Comme un parfum d’Italie

L’Italie. Pays des spaghettis al dente, de Benito Mussolini, et désormais de Lupin III – je vous laisse quelques secondes pour saisir la douce ironie de cette dernière affirmation. Moins connu, mais non moins digne d’intérêt, l’Italie constitua aussi pendant des années une porte d’entrée pour l’animation japonaise sur le territoire européen. Position privilégiée à l’origine de nombre d’anecdotes parfois incongrues.

Un peu d’histoire. En 1985, François « Kermitterand » Mitterrand est président de la République, Laurent « Fafa » Fabius premier ministre. Il n’existe alors que quatre chaines de télévision dans l’Hexagone, dont une à péage, adoubée par le gouvernement, mais à l’audience forcément limitée. Pour le PS, l’idée est alors de créer une cinquième chaine, privée, dont le pouvoir espère bien que les propriétaires se montreront reconnaissant envers ceux qui leur ont octroyé ce privilège, et promouvront de fait une image positive des dirigeants socialistes auprès du public. Une chaine, donc, qui se devra de proposer des programmes fédérateurs, capables d’attirer le plus de téléspectateurs possibles, afin que le message pro-gouvernemental puisse toucher un maximum d’électeurs potentiels – les législatives approchent. Même si cela signifie que les autorités ne devront pas se montrer trop regardantes quant à la qualité des programmes. Les hommes d’affaire Jérôme Seydoux et Christophe Riboud sont sur le coup, et puisqu’il s’agit de faire dans la télévision populaire (et poubelle), ils sont rejoints par le spécialiste incontesté du genre : Silvio Berlusconi, entrepreneur pas franchement respectable et futur champion politique. C’est Bettino Craxi, alors président du conseil italien, qui recommande chaudement à son homologue français ce « spécialiste » bien de chez eux. Et c’est ainsi que la télévision italienne s’installe en France.

La chaine commence à diffuser le 20 Février 1986. Son nom : La Cinq. Signe qui ne trompe pas, son logo s’inspire de celui de la chaine italienne Canale 5, propriété d’un Silvio Berlusconi qui fournira une part importante des programmes. Or, cela fait des années que l’animation japonaise a fait ses preuves sur les réseaux de l’individu, et son catalogue en est rempli. En 1987 apparait donc l’émission mythique Youpi! L’Ecole est finie, qui proposera un nombre plus que conséquent de futures séries cultes, reconnaissables à leur générique traditionnellement interprété par Claude Lombard.
Seulement, il va s’avérer que les séries d’animation ne seront pas les seules choses qui se verront recyclées d’un pays à l’autre. Les traductions, déjà, se feront depuis l’Italien et non depuis le Japonais, aboutissant à des fautes de sens parfois grossières. Je vous en ai déjà parlé pour Jeanne & Serge, dont la version transalpine fût conçue pour faire croire à un lien avec Les Attaquantes, extrêmement populaire là-bas mais qui ne sera diffusée que plus tard en France. Dans le même ordre d’idée, le générique français de La Reine du Fond du Temps réutilisant les noms italiens des personnages, il en devient incompréhensible. Sans parler des titres des animes : si Thomas et Serge passent pour les héros de leurs séries respectives alors que nous ne les voyons qu’au début de celles-ci, c’est en raison d’une appellation déjà erronée au pays de Deathmask du Cancer.

Néanmoins, cela ne se limitera pas aux traductions. Et là, nous entrons dans le surréaliste. Déjà, pour une raison encore inconnue, il est demandé à Cristina D’Avena, immense star en Italie – Bernard Minet, Claude Lombard, Noam, Dorothée, et Jean-Paul Cesari réunis en une seule chanteuse – d’interpréter la version française du générique de Princesse Sarah. Si vous avez toujours trouvé cette chanson étrange, avec une prononciation parfois déconcertante, ne cherchez plus loin l’explication : elle ne parlait pas Français ; ce qui, dans ces conditions, en fait une prestation plus qu’honorable. Elle signera aussi quelques publicités pour d’autres animes diffusés sur La Cinq, et les chœurs sur quelques tubes des BeeHive. Il faut dire que nombre de programmes pourtant francophones étaient enregistrés depuis les studios de Silvio Berlusconi, donc de l’autre côté des Alpes.

Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Comme il était alors de coutume, plutôt que de réutiliser les musiques japonaises – peut-être pour des questions de droit d’auteur, je l’ignore – de créer de nouvelles mélodies pour les génériques, celles-ci ont aussi traversé la frontière. Parfois, cela s’est fait sans heurts, comme dans l’exemple suivant.

Et parfois, ils ont mélangé les bandes… Alors, je voulais vous faire un montage, mais comme je ne maitrise pas du tout cet art délicat – comprenez : j’ai la flemme – je préfère vous proposer de comparer quelques génériques ; il vous suffit de cliquer sur les balises ci-dessous. Attention, il n’y a pas que de l’animation japonaise, et quelques surprises dans le lot. Je précise aussi que tout n’est pas nécessairement le fait de La Cinq, mais le résultat reste le même.

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A poil ![/spoiler]

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source : Animeka

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