Original Sin : les héros Marvel Comics dévoilent leurs péchés

Original Sin

Je ne sais pas ce que j’ai en ce moment, je viens d’entrer dans une nouvelle phase comics.

Lundi matin, j’ai eu une révélation. Cela fait maintenant quelques années que l’univers DC Comics m’attire plus que celui de Marvel Comics. Plusieurs raisons à cela, notamment un retard personnel, consécutif à une bien meilleure distribution des titres Marvel Comics en France pendant des années. Mais, entre nous, je lis des titres issus des deux maisons concurrentes, avec quelques variantes : quand je me penche sur du Marvel Comics, c’est avant tout pour un auteur qui m’intéresse, tandis que du côté de DC Comics, le personnage reste un élément déterminant.
Si j’en parle, c’est car mes rares incursions récentes du côté de Spiderman et ses potes – mais plutôt ses potes que Spiderman lui-même – ne concernent vraiment qu’un auteur en particulier : Jason Aaron. Découvert comme scénariste du bien crade Scalped chez Vertigo – une des raisons pour lesquelles je préfère DC Comics, même s’il n’est pas question de super-héros – des critiques largement positives sur son Wolverine & The X-Men m’ont poussé à tenter l’expérience. J’en ai déjà parlé dans un autre article, mais pour résumer : ouah putain c’est de la bonne ! Et il fallait bien ça pour me ré-intéresser aux X-Men après le bordel monstrueux consécutif au passage de Grant Morrison et à House of M.
S’agissant d’une série parallèle, elle laissait forcément plus de libertés à l’auteur, mais cela m’a poussé à donner sa chance à son passage sur un titre plus central, lequel narrait le retour de Nightcrawler. Pas un incontournable, mais j’y ai retrouvé plusieurs des atouts de son précédent comics flanqué d’un X, avec une Firestar mémorable.
C’est une nouvelle fois le nom de Jason Aaron sur la couverture qui m’a convaincu de me lancer dans la saga Original Sin.

Connaissez-vous The Watcher ? Si ce n’est pas le cas, pas grave, l’album prend soin de réintroduire le personnage. Si nous ne nous en tenions qu’à la popularité des protagonistes, cette histoire ne viserait que des lecteurs compulsifs et monomaniaques, mais il apparait rapidement que leurs identités importent peu ; ils incarnent avant tout des fonctions, les tenants et aboutissants restent toujours compréhensibles. Et, au pire, Wiki est ton ami.
The Watcher, donc, est une sorte de voyeur cosmique – il sera d’ailleurs décrit ouvertement comme tel par Garth Ennis – une entité chargée de surveiller la Terre et son évolution depuis l’aube des temps, sans jamais intervenir. Enfin, ça, c’est la théorie, car en pratique, Uatu – c’est son nom – donne régulièrement des indices à des Terriens que, bon gré mal gré, il a appris à apprécier.
Toutefois, le personnage tient rarement un rôle d’importance et se contente d’exister. A la rigueur, il lui arrive de servir de narrateur – sa fonction s’y prête – comme dans Earth X, où ses conversations avec Aaron Stack ponctuent chaque chapitre. Je retiendrai aussi (surtout ?) son apparition pour certifier que c’est bien Thanos que vient de ratatiner Squirrel Girl.
Et donc, au début de Original Sin, Uatu se fait tuer. Ce qui pose énormément de problèmes et de questions ; parce que son repaire lunaire regorge de technologie alien horriblement dangereuse, parce que quelqu’un a réussi à assassiner un être qui aurait dû le voir arriver, parce que d’aucuns considéraient Uatu comme une entité extrêmement puissante, et parce que ses yeux ont été arrachés à son cadavre. Devant l’ampleur de l’événement, les Avengers battent le rappel des troupes pour trouver les coupables, leurs motivations, les yeux de Uatu, et comment ils ont pu réaliser un tel exploit.

Contrairement aux apparences, la mini-série ne nous invite pas à suivre les Avengers – afin, pas uniquement – mais une équipe hétéroclite réunie pour l’occasion, et lancée sur une piste parallèle par un individu mystérieux. Comme par hasard, à chaque fois que l’un d’entre eux s’apprêtent à prononcer son nom, un élément extérieur vient l’en empêcher. Autre hasard, si la plupart sont des figures mineures, presque tous ont déjà un long-métrage à leur nom en développement ou déjà diffusé en salles.
Nous retrouvons ainsi Black Panther aux côtés de Ant-Man et Emma Frost dans un voyage au centre de la Terre, Punisher et Dr Strange dans une réalité magique parallèle, et Winter Solider, Gamora, et Moon Knight en virée dans l’espace. Et toutes leurs investigations vont les conduire à une découverte incroyable : l’existence d’un individu au coup de fusil mortel et imparable, s’appliquant depuis des décennies à éliminer les créatures plus dangereuses de la galaxie. Leur mystérieux commanditaire ? Le probable meurtrier de Uatu ? Cela ne fait finalement qu’ajouter de nouvelles interrogations.
De leur côté, les Avengers retrouvent la piste d’un des yeux du Watcher, en possession d’un improbable trio de criminels : Exterminatrix, Dr Midas, et Orb.

Alors, vous aurez sans doute l’impression que je viens d’en dire beaucoup sur le scénario. Mais en fait non, car j’ai pris soin de masquer les éléments les plus importants. Il va rapidement apparaitre que, outre Uatu, le comics s’intéresse de près à une figure majeure de Marvel Comics, sur lequel les auteurs ont énormément de révélations (plus ou moins en contradiction avec la continuité) à nous faire. L’occasion d’évoquer des thématiques pas si nouvelles que cela, mais qui témoignent de la part d’ombre des héros, à l’instar de la mythique saga Identity Crisis de DC Comics. Je vous rassure, Original Sin en reste très loin en termes de qualité, mais explore ce thème à sa façon de manière pertinente.
Maintenant que j’y pense, cela me rappelle une conversation entre Legion et Mystique, dans la mini-série X-Men Forever. Lors de celle-ci, Legion décrit son interlocutrice comme la spécialiste des actes moches – ceux-là même qui la placent dans la catégorie des criminels – mais indispensables ; un exemple nous étant donné dans la même histoire, lorsque nous la voyons assassiner son propre fils, Graydon Creed, candidat à la présidence farouchement anti-mutants.

Original Sin a été publié en volume relié comprenant plusieurs titres parallèles. Si, au premier abord, ils servent surtout à épaissir l’ouvrage et par conséquent son prix, chacun exploite à sa façon les événements du récit et le thème du secret d’une façon différente, témoignant finalement de son potentiel immense. Potentiel un peu laissé de côté dans la série principale afin de privilégier la narration.
La première est consacrée aux Young Avengers, personnages d’adolescents hipsters devenus haïssables à cause de cela, mais qui s’avère finalement bien menée, en particulier grâce à une conclusion lui apportant une signification nouvelle.
Nous enchainons ensuite par de courtes histoires dédiées aux mystéres entourant respectivement Black Knight, Deathlok, et les Inhumains, mais le gros morceau reste le chapitre focalisé sur Dum Dum Dugan, saisissant et absolument mémorable. Vous comprendrez que, pour le coup, je n’en dise pas plus.
L’album se ferme sur ma plus grosse barre de rire de la semaine, qui m’a remis d’aplomb comme jamais : une double page durant laquelle de nombreux personnages viennent dévoiler leurs secrets les moins avouables. Nous apprendrons ainsi que Squirrel Girl déteste les écureuils, qu’elle assimile à des rats à fourrure ; que Gambit n’est pas Français (nous le savions déjà) et ne parle pas Français, se contentant de placer les quelques mots qu’il connait pour se donner un genre (ça s’est vu) ; que Storm a ruiné la carrière d’un présentateur météo après leur rupture ; que le vrai pouvoir de Magneto n’est pas de manipuler le métal mais de lui parler, ce qui lui permet de lui demander de l’aider ; que Black Panther est fan de Avril Lavigne ; ou encore que Dr Strange ne s’appelait pas ainsi à l’origine, et qu’avant même d’obtenir ses pouvoirs, il avait fait changer son nom pour intégrer un groupe de Death Metal.

Jason Aaron ou pas, Original Sin n’est pas le comics du siècle. Ses enjeux peinent à passionner, du moins au début, et avant que les premières révélations d’importance surviennent, c’est surtout l’incongruité des personnages réunis pour l’occasion qui maintient l’intérêt. Par la suite, cela s’améliore grandement, mais sans pour autant arriver au niveau des principales sagas du genre. L’histoire ménage de bonnes idées, et les chapitres supplémentaires apportent un véritable plus en exploitant des aspects que la trame centrale n’avait pas eu le temps de traiter. Au final, il s’agit d’un titre divertissant, qui a surtout le mérite de mettre en avant quelques questions pertinentes. Pour moi qui me sens moins attiré qu’auparavant par Marvel Comics, j’estime qu’il s’agit d’une bonne pioche, mais pas d’un incontournable.

Original Sin

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