car créés par des auteurs qui ont digéré leurs différents fonctionnements. Certains auteurs reconnaissent notamment l’existence d’un courant nommé Divine Robotto, auquel appartiendrait Neon Genesis Evangelion.
Pour ma part, je pense que tout ne doit pas forcément être mis dans des petites cases.

Je considère comme impossible d’exprimer quelles sont les qualités des animes de robots géants, ou des animes avec des robots géants, tout simplement parce qu’il ne s’agit nullement d’un quelconque genre homogène ; parfois, les robots sont au cœur de l’intrigue tandis que dans d’autres séries il ne s’agit que d’accessoires, tous ne visent pas le même public ni n’abordent le thème avec le même angle, donc sans même parler des qualités intrinsèques d’une œuvre, toutes n’attireront pas les mêmes spectateurs.
Malgré tout, je vais me livrer à un petit travail de sélection, lequel rassemblera à la fois des animes avec des robots que j’apprécie tout particulièrement, ainsi que des titres qui me semblent importants ou qui devraient pouvoir toucher un public large quelque soit mon opinion à leur sujet. Comme la fois précédente, vous trouverez une courte présentation accompagnée d’un lien vers les fiches correspondantes sur MAZ, pour celles et ceux qui souhaiteraient obtenir de plus amples informations.

¤ Armored Trooper Votoms
Armored Trooper Votoms n’est pas le seulement le premier exemple de série de Real Robotto où le concept est abouti : il s’agit aussi d’une des sagas les plus fournies de l’histoire de la japanimation, puisque composée de plusieurs titres articulés autour de l’anime fondateur de 1983 ; lequel est essentiel non seulement pour comprendre les autres avatars de la licence, mais aussi et surtout pour la culture de tout amateur d’animation japonaise qui se respecte, puisqu’il compte parmi les oeuvres les plus réussies et passionnantes de ce format.
Résumée brièvement, l’histoire est celle de Chirico Cuvie, soldat d’élite de l’armée de Gilgamesh, pourchassé à travers la galaxie car il aurait été témoin d’événements qu’il n’aurait pas dû voir. Chirico, quant à lui, n’a qu’un seul objectif : retrouver l’amour de sa vie, puis mener une existence paisible à ses côtés. Dans cette série fondatrice, nous suivrons notre héros solitaire et taciturne au travers de 4 arcs dans lesquels il aura l’occasion de montrer tous ses talents de soldat, dans un contexte guerrier où il fait figure d’ennemi à abattre alors que lui n’aspire qu’à la tranquillité. Un scénario passionnant – fait de sociétés secrètes, de complots, et d’expériences interdites – et les talents de réalisateur de Ryôsuke Takahashi font le reste, accompagnés d’une bonne dose d’action et de robots employés sur les champs de bataille.

¤ Bokurano
Autant les critiques sont assez unanimes concernant la saga Votoms, autant Bokurano est une oeuvre plus controversée, mais à laquelle j’attache suffisamment d’importance pour la présenter ici.
Bokurano fait parti ces séries qui n’appartiennent à aucun courant précis ; il serait d’ailleurs possible de ne pas la considérer comme une série de Robotto, malgré l’importance du robot principal et de son utilisation dans l’histoire. Pour vous dire la vérité, Bokurano tient plus du drame, et même du drame orchestré par un auteur particulièrement sadique qui aime torturer des enfants.
Les enfants, justement, sont au nombre de 15, et apprennent du jour au lendemain qu’ils doivent sauver le monde à l’aide d’un robot géant. Seulement, tout ne va pas se dérouler aussi bien que ce qu’ils pensaient, et l’existence même de ce robot cache de très lourds secrets, et une réalité dont ils n’ont absolument pas conscience.
Cet anime figure haut-la-main parmi les plus tragiques, déroutants, et marquants que j’ai pu voir, ce qui ne l’empêche pas de se reposer avant tout sur une base scénaristique assez géniale et un déroulement parfaitement maitrisé du début à la fin. Concernant les affrontements de robots, puisque cela reste un des enjeux majeurs du titre, ils ont le mérite d’être variés, grâce à des méchas eux-mêmes très diversifiés. En somme, il s’agit d’un anime complet et réussi car arrivant à jouer sur plusieurs tableaux à la fois.

¤ Break Blade
Break Blade compte parmi les rares animes de robots géants adaptés de manga ; dans cette liste, cela ne concerne que 4 titres. Je me souviens que mon vendeur de manga m’avait dit, à propos du format d’origine, qu’il réussissait à plaire même aux lecteurs habituellement allergiques aux méchas, ce qui résume assez bien les qualités de cette série.
Break Blade dépeint un univers original où les méchas sont plus basés sur une forme de magie, et où les factions possèdent de faux airs d’heroic fantasy. Un univers qui semble aussi renfermer de nombreux secrets quant à son passé, même si dans l’immédiat les problèmes des protagonistes sont tout autre puisqu’ils se retrouvent pris dans une guerre terrible entre plusieurs forces armées. Le héros, Lygatt, fait parti des rares habitants de ce monde incapables d’utiliser la magie donc les méchas, mais il lui sera confié un robot de l’ancien temps que les êtres humains « normaux », eux, ne peuvent faire fonctionner et qui dépasse en puissance tous les modèles connus.
Une base qui, malgré ses aspects guerriers, sort des sentiers battus puisque dépourvue d’immenses tas de ferailles et de vaisseaux futuristes, et dont – là encore – les méchas ne sont que des armes dans un conflit d’envergure dont les tenants et aboutissants nous seront progressivement dévoilés.

¤ Full Metal Panic
Si, dans l’esprit de nombreux spectateurs, les séries de robotto datent plus des décennies précédentes, cela n’empêche nullement notre époque moderne de disposer de sagas marquantes et fournies en la matière, à l’image de Full Metal Panic.
Adapté d’un manga, il a donné lieu à 3 animes dont quelques fans optimistes attendent des suites : FMP, FMP Fumoffu, et FMP The Second Raid. En matière de méchas, Fumoffu est un peu à part ; pour les deux autres, il s’agit dans les grandes lignes d’un mélange entre vie lycéenne à forte composante comique, et guerres secrètes aux commandes de différents types de robots géants. L’histoire est celle de Sôsuke Sagara, adolescent soldat d’une force militaire non-gouvernementale, qui se voit assigné la mission de protéger Chidori Kaname, une lycéenne en apparence banale – et ce n’est qu’une apparence – qui ne doit rien savoir des causes réelles de sa présence. Malheureusement, ce pauvre Sôsuke n’a qu’une idée très approximative de la vie d’un banal lycéen. Quant à Chidori, elle attire les ennuis comme une Athéna en puissance, et a le harisen (éventail de papier) facile.
J’apprécie cette licence plus par son humour, mais c’est le mélange avec l’aspect combat / guerrilla qui le rend tout-à-fait mémorable dans son ensemble.

¤ Giant Robo – The Day The Earth Stood Still
Une des séries les plus ambitieuses des années 90, 10 ans de production pour 7 OAV majestueuses, ce projet visant à rendre hommage aux travaux de Mitsuteru Yokoyama – le père historique des robots géants – mélange d’innombrables œuvres du célèbre mangaka ; à priori incompatibles, elles contribuent à donner un anime absolument unique, où se côtoient sans que cela ne gêne qui que ce soit des robots imposants, des ninjas, des guerriers chinois, de la magie, de la haute technologie, et une des collections de personnages les plus charismatiques et puissants de toute l’histoire du manga et de l’animation japonaise.
Aucun superlatif ne serait assez fort pour définir l’ampleur de ce projet titanesque, et la qualité exceptionnelle du résultat. Giant Robo est une série extrêmement travaillée, où chaque scène semble avoir été longuement pensée pour obtenir le rendu le plus efficace à l’écran, et réalisé par l’immense Yasuhiro Imagawa, un des plus grands spécialistes de l’anime de robotto.
Combats épiques, scénario bouleversant, personnages inoubliables, Giant Robo combine tant de qualités qu’il en donne le tournis. Une œuvre immanquable, fantastique, et une des réussites les plus grandioses de l’animation nippone.

¤ Gunbuster
Gunbuster, incontestablement un grand classique. Débutée en 1988, cette série d’OAV a superbement vieilli et ne fait absolument pas son âge : elle reste absolument sublime tant la Gainax avait apporté un soin extrême à cette merveille, le temps semble n’avoir aucune emprise sur elle. La réalisation de Hideaki Anno, le chara design de Haruhiko Mikimoto, la musique de Kohei Tanaka, tout contribue à propulser cette série vers le top. Rien que le dernier épisode époustoufle par son incroyable qualité technique.
Mais ce qui fait ici la différence, c’est la gestion intelligente du temps, son côté scientifique poussé (même si tout n’est pas crédible pour autant), et l’émotion à nulle autre pareil qui se dégage. Les personnages sont charismatiques, les méchas possèdent la classe, les combats spatiaux coupent le souffle de ceux qui les regardent tant ils impressionnent, bref cet anime accumule les qualités.
Un anime immanquable dont la fin restera profondément ancrée dans la mémoire des spectateurs. Rien à dire de plus, il ne reste plus à ceux qui ne l’auraient jamais essayé de regarder ce magnifique classique.
Gunbuster : le seul anime dans lequel bat le cœur du coach.

¤ Macross – Super Dimension Fortress
Objectivement, Super Dimension Fortress Macross n’est pas le meilleur anime de cette liste, loin de là. Et pour ma part, je ne l’ai que moyennement apprécié ; malgré quelques très bonnes idées, cet anime souffre de longueurs.
Pourquoi en parler, dans ce cas ? Dans un premier temps, parce qu’il est quasi indispensable pour apprécier le somptueux Do You Remember Love, remontage de la série au format film qui en garde le meilleur tout en offrant des modifications pertinentes et de nouvelles scènes tout simplement somptueuses. Dans un second temps, car ce premier Macross ouvre la voie à une des sagas les plus importantes de l’histoire de l’animation, comptant nombre de titres mémorables certes compréhensibles sans connaître l’histoire d’origine, mais The Super Dimension Fortress n’est pas non plus mauvais au point de ne pas mériter d’être regardé, et apporte un plus non négligeable à l’appréciation des animes qui l’ont suivi.
Évidemment, ce sera à chacun de faire son choix : un anime mérite-t-il d’être vu plus pour son apport historique, pour la place qu’il tient au sein de l’animation japonaise, que pour ses qualités intrinsèques ? Sachant que ce Macross n’a pas forcément bien vieilli. Mais rien que parce qu’il permet d’apprécier d’autant plus Do You Remember Love, un des films d’animation les plus marquants des années 80, j’estime – pour ma part – ne pas avoir perdu mon temps en donnant sa chance à cet anime, dont certains passages et quelques idées m’auront réellement enthousiasmé.

¤ Mobile Fighter G Gundam
Gundam est connu pour avoir lancé le style Real Robotto. Mais pour les 15 ans de la licence, les créateurs de ce G Gundam ont eu l’idée non seulement de sortir pour la première fois de l’univers dans lequel se déroulait tous les animes depuis les origines (voir ci-dessous), mais aussi de rompre complètement avec la tradition en proposant au public une série qui est juste la parfaite antithèse du Real Robotto, puisque reprenant les codes du Super Robotto et réalisée par Yasuhiro Imagawa.
Cette fois, les colonies ont trouvé un moyen nouveau pour régler leurs différends : se battre par Gundam interposés, chaque colonie correspondant à un pays – par exemple, Néo-Japon est la colonie japonaise – et possédant un Gundam. Néanmoins, non seulement les pilotes, tous adeptes de différents arts martiaux, hurlent les noms de les attaques pour les lancer, mais ce sont surtout des caricatures sur pattes. Et leurs méchas ont été conçus dans le même esprit, donnant une collection de combattants et de robots aussi impressionnants que délirants, avec un Gundam français habillé comme Napoléon, un bucheron en guise de pilote canadien, et même un robot suédois féminin aux faux airs de Sailor Moon.
C’est totalement cliché, à l’image d’une série qui n’hésite pas à partir dans toutes les exagérations, tous les délires possibles et imaginables, le tout pour un résultat parfaitement jouissif, passionnant, et qui ne se prend absolument pas au sérieux. Attention : ce Gundam ressemble à tout sauf à du Gundam.

¤ Mobile Suit Gundam
Le point de départ du Real Robotto, et un anime culte au possible. Il ne faut pas se leurrer : si Gundam comprend aujourd’hui autant d’œuvres différentes, c’est qu’il a fallu un anime en particulier pour lancer la machine, un titre qui aura suffisamment marqué son époque pour qu’une suite soit envisagée, puis une autre, puis une autre, etc… jusqu’à obtenir une des sagas les plus riches de l’animation japonaise.
Avant de parler de Gundam au sens large – des Wing et autres 00 – la série d’origine marque déjà le début du Calendrier UC (Universal Century), qui compte comme animes majeurs et marquants non seulement Mobile Suit Gundam, mais aussi Zeta Gundam, Gundam 0080, Char’s Counterattack, ou encore Gundam Unicorn, bref des animes fabuleux qui justifient tous de se lancer un jour dans les séries de l’UC, à commencer par la première même si elle a vieilli (c’est la plus vieille de cette liste) ; heureusement, les films résumés suffisent.
Gundam a introduit les guerres fratricides entre humains dans l’animation japonaise, au moyen de robots géants produits en masse comme de simples armes, le tout dans un univers fait de colonies spatiales et de luttes idéologiques. L’apport de Mobile Suit Gundam à l’animation nippone est considérable, mais il ne s’agit pas pour autant d’un titre à voir juste pour son intérêt historique : malgré les années, cela reste un très grand anime.

¤ Mobile Suit Gundam Seed
Gundam, ce n’est pas seulement une des saga mythiques de l’animation japonaise. C’est aussi et surtout un nom extrêmement vendeur. A tel point que les cerveaux du studio Sunrise ont eu une idée afin de continuer à profiter encore et toujours de ce nom sans se soucier du principe de continuité et en repartant sur de nouvelles bases pour chaque série : le concept du Calendrier. Ainsi, la série d’origine et ses suites se déroulent dans le Calendrier UC (Universal Century), tandis que Gundam Seed appartient au Calendrier CE (Cosmic Era).
Ce qui est intéressant avec ce Gundam en particulier – par lequel de nombreux fans occidentaux ont découvert la licence – c’est qu’il reprend dans les grandes lignes le scénario de la toute première série, mais avec des moyens modernes. Sachant que de nombreux spectateurs pourraient être rebutés par l’aspect vieilli du Gundam d’origine, je pense que celui-ci constitue un bon compromis ; il ne s’agit certainement pas de mon favori, mais il peut faire office de porte d’entrée puisqu’il allie des qualités de l’anime fondateur et d’une technique plus en phase avec l’actualité. Après, ce sera à chacun de voir si Gundam Seed lui aura suffisamment plu pour qu’il décide de donner sa chance à d’autres titres de la licence potentiellement meilleurs.

¤ Neon Genesis Evangelion
S’il y a bien un anime de cette liste que j’espère que les lecteurs auront déjà vu, c’est bien Neon Genesis Evangelion. Série marquante comme aucune autre, chef d’œuvre du studio Gainax, et très accessoirement mon anime préféré, je ne devrais plus avoir besoin de le présenter. Mais dans le doute, allons-y.
Neon Genesis Evangelion… Neon Genesis Evangelion… euh… je ne sais pas par où commencer, ni comment en parler sans accumuler les superlatifs. En tant qu’anime, celui-ci se situe assez proche de l’idée que je me fais de la perfection, et ce dans tous les domaines. A commencer par le scénario : intelligent, complexe, très bien bâti, et utilisant une forme de « mythologie chrétienne » qui apporte une identité réelle à l’ensemble. Les personnages sont mémorables ; pas toujours pour de bonnes raisons, mais certains auront profondément marqué l’animation japonaise et les manga, au point de laisser trainer des clones d’eux-mêmes un peu partout. Enfin, et même s’il s’agit d’instruments de l’histoire, il y a les robots Evangelion et les combats dantesques qu’ils mèneront face aux mystérieux Anges, apportant leur lot d’action et de moments d’anthologie.
L’ensemble de l’œuvre est tellement riche et bien réglé que Neon Genesis Evangelion en devient exceptionnel. Le classique absolu par lequel tout amateur d’animation japonaise se doit de passer.

¤ Patlabor
Le projet Patlabor est l’initiative d’un collectif d’artistes prestigieux de l’animation japonaise – Yutaka Izubuchi, Akemi Takada, Mamoru Oshii,… – réunis sous le nom de HEADGEAR. Il combine deux séries d’OAV, une série TV, et trois films ; sachant que pour démarrer dans de bonnes conditions, il convient de commencer par la première série d’OAV (puisqu’elle pose les bases et introduit les personnages), mais qu’ensuite les différentes œuvres sont suffisamment indépendantes pour être prises sans ordre précis.
Patlabor va encore plus loin dans l’exploitation du principe du Real Robotto, puisqu’il se déroule dans un monde où l’utilisation de labors, des robots pilotés, est devenue monnaie courante. Malheureusement, certains individus les ont aussi trouvé pratique pour commettre des actes criminels, conduisant à la mise en place d’une section spéciale de la police, équipée de labors : la Patrol Labor, ou Patlabor.
Dans ces différents animes, le spectateur est amené à suivre les activités de la seconde division de cette section, menée par le capitaine Goto et comptant nombre d’individus atypiques dans ces rangs. Patlabor mélange habilement histoires policières, action, et même tranche-de-vie, avec des films aussi portés sur la réflexion puisque réalisés directement par Mamoru Oshii.
Si les histoires ne sont pas toutes aussi réussies, il n’en reste pas moins une licence intéressante capable d’excellentes choses, dont au moins la première série d’OAV et les films méritent le détour.

¤ Rebuild of Evangelion
J’ai déjà mentionné Neon Genesis Evangelion tantôt, je le sais pertinemment. Certains pourront penser que comme pour l’Universal Century ou Patlabor, j’aurais dû citer les différents avatars de la licence dans un seul et même paragraphe. Pour ma part, cette séparation me semble parfaitement justifiée, pour deux raisons : ces films Rebuild of Evangelion – versions modernes et retravaillées de la série d’origine – possèdent tellement de qualités propres qu’il serait dommage de les considérer comme de simples séquelles, et surtout ils ont été conçus de manière à pouvoir être appréciés indépendamment des premiers animes ; les connaître apportera certes quelques clés aux spectateurs, mais les néophytes pourraient s’en passer.
Rebuild of Evangelion, ce sont toutes les qualités de Neon Genesis Evangelion, avec en sus un budget beaucoup plus conséquent que le projet original et toutes les améliorations de la technique moderne. Par rapport à l’ancien scénario, ces nouveaux films vont progressivement faire glisser le spectateur vers de l’inédit, lequel ne saura au bout d’un moment plus vers quoi cette monture pourra bien l’emmener. Autant dire que pour le fan de la première heure comme pour celui qui découvrira Evangelion par ces Rebuild, il s’agit d’animes surprenants et aussi extraordinaires que pouvait l’être la série.

¤ Tengen Toppa Gurren-Lagann
Tengen Toppa Gurren-Lagann – TTGL pour les intimes – figure dans cette liste sans figurer parmi mes titres préférés. Disons que j’ai un rapport particulier avec cette œuvre et ses différentes itérations : à l’origine série TV, elle a ensuite été transposée en deux films qui apportent quelques modifications au scénario d’origine, et sur l’ensemble, j’adore la première moitié de l’anime et le second film, mais beaucoup moins le reste. Je le cite ici malgré tout, car honnêtement, il s’agit d’un des plus grands cartons de ces 10 dernières années en matière de série avec des gros robots ; ses critiques sont globalement excellentes.
TTGL, anime ultra-référencé par excellence et produit par un studio mythique, tient clairement du Super Robotto, mais un Super Robotto qui, à l’instar de G Gundam, aura parfaitement assimilé les bases de ce courant au point d’en jouer et d’en amplifier encore les atouts. En résulte une histoire sur un fond post-apocalyptique qui va partir dans une surenchère constante et jubilatoire, avec en supplément des scènes travaillées par des animateurs passionnés et une pléthore de personnages marquants. Et le pire, c’est que derrière son apparent délire se cache un véritable scénario, avec de véritables bonnes idées, et de véritables retournements de situation.

¤ Vision d’Escaflowne
Dans cet article, vous avez pu remarquer que les robots géants peuvent se retrouver dans de nombreuses situations différentes. Et peu d’animes illustrent aussi bien cette constatation que Vision d’Escaflowne.
Vision d’Escaflowne arrive à combiner dans un même scénario, et sans que cela ne paraisse bizarre ou déplacé, des robots gigantesques, un monde d’heroic fantasy, des dragons, de la divination, des chevaliers, des princes, et une lycéenne japonaise adepte des tarots qui se demande dans quel monde elle a bien pu tomber. Avec une musique de Yoko Kanno. Le plus surprenant dans cette histoire, c’est que le mélange prend très bien.
Le scénario pour lier l’ensemble fonctionne à la perfection, et nous propose un environnement guerrier dans lequel notre héroïne, loin de s’apitoyer sur son sort, aura un rôle majeur à jouer.
Là encore, nous retrouvons de nombreux protagonistes mémorables – dont l’énigmatique Dilando – et des scènes d’action arrivant à retranscrire à la fois l’aspect chevaleresque moyenâgeux et les combats de méchas. Un anime original et réussi de bout-en-bout.
Il y a aussi un film, indépendant, qui est très bien aussi mais dans un style légèrement différent.

Il ne s’agit jamais que d’aperçus. L’univers des animes avec des robots géants est un océan infini.

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6 commentaires pour 18.000.000 Tonnes de Métal

  1. Rukawa dit :

    eh ? aucun Go Nagai ? pas ou de Mazinger qui créé les bases ou de Getter Robo qui invente le gattai ?

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  2. Gemini dit :

    J’ai énormément hésité avant de mettre ou non du Go Nagai. Dans ma première sélection, avant que j’écrème pour passer à 15 titres, il y avait Shin Mazinger, Mazinkaiser, et Getter Robo Armaggedon, mais je les ai ensuite retiré.
    Je voulais faire une liste accessible même aux néophytes, donc sans animes trop anciens, trop redondants, ou trop référencés. J’ai considéré que Mazinkaiser nécessitait quelques connaissances de base sur Mazinger, que Shin Mazinger mettait trop de temps à vraiment démarrer pour accrocher le nouveau spectateur, et que Getter Robo Armaggedon ne tenait pas forcément la comparaison face à d’autres séries de cette sélection (cela s’est joué à rien).
    Mais il n’est pas impossible que je fasse prochainement une spéciale Go Nagai.

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  3. Guilhem dit :

    Une spéciale Go Nagai pourrait être la bienvenue, en effet…

    En tous cas, ce billet m’a procuré une lecture très plaisante : j’espère qu’il saura convaincre de nombreux lecteurs de se pencher sur certaines, voire même toutes, les œuvres que tu évoques :]

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  4. Tetho dit :

    >l’existence même du robot Gundam RX-78 dans la série de Yoshiyuki Tomino
    >suffit à discréditer cet aspect réaliste que le réalisateur voulait imposer
    C’est on ne peut plus faux. MS Gundam est une série imparfaite qui n’arrive pas -à faire tout ce qu’elle ambitionne car encore trop ancrée dans les codes de ce qui l’a précédée, les films corrigeront ça, mais si y a bien un élément réussit c’est le RX-78-2 Gundam. La désacralisation du robot que Tomino ambitionnait est parfaitement réalisée, le Robot est détruit lors du dernier épisode et absent de la confrontation finale, Bobby dit bien à Amuro « Le Gundam seul ne peut influer sur le cour de la guerre ! » et le robot lui même montre bien ses limites. Alors bien sur il y a le schémas de peinture vif, les G-mechas et les armes funky comme le G-hammer, mais ça ne doit pas faire oublier ce qui compte vraiment.
    (et puis réalisme =/= crédibilité, on l’oublie trop facilement)

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  5. Ialda dit :

    Gundam avait été interrompu une dizaine d’épisodes avant sa fin programmée, est-ce qu’on ne peut pas y voir la cause de l’absence de confrontation finale et la destruction du robot (qui deviendrait du coup un prélude à l’introduction d’un modèles plus puissant) plus qu’une réelle volonté de la prod ?

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  6. Tetho dit :

    Je n’ai jamais lu de sources sûres à ce sujet, mais je ne pense pas que la fin aurait été significativement différente. Peut-être serait-on allé jusqu’à Zeon City mais je vois pas ce qui aurait été vraiment changé dans le déroulement final. Le Gundam est qui plus est amélioré plusieurs fois (G-Mechas puis Magnetic Coating) ce qui démultiplie ses performances entre les mains d’Amuro. Si il y avait eu un remplacement ça aurait été à Jaburo, pas entre A Boa Q et Zeon City.
    Dans le roman les Gundam est remplacé (RX-78-2 > G2) mais le déroulement est TRÈS différent et c’est Amuro qui est tué avant le dénouement final.

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