Xabungle, le mecha au nom imprononçable

Si vous vous ne suivez ce blog que depuis quelques années, vous vous dites probablement que la spécialité maison concerne avant tout les manga en général, et les shôjo en particulier. Ce n’est pas totalement faux, mais je n’irai pas jusqu’à dire que c’est vrai.
Ce blog me sert à parler de tout ce qui me plait et me déplait. Et il est une passion qui revient régulièrement me hanter : les animes avec des gros robots.

Il n’est pas rare que je commence mes articles avec des anecdotes. Aujourd’hui, je crois qu’il convient de préciser comment j’ai découvert la série dont il sera question : Combat Mecha Xabungle (ou Sentô Mecha Xabungle en version originale).
Epitanime est une convention à laquelle j’ai commencé à me rendre tardivement, du moins comparée à Japan Expo. Pour différentes raisons, avant tout d’ordre logistique ; mais si j’avais pu y aller plus tôt, je l’aurais fait. Par la suite, mes diverses participations m’ont permis de m’adonner à une activité nouvelle : le karaoké. Celui d’Epitanime, créé et géré par l’association en charge de la convention, fonctionnait de la façon suivante : une feuille de papier circulait dans l’assistance, permettant à chacun d’indiquer ce qu’il souhaiterait chanter (en espérant que cela fasse effectivement parti de la très riche base de données).
Parmi les participants, il n’était pas rare de trouver des adeptes de vieilles séries de robots géants, et ainsi de se retrouver avec des génériques de Space Runaway Ideon, Space Warrior Baldios, et – donc – Combat Mecha Xabungle. Cette dernière paraissait datée, mais le générique entrainant et le fait qu’elle soit réalisée par Yoshiyuki Tomino m’ont poussé à lui donner sa chance.

La population de la planète Zora est séparée en deux groupes : d’un côté les Innocents, qui vivent sous des dômes et fournissent la technologie, et de l’autre les Civils, qui parcourent les immensités désertiques. Une seule loi régit ce monde : en cas de litiges, les personnes s’estimant lésées ont trois jours réclamer justice ; au-delà de ce délai, elles doivent oublier toute idée de vengeance. Malgré cette règle, Jiron Amos est la recherche du meurtrier de ses parents. Pour y arriver, il veut mettre la main sur le Xabungle, le robot de Carring Cargo.

Série produite par les studios Sunrise en 1982, elle a donc été réalisée par Yoshiyuki Tomino, plus connu comme le créateur de la saga Mobile Suit Gundam, ainsi que d’autres séries phares comme Space Runaway Ideon ou Overman King Gainer. Et à ce propos, Combat Mecha Xabungle m’a rappelé Mobile Suit Gundam ZZ dans l’esprit. Explications.
Sans que cela ne soit forcément évident au début, le réalisateur a décidé de créer une dissonance entre le fond et la forme de Combat Mecha Xabungle. Le scénario est relativement bien écrit, dans un univers post-apocalyptique classique mais efficace, et sait ménager ses révélations et ses effets dramatiques. Surtout, il évoque des thèmes comme la révolution, la lutte des classes, l’écologie, la fin du monde, et l’eugénisme. Néanmoins, les scénaristes n’abattent pas toutes leurs cartes dès le début ; la série commence comme une histoire de vengeance dans un monde désertique, et va progressivement évoluer vers une intrigue plus riche ; sans pour autant remettre en cause ce qu’elle a raconté au début.

Dans la forme, cet anime est pourtant bien plus comique que le laisse supposer son scénario. Cela passe avant tout par la mise en scène. Si un personnage fume, il va se brûler d’au moins cinq façons différentes. Si un câble traine par terre, le héros va se prendre les pieds dedans. Et hormis lors des scènes d’action ou dramatiques, il y aura toujours quelqu’un pour faire le zouave dans le cadre. C’est déconcertant. Et le pire, c’est que cela n’empêche pas les personnages d’être compétents. Un peu comme si tous les habitants de ce monde avaient été maudits par un dieu particulièrement blagueur, mais avaient appris à vivre avec (comme ceux de JoJo qui se sentent obligés de prendre la pause au moindre pas dans la rue). Il y a aussi quelques dialogues méta.
Cela ne pose pas de problème à mon sens vis-à-vis du scénario (même si cela rend certains protagonistes irritants), car ils n’oublient pas non plus qu’ils vivent dans un univers sérieux ; comme si leurs actions et leur maladresse étaient deux éléments séparés. Heureusement, les combats de robots reposent plus sur les capacités de chacun que sur la chance, même si celle-ci peut aussi avoir un impact sur l’issue.

Tout le ridicule ne semble néanmoins pas voulu. Certaines réactions ne sont pas nécessairement logiques par rapport au récit, et paraissent là plus parce que les auteurs ont besoin que la série évolue dans une direction en particulier sans se soucier de la crédibilité. Par exemple, une des héroïnes va quitter ses compagnons, ceux-ci vont passer deux épisodes à essayer de la convaincre de revenir, et à la fin, elle va décider qu’ils l’ont abandonnée et rejoindre leurs ennemis. Je m’attendais à ce qu’il s’agisse d’un plan de sa part, qu’elle les espionne, mais pas du tout, c’était aussi stupide que ça. Ce phénomène reste rare, mais parait surtout toucher les personnages féminins. C’est dommage, car ces soucis mis à part, le scénario reste globalement solide.

Techniquement, il s’agit d’une série TV de 1982 produite par la Sunrise, alors pas la peine de vous attendre à des miracles. Beaucoup de réutilisations de plans, une animation souvent limitée, mais quelques efforts malgré tout pour les séquences qui le méritent. Les scènes d’action restent lisibles, par contre, le mecha design pourra surprendre, avec ses robots munis de volants et fonctionnant au diesel. De ce côté, le point le plus mémorable demeure la musique, qui alterne morceaux épiques et d’autres plus mélancoliques, avec des génériques et des thèmes chantés entrainants.

Bien qu’il ait fallu que je m’y prenne à deux fois, j’ai passé un bon moment devant Combat Mecha Xabungle. La faute, sans doute, à un scénario qui parait assez basique au premier abord, si nous mettons de côté son univers post-apocalyptique. L’équipage bigarré de l’Iron Gear semble sortir de nulle part, il faut un peu plus d’une dizaine d’épisodes pour que l’intrigue commence véritablement à se mettre en marche. A partir de là, je n’ai plus décroché. L’écriture permet de justifier les combats et les rencontres, puis les thèmes plus complexes viennent se greffer au reste. L’avalanche de gags visuels, si elle déconcerte au premier abord, permet d’apporter une respiration bienvenue et n’empêche pas la série d’être sérieuse ou dramatique quand il le faut.
La série n’est pas avare en fausses notes et reste par conséquent imparfaite. Mais elle passe encore étonnamment bien, je ne m’attendais pas à prendre autant de plaisir.

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