2015 : Le Bilan Manga en retard

Requiem

Comme la saison des marronniers (mais avec un bon mois de retard), voici venue celle des bilans. Comme l’année dernière, je vous propose de revenir sur les nouveautés manga que j’ai eu l’occasion de croiser en 2015, pour l’occasion mois après mois. Après le cru incroyable que fût 2014 – et je pèse mes mots, j’ai relu mon article d’alors et je n’en reviens toujours pas – 2015 peut difficilement rivaliser, mais réserve malgré tout quelques bonnes voire excellentes surprises. Des déceptions, aussi, mais rien de bien grave.

Janvier :

JabberwockyTitre que je n’ai pas commencé à sa sortie, laquelle m’a paru plutôt confidentielle. Ce n’est qu’après lecture de Area 51 que j’ai découvert que, aussi improbable que cela puisse paraitre, un autre éditeur que Sakka avait eu l’idée saugrenue de publier du Masato Hisa. Saugrenue non pas car il n’écrit que de la merde, mais parce que il ne s’agit pas forcément de ce qu’il existe de plus vendeur sur le marché.
Jabberwocky, œuvre de jeunesse de l’auteur, n’est pas aussi aboutie que Area 51 – en particulier au niveau graphique, puisqu’il se lançait alors dans son style « à la Sin City » – mais nous y retrouvons déjà sa signature : un mélange de références de tout horizon, des plus populaires aux plus érudites, ici dans une ambiance fin du XIXème Siècle qui rappelle énormément le League of Extraordinary Gentlemen de Alan Moore, mais en plus Japonais et avec des dinosaures. Nous suivons Sabata Van Cleef (l’auteur adore comme moi les westerns italiens), un oviraptor anthropomorphe tireur d’élite, en duo avec l’ancienne espionne britannique Lily Apricot, enchainant les missions pour le compte du Comte de Monte-Cristo, lesquelles impliquent aussi bien les figures historiques de l’époque que les personnages de Moby Dick ou Heart of Darkness. Le tout dans une débauche d’action et de complots, avec comme toile de fond les événements majeurs de la fin du siècle. Le résultat, souvent jouissif, me parle énormément ; autant que les références elles-mêmes. Et puis, il y a un dinosaure nommé Kinski ! Après, je recommande quand même de découvrir le mangaka avec son Area 51, et si vous êtes conquis – ce dont je ne doute pas – vous pourrez vous jeter sur Jabberwocky.

MimicBon, il parle de quoi, déjà, celui-là ? J’exagère, et en même temps, cela reflète plutôt bien mon sentiment sur ce manga. Mimic Royal Princess n’est pas mauvais, mais il ne possède rien de foncièrement mémorable pour autant ; ce qui, au sein d’un marché français aussi concurrentiel, et alors que j’avais de nombreuses séries dont je souhaite rattraper la publication, lui a porté un coup fatal ; en d’autres termes, je l’ai abandonné au bout de seulement un tome.
Pourtant, c’est bien le scénario qui m’a attiré : dans une société matriarcale, Albert est enlevé en raison de sa ressemblance troublante avec la princesse du royaume, afin de lui servir de substitut. Il faut dire qu’elle possède de nombreux ennemis qui en veulent à sa vie. Le dessin s’avère passe-partout, sans doute trop lisse à mon goût, et l’histoire, malgré quelques retournements de situation, ne m’a guère emballé. L’auteur essaye d’introduire quelques touches d’originalité, notamment à travers la personnalité du majordome de la princesse, mais tout cela reste désespérément plat. Pas mauvais, surtout médiocre. J’aurais pu continuer par curiosité, j’ai préféré investir dans des titres m’apportant des lectures plus réjouissantes.

TendencyCertes, il ne s’agit pas d’une nouveauté mais d’une réédition. Réédition d’un manga que j’aurais pu acheter à sa sortie chez J’ai Lu, ce que je n’ai pas fait faute de moyens – j’étais encore à l’école, bordel ! Donc réédition, oui, mais c’est la première fois que je peux le lire, donc ça compte.
Pour cette seconde saison de Jojo’s Bizarre Adventure, nous découvrons Joseph Joestar, petit-fils de Jonathan. Enfin « découvrons »… C’est un peu le soucis avec cette réédition dans le désordre : dans la mesure où j’avais déjà lu Stardust Crusaders, je le connaissais déjà, ou du moins une version plus âgée, presque assagie, du personnage. Parce que dans Battle Tendency, c’est vraiment une grande gueule, doublée d’un manipulateur aussi génial que rusé ; cela nous change du noble Jonathan ou du mutique Jotaro.
Ce héros fait beaucoup pour la qualité de cette saison, ainsi que les autres protagonistes, quasiment tous débordant de charisme ; avec même des antagonistes qui dégagent une certaine prestance, de par leur sens exacerbé de l’honneur et du combat. En plus, il y a un cyborg nazi, ce qui est forcément hyper cool.
Pas vraiment besoin d’en dire plus. Si vous suivez Jojo’s Bizarre Adventure, vous avez déjà lu cette saison, sinon ce n’est pas la plus recommandée pour commencer, puisque mieux vaut débuter par Phantom Blood en tant qu’introduction, ou Stardust Crusaders qui reste la plus connue et la première à mettre en scène les pouvoirs emblématiques de la série. Pour ma part, il s’agit pour l’instant d’un de mes passages favoris, en attendant les suites et fins de Diamond is Unbreakable et Steel Ball Run.

Février :

LadyboyAkata avait surpris son monde avec sa collection WTF, mais avec le succès de l’excellent Magical Girl of the End, force est de constater qu’ils ont tapé dans le mille, imposant d’entrée à ladite collection une réputation des plus flatteuses. C’est donc sur cette seule réputation – et les promesses de manga barrés qui l’accompagnent – que je me suis décidé à me lancer dans Ladyboy VS Yakuzas.
Le synopsis est déjà bien délirant : après avoir couché avec la femme et la fille de son boss, un yakuza se retrouve capturé par celui-ci, opéré pour devenir une femme, et lâché sur une île peuplé de 100 délinquants sexuels libérés de prison pour l’occasion.
Cela promet, et effectivement, le premier tome ne déçoit pas, entre un héros très con et déterminé à protéger sa nouvelle virginité, et une armée de pervers en slip complètement décadents, suintants, parfois grotesques, envoyés en prison pour des raisons plus ou moins absurdes (cela va du voleur de sous-vêtements au dirigeant de réseau de prostitution de mineures).
Seulement, si le début ne déçoit pas et part dans du bon gros n’importe quoi, justifiant totalement le nom de la collection, la série sombre dans un ton plus grave, moins jouissif, à compter du second tome, la faute à un événement qui va énormément changer la donne. Je crois que si la série ne faisait pas seulement cinq volumes, je l’aurais sans doute arrêté à ce moment-là. Finalement, j’ai décidé d’aller au bout. Mais la magie et la surprise du début se sont estompées, c’est certain.

Mars :

PoisonJe n’ai pas encore lu le second et dernier tome – dans le cas contraire, j’aurais sans doute déjà consacré un article entier à cette série – donc je ne parlerai vraiment ici que de mes impressions après le premier volume.
Sans être un grand amateur de Ki-oon, dont j’ai parfois du mal avec la politique éditoriale (même si je n’ai jamais autant commencé de nouveautés chez eux qu’en 2015), je reste très attaché à Tetsuya Tsutsui, leur mangaka vedette. Je ne manque jamais ses nouvelles séries, avec toutefois des fortunes diverses. Néanmoins, la cuvée 2015 m’a parfaitement comblé, et je crois bien que Poison City constitue mon manga favori de l’auteur depuis l’excellent Reset. Peut-être car il fût lui-même concerné par le problème qu’il évoque, et que cela se ressent d’autant plus dans son travail.
En effet, il s’agit d’un manga sur la censure. Son héros, mangaka, se retrouve confronté à l’interdiction de son titre pour des raisons essentiellement politiques, dans un grand élan d’épuration du Japon avant les JO de 2020 (ce qui me parait horriblement crédible). Il va donc chercher à comprendre les mécanismes de censure, rencontrer des auteurs qui s’en accommodent plus ou moins bien, tout en dénonçant un puritanisme latent chez ses contemporains et un besoin de trouver des victimes expiatoires à tous les maux de la société. Le sujet est déjà passionnant à la base, et j’espère que la seconde moitié se montrera d’un niveau comparable.

Innocent : Je l’ai déjà évoqué dans un article, plus complet. Mais pour résumer : c’est de la merde.

Le Requiem du Roi des Roses : Là aussi, j’ai déjà écrit un article sur le sujet sur un autre blog. Par contre, contrairement au précédent, je recommande chaudement.

Avril :

Area 51 : Encore un excellent manga – peut-être la meilleure nouveauté de 2015 – auquel j’ai déjà consacré un article. Je vous laisserai donc vous y référer pour de plus amples informations.

Mai :

Goldorak : Vous commencez à connaitre le principe : c’est par là que cela se passe pour la version de Gosaku Ota, et ici pour celle de Go Nagai.

sangsuesAvec Area 51, ce manga symbolise le renouveau de Sakka, symbolisé par des titres à la personnalité marquée, tout autant recherchés dans leur narration et leur dessin que captivant.
Sangsues nous invite à suivre Hako, jeune évaporée qui s’introduit chez les gens en leur absence pour vivre à leurs dépends. Elle va rapidement découvrir qu’elle n’est pas la seule « sangsue » en activité à Tokyo, et que leur monde est régi par des codes stricts.
Avec ce manga, Daisuke Imai nous fait rêver d’un monde qui existerait au-delà du quotidien que nous percevons, au-delà des normes sociales, mais sans pour autant recourir au fantastique, ce qui lui donne une force et une crédibilité rares. Mais il ne se contente pas de dépeindre cet environnement, nous emmenant dans un authentique polar urbain, et traitant de véritables drames sociaux par la même occasion.
Je vais rester sommaire. La série sera bientôt terminée, et j’écrirai un article plus construit à ce moment-là. Mais en attendant, je ne puis que vous conseillez de jeter un œil à cette courte série, que je prends énormément de plaisir à suivre.

ArslânJe ne saurais manquer un nouveau manga de Hiromu Arakawa. Alors quand, en plus, c’est pour adapter Yoshiki Tanaka, cela devient de l’évidence même ! Bon, pour le coup, ce n’est pas pour La Légende des Héros de la Galaxie, mais pour Les Chroniques d’Arslan, sa fresque perdue dans un Moyen-Orient fantasmagorique, mais qui en même temps nous dépeint les Croisades menées au nom de la foi chrétienne. De cette œuvre, je connaissais déjà l’adaptation animée réalisée au début des années 90 et éditée en France par Black Bones, que j’avais adoré. J’étais donc impatient de découvrir cette version.
Arslan, fils d’Andragoras, roi de Parse, voit son royaume s’effondrer sous les coups de l’armée Lusitanienne. Avec l’aide d’une poignée de fidèles alliés, il cherche à retrouver le trône de Parse.
L’adaptation, surtout quand elle se veut fidèle au matériau d’origine (c’est le cas ici), constitue toujours un exercice piégeux, généralement réservé à des mangaka insuffisamment doués pour écrire un scénario par eux-mêmes, et dont l’éditeur et l’auteur d’origine attendent surtout le respect de l’œuvre et pas trop d’initiatives. Il apparait donc étonnant de voir une mangaka de la qualité et de la réputation de Hiromu Arakawa s’y atteler. Peut-être s’agit-il d’une lectrice assidue des romans. Quoi qu’il en soit, s’il devait y avoir un reproche à faire à ce manga, ce serait justement que nous ressentons pas la patte d’Arakawa autant que d’habitude ; elle reste, à travers son coup de crayon et son sens de l’action et de la comédie, mais moins qu’à l’accoutumée. Je peux comprendre que cela surprenne ses lecteurs habituels. Mais Les Chroniques d’Arslan demeure une odyssée suffisamment riche et passionnante pour donner un résultat plus que convaincant une fois transposée sur cet autre média. Ce manga se laisse donc lire avec un très grand plaisir, même si de tous les travaux actuels de la manga, je garde une nette préférence pour Silver Spoon.

RiNJe me faisais une petite réflexion personnelle, alors que je lisais le tome 5 de Rin : après plus d’une quarantaine de volumes sortis en France, Harold Sakuishi reste encore un mangaka qui ne m’a jamais déçu. Pas une seule fois. Ce mec est un génie. Ou un grand malade, c’est selon. L’intensité qu’il est capable d’insuffler dans ses œuvres m’impressionne à chaque fois, et pourtant, je considère le tome 5 (là encore) de Beck comme une merveille absolue.
Cela se sent que je kiffe ma race sur Rin ?
Koyuki Norito, 16 ans, rêve de devenir mangaka, et plus particulièrement d’être publié dans le Taurus, son mangashi favori. C’est après avoir participé à un concours d’auteurs qu’il rencontre Rin, elle-aussi âgée de 16 ans, une lycéenne douée de pouvoirs extrasensoriels.
Après la musique dans Beck, Harold Sakuishi plonge la tête la première dans le monde du manga, des éditeurs nippons, et des concours. Mais comme d’habitude avec l’auteur, rien n’est aussi simple qu’il n’y parait, et il nous invite avant tout à suivre le parcours de ses personnages, sublimés par son trait totalement atypique lui permettant une palette d’expressions hors-du-commun. Avec de nouveau, une légère pointe d’irréalité, ici incarnée par les dons de Rin et les rêves récurrents de Norito, et cette capacité unique de capter sur le papier la volonté inébranlable de ses héros, au point de nous faire partager leur tension, leurs espoirs, et leurs rêves. Chaque tome, chaque page, apparait comme un nouveau tour de force. La seule chose qui risque de déconcerter le lecteur (outre le trait), c’est que Harold Sakuishi aime perdre son lecteur, à tel point qu’il parait impossible de savoir dans quelle direction il se dirige ; voire, dans le premier tome, de quoi le manga peut bien parler.

Juin :

Devilman : Je le compte comme une nouveauté, mais je ne devrais pas dans la mesure où il s’agit (encore) d’une réédition. Mais attention ! Une réédition, oui, mais avec des chapitres manquants dans la version de Dynamic ! Ce qui rend sa présence ici totalement légitime. OK, je voulais juste parler de Devilman, qui reste encore aujourd’hui mon manga favori. Pour plus de détails, prière de vous référez à l’article que je lui avais consacré.

Juillet :

Diamond is UnbreakableChez Tonkam, Jojo’s Bizarre Adventure, c’est une affaire qui marche. En tout cas, en terme de rythme de publication : entre un et deux tomes par mois en moyenne depuis maintenant plusieurs années. Il aura fallu du temps pour en arriver là, mais maintenant que la machine est lancée, elle ne s’arrête plus. Je ne m’en plains pas.
Avec Diamond is Unbreakable, autre réédition, nous allons combler le dernier trou de la série version Tonkam, avant d’en arriver à la fin de Steel Ball Run et d’entamer tranquillement Jojolion. Une saison souvent considérée comme une des meilleures, j’étais donc impatient de la découvrir. Pour l’instant, elle m’interpelle sur au moins un point : au bout de 5 volumes, nul boss de fin à l’horizon, pas plus d’histoire de fond, ce manga semble bâti avant tout sur un concept que nous retrouverons largement par la suite : l’idée selon laquelle les manieurs de Stands s’attirent naturellement – si vous ne savez pas ce qu’est un Stand, inutile de lire ce manga. Cela fonctionne car l’auteur sait mettre en scène des personnages hauts-en-couleur, disposant chacun de capacités variées et souvent très originales. Mais par rapport à toutes les autres saisons, cela déconcerte, forcément. Peut-être par la suite ?

Août :

Ne cherchez pas : pour un éditeur, le mois d’Août n’existe tout simplement pas.

Septembre :

La Divine Comédie : Déjà évoqué très récemment. Pour faire court, je dirai qu’il vaut mieux commencer par Devilman pour découvrir la noirceur de l’auteur, mais que si vous avez accroché à ce-dernier, vous pouvez lire La Divine Comédie sans crainte.

Octobre :

Illegal Rare : Si ce n’était pour Rin, ce manga résumerait bien le déclin de Delcourt en 2015. Rien à ajouter.

Unlucky Young MenLors de sa venue en France en 2015, Eiji Otsukua a déploré la difficulté d’imposer des manga plus politisés, ce en quoi je le rejoins. Si ce manifeste ne m’avait pas suffi à me lancer dans Unlucky Young Men, son sujet m’aurait de toute façon convaincu.
Dans ce manga, le scénariste part du Casse des 300 Millions de Yens, événement majeur dans le Japon de la fin des années 60, pour mieux évoquer tout le contexte socio-économique tendu de l’époque, qui débouchera sur des manifestations étudiantes de grande ampleur et même des assassinats politiques. Une histoire pourtant récente méconnue en France, rarement évoquée dans les titres publiés chez nous, et qui me passionne au plus haut point.
Eiji Otsuka va donc proposer sa version de ce crime jamais élucidée, impliquant les personnes soupçonnées alors – mais remplaçant les noms d’origine par l’initiale de leur patronyme, ce qui malheureusement nuit à l’immersion – et les liant malgré eux aux mouvements d’extrême-gauche qui prennent de l’ampleur à la même période. Avec tous ces éléments, Unlucky Young Men s’impose comme un polar historique et politique d’une rare intensité, qui a répondu à absolument toutes mes attentes.
A noter la sortie chez Akata, en Janvier, de Mishima Boys, série du même auteur reprenant d’autres événements marquant de l’époque.

Cosmoship YamatoPas grand chose à dire sur ce manga, dans la mesure où il s’agit d’une lecture en cours. Pour l’instant, je n’ai parcouru que le premier tome, qui couvre à lui seul l’intégralité de la première série de 26 épisodes. C’est donc un peu sec, dirons-nous, avec en particulier une quantité absurde d’ellipses dans les dernières pages, comme si le mangaka s’était aperçu devoir finir son histoire en un nombre limité de pages.
En son temps, Uchû Senkan Yamato fût penser comme un anime, mais déjà avec une implication de Leiji Matsumoto, qui au final peut être perçu plus comme un des auteurs de la série TV que du manga. D’ailleurs, il n’a pas signé la (très mauvaise) transposition papier d’origine, et cela fait plaisir malgré tout de voir enfin sa propre version publiée en France. Une critique plus détaillée suivra certainement.

Novembre :

Amon : Je n’en parlerai pas. Pour une raison simple : je ne l’ai pas encore lu. Comme il s’agit apparemment d’un complément à Devilman, je tiens à relire ce-dernier dans sa nouvelle édition dans un premier temps, ce que je n’ai pas encore fait. J’en parlerai donc un autre jour.

Cutie Honey : Je lui ai consacré un article commun avec La Divine Comédie. Mais allez-y, c’est de la bonne.

Colère Nucléaire : A réserver aux personnes suffisamment intéressées par la société japonaise, le nucléaire, et les retombées de Fukushima. Plus de détails ici.

Décembre :

Voir Août.

Pour finir, quelques impressions globales sur les éditeurs:
Akata : Deux nouveautés ? Je sais que c’est mieux que les éditeurs historiques, qui eux oscillent entre une et zéro, mais bordel, ils s’encroutent ou quoi chez Akata ? D’autant que si, en 2014, j’ai été parfaitement convaincu par Magical Girl of the End et Daisy, je ne peux pas en dire autant de Ladyboy VS Yakuzas et Colère Nucléaire. Quoique, pour Colère Nucléaire, le second tome remonte quand même sacrément le niveau. Bon, pour 2016, je le sens mieux, déjà parce que Mishima Boys, et ensuite parce que j’attends leurs prochaines annonces shôjo et WTF. On y croit ! J’apprécie leur travail, ce serait donc bien que les séries suivent.
Black Box : L’éditeur le plus présent dans ce classement. En même temps, eux, ils trichent : ils peuvent bien sortir toutes les saloperies qu’ils veulent, tant qu’il y a marqué Go Nagai ou Leiji Matsumoto sur la couverture, j’achète ! Sur mon front, il y a marqué « pigeon » ! Ou « fan », mais en l’occurrence, c’est pareil. Quinze ans ! Bordel, quinze ans que j’attendais de voir Go Nagai et Leiji Matsumoto surexploités par les éditeurs français. Alors maintenant, comment voulez-vous que je me plaigne ? Ils peuvent bien faire des éditions médiocres à des tarifs élevés, financer leurs nouveautés sur Kickstarter, je m’en balance : maintenant, j’ai deux éditions de Devilman sur mes étagères. C’est tout ce qui compte.
Delcourt : Le divorce est désormais consommé entre Delcourt et l’époque Akata, faite de succès critiques mais de ventes parfois décevantes (eu égard au poids que l’éditeur devrait avoir sur le marché du manga). D’où le choix d’engager Pierre Valls (qui a déjà changé d’employeur depuis) : peu importe les critiques tant que cela se vend. Sauf qu’apparemment, les séries sélectionnées par Pierre Valls ne sont pas tant vendues que ça… En 2015, il aura tout-de-même publié Rin, donc nous ne pouvons pas non plus parler d’un échec artistique. Quant à 2016, le mystère reste entier.
Doki Doki : Un manga commencé. Un manga abandonné. Cela résume bien ma relation avec cet éditeur.
Glénat : Ils sont toujours vivants, ceux-là ? Sans Jabberwocky, j’aurais commencé autant de manga chez eux que chez Kana. A ceci près que chez Kana, je suis encore pas mal de séries, alors que chez Glénat… C’est moins dynamique et attractif que chez la concurrence, paye ton leader du marché (tant que One Piece continue). Dans ces conditions, je peux comprendre le départ du directeur éditorial ; fût un temps où il arrivait à proposer des titres sympa, sauf que manque de pot, ils se vendaient encore moins que les autres. Donc il a arrêté d’en proposer, et moi, j’ai arrêté d’acheter. Logique. Mais bon, de ce qui a dores et déjà été annoncé par sa remplaçante, rien de ne m’intéresse. Comme ça, c’est dit.
Kana : Vous voyez des nouveautés Kana ci-dessus ? Et bien moi non plus. Certes, l’éditeur reste probablement celui dont je suis le plus de séries à l’heure actuelle (je n’ai pas fait les comptes), mais accuse une forte perte de vitesse, récemment confirmée par l’acquisition des nouvelles licences phares du Shônen Jump par d’autres éditeurs, plus jeunes et plus déterminés à faire leur trou. Ils ont déjà annoncé quelques titres qui pourraient m’intéresser pour le mois d’Avril, donc espérons que 2015 ne restera qu’une exception. Dans l’ensemble, il s’agit d’un éditeur que j’aime beaucoup.
Kaze Manga : C’est la valse des directeurs artistiques. Impossible, dans ces conditions, de dégager une ligne directrice… Une seule certitude : je n’ai commencé aucune nouveauté chez eux en 2015, rien ne m’attirait. Celui auquel je décernais, il y a un an, le titre de meilleur éditeur du moment – en grande partie à cause de Gokusen – semble désormais rogner sur la qualité des bouquins et ne rien proposer de bien attirant à la nouveauté. En espérant un peu plus d’ambition en 2016. C’est qui le nouveau directeur éditorial ?
Ki-oon : Sans doute une première : j’ai réussi à commencer trois manga chez cet éditeur sans être déçu par aucun d’entre eux. Un début de renouveau ? Un changement de politique éditoriale ? En tout cas, je ne m’en plains pas ; Ki-oon est longtemps demeuré l’éditeur que je voulais aimer, ne serait-ce que pour bénéficier de leur travail irréprochable sur leurs séries, et si je ne parlerai certainement pas encore de folle passion, cela fait plaisir. Je ne risque pas de commencer n’importe quelle de leurs nouveautés à l’aveuglette, mais je pourrai au moins tester celles qui m’intriguent avec un peu plus de confiance.
Kurokawa : Si ce n’était pour Hiromu Arakawa, il n’y aurait pas plus de Kurokawa que de Kana et de Kaze Manga dans cet article, et contrairement aux deux précédents, cela ne m’aurait pas surpris. Il semble loin où l’éditeur m’apparaissait comme une valeur sûre.
Panini Comics : Une cause perdue. Un tome de Tokyo ESP, aucun de Ane no Kekkon et de Princesse Kaguya, des nouveautés qui se vautrent les unes après les autres, la faute à des lecteurs trop effrayés par les arrêts de commercialisation brutaux de ces j’en foutre… Je ne comprends même pas qu’ils publient encore des manga. Une cause perdue à ranger dans la même catégorie que Clair de Lune.
Pika : Aucune nouveauté. Rien. Nada. Et honnêtement, je préfère comme ça. Entre un travail globalement passable, le départ de Kim Bedenne alors qu’elle avait réussi à redorer un peu le blason de l’entreprise, et leur tendance à ralentir les séries aux ventes décevantes (ce qui concerne la majorité de celles que je suis chez eux), si je peux les éviter, je ne m’en porte pas plus mal. Bien au contraire. Problème étant qu’avec leur accès privilégié au catalogue de Kôdansha, ils restent incontournables. Heureusement, Kôdansha doit être en légère perte de vitesse, car je n’ai rien vu passer chez Pika qui aurait pu m’intéresser. Pourvu que ça dure.
Sakka : L’excellente surprise de 2015. Après des années de flou, Sakka semble vouloir mener une authentique politique éditoriale en faveur du manga, avec des titres matures et dynamiques. Et cela s’accompagne d’un regain de communication, alors que jusqu’à lors, ils devaient être encore moins actifs que Panini Comics dans ce domaine. Alors évidemment, avec seulement deux nouveautés dans l’année – mais quelles nouveautés – ne nous enflammons pas tout-de-suite. Mais s’ils restent sur cette lancée, je pense que nous pouvoir attendre de belles choses. D’autant que niveau qualité des éditions, ils font encore mieux que Ki-oon.

Amon

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