Bilan Manga 2019 (car il n’est jamais trop tard)

Comme presque chaque année, je vous propose un petit bilan manga pour 2019, cette fois en revenant sur toutes les nouveautés qu’il m’a été donné de découvrir. J’utiliserai pour l’occasion les synopsis fournis par les éditeurs.
Bonne lecture !

Angolmois de Nanahiko Takagi : Jinzaburô Kuchii, un samouraï de Kamakura, est exilé à Tsushima où il est chargé par la fille du gouverneur, Teruhi, de défendre l’île des Mongols. Au lieu de la peine de mort, les proscrits ont reçu l’ordre de servir de pions sacrifiables. Ils doivent tenir sept jours jusqu’à l’arrivée des renforts de Kyûshû, mais face aux armes et aux tactiques étranges des Mongols, le maître du clan Sô, Sukekuni, et son fils, Umajirô, se font tuer.
Alors que tous s’étaient résignés à perdre, Jinzaburô apparaît seul sur le champ de bataille, vêtu d’une ancienne armure…

J’avais remarqué Angolmois lorsque la série d’animation avait été diffusée, sans pour autant la regarder. L’annonce par Meian d’une publication en France m’a surprise, mais sa relativement courte durée (10 tomes) m’a poussée à lui donner sa chance. Après deux volumes, je ne le regrette pas.
Par rapport à Kingdom, le titre phare de l’éditeur, nous bénéficions cette fois d’une traduction plus soignée, et sans doute relue plus attentivement ; ce que je mettrai volontiers au crédit d’un rythme de publication moins soutenu, laissant donc plus de temps pour peaufiner chaque tome. Par contre, nous retrouvons la même qualité en matière d’impression, de papier, et de jaquette ; c’est du bel ouvrage, Meian soigne l’objet livre, ce qui est vraiment appréciable.
La série revient sur les invasions mongoles qui ont secoué le Japon, et plus exactement sur un événement se déroulant sur l’île de Tsushima. Un sujet pouvant aisément basculer dans le nationalisme.
Avec cette série, et les autres annonces de l’éditeur, ce-dernier semble vouloir se spécialiser dans les récits d’action historiques, dans la lignée de leur titre phare. Toujours par rapport à ce-dernier, Angolmois repose sur un dessin moins clivant même si non dénué d’identité, et montre une violence toute aussi graphique ; notamment car les envahisseurs n’auront que peu de scrupules à s’en prendre à la population locale, femmes et enfants compris.
Angolmois se distingue par son concept proche des Douze Salopards, avec ses prisonniers envoyés au front ; chacun possédant des capacités particulières – nombre d’entre eux n’ont pas encore été présentés après deux tomes – et des raisons de combattre ou non aux côtés de leurs compagnons d’infortune. Le héros fait figure de tête brûlée, mais sa personnalité et une expérience militaire concrète en font un protagoniste plaisant à suivre, de même que la princesse à la tête de la région. Nous noterons aussi le terrain particulier où se déroule la série – une île – ainsi que les secrets que celui-ci semble renfermer. Il ne s’agit donc pas d’un titre bêtement primaire et bourrin.
Il me tarde de découvrir la suite.

Astra – Lost in Space de Kenta Shinohara : En 2063, Kanata, Aries ainsi que sept autres de leurs camarades débarquent sur une planète inconnue dans le cadre d’une mission spatiale de leur cursus scolaire. Mais ils ont à peine le temps de commencer à explorer ce nouvel univers qu’ils se voient projetés à des années-lumière de leur point de départ par une étrange sphère d’énergie !
Comment survivre perdus au beau milieu de l’espace ? Quelle est donc cette étrange sphère qui continue de les poursuivre ? Autant de réponses à découvrir dans ce récit de survie haletant sur fond de science-fiction et de mystères !

Comme je l’avais expliqué dans un précédent article, le Prix Manga Taisho fait partie des paramètres que je prends en compte quand il s’agit de commencer ou non de nouvelles séries ; je prête en effet une attention toute particulière aux lauréats et nommés. Cette année, l’annonce du vainqueur s’est faite juste avant celle de sa publication française par nobi-nobi. Un éditeur que je n’attendais pas sur un tel titre, mais comme je suis globalement satisfait par leur travail et leur catalogue – du moins concernant les titres visant un public plus âgé – je n’ai pas hésité à commencer Astra – Lost in Space. D’autant plus qu’il se terminait en cinq tomes.
Ceci étant dit, il m’a fallu un peu de temps pour comprendre ce qui avait valu une telle reconnaissance à la série. Sans être poussif, loin de là, le début présente des personnages archétypaux et des aventures spatiales plaisantes, divertissantes, mais de là à remporter le Manga Taisho ?
Et pour cause, il s’agit d’un titre dont la valeur se dévoile au fil des pages, avec des secrets et des révélations plus ou moins attendus, qui font tout le seul de ce récit spatial au-delà de la survie et des environnements hostiles. Astra – Lost in Space devient rapidement addictif, et c’est avec plaisir que je me suis mis à suivre l’équipage de l’Astra dans son périple. Difficile d’en dire plus sans déjà trop en dire.
Ce manga contient ce qu’il faut d’action, d’humour, mais aussi de mystères pour tenir en haleine jusqu’au bout. Ce n’est pas jamais exceptionnel, et ses éléments pris séparément ne sont pas nécessairement très originaux. Mais cela fonctionne, c’est très efficace.
Une série que je pourrai relire sans problème.

Batman Ninja de Masato Hisa : Batman se retrouve au Japon, à l’époque féodale au temps des samouraïs et des ninjas !
Mais il n’est pas le seul à avoir fait ce voyage. A cause de l’interruption de l’expérience menée par Gorilla Grodd, tous les vilains d’Arkham ont été envoyé au pays du soleil Levant. Batman et ses alliés, parviendront-ils à déjouer les plans des vilains et rentrez chez eux ?
Batman sera-t-il encore Batman quand il ne dispose plus de ses gadgets? Le Joker compte bien en profiter pour devenir le nouveau shogun et contrôler le Japon. Est-ce qu’au Japon, à une autre époque, Batman en profiterait pour tuer le Joker ?

L’année 2019 fût une petite année pour Masato Hisa en France. Du moins, si nous la comparons à ses débuts. En effet, après les excellents Area 51 et Jabberwocky, nous avons dû nous contenter de Grateful Dead en 2018, et les deux séries parues l’année dernière ne viennent malheureusement pas remonter le niveau.
D’un autre côté, il s’agissait probablement du meilleur choix pour adapter en manga le film d’animation Batman Ninja. Et c’est bien pour cela que j’ai commencé ce manga, alors que j’apprécie peu les adaptations vers ce format. En effet, non seulement ce long-métrage propose un univers déjanté et grotesque collant bien au style habituel du mangaka, mais Masato Hisa est aussi un lecteur passionné de comics, n’hésitant pas à multiplier les références ou à évoquer l’impact de Frank Miller sur son œuvre. Donc même si nous pouvions craindre une marge de manœuvre limitée pour l’auteur, travail de commande oblige, il y avait du potentiel.
A la lecture du premier tome (la série en comptera deux), nous pouvons sentir que le mangaka aime ces personnages, et qu’il profite de cette opportunité pour se faire plaisir en proposant ses propres versions de Batman, Catwoman, ou encore du Joker (le film regroupe un large éventail de figures cultes de l’univers de la Chauve-Souris). Un plaisir somme toute communicatif, mais sans doute à réserver à qui apprécie le métrage d’origine, le mangaka, ou les personnages en question. Pour ma part, le film lui-même ne m’avait pas spécialement plu, donc ce manga partait avec un handicap.
Masato Hisa arrive malgré tout à imposer ses qualités, dans son dessin et sa mise-en-scène. Il profite de sa connaissance des comics et du Japon de l’époque pour nous offrir quelques réflexions absentes du long-métrage d’animation, et mettre un peu plus en avant Jason Todd.
Néanmoins, je reste circonspect quant au public cible. Tous les personnages ne sont pas bien connus du public, et le style du mangaka rebutera sans doute une partie du lectorat qu’un manga consacré à Batman aurait pu intéresser. Ce titre n’arrive pas à transcender ses contraintes pour devenir plus qu’une simple adaptation.
En tant que lecteur, je prends ce titre comme une amusante récréation. Mais sans plus.

BL Métamorphose de Kaori Tsurutani : À 75 ans, Yuki vit le quotidien bien réglé d’une grand-mère japonaise, entre mots croisés et cours de calligraphie. En flânant un jour dans une librairie pour fuir la chaleur, elle craque pour un manga, intriguée par sa couverture chatoyante… Ce n’est qu’en rentrant chez elle que Yuki se rend compte qu’elle a fait l’acquisition d’une bande dessinée d’un genre bien particulier : un boy’s love, une romance entre garçons ! L’histoire pourrait s’arrêter là, mais, contre toute attente, notre mamie tombe littéralement sous le charme de ce récit et n’a plus qu’une idée en tête… lire la suite !
C’est la jeune Urara, apprentie libraire et accro au genre, qui va devenir la conseillère de la vieille dame en la matière ! Pour l’adolescente timide et complexée, qui vit sa passion dans le secret, la rencontre avec Yuki va être un véritable déclic. Par-delà les générations, les deux fangirls vont s’ouvrir l’une à l’autre et découvrir les joies d’une amitié hors du commun !

Coup de cœur de l’année. Tout simplement.
Il est rare que j’attende la publication d’un titre en particulier en France, à plus forte raison de la part d’une autrice que je ne connais pas encore. BL Métamorphose constitue donc une exception. Il faut dire qu’outre son sujet et un style graphique flattant la rétine, je n’ai entendu que du positif sur ce manga ; notamment de la part de la traductrice canadienne Jocelyne Allen, dont les lectures et les coups de cœur rejoignent souvent les miens (même si trop peu de titres qu’elle apprécie arrivent jusqu’en France).
L’autrice se montre touchante en nous détaillant les interactions entre ses deux héroïnes que pourtant tout semble éloigner, et n’a pas son pareil pour évoquer les petits moments du quotidien. C’est à la fois doux, tendre, rafraichissant, amusant, et servi par un trait légèrement évanescent et un jeu de mimiques soigné.
Ses héroïnes sont de véritables rayons de soleil, et c’est un plaisir de les voir se lier d’amitié, discuter, se découvrir et partager leur passion commune. D’un côté Urara, lycéenne taciturne ayant du mal à s’ouvrir à ses camarades – notamment en raison de ses centres d’intérêt, mais aussi de sa timidité – de l’autre Yuki, pétillante septuagénaire plongeant dans l’univers des BL avec curiosité et sans préjugés. Sa lecture de son premier BL nous offre un moment délicieux, bien aidé par une traduction d’une incroyable justesse, dans une parfaite alchimie ; je ne connaissais pas cette traductrice, mais s’il s’agit d’une habituée de Ki-oon, cela témoigne de toute façon de ses qualités dans la mesure où l’éditeur soigne ses ouvrages.
Peut-être car l’effet de surprise ne jouait plus, le second tome de BL Métamorphose m’a un peu moins enthousiasmée que le premier. Mais rien de grave, notamment car il suggère que nous allons désormais rencontrer de nouveaux personnages tout aussi intéressants.
BL Métamorphose est un immanquable.

Bless You d’Ayumi Komura : Yashiro, jeune lycéen, vient de déclarer son amour à son meilleur pote !! Il savait que c’était peine perdue, et que son ami hétéro ne pourrait que le repousser. Suite à̀ cela, sous le coup de l’émotion, il s’enfuit sans faire attention et… se fait renverser par un camion ?! Un dieu, plutôt taquin, décide d’exaucer son souhait le plus cher, et de rendre son amour possible : il lui permet de revenir en ce bas monde sous les traits d’une jeune lycéenne ! Yashiro, dans son corps d’adolescente, va tout mettre en œuvre pour séduire celui qu’il aime… Mais comment faire pour se comporter comme une jeune fille, quand toute sa vie, on s’est senti comme un garçon ?
Bless You compte parmi mes bonnes surprises de 2019. Sur la base de son seul synopsis, je ne sais pas si je l’aurais pris ; celui-ci partage en effet quelques similitudes avec Switch Love, dont je n’avais pas réussi à dépasser le premier volume (voir plus bas). En l’occurrence, c’est vraiment le nom de la mangaka qui m’a convaincue ; sans être un chef d’œuvre, j’avais bien aimé J’♥ les Sushis.
Le début de la série s’avère laborieux, ce que je peux mettre sur le compte d’un sujet franchement casse-gueule. Toutefois, le premier tome se bonifie au fil des pages, laissant alors entrevoir un potentiel suffisant pour me pousser à continuer.
Depuis, ce manga est un concentré de bonheur. Loin de se contenter d’un récit convenu et prévisible, la mangaka multiplie les surprises et les retournements de situation, là où elle aurait pu se complaire dans les passages obligés et les quiproquos en pagaille. Et c’est vraiment très agréable, en tant que lectrice, de ne pas savoir où va la série sans pour autant que celle-ci paraisse improvisée. Cela tient beaucoup aux personnages, que nous pourrions penser banaux au premier abord, alors qu’ils vont s’avérer bien plus complexes – donc imprévisibles – et apporteront cette complexité au récit.
En outre, il s’agit d’un titre rythmé, à la fois touchant et très drôle (mention spéciale à une lectrice de BL et une divinité particulièrement envahissantes).
Cela ne payait vraiment pas de mine de prime abord, et la série aurait vraiment pu sombrer dans une catastrophe similaire à celle de Switch Love avec un tel sujet. Et pourtant, non seulement cela marche, mais il me tarde de lire le dernier tome.
Rétrospectivement, 2019 ne fût pas un très grand cru en matière de shôjo. Mais Bless You est clairement une bonne pioche.

Bloom into you de Nio Nakatani : Suivez le quotidien de deux jeunes filles cherchant à comprendre leurs sentiments. Les deux héroïnes, Tôkô et Yû, n’arrivent pas à tomber amoureuse. Quand quelqu’un leur dit « je t’aime » elles n’arrivent pas à y croire, elles ne voient pas en quoi on pourrait les aimer.
Tôko cherche à être une femme parfaite au point de s’en oublier elle-même, de renier sa propre personnalité. Yû, elle, ne juge jamais les gens sur des a priori ; ne comprenant pas l’amour, elle prend le temps de découvrir qui est vraiment la personne à qui elle parle. Et c’est parce que Yû tente de réellement la comprendre que Tôkô se livre complètement. Les deux jeunes filles découvrent alors des sentiments qui leurs étaient jusque-là inconnus.

J’ai beaucoup hésité quant à commencer ou non ce manga. L’adaptation animée ne m’avait pas entièrement convaincue, pour des raisons sur lesquelles je reviendrai. Mais en même temps, cet anime possédait un vrai potentiel, prenait des décisions inattendues dans un titre pourtant vendu sur son côté yuri – ce alors qu’il ne s’agit justement pas d’un yuri – et de toute façon, il ne reprenait que le début du manga. De plus, ce titre faisait partie de l’excellente sélection de l’exposition LGBT+ : Diversity in Manga, ce qui m’apparait comme un signe de qualité.
Sans surprise, j’ai effectivement retrouvé dans cette lecture les quelques défauts que j’avais pu trouver dans l’anime. A savoir que la relation entre Yû et Tôkô n’est pas spécialement saine, et que si cette-dernière avait été un homme – donc si nous avions été dans une romance hétérosexuelle – son comportement aurait même paru franchement toxique. Un des intérêts du yaoi et du yuri est certes de partir avec deux personnages de même statut, dont l’histoire amoureuse n’est pas conditionnée par les rapports homme/femme, mais je ne crois pas que cela doive servir d’excuse quand un des protagonistes se comporte clairement mal vis-à-vis de l’autre. En l’occurrence, Tôkô impose sa présence à Yû et n’hésite pas à l’embrasser de force. Mais Yû n’est pas en reste, puisque sous son apparente passivité, elle sait aussi utiliser à son avantage les sentiments de Tôkô à son égard. Après, il ne s’agit pas non plus d’actes destructeurs ou particulièrement vicieux, comme nous pourrions en trouver dans certains shôjo dramatiques.
Nous comprenons rapidement que ces deux héroïnes, en particulier Tôkô, sont bien plus fragiles et complexes qu’il n’y parait ; ce qui ne justifie pas tout, mais permet de nous faire ressentir de l’empathie envers elle. Mais la force de Bloom into you, outre la fragilité de Tôkô, réside dans une peinture plus réaliste qu’à l’accoutumée des relations homosexuelles. Cette série ne se déroule pas dans un environnement où celles-ci ne surprendraient personne et seraient parfaitement acceptées, contrairement à Kase-san &… (voir plus bas). De plus, le spectre des représentations LGBT+ ne se borne pas à la relation lesbienne des héroïnes, ce qui est vraiment appréciable.
Nio Nakatani est une autrice de yuri, et comme elle l’explique dans les bonus de ce manga, cela l’a surprise d’être sollicitée par un magazine seinen. Mais ce changement de public la pousse aussi à changer de perspective, à proposer un autre cadre et à aller voir plus loin que la romance. Cela va avec son lot d’imperfections, mais l’exercice est loin d’être inintéressant.
Je ne peux prétendre être surprise par les défauts de Bloom into you, et ce n’est certainement pas désagréable à lire. Mais je me demande surtout ce que donnera le titre sur la longueur.

Celle que je suis de Suwaru Koko et Bingo Morihashi : Années quatre-vingt, Tokyo. Yûji Manase est étudiant. Mais il vit au quotidien avec deux secrets dont il n’a jamais parlé à personne : d’une part, les sentiments qu’il éprouve pour son ami de longue date Masaki Matsunaga, et de l’autre, le malaise qu’il ressent vis-à-vis de son corps. Un jour, Yûji pose la main sur une robe que sa sœur a laissée dans son appartement, sans savoir que cet acte allait bouleverser sa vie…
Je me suis déjà étendue sur ce titre par le passé, donc je serai brève. Manga en deux tomes vendu comme une histoire sur la transidentité, ce sont surtout sa romance et sa description de la société japonaise qui m’ont intéressée. De là à dire qu’il y avait tromperie sur la marchandise ? Ce manga parle effectivement de transidentité, mais je ne le recommanderai certainement pas pour cet aspect en particulier, compte-tenu de la façon dont celui-ci est traité, ainsi que son héroïne.
En outre, les passages les plus mémorables de cette série n’apparaissent vraiment que dans le second tome, lorsque l’héroïne en question se trouve mise au second plan par rapport aux autres personnages introduits précédemment.
Même s’il ne s’agit pas d’un mauvais manga en soi, il s’avère très imparfait et je n’en recommande pas la lecture.

Chiisako Garden de Yuki Kodama : La petite Luna vient d’emménager avec sa famille dans une charmante maison avec un joli jardin. Et c’est dans ce carré de verdure préservé qu’elle fait la connaissance d’un petit être, avec qui elle se lie très vite d’amitié. Mais Luna est la seule à voir son minuscule ami, ce qui ne manquera pas de créer des tensions avec ses parents…
Et si vous preniez le temps de tendre l’oreille ?
Vous entendriez peut-être le murmure d’une de ces mystérieuses créatures lilliputiennes qui ne se dévoilent qu’à un tout petit nombre d’entre nous…

Meilleure nouveauté de 2019 avec BL Métamorphose, et meilleur shôjo. Un shôjo d’une telle qualité que son éditeur a été obligé de le publier dans une collection seinen ! Bon, je rigole, mais jaune ; car ce n’est pas comme cela que nous allons redorer le blason du shôjo en France, et montrer qu’ils ne se limitent pas à la romance.
Pourtant, il y a effectivement de l’amour dans ce manga.
Chiisako Garden est un recueil d’histoires courtes, liées par un thème commun, et dont nous pouvons dégager une chronologie puisque certaines histoires se répondent. Ici, les chiisako sont des créatures minuscules que seules certaines personnes peuvent apercevoir. Hors de question que je vous dise lesquelles, mais de la façon dont c’est amené par l’autrice, cela fonctionne très bien ; la relation entre les personnages et les chiisako servant de révélateur. Elle trouve le moyen d’associer émotion et fantastique, d’une façon qui ne parait en aucun cas exagérée. C’est bien pensé.
Vous l’aurez deviné, j’ai adoré ce manga. Trop court à mon goût, dans le sens où la mangaka met en place un concept permettant de multiplier les situations, mais en même temps, cette courte durée permet de ne pas lasser. Le résultat est mignon comme tout, tendre, et poétique, servi par un dessin clair et magnifique. C’est un bonheur que de se plonger dans le quotidien des personnages, dans leurs amours, et dans ce qui les relie aux chiisako. Il s’agit d’un manga sur l’enfance, l’amour, la nostalgie d’une époque perdue, avec une petite touche d’humour quand besoin est, le mélange prend immédiatement.
En un tome, c’est absolument indispensable.

Mon Coloc d’enfer de Keiko Iwashita : Miko est lycéenne. Ses parents devant s’occuper de sa grand-mère malade, elle se retrouve à faire de la colocation dans une grande maison appartenant à son oncle. Non seulement elle n’est pas habituée aux tâches ménagères, mais en plus ses colocataires sont tous des adultes un peu bizarres. Le plus âgé d’entre eux, Matsunaga, fait un peu peur à Miko mais s’avère en réalité être quelqu’un de très prévenant. Voici une joyeuse histoire de colocation où une lycéenne a le cœur qui bat pour un homme plus âgé qu’elle !
Je n’avais pas, à l’origine, prévu de lire ce manga. En grande partie en raison de son éditeur, que je n’apprécie guère et préfère donc éviter. Seulement voilà : ayant trouvé l’année assez pauvre en matière de shôjo, je me suis demandé si je n’étais pas passée à côté de titres prometteurs. Les retours sur celui-ci paraissaient positifs, je lui ai donc laissé sa chance ; je n’ai pour l’instant lu que le premier tome, lequel m’a effectivement donné envie de lire le second même si je ne suis pas non plus emballée plus que cela.
Mon Coloc d’enfer est une romance, non pas lycéenne – du moins dans l’immédiat – puisque bien qu’adolescente, l’héroïne semble plutôt attirée par le colocataire en question, un jeune graphiste un tantinet soupe-au-lait. Leur relation – qui n’en est pas encore amoureuse là où j’en suis – fonctionne car le personnage masculin est tout sauf le connard manipulateur que nous pourrions craindre à la lecture du titre. Il se met facilement en rogne, mais nous le voyons multiplier les gentilles attentions et se montrer en réalité très prévenant. Quant à la différence d’âge, c’est une autre histoire ; mais elle n’est pas aussi marquée que le suggère le résumé fourni par Pika (lequel abuse d’une esthétique bien caricaturale pour sa nouvelle collection shôjo).
Le couple principal fonctionne car ils sont touchants à leur façon, et dans une relation avant tout mignonne, même si cela pourrait changer par la suite vu ce qui se déroule à la fin du premier tome. Ce qu’il convient aussi de noter, c’est que celui-ci ne s’intéresse vraiment qu’à deux des habitants de la colocation, alors qu’elle semble regorger de personnalités amusantes ; il ne fait aucun doute que la mangaka prendra la peine de les développer par la suite. La qualité des shôjo romantiques dépendant souvent de leurs protagonistes et de leur traitement, il parait donc trop tôt pour vraiment émettre un jugement définitif sur ce manga.
Le dessin s’avère clair et agréable à l’œil, il s’agit d’un point positif.
Mon Coloc d’enfer n’est pas spécialement original, mais il s’avère pour l’instant sympathique. C’est déjà bien. A voir comment tout cela évolue.

Demon Slayer de Koyoharu Gotôge : Le Japon, au début du XXe siecle.
Un petit marchand de charbon nommé Tanjiro vit une vie sans histoire dans les montagnes. Jusqu’au jour tragique où, après une courte absence, il retrouve son village et sa famille massacrés par un ogre ! La seule survivante de cette tragédie est sa jeune sœur Nezuko. Hélas, au contact de la bête, celle-ci s’est à son tour métamorphosée en monstre…
Afin de renverser le processus et de venger sa famille, Tanjiro décide de partir en quête de vérité́. Pour le jeune héros et sa sœur, c’est une longue aventure de sang et d’acier qui commence !

Une réédition, donc un manga qui n’aurait normalement rien à faire là. Mais compte-tenu du changement de nom et des aventures de Panini Manga en 2019, nous dirons qu’il s’agit d’une nouveauté.
Les derniers temps furent difficiles pour Panini Manga, mais surtout pour ce qui lui restait de lectorat. Il faut dire que, de par son comportement – à base de séries ralenties dans le meilleur des cas mais le plus souvent interrompues, et de communication déficiente – l’éditeur ne donnait pas très envie de le soutenir, malgré un très bon catalogue.
Pour relancer la machine et redonner confiance au public, Panini Manga a décidé de miser sur la perle inexploitée de son catalogue : Les Rôdeurs de la Nuit. Avec un anime diffusé au Japon et une série dont les ventes y ont explosé – réussissant l’exploit de rivaliser avec le mastodonte One Piece – autant dire que le moment était bien choisi. Un changement de nom plus tard, voilà Demon Slayer transformé en rouleau compresseur, avec des tomes presque immédiatement en rupture de stock. Et l’éditeur annonce la reprise de plusieurs titres Shueisha pour 2020. Inimaginable il y a encore un an.
Si je demande encore à voir pour le reste du catalogue de Panini Manga – en espérant que les shôjo restent un de leurs points forts – l’avenir de Demon Slayer semble assuré, suffisamment pour me lancer dans la série. D’autant que j’ai entretemps regardé l’adaptation animée.
Pour l’instant, je n’ai lu que le premier tome. Mais sans surprise – il faut dire que l’adaptation semble fidèle – j’ai accroché, et lirai la suite dès que possible. En bonne série du Shônen Jump, celle-ci reprend un concept relativement classique – celui des démons, et de leurs exterminateurs dans un environnement purement japonais – pour en faire un titre d’action/aventure efficace. Là où il se démarque toutefois, c’est déjà dans le contexte historique – celui de l’ère Taisho – rarement utilisé dans les shônen. Si cela ne se ressent pas nécessairement dans cette entame au-delà des vêtements d’un des personnages, cela prendra de l’importance par la suite. Parmi les qualités transparaissant de cette entame, nous noterons que l’autrice fait preuve d’une cruauté finalement inhabituelle envers ses personnages pour un manga de ce type, n’hésitant pas à sacrifier d’entrée la famille du héros ou les apprentis chasseurs de démons. Ce qui ne l’empêche pas de savoir faire preuve d’humour quand besoin est.
Etant toujours à la recherche de shônen efficaces, celui-ci remplit parfaitement son office. En espérant qu’il en ira de même pour sa suite.

Duellistes – Knight of Flower de Mai Nishikata : Depuis des générations, les membres du clan Kurono sont au service du consortium Ôtori. Et en tant que premier chevalier, Ran se doit d’en protéger la dernière héritière : la belle et mystérieuse Sei. Mais la tâche n’est pas aisée pour Ran, car au sein de l’académie Saint-Logres, d’autres lycéens sont prêts à tout pour prendre sa place ! Entre duels et manigances, Ran devra faire preuve de courage pour conserver son titre… tout en protégeant son secret le plus intime…
A l’instar de Celle que je suis, il s’agit d’un titre dont j’ai déjà parlé, donc j’essaierai de rester conciss.
Difficile pour moi de regretter le manque de shôjo sortant de la comédie romantique en France, tout en passant à côté d’un titre comme Duellistes – Knight of Flower semblant justement vouloir s’en affranchir. D’autant plus quand celui-ci nous vient d’un de mes magazines favoris.
Néanmoins, cela ne signifie ni que toute comédie romantique est à jeter, ni qu’un shôjo sera nécessairement plus réussi s’il ne s’agit pas d’une comédie romantique. Simplement que le shôjo est plus divers qu’il n’y parait, et compte de nombreuses réussites ne recourant pas à la romance.
Duellistes – Knight of Flower ne montre malheureusement que trop bien que sortir des sentiers battus (par rapport au gros de l’offre en langue française) ne suffit pas à rendre une série passionnante et mémorable.

Freya – L’Ombre du Prince : Freya est une timide jeune fille qui vit à Tena, un paisible village du royaume de Tyr. Mais la quiétude de son quotidien est bouleversée par le retour d’Aaron et Alex, ses frères de cœur, qui sont porteurs d’une terrible nouvelle : le puissant royaume voisin de Sigurd exige la reddition de Tena, poursuivant ainsi son annexion progressive de Tyr. Pour sauver son pays, Freya se rend au château de Rocca, où elle tombe nez à nez avec un jeune homme qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, mais qui est sur le point de mourir. Et le destin de Freya va s’en retrouver changé à jamais…
Je pourrais répéter ici ce que je dis sur Duellistes – Knight of Flower, mais comme il s’agit de la première fois que j’évoque ce titre, je vais développer.
J’apprécie Doki Doki pour leurs éditions, moins pour leur catalogue. Mais il leur arrive de surprendre. Donc je peux me laisser tenter. Freya – L’Ombre du Prince ressemble à une version féminine de Mimic Royal Princess, un autre shôjo de l’éditeur, que je n’avais pas aimé. J’avais aussi lu l’extrait en ligne, et je n’avais pas accroché. Alors pourquoi diable avoir tenté Freya – L’Ombre du Prince ? De nouveau pour trouver des shôjo intéressants parmi les nouveautés de 2019, car ce titre m’a été présenté comme une curiosité à découvrir, car il s’agit d’un shôjo dans un univers médiéval – ce qui change du tout-venant – et car il pouvait fort bien se bonifier avec le temps.
Mais dans l’ensemble, je crois que la première impression était la bonne. La mangaka nous explique dans ses free talks être habituellement spécialisée dans les personnages féminins forts, et avoir changé pour l’occasion. C’est regrettable, car Freya est une héroïne difficile à supporter. Je comprends la volonté de l’autrice de présenter une fille étrangère à la guerre et à la violence, à la larme facile, qui devra apprendre à se comporter comme le prince qu’elle doit remplacer bon gré mal gré ; et si nous la voyons capable d’endosser le rôle à quelques reprises, il n’empêche que suivre les aventures de ce personnage n’est pas toujours plaisant du fait de son caractère.
Elle aurait plus sa place dans une comédie romantique – d’autant qu’elle est entourée de caricatures de beaux jeunes hommes à son service – et en même temps, c’est totalement raccord : Freya n’a effectivement rien à faire là, à la cour, confrontée à des ministres fourbes et des ennemis cherchant à l’assassiner.
Ce qui sauve le premier tome sur la longueur (je ne sais pas encore si je lirai le second), ce sont les quelques sursauts de l’héroïne dans son nouveau rôle – même si elle redevient égale à elle-même l’instant d’après – et le fait que les événements s’enchainent malgré elle. Reste donc à voir comment elle va les gérer.
Côté dessin, là encore, cela siérait mieux à une comédie romantique. J’imagine plus aisément les personnages en uniforme scolaire qu’en armure, c’est très perturbant.
Malgré tout cela, sans être franchement convaincue, j’éprouve une certaine curiosité quant à la suite. Freya commence déjà à évoluer, et à comprendre qu’elle devra prendre sur elle pour sauver son entourage.
De là à lire la suite ? Je ne suis pas persuadée d’en avoir réellement envie.

Kakushigoto de Kôji Kumeta : Goto Kakushi est auteur de manga et père célibataire d’une petite jeune fille, Hime. Dès le début de l’aventure, la jeune Hime découvre fortuitement le métier de son père, auteur de manga populaires bas de gamme. Problème, Goto n’assume pas du tout son métier, peu considéré́ par ailleurs au Japon.
Et ce dernier cherche par tous les moyens à le cacher à sa fille, alors qu’il travaille chez lui. S’ensuit un jeu de cache cache permanent où le père qui se fait passer pour un salaryman basique, mène quasiment une double vie. Problèmes : ses amis, ses fans, l’administration, son éditeur… tous savent qu’il est auteur de manga. Tout cela sous l’œil circonspect de la jeune Hime, qui ne comprends pas les gesticulations de son père, mais décide de respecter son besoin de secret.

Habituellement, je teste les nouveautés à leur sortie, ou à défaut après avoir lu les premiers retours à leur sujet. Rarement plus tard. C’est pourtant bien ce que j’ai fait pour plusieurs titres de 2019, ce qui explique qu’il me reste encore à rattraper la publication pour quelques séries mentionnées dans cet article.
Je n’avais pas lu Sayonara, Monsieur Désespoir – j’avais bien vu l’anime, mais cela ne compte pas vraiment dans la mesure où son réalisateur est connu pour imposer sa personnalité aux adaptations sur lesquelles il travaille. Ce qui m’a poussé à tester Kakushigoto, c’est l’excellent travail de son éditeur Vega depuis son lancement en 2018.
En l’occurrence, Vega se retrouve dans une situation similaire à celle d’Akata : il s’agit d’un éditeur dont je vais tester des nouveautés alors qu’elles ne m’auraient pas forcément interpelée si elles avaient été publiées par un de leurs concurrents ; mais comme je vais commencer plus de séries dans leurs catalogues, ce sont aussi les maisons dont j’abandonnerai le plus de titres en cours de route.
Si je prends la peine de fournir cette explication, vous vous doutez bien que cela n’annonce pas que du bon pour Kakushigoto. Après un tome, je m’interroge quant à la continuer ou non, là où cela n’a fait aucun doute après la lecture du premier tome de Demon Slayer.
Il s’agit d’un titre reposant sur du comique de situation, avec quelques personnages loufoques, à commencer par un mangaka – obsédé par sa progéniture – et ses assistants ; parmi eux, une fille aux répliques cinglantes qui font souvent mouche.
C’est amusant, mais à petite dose, car cela doit rapidement devenir lourd. Même si je suis curieuse de voir comment l’auteur pourra renouveler l’intérêt sur la longueur, je ne suis pas non plus impatiente de lire la suite. C’est sympathique sur l’instant, mais sans tellement plus, même si nous sentons une certaine noirceur poindre par derrière.
Par contre, j’aime beaucoup le dessin, très agréable à l’œil tout en montrant une vraie identité de la part de l’auteur, lequel arrive à accoucher pour ses personnages de bouilles mémorables. Nous apprécierons aussi ses commentaires sur son métier, entre les chapitres.
Affaire à suivre, ou pas. Je ne suis pas convaincue.

Kamuya Ride de Masato Hisa : Japon, vers l’an 400. Le Royaume s’embrase. La révolte gronde chez les chefs de clans locaux, opposés aux maitres du pays, la dynastie Yamato. Pour réprimer la rébellion, une armée est envoyée par le Roi avec à sa tête son propre fils, Yamato Takeru. Cependant, les troupes comme le prince subissent une lourde défaite dans leur périple vers l’Ouest. Le jeune homme ne doit son salut qu’à l’intervention d’un étrange combattant, Kamuya Ride, qui s’attaque à ce qui semble être la source de la dissidence : d’anciennes divinités soudain revenues des limbes. Yamato Takeru découvre que derrière les complots, se cachent les Dieux des différentes provinces du Japon, endormis depuis le début du règne des Hommes. C’est donc l’équilibre du Royaume tout entier qui est menacé…
D’un côté Vega, de l’autre Masato Hisa. Un alignement d’étoiles. Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ? Kamuya Ride est tout simplement le plus mauvais manga de son auteur qu’il m’a été donné de lire à ce jour.
Dans ce titre, je retrouve Masato Hisa dans son côté libidineux, ici appliqué à un personnage masculin, offrant un inversement des codes qui s’avère effectivement amusant sur le papier. Par contre, concernant sa folie pure, ses environnements pop, ses références à foison, ou son habituel jeu sur le noir et blanc, tout cela semble être passé à la trappe.
L’époque du récit n’est pas inintéressante en soi, de même que l’idée d’y introduire une sorte de super-héros en armure que nous imaginerions plus dans un univers urbain moderne. Iron Man dans le Japon féodal, sur le papier – là encore – cela ne manque pas de potentiel.
Sauf qu’il existe un monde entre les intentions et le résultat. Je ne pensais pas que ce serait possible avec Masato Hisa, mais je me suis franchement ennuyée à la lecture du premier tome, arrivant difficilement à la fin. Les personnages, la menace, l’environnement, l’ambiance, je n’ai absolument pas accroché à ce manga, et je ne comprends pas ce qui a pu arriver à cet artiste dont je suivais alors avidement le travail. En revanche, vous comprendrez que je me sois arrêtée là et n’éprouve aucune envie de lire la suite. Tout imparfait et bancal qu’il soit, Batman Ninja était autrement plus réussi.
J’attendrai donc une éventuelle publication de Nobunagun en 2020, histoire d’avoir ma dose.

Kase-san &… de Hiromi Takashima : La série nous raconte la rencontre de deux lycéennes, Yui Yamada et Tomoka Kase. Là où la première est timide et introvertie, la seconde est sportive et éclatante. Yamada se consacre à sa passion pour le jardinage après les cours, tandis que Kase brille au sein du club d’athlétisme. Fascinées l’une par l’autre, les deux jeunes femmes vont se fréquenter de plus en plus et se découvrir une attirance mutuelle…
Ma philosophie concernant les yaoi/yuri, c’est que je n’irai jamais lire un manga uniquement parce qu’il s’agit d’un yaoi/yuri, mais que le fait qu’un manga en soit un ne m’empêchera jamais de le lire si j’en ai envie. Dans le cas de Kase-san &…, j’étais à la recherche d’une romance, ce manga bénéficie d’une bonne réputation, et le fait que sa suite soit publiée dans un magazine shôjo – après plusieurs déménagements – me rassurait. Ce fût une bonne pioche.
Si je devais comparer à Bloom into you, Kase-san &… se déroule dans un monde où la relation entre les héroïnes ne surprend personne, et surtout, elles forment un couple extrêmement mignon. Pour certain•es, ce qualificatif de « mignon » ne sera pas nécessairement un compliment. Pour moi, si.
Nous avons d’un côté une Yamada timide et réservée, de l’autre une Kase beaucoup plus extravertie, mais elles sont finalement toutes les deux maladroites et attendrissantes s’agissant de relations amoureuses. C’est un vrai plaisir de les voir avoir des petites attentions l’une pour l’autre, de se rapprocher sans oser se dire ce qu’elles ont sur le cœur alors que leurs sentiments font peu de doute.
Il y a quelque chose de très fleur bleue, c’est sympa comme tout même si cela reste très superficiel.
Dans le fond, je crois que je n’en demande pas plus. Il s’agit jusqu’ici d’une lecture charmante, plaisante de bout-en-bout. Le dessin est agréable sans être exceptionnel, finalement à l’image du manga lui-même. Mais cela ne signifie pas que je ne suis pas impatient de lire la suite, compte-tenu de la fin du dernier tome en date.

Mister Ajikko – Le Petit Chef de Daisuke Terasawa : Grand critique gastronomique, Genjirô Murata évalue restaurant sur restaurant quand sa route croise celle du jeune Yôichi Ajiyoshi. Surnommé le « Petit chef » par sa clientèle, ce dernier est aux fourneaux d’un établissement familial traditionnel qui ne paie pas de mine. Curieux, le gourmet professionnel goûte l’un de ses plats et… c’est la révélation! Conquis, il lui laisse sa carte de visite. Mais quelles aventures attendent donc Yoichi?
Mister Ajikko – Le Petit Chef faisait partie des rares classiques de l’époque du Club Dorothée manquant encore à l’appel, et c’est Black Box qui s’y colle. Il fallait bien une série de cet acabit pour que je prenne un nouveau titre chez cet éditeur, dont il m’est très difficile de me procurer leurs publications. De fait, j’ai fait l’impasse sur plusieurs de leurs nouveautés, qui pourtant auraient pu m’intéresser.
C’est assez récemment que j’ai redécouvert cette série par le biais de son adaptation animée, et ce fût une claque, un délire rarement atteint. Et en même temps, il s’agit du premier anime en tant que réalisateur principal de Yasuhiro Imagawa, un spécialiste de l’épique et du n’importe quoi à qui nous devons des merveilles comme Giant Robo ou Mobile Fighter G Gundam. Cela se sent.
Sachant que Mister Ajikko – Le Petit Chef date des années 1980, que le délire de l’anime vient sans doute en grande partie du réalisateur, et que Food Wars – sur le même créneau des duels de cuisine outrageusement exagérés – a été publié en France en premier, je craignais de sortir déçu de ce manga.
Effectivement, j’ai trouvé le premier tome agréable mais sans tellement. Tout en sachant que ce n’est pas juste pour ce titre pionnier, ce qu’il nous propose sent aujourd’hui le réchauffé. Cela se lit bien malgré tout, notamment grâce à son trait gentiment daté et son humour.
Il faut attendre le second tome pour que le mangaka trouve son rythme de croisière. Maintenant qu’il a assis la réputation de son héros grâce au Maître du Goût, il ne lui reste plus qu’à utiliser celui-ci comme ressort comique (avec Maruo). Les duels culinaires peuvent désormais s’enchainer pour un oui ou pour un non, sans raison apparente ; un peu comme dans Pokemon où tous les conflits se règlent avec des combats entre dresseurs, ici tout se passe en cuisine.
Yoichi est imparfait, dans le sens où conscient de ses talents (de cuisinier), il a tendance à se montrer présomptueux et arrogant ; non seulement, cela lui donne un côté humoristique qui fonctionne, mais cela lui permet d’accepter d’autant plus aisément n’importe quel défi. A se demander quand il ouvre son restaurant, dans la mesure où il semble passer le plus clair de son temps à gaspiller ses ingrédients dans ses expérimentations, voire à travailler bénévolement pour un de ses concurrents.
Il me tarde de lire la suite.

Natsuko no Sake d’Akira Oze : Natsuko Saeki réussira-t-elle à brasser le meilleur saké du monde, issu d’un riz unique, réputé impossible à cultiver ?
Natsuko Saeki est une employée de bureau à Tokyo, mais elle ne s’épanouit pas dans son travail. Ses supérieurs ne voient en elle qu’une subalterne juste bonne à faire des photocopies et servir du café.
Mais un jour son frère tombe malade et l’opportunité s’offre à elle de rentrer auprès de sa famille pour l’aider. Or Natsuko est issue d’une famille de modestes brasseurs de saké, et tente depuis des années de brasser un saké particulièrement savoureux et unique. Motivée par ce défi familial, Natsuko, remplaçant son frère, va se plonger corps et âme dans le travail du saké et tenter de se faire une place dans un milieu très traditionnel et dominé par les hommes. Réussira-t-elle à brasser le meilleur saké du monde, issu d’un riz unique, réputé impossible à cultiver ?

Sur le marché français, Natsuko no Sake se situe dans cette veine du « qu’est-ce que cela fout là » ; une série datant des années 1980, dont l’âge se ressent à travers le trait, et d’un auteur loin d’être renommé en France, il s’agit d’un choix surprenant. La qualité n’entrant évidemment pas en ligne de compte, et le sujet étant intéressant mais assez spécialisé mine de rien. Pour ma part, j’ai bien accroché à cette série, elle se hisse parmi les bonnes surprises de 2019 malgré un seul tome sorti ; certes de plus de 400 pages, mais compte-tenu de sa longueur, cela ne donne finalement qu’un aperçu de ce qu’elle pourrait raconter par la suite.
L’histoire est celle de Natsuko, fille de brasseur partie vivre ses rêves à Tokyo, mais qui décide de rentrer suite au décès de son frère. Le mangaka explique s’être beaucoup documenté sur la production du sake, et cela se sent, même si certaines des techniques décrites dans le manga ne sont sans doute plus utilisées par grand monde à l’heure actuelle.
Natsuko est une héroïne donnant envie de suivre ses aventures, et le trait gentiment vieilli de l’auteur donne un charme fou à l’ensemble malgré une histoire ne ménageant pas ses personnages.
Je lirai la suite sans faute.

Princesse Kilala de Nao Kodaka et Rika Tanaka : Kilala adore les histoires de princesse Disney. Un jour, elle rencontre un jeune garçon endormi, Rei. Après l’avoir ramené chez elle, elle découvre qu’il possède une petite couronne qu’elle ne peut s’empêcher d’essayer, se sentant ainsi dans la peau d’une princesse. Mais quand Rei se réveille, il lui annonce qu’il doit de toute urgence découvrir la jeune fille à qui appartient cette tiare : la Septième Princesse qui selon la légende doit sauver leur pays du désastre ! Guidés par cette couronne, ils se retrouvent dans un autre monde… qui n’est autre que celui de Blanche-Neige !
Au fil des pages et des volumes, le lecteur accompagnera Kilala et ses amis dans sa quête des pierres de la couronne de la Septième Princesse. Tout au long de ce voyage, ils traverseront différents univers Disney et iront à la rencontre des princesses de contes de fées.

Je triche, il s’agit d’une réédition. La bonne nouvelle, c’est que je l’avais déjà évoqué dans un précédent article ; donc je peux me permettre de faire court, même si de nouveaux tomes ont été publiés depuis.
Princesse Kilala fonctionne comme le Kingdom Hearts des shôjo manga, avec une héroïne voyageant dans l’univers des princesses Disney. Une part de l’originalité venant du fait que Kilala s’insère plus ou moins bien dans les histoires personnelles de celles-ci.
C’est mignon, mais cela ne vole pas bien haut. La qualité diffère selon les princesses, puisqu’elles n’ont pas toutes inspiré les autrices de la même façon. Nous sentons toutefois qu’elles apprécient leur sujet et connaissent leurs classiques, donc celles et ceux ayant grandi avec ces films y trouveront peut-être leur compte. Mais dans l’ensemble, cela reste anecdotique malgré son concept.

The Red Rat in Hollywood d’Osamu Yamamoto : En 1938, la Chambre des représentants des USA instaure une commission sur les « activités anti-américaines ».
Au début de l’année 1947, cette commission décida d’enquêter sur l’influence du communisme au sein de l’industrie du cinéma. Mais c’est le FBI qui, en fait, fournissait à la commission les renseignements sur les communistes travaillant à Hollywood, redéfinissant les limites de son pouvoir, désormais exponentiel. Une liste noire fut donc établie. Seuls onze personnes parmi ces sympathisants communistes seront entendus, ceux qui sont aujourd’hui connus comme les Dix d’Hollywood (+Bertolt Brecht qui fuira le sol américain). Les Dix refuseront de répondre aux questions sur leur appartenance ou non au parti communiste évoquant le 1er amendement de la constitution américaine, et déclenchant ainsi l’un des plus grand bras de fer de l’histoire américaine.
C’est l’histoire de cet affrontement que narre The Red Rat in Hollywood. Les plus grandes stars de l’écran se mobiliseront pour défendre la liberté contre le FBI. John Huston, Lauren Bacall, Groucho Marx, Franck Sinatra, Audrey Hepburn… les auditions se succèdent en parallèle des intrigues, chasses à l’homme, courses poursuites, et investigations musclées du FBI. Le maccartisme venait de naître.

Outre la bande dessinée en général, j’adore le cinéma. Je touche un peu à tout, mais il me reste énormément à découvrir. Et si j’avais entendu parler de la chasse aux sorcières, notamment à travers un récent film sur le scénariste Dalton Trumbo, cela reste une époque – la fin de l’âge d’or d’Hollywood – que je connais assez mal. Alors autant joindre l’utile à l’agréable.
Un reproche que j’ai fait à ce manga à la fin de son premier tome, c’était l’absence de précisions de la part du mangaka. En faisant des recherches en parallèle de ma lecture, je me suis trouvé incapable d’identifier certains personnages qu’il évoque, sans doute car ils ont été rajoutés au récit pour servir une fonction précise. Sans compter que certains détails ne sont tout simplement pas connus. Le mangaka se voyant obligé de prendre quelques libertés, j’aurais aimé qu’il indique quels sont les faits et quels éléments tiennent de la fiction. Je tiens à vous rassurer, les notes en question arrivent dès le second tome, et elles sont passionnantes.
Globalement, The Red Rat in Hollywood est un manga intéressant et bien écrit, sur un sujet lui-aussi intéressant, et de surcroit totalement inattendu. Je suis à la fois pris par le récit, et curieux de découvrir la société américaine de l’époque, la chasse aux sorcières, et ce qui va arriver aux principaux protagonistes.
Comme dans une bonne production, nous avons du drame, du sang, des larmes, des trahisons, parfois des rires, mais aussi des artistes engagés, des cinéastes virtuoses, et même de l’espionnage. Que demander de plus ?
Toutefois, j’ignore si quelqu’un que le cinéma et son histoire n’inspirent pas plus que cela y trouvera son compte. Et je m’interroge quant au public cible d’un tel titre. Mais pour ma part, j’y trouve mon compte et c’est l’essentiel.

Le Secret de l’Amitié d’Aiji Yamakawa et Kazune Kawahara : Eiko et Moe sont les meilleures amies du monde, pourtant tout les oppose en apparence. La première est physiquement banale, tandis que la seconde est si belle qu’elle fait tourner la tête de tous les garçons qu’elle croise. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’un de ses camarades lui déclare sa flamme… Mais à chaque fois, Moe répond d’une manière étonnante : sortir avec elle, cela signifie aussi qu’il faut être aux petits soins avec Eiko. Aussi, très souvent, les garçons abandonnent… jusqu’à l’arrivée d’un certain Tsuchida. Ce dernier semble faire preuve d’une patience et d’une compréhension rares. Et si la relation des deux amies finissait par changer ?
Un manga en un tome qui m’a été offert, et que je n’aurais sans doute pas lu autrement. Disons que je craignais que l’histoire parte dans une direction qui me déplaise, en raison du synopsis ; je n’en dirai pas plus. Néanmoins, j’avoue avoir eu tort de me méfier à ce point, car au lieu de partir dans la direction en question, ce manga s’avère au contraire pleinement satisfaisant.
Cela vient sans doute du fait que le scénario n’est pas aussi simple et convenu – donc prévisible – qu’il n’y parait au premier abord. Comédie romantique oblige, les personnages font tout le sel de ce manga, avec des fortunes diverses. L’amoureux de service connait une trajectoire inattendue et bien trouvée, tandis que son meilleur ami se comporte comme une crevure avant de s’améliorer ; le format court rend toutefois son évolution sans doute un peu trop abrupte à mon goût. Mais ce sont surtout les héroïnes que je retiendrai ; leur relation est touchante, et elles tiennent profondément l’une à l’autre. Une amitié forte qui fait chaud au cœur.
A noter que ce volume unique contient aussi une histoire bonus. Je n’y prête pas toujours attention, mais en l’occurrence, j’ai bien aimé. Elle n’est pas indispensable (sinon pour obtenir le nombre de pages habituel), mais ce n’est pas non plus une raison pour bouder son plaisir.
Si vous avez besoin d’une petite dose de romance, de shôjo, et d’amitié, ce manga fera donc parfaitement l’affaire.

Stand by me, Love Letter de Riho Masuda : Juste avant les vacances d’été, Hazuki reçoit une surprise de taille, sous la forme d’une lettre d’amour : un camarade de lycée qu’elle ne connaît même pas est tombé sous son charme. Mais la jeune fille n’a pas l’intention de sortir avec un garçon dont elle ignore jusqu’au nom. Malgré tout, touchée par sa sincérité, elle finit par accepter de le fréquenter, d’abord en tant qu’ami…
Une série que j’avais prise, attirée par le dessin atypique sur la couverture. Le synopsis, quant à lui, paraissait assez classique.
Malheureusement, le synopsis est beaucoup plus représentatif de ce manga en un tome que cette illustration. D’ailleurs, le dessin de la mangaka ne sort pas tant que cela des sentiers battus à l’intérieur du livre. De ce point de vue, il s’agit d’une légère déception.
Stand by me, Love Letter n’est pas désagréable à lire, c’est mignon, mais c’est tout. Vraiment, j’aimerais en dire plus sur ce manga, mais je ne vois vraiment pas quoi ajouter. Je l’avais même omis de cet article, avant de m’en rappeler au dernier moment en écrivant sur un autre titre de l’éditeur. C’est dire s’il ne m’a pas marqué plus que cela.
Si vous n’avez jamais lu de comédies romantiques en milieu scolaire, pourquoi pas ? Mais pour tous les autres, cela apparaitra sans doute comme une redite n’apportant rien de neuf.

Switch Love d’Akane Ogura : Dans un monde où le sexe est déterminé par la démographie, Miyoshi et Mamiya sont rivaux et en compétition pour tout et rien. Mais un jour, après un malaise, Mamiya revient avec de belles courbes féminines et les cheveux longs. Miyoshi est troublé. Que va devenir leur relation sachant que Miyoshi a peur des femmes et que Mamiya est devenu une magnifique jeune fille?
J’en avais déjà parlé, alors vous connaissez le concept. La couverture ne m’inspirait pas le moins du monde, à la différence du synopsis. Sauf que contrairement au manga ci-dessus, cette fois, c’est la couverture qui ne mentait pas. Switch Love véhicule une image déplorable du genre et des relations homme/femme, multipliant les clichés sexistes. Je ne souhaite pas promouvoir un tel titre.
Le pire, c’est qu’il est bien écrit.

Dans l’ensemble, que dire de ce cru 2019 ? J’avoue ne pas retenir autant de motifs de satisfaction que certaines des années précédentes. J’ai revendu quelques titres, ce qui m’arrive régulièrement, donc le problème ne vient pas vraiment de là. Il me semble surtout avoir trouvé la majorité des nouveautés évoquées dans cet article amusantes, divertissantes, efficaces sur l’instant, mais rarement mémorables. BL Métamorphose sort clairement du lot, de même que Chiisako Garden, mais il s’agit de deux séries très courtes. Bless You et Astra – Lost in Space se démarquent sur la longueur, mais cela n’ira guère plus loin. Après, il me reste du retard à rattraper sur quelques titres prometteurs, et d’autres ne comptent encore qu’un ou deux tomes ; donc mon ressenti peut évoluer pour les séries en question. Je compte notamment beaucoup sur Demon Slayer.
Ma principale inquiétude reste du côté des shôjo. J’ai déjà cité Chiisako Garden et Bless You, mais à part ça, la plupart des titres m’ont paru anecdotiques voire décevants. Je préfère donc retenir l’édition américaine du Poe no Ichizoku de Moto Hagio, à défaut d’une édition française.

Concernant 2020, j’ai pris une bonne résolution : celle de ne plus participer à des campagnes de financement. Si des titres qui pourraient m’intéresser arrivent à sortir grâce à ce système, je les prendrai si j’en ai l’occasion, mais cela n’ira pas plus loin.
Ceci étant, il semblerait que je n’aurai pas besoin de recourir à ces séries pour trouver de quoi lire en 2020. Car même si toutes les nouveautés de l’année n’ont pas encore été annoncées, nous pouvons déjà nous attendre à du très lourd.
Outre les rééditions de Phénix, l’Oiseau de Feu, Aria, et Shaman King – agrémenté de la nouvelle fin voulue par le mangaka – nous aurons droit à des titres aussi variés et attirants que Sengo, Libraire jusqu’à l’os – commencé en import US mais je reprendrai en version française – Asadora, le nouveau manga de Naoki Urasawa, Birdmen de Yellow Tanabe, Girls’ Last Tour, Dans le Sens du Vent, Nos c(h)oeurs évanescents, Running Girl, ma course vers les paralympiques, Sayonara Miniskirt, Shaman King Flowers, Golden Sheep, Our colorful Days de Gengorô Tagame, Olympia Kyklos, ou encore Even if I can’t use Magic. Panini Manga devrait aussi relancer plusieurs titres comme Koko Debut et L’Amour à l’excès, à voir si cela coïncide avec une réimpression. Et je ne parle même pas de l’import.
Bref, c’est beaucoup, c’est presque déjà trop, et je ne suis pas sûr de tout prendre. Cela va être une grande année.
nk Miller sur s

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