Le Bilan Manga 2017 du Chapelier (seconde partie)

En complément de mon article sur les séries de 2017, je vous propose un petit tour d’horizon éditeur par éditeur. Ce billet fait suite à celui de 2016 dans le même style.

Akata
A ces débuts en indépendant, Akata était très attendu – en tout cas par moi – sur le secteur du shôjo/josei. L’éditeur a frappé un grand coup d’entrée de jeu avec le populaire Orange et le magnifique Daisy, Lycéennes à Fukushima, et 2017 fût apparemment l’occasion pour eux d’étoffer leur catalogue avec quelques bonnes pioches. Jumping fût une agréable surprise, Good Morning Little Briar Rose est un titre plein de promesses, tandis que j’éprouve un véritable coup de cœur pour Moving Forward. Nous restons cependant dans des récits du quotidien, certes plus amers qu’à l’accoutumée et avec une touche de fantastique dans Good Morning Little Briar Rose ; je ne serais donc pas contre une plongée dans d’autres genres comme l’aventure, le récit historique, ou la science-fiction. Malheureusement pas ce que le marché français fait de plus vendeur. Mais je possède tout-de-même quelques bons espoirs pour 2018.
Néanmoins, Akata a aussi publié une des deux séries de 2017 que j’ai abandonnées en cours de route : Dernière Heure. Un titre pourtant court mais auquel je n’ai pas accroché. Et que je n’aurais de toute façon pas commencé s’il était sorti chez un autre éditeur.

Black Box
Les années se suivent et se ressemblent du côté de Black Box. Sans Leiji Matsumoto mais toujours avec Go Nagai, donc je continue bon gré mal gré à être client chez eux. Il faut dire que, compte-tenu de leur système de vente et de ma localisation géographique, acheter une de leurs séries s’avère toujours plus complexe que pour n’importe quel autre éditeur. Il s’agit d’un véritable frein à la curiosité ; je me contente des auteurs que je connais déjà sans même pouvoir explorer le reste de leur catalogue. J’aimerais bien tester leur nouvelle série de Masako Yoshi, mais cela risque encore d’être compliqué.
En même temps, je ne peux que les remercier d’avoir enfin réussi à publier Go Nagai en France (aux côtés d’Isan Manga). A tel point que je commencerais presque à faire la fine bouche. J’avoue ne pas avoir acheté tous leurs titres estampillés Go Nagai ; s’ils avaient été distribués différemment, je l’aurais très probablement fait.
Concernant la fournée 2017, je l’ai déjà évoqué dans mon précédent article. Je ne m’attendais pas à pouvoir un jour lire L’École Impudique, lequel préfigure bien les futurs délires de l’auteur, Jeeg symbolise à contrario tous les travers de son système de studio et d’œuvres multi-supports, tandis que Kekkô Kamen s’impose comme une de ses meilleures créations disponibles en langue française.

Casterman / Sakka
Je me suis récemment rendu compte que la plupart des séries que je suivais chez cet éditeur allaient se terminer dans les prochains mois. Heureusement, apparemment, plusieurs annonces seraient en préparation. En attendant, Sakka continue son petit bonhomme de chemin avec des séries de qualité et des éditions irréprochables. Une sorte d’habitude. Evidemment, cela se fait au détriment du nombre de nouveautés, donc je n’ai pas commencé tant de séries que cela chez cet éditeur en 2017. Mais l’une d’elles, Pline, se classe parmi mes favorites de l’année. L’autre, Gloutons & Dragons, m’a posé plus de problèmes au début, mais je suis désormais la publication française avec grand intérêt. J’ai aussi acquis Cavale vers les Etoiles, mais que je n’ai toujours pas lu.
Il me tarde de voir ce que Sakka prépare pour 2018.

Delcourt Tonkam / Soleil Manga
Ce que j’observe en 2017, c’est une évolution logique de processus enclenchés depuis plusieurs années. C’est ainsi que, en préparant cet article, je me suis rendu compte que je n’avais commencé aucune série chez plusieurs éditeurs pourtant majeurs, et qu’un tel phénomène avait déjà été amorcé dans mes bilans des années précédentes.
Dans certains cas, c’est par choix, des éditeurs qui devraient publier un titre exceptionnel et inattendu pour que je me force à mettre la main au portefeuille. Dans d’autres, c’est simplement que leur politique éditoriale ne me parle pas. Delcourt Tonkam (et par extension Soleil Manga) cumule les deux à la fois : un éditeur dont le travail laisse de plus en plus à désirer, et dont je n’ai vu passer aucune annonce en 2017 qui aurait pu m’intéresser.
Et ils n’ont même plus le mérite de continuer RiN, dont la suite se fait attendre. Si elle arrive à jour. Donc un éditeur à oublier.

Doki Doki
Que s’est-il passé ? Doki Doki m’avait très positivement surpris en 2017, avec deux excellentes nouveautés, et des éditions de qualité. Pour la qualité, je ne me prononce pas, mais j’avoue que rien dans leurs publications ne m’a attiré, que ce soit en matière de scénario ou de dessin. Comme j’ai de la sympathie pour eux, j’aurais pu commencer un titre sur un coup de tête. Mais je n’ai rien trouvé qui me donne envie de franchir le pas. J’espère donc mieux pour 2018.

Glénat
Voir « Delcourt Tonkam / Soleil Manga ». Plus sérieusement, entre une qualité d’édition en chute libre, un catalogue partant dans des directions qui ne me parlent pas, et leur choix de ne pas publier les suites de titres qui m’avaient enthousiasmé mais qui ne s’étaient apparemment pas suffisamment bien vendus, c’est un zéro pointé pour Glénat en 2017. Et depuis que je lis des manga de manière assidue, je crois qu’il s’agit de la première année où je ne commence aucune de leurs séries. Félicitations !

Kana
Kana reprend la place qui était la sienne depuis que j’ai commencé les manga : celle d’éditeur numéro 1. Alors certes, ce ne sont plus les folies des débuts, les classiques du Shônen Jump et les titres patrimoniaux financés par le succès d’un Naruto. Sans parler de Basara. Mais tout de même, quatre nouveautés commencées (certes autant qu’Akata) dont March comes in like a Lion, un de mes coups de cœur de 2017, et le sympathique Après la Pluie, soit deux titres sans doute compliqués à imposer en France. Je reste moins convaincu par A nos amours, et je demande à voir pour Batman & The Justice League.
Les éditions s’améliorent, et Kana ne réserve que très rarement de mauvaises surprises (comme des arrêts intempestifs). Pourvu que ça dure. Maintenant, j’aimerais bien des annonces accrocheuses pour 2018. J’en ai déjà repéré une, mais je voudrais surtout voir l’éditeur revenir à un de ses fondamentaux : le shônen bas du front. Car globalement, en 2017, j’ai vraiment ressenti un manque de ce côté.

Kaze Manga
Quelle indignité ! Jadis, je considérais Kaze Manga comme un des champions parmi les éditeurs français. Depuis, celui-ci va de mal en pis. Le catalogue reste au-dessus de la moyenne, réussissant à concilier des shônen efficaces voire prestigieux, et des titres plus confidentiels et moins vendeurs comme l’excellent Chant des Souliers Rouges. De ce côté, rien à redire. Par contre, les éditions ont tendance à se dégrader. Beaucoup plus grave, l’éditeur nous a fait une Panini Manga : plusieurs interruptions de séries inachevées, cachées parmi une grosse fournée d’arrêts de commercialisation, que Kaze Manga n’a jamais annoncé officiellement et par conséquent jamais assumé pleinement. Il a fallu que leur distributeur l’annonce aux libraires pour que cette mauvaise nouvelle soit relayée par quelques sites d’information. Tandis que Kaze Manga se félicitait sur les réseaux sociaux qu’une des séries interrompues était désormais disponible en intégralité en numérique. Une série déjà traduite depuis des années. Inaccessible pour qui ne possède pas le matériel adéquat. Et initialement publiée dans un format deluxe, ce qui ne se voit étrangement pas en numérique. Vous sentez le beau foutage de gueule ?
7 Shakespeares disparait donc après seulement six tomes et dans l’anonymat le plus total souhaité par son éditeur français. Avec RiN chez Delcourt Tonkam, et malgré le succès de Beck en son temps, Harold Sakuishi semble aujourd’hui maudit.
La confiance n’est pas facile à gagner mais elle s’est ici brisée.
Dans ces conditions, le fait que j’arrête Kuroko’s Basket Replace PLUS après seulement un tome relève de l’anecdote.

Ki-oon
Cela ne m’avait pas frappé sur le coup, mais il a fallu que je réfléchisse à cet article pour le réaliser : après un exercice 2016 positif, Ki-oon n’a publié qu’une seule nouveauté qui m’ait attiré en 2017 – en l’occurrence Ghost & Lady, série en deux tomes. A croire que le vieux Ki-oon est de retour, à moins que 2016 ne fût tout simplement une exception. A l’instar de Doki Doki, il s’agit pourtant d’un éditeur auquel je peux faire confiance, du moins en termes d’édition et de volonté de publier un titre jusqu’au bout, donc je pourrais fort bien commencer chez eux une série que je n’aurais pas forcément tenté chez un concurrent. Mais là encore, je n’ai rien trouvé qui suscite chez moi cette étincelle d’intérêt dont j’aurais eu besoin pour me lancer.

Kurokawa
Voir « Delcourt Tonkam / Soleil Manga ». Non pas concernant les éditions, qui se restent dans le haut du panier, mais bien en matière de catalogue. Depuis plusieurs années, celui-ci prend des directions qui ne m’intéressent pas, et peine à proposer des nouveautés attrayantes. Conséquence logique en 2017 : aucune série commencée chez Kurokawa, il doit s’agir d’une première depuis les débuts de l’éditeur sur le secteur du manga. A vrai dire, je serais bien incapable de nommer la moindre nouveauté chez eux. Sans doute la dernière série Pokemon en date ? J’avoue, bien qu’adepte des jeux depuis la sortie de la Version Rouge, leurs adaptations manga ne laissent de glace.

Le Lézard Noir
Le Lézard Noir est devenu tellement grand public, c’est un scandale ! Je plaisante. L’éditeur continue son petit bonhomme de chemin, gagne en visibilité, s’impose au FIBD, et c’est vraiment tant mieux pour eux. La vie est difficile pour les petits indépendants. Parmi leurs nouveautés, j’ai été attiré par La Cantine de Minuit, notamment grâce à des retours positifs. La série ne réserve pas de grande surprise, mais j’ai passé un excellent moment avec elle. Je continue à suivre leurs annonces avec intérêt, notamment celle d’une suite aux Chroniques New-yorkaises.

Panini Manga
Voir « Delcourt Tonkam / Soleil Manga ». Sauf qu’il s’agit de l’exact opposé de Kurokawa : Panini Manga possède un talent certain pour publier des séries me donnant envie de les lire. Mais pas chez eux. Chez n’importe qui d’autre (enfin peut-être pas Delcourt Tonkam), mais surtout pas chez eux ! Des shôjo comme je les aime, une nouvelle série de Yukinobu Hoshino, et même un titre prometteur du Shônen Jump. Sauf qu’il s’agit de Panini Manga, et que ce n’est tout simplement pas possible de leur faire confiance. En 2017, toujours aucune nouvelle de Princesse Kaguya et Ane no Kekkon. De qui se moque-t-on ? Au moins, Kaze Manga a arrêté officiellement ses séries, même s’il a tout fait pour le cacher. Tandis que là, nous vivons dans un semi-espoir sans doute complètement vain. J’aimerais presque que l’éditeur débranche les machines maintenant leurs séries « en pause » dans un état végétatif. Afin que nous soyons fixés. Pendant ce temps, l’éditeur communique sur la seconde réédition de Cats Eye ou la quatrième réédition d’Enfer et Paradis.
En attendant, non, je ne commencerai pas de nouvelles séries chez eux, à moins qu’elles soient d’ores et déjà publiées dans leur intégralité.
Comment ? Ce n’est pas avec une attitude pareille que les séries se vendront bien et que l’éditeur sera disposé à aller au bout ? J’ai joué le jeu par le passé, j’ai vu le résultat.

Pika / Nobi Nobi
Deux choses. Primo : Pika a enfin terminé la publication de la série principale de Nodame Cantabile. Secundo : l’éditeur publie aussi les deux tomes bonus. Champagne ! Je ne pensais voir ça de mon vivant. Maintenant, si vous pouviez accélérer un peu le rythme de Chihayafuru et Attache-moi, dans la mesure où je vais craindre pour leur survie tant que ces séries n’auront pas été publiées dans leur intégralité. En vous remerciant.
Pour le reste, vous pouvez vous référer à ce que j’ai dit sur Delcourt Tonkam. L’année dernière, j’avais testé deux séries abandonnées aussi sec. En 2017, le résultat final est le même puisque je n’ai absolument rien débuté. Pour 2018, comme sœur Anne, je ne vois toujours rien venir. Au moins, cela m’évitera de stresser quand le rythme de publication commencera à diminuer sans raison apparente.
Par contre, Pika a racheté Nobi Nobi. Et Nobi Nobi, c’est Flying Witch. Et Flying Witch, c’est cool !

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7 commentaires pour Le Bilan Manga 2017 du Chapelier (seconde partie)

  1. Hervé Brient dit :

    Chez Nobi Nobi, il y a aussi Une vie au zoo que j’apprécie bien. Tu ne l’as pas essayé ?

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  2. a-yin dit :

    J’ai souvent l’impression que Dominique Véret porte la poisse à ceux qu’il laisse tomber. Son départ de Tonkam s’est fait sentir: alors que j’avais pas mal de Tonkam dans ma collection, j’ai fini par ne plus en acheter ou presque après son départ… Rebelote pour Delcourt. Et le plus beau, c’est que maintenant, le tout s’appelle Delcourt / Tonkam et que c’est deux fois plus mort!!!

    Au moins, je suis tout de même contente que Delcourt se soit débarrassé de Six Half en le sortant à vitesse V. Au moins, on n’a pas traîné les choses. Dommage qu’il en fut autrement pour RiN. Je suis aussi contente que Sing Yesterday For Me et A fleur de peau soient terminés, héritage de l’équipe Akata. Aujourd’hui, chez Delcourt / Tonkam, je n’ai plus que Onmyôji (5 ans sans nouvelle, peut-on encore parler d’encours…?), Le pacte des yôkai (le titre qui apparaît le plus vite, avec 1 par an… hum), RiN (sans nouvelles depuis avril 2017, je croise les doigts) et Jojolion… Et puis c’est tout. Quant à Soleil, dans ce même groupe, je suis toujours au même point: Dorohedoro!

    Globalement, je suis assez peu surprise par les nouveautés manga, parce que le tout s’est bien institutionnalisé avec les prix et les adaptations animées. Akata et Le Lézard Noir arrivent encore à me surprendre car les titres sont de réelles découvertes. Mais pour le reste… Encore que Kaze m’a surprise avec Spiritual Princess, car le titre provient du Flowers (je pensais qu’après Kids on the Slope et l’échec du Flowers en général en français, ils cesseraient!) et s’étale sur 12 volumes, avec un peu de folklore (ce qui ne marche pas vraiment en plus). Bref, le tout combiné pour donner sûrement un four… Bref, quel courage! (Après j’ai appris que Nao Iwamoto a reçu une récompense sur cette série, ce qui explique les choses. Personne pour se casser les dents sur Hana ni somu de Fusako Kuramochi svp? 😀 ).

    Gemini est de retour ^^ !!!

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    • Gemini dit :

      J’ai pensé la même chose pour Dominique Véret : là où il passe, les éditeurs trépassent XD Mais bon, s’ils pouvaient attendre la fin de RiN – en l’occurrence acquis par Pierre Valls, rendons-lui ce qui lui appartient – pour péricliter, cela m’arrangerait.

      Spiritual Princess est effectivement un titre qui fait plaisir, mais après le coup de Jarnac perpétré par Kaze Manga récemment, je suis moins sûr que la série ira au bout… Donc je croise les doigts.

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      • a-yin dit :

        ça va te paraître naïf de ma part mais je continue à faire confiance à Kazé. Après tout, Rinne et Moonlight Act continuent. Alors pour Spiritual Princess, je fais confiance. On a aussi vu la fin de Gokusen (sorti en vitesse V aussi) de même pour Kids on the slope. Et du Flowers, ça ne se refuse pas (quand je vois que même à Taïwan, les manga de ce mag ne marchent pas…).

        Je croise les doigts pour RiN. Je n’imaginais pas un tel four perso. Mais effectivement, sorti de Beck… C’est dommage j’aime beaucoup Sakuishi. Il ne reste que 5 volumes, gardons espoir. J’ai parfois l’impression d’un chemin de croix (et cette fois, on ne pourra pas m’accuser de faire dans du shôjo obscure comme on aime tant me vanner dessus…).

        Onmyôji n’a pas de bol, le départ d’Akata de Delcourt m’a surtout inquiété pour ce titre: il n’y avait plus Véret pour le défendre T-T. Véret aura été responsable de deux grandes découvertes en manga fantastique dans ma vie, tous deux dessinés par des femmes: RG Veda et Onmyôji…

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