DC Comics, Fascicules, et Putes à Clics

Pour changer, billet d’humeur consacré exclusivement aux comics. Tout simplement car il se trouve plusieurs sujets dont je souhaite parler, mais qui n’offrent pas pour autant matière à des articles entiers.

Je suis peu l’actualité autour des comics. Je reviendrai sans doute plus tard dans ce billet sur le pourquoi du comment, et réalise – à l’instant même où j’écris cette phrase – que cela ne m’empêche pas de trouver plus de séries à lire que je ne peux en absorber. Je me demande comment je me débrouille. Mais, bref, je suis peu l’actualité.
Concernant les publications que je suis en Anglais – ce qui englobe les comics, et deux manga édités en France chez Pika donc que je préfère prendre en import – je possède une méthode rodée : chaque fois que je reçois un nouvel album, je précommande le suivant ; comme ça, je sais que je reste toujours à jour. La majorité du temps, disons dans 90% des cas, le suivant en question dispose déjà d’une date de sortie, je peux donc le réserver. Parfois, il manque à l’appel, et je commence à me poser des questions. Si je viens seulement de lire le premier tome et que le second n’est pas encore annoncé, à la rigueur, cela ne m’étonne pas : d’après ce que j’ai pu lire ça et là, il n’est pas rare qu’un éditeur retarde la sortie d’un second volume relié, pour inciter les lecteurs privilégiant ce mode de consommation – là aussi, j’y reviendrai – à passer aux fascicules ; je n’approuve pas forcément le procédé, mais je peux comprendre la logique derrière. S’il ne s’agit pas d’un début de série, par contre, c’est plus déconcertant ; cela me pousse à me réaliser quelques recherches, et c’est généralement à ce moment que j’apprends que la série en question vient de se terminer.

Vous le sentez venir : je n’évoque pas le sujet par hasard. En effet, hier matin, c’est ainsi que je découvrais que DC Comics venait d’interrompre quatorze de ses séries dites du New 52, dont deux dont je suivais la publication en TPB. Ce qui porte celles restantes à deux : Catwoman et Wonder Woman. Plus Harley Quinn, lancée récemment.
Pour vous donner un ordre d’idée, j’aurais testé vingt titres estampillés New 52. Bien sûr, dans le lot, il y a ceux que j’ai arrêté en cours de route. Restent ceux pour lesquels l’éditeur américain a choisi à ma place : All-star Western, Demon Knight, Dial H, Suicide Squad, et maintenant Batwoman et Worlds Finest. Des titres, pour la plupart, initiés seulement en 2011. Dans le cas de Suicide Squad, encore, cela ne me dérange pas trop ; la fin ne n’affichait plus les charmes des débuts, et je ne continuais que par habitude. Les autres me chagrinent déjà plus.
Si cela correspond à des impératifs commerciaux, que ces séries se vendaient mal, je peux comprendre. Cela me désole, mais là encore, je peux comprendre. Néanmoins, concrètement, je constate ne suivre presque plus aucune série chez DC Comics. Et j’en profite pour déplorer l’arrêt de l’excellent Dead Boy Detectives, publié par leur label Vertigo, après seulement 15 numéros !
Là où cela m’énerve quand même un peu, c’est que Suicide Squad a été relancé immédiatement après, en tant que New Suicide Squad. Je ne compte pas m’y intéresser, pour les raisons évoquées tantôt. Mais ce que je remarque, c’est que l’éditeur nous refait le coup qui lui avait permis de transformer le New 52 en succès commercial : sortir des #1, qui attirent plus facilement le lecteur avec des promesses d’histoires abordables. Et puis, un #1, c’est emblématique, c’est marquant. Sauf que si tu relances tes séries tous les quatre matins, cela condamne l’exceptionnel à devenir banal. Dans ma bibliothèque, je dispose d’un Adventure Comics #410 et d’un Action Comics #439 ; je ne pense pas revoir, de mon vivant, des inédits avec une telle numérotation.

Ça, c’est fait. J’enchaine donc sur un autre sujet que je viens de promettre : celui du mode de consommation.
J’ignore si cela vient de l’habitude du format franco-belge, ou de la façon dont les comics ont historiquement été distribués en France – même en kiosque – à savoir sous la forme de plusieurs numéros compilés (pas toujours issus des mêmes séries), mais je lis pour ainsi dire uniquement des volumes reliés. De préférences souples – communément appelés « Trade Paperback », ou TPB – car ils reviennent moins chers que les « Hardcover ».
La plupart des lecteurs de comics n’ont pas nécessairement le choix, puisqu’il existe peu d’exemples de publications en fascicule en France, et que les principaux sites de vente de livres en ligne ne proposent que du relié. Pour ma part, j’ai déménagé en Angleterre dans une ville disposant d’un magasin de comics, lequel recourt à l’import.
Or, justement : en m’installant en Albion, et à plus forte raison dans une agglomération disposant d’une telle librairie, je pensais déjà au nombreux titres que je n’aurais plus à commander en ligne. Que nenni ! Je n’y passe pour ainsi dire jamais. Pourquoi ? Car elle propose très peu de TPB et de volumes reliés en général, se focalisant sur les fascicules. J’ai essayé de demander au libraire quelques comics, qu’il lui aura fallu des semaines à recevoir… Pire, les boutiques plus généralistes disposent de rayons bien mieux achalandés ; par contre, ils ne vendent pas de numéros simples.
J’ai l’impression que, en Angleterre (et sans doute aux États-Unis), le fascicule reste le mode de consommation privilégié des amateurs de comics, réservant les TPB aux lecteurs occasionnels. Plusieurs explications possibles : la possibilité de découvrir un titre au plus tôt, peut-être en raison de la valeur marchande extrêmement faible des TPB pour les collectionneurs, et surtout une question d’habitude, un peu comme la prépublication de manga au Japon.
Résultat des courses, je continue à commander mes comics en ligne, comme avant.

Pour conclure, j’aimerais évoquer mon rapport aux sites consacrés aux comics. Pour des raisons similaires à celles mentionnées dans mon précédent paragraphe, les quelques plates-formes anglophones que j’ai pu tester ne m’ont guère convaincu, principalement car elles orientent leurs chroniques sur les fascicules plus que sur les séries dans leur ensemble, ce qui m’intéresse peu. Quant aux sites français, ceux que je connais donnent à l’intitulé de ce billet le terme de « putes à clics ».
Prenons Comicsblog. Quels sont, au moment où j’écris ces lignes, les articles mis en avant sur leur page d’accueil ? « Martin Freeman rejoint le Casting de Captain America : Civil War », « Suicide Squad, l’Habit fait-il le Moine ? », « David Ayer dévoile la première photo de la Suicide Squad en Costume », et « La Fox annonce New Mutants, un Spin-Off pour la Saga X-Men ». Suis-je le seul à trouver qu’il y a un problème ? Si je me rends, spécifiquement, sur un site supposément consacré aux comics, ce n’est en aucun pour me trouver assailli par des informations inutiles sur des adaptations cinématographiques, mais bien pour discuter comics. Imaginez un site consacré aux manga qui ne parlerait que du prochain Dragon Ball sur PS4, c’est du même niveau.
Alors, je comprends l’intérêt pour ces sites de se consacrer autant au cinéma. Et c’est parce que je le comprends que je les traite de putes à clics. Ils ont besoin de revenus, donc de publicités, et les tarifs se calculent en fonction de la fréquentation, donc des clics. Or, non seulement les adaptations de comics attirent beaucoup plus de monde que les comics eux-mêmes, mais en plus elles visent un public avide de la moindre bribe d’information, de la moindre rumeur. Cette politique est logique, mais se fait à mon sens au détriment des comics ; ou, du moins, ce qui les concerne se retrouve noyé sous une montagne de données consacrées aux adaptations. J’aimerais pouvoir m’abonner à l’un d’eux, mais comme je ne tiens pas à voir mon aggrégateur de flux inondé de billets racoleurs sur des sujets qui ne m’intéressent pas, j’évite jusqu’à dénicher un site qui répondra à mes exigences.

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