Et le meilleur éditeur est…

J’ai la flemme. Pour compenser, je vais donc vous offrir ce classement des meilleurs éditeurs de manga et labels spécialisés.

N’ont pas été retenus :
– Casterman : N’étant pas client, je ne me vois pas les comparer à leurs concurrents.
– Clair de Lune : Ma dernière acquisition chez eux m’a convaincu de ne plus jamais leur donner mon argent.
– Doki Doki : Ils ne publient rien qui m’attire, je ne suis plus rien chez eux. Je trouve leurs éditions correctes, mais comme elles ne m’intéressent pas, je préfère ne rien dire.
– IMHO : Un éditeur auquel je n’ai aucun reproche à faire, mais qui ne publie pas suffisamment de manga pour que je puisse en tirer une conclusion. J’apprécie leur travail, donc quand un de leurs titres m’intéresse, je me laisse habituellement tenté.
– Isan Manga : J’achèterai leurs publications le jour où ils afficheront des tarifs compétitifs.
– Komikku : Comme pour Clair de Lune.
– Le Lézard Noir : Comme pour IMHO, ils font un bon travail mais ne publient pas assez pour que je puisse les juger.
– Soleil Manga : Comme pour Clair de Lune.

Et c’est parfait, puisqu’il m’en reste tout juste onze. Procédons sans plus attendre !

11/Panini Comics
En même temps, vous vous attendiez à quoi ? Dans l’état actuel des choses, je continue mes séries en cours, et c’est pour cela que l’éditeur a sa place dans ce classement, à la différence d’un Soleil Manga. Deux ans auparavant, Panini Comics était très légèrement remonté dans mon estime, en maintenant vaille que vaille une publication semestrielle pour le four Princesse Kaguya, ou en annonçant le premier manga de Keiko Nishi en langue française. Depuis, la quasi-totalité des séries que je suivais chez cet éditeur ont été mises en pause pour une durée indéterminée, provoquant l’ire légitime des lecteurs. Il y a des limites à l’indécence, même de leur part. Je n’attends donc qu’une seule chose : la fin (de mon vivant) de mes séries ; mais pour les nouveautés, ce sera sans moi.

10/ Black Box
La preuve que, dans le fond, nous n’avons pas à nous plaindre du marché française : j’ai peu de reproches à faire à Black Box, pourtant mal classé. Ils font de bons choix de licence, s’attaquent à des niches de lecteurs dont je fais partie, et ils ont même réussi à négocier plusieurs titres avec Go Nagai. Cela me parle. Mes griefs ne se limitent toutefois pas à des détails : il s’agit du seul éditeur dont j’éprouve des difficultés à acquérir les publications – du fait de ma situation géographique compliquée – et leur choix d’un format plus imposant que chez leurs concurrents, sans doute pour justifier plus aisément leurs tarifs d’indépendant, ne se fait pas toujours sans heurts lorsqu’ils décident d’augmenter artificiellement la taille de leurs planches. Or, la pixellisation, c’est sale.

9/ Pika
Pika m’énerve. Ce n’est pas nouveau. J’avais énormément de reproches à faire à cet éditeur il y a peu, mais depuis un changement dans son équipe dirigeante, j’en ai moins qu’auparavant. La communication, notamment, se fait plus aisément. Ce qui n’empêche hélas pas des traductions pas toujours heureuses, un papier médiocre, et des ralentissements intempestifs. Ce qui compense – mais qui, paradoxalement, rend ces défauts encore moins acceptables – c’est un catalogue de haute-tenue ; plusieurs des meilleurs titres actuellement publiés en France le sont chez Pika. Bien sûr, les liens avec Kodansha aident, mais certaines tentatives de séries plus marginales méritent d’être soulignées. Soulignées et soutenues, c’est pour cela que je continue à suivre des titres chez eux.

8/Ki-oon
Je n’ai aucun reproche à faire à Ki-oon. A part un catalogue imbitable. Je les respecte pour ce qu’ils ont réussi à accomplir, parce que ce sont d’authentiques passionnés, qu’ils soignent leurs produits, et qu’ils affirment sélectionner leurs séries en fonction de leurs propres ressentis. Seulement, mon ressenti est radicalement différent ; ils détestent les Shôjo, adorent les survival et les young Seinen vite lus et vite oubliés,… Je ne vois vraiment pas comment nous pourrions nous entendre. A quelques très rares exceptions près, à chaque fois que j’ai voulu lire un de leurs titres – sur la base de bonnes critiques ou d’un synopsis accrocheur – cela s’est traduit par une déception. Cela n’a pourtant pas été faute d’essayer. Entre nous, en 12 ans d’existence de l’éditeur, le courant n’est jamais réellement passé.

7/ Delcourt
Je précise que cela inclut Tonkam, désormais rattaché en tant que collection. Et cela a pesé dans la balance au moment d’effectuer ce classement ; Delcourt + Tonkam, cela devrait être un rouleau compresseur, l’éditeur le plus présent dans ma liste des commissions chaque mois. Mais pas vraiment. Mon intérêt pour eux a progressivement diminué, la faute à des choix pas toujours heureux. D’un côté, la séparation avec Akata semble peser sur les capacités de la maison principale à sélectionner des nouveautés attirantes (hormis le prochain Harold Sakuichi). De l’autre, la collection Tonkam peine elle-aussi à se renouveler, passés les différents avatars de Jojo’s Bizarre Adventure. Ajoutez à cela des traductions pensées de plus en plus à l’économie, vous obtenez un éditeur qui ne prend pas encore l’eau mais en net déclin.

6/ Taifu Comics
Nous en sommes presque à la moitié, c’est donc le moment d’inclure un éditeur que je qualifierai de neutre : je n’ai aucun reproche à leur faire, mais je n’ai pas non plus de louanges à chanter à leur sujet. Leurs éditions sont irréprochables, je n’hésite jamais à commencer un titre chez eux car je sais qu’il sera traité sérieusement malgré le manque de moyens de l’éditeur, mais ils n’ont pas non plus un catalogue qui me passionne, passés quelques auteurs très spécifiques. Ils possèdent un avantage majeur : je leur fais parfaitement confiance.

5/ Kurokawa
J’adore Kurokawa pour leur implication, pour l’intérêt qu’ils portent à leurs publications, pour leurs idées originales en terme de communication, et parce que je n’ai jamais au grand jamais été déçu par une de leurs éditions, en tout cas pas d’un point de vue purement technique : traduction, impression, conception, tout cela est irréprochable. Alors pourquoi seulement 5ème ? Parce que leur catalogue ne m’attire pas autant que je le voudrais. J’aimerais passer plus souvent par cet éditeur, car cela garantit un travail soigné que leurs concurrents ne peuvent ou ne veulent pas toujours fournir. Seulement, à l’instar de Taifu Comics, cette qualité ne se met pas toujours au service de licences qui m’attirent ; enfin, toujours plus que Ki-oon, mais ce n’est pas bien difficile. Leurs Shôjo, en particulier, me donnent envie de vomir du sang. Heureusement, ils ont Hiromu Arakawa, et quelques titres épars pouvant m’intéresser.

4/ Glénat
Si j’avais réalisé ce classement, disons un an auparavant, Glénat n’aurait pas été aussi bien placé. J’aurais pu leur accorder du crédit sur la base de leur anthologie Moto Hagio, mais cela ne serait pas allé plus loin. Il faut dire qu’il fût un temps où mes étagères n’étaient pas assez larges pour contenir tous mes manga de leur label manga ; c’était il y a longtemps. Depuis, mon intérêt pour leur catalogue a progressivement diminué, avant de connaitre un nouvel envol en 2014, notamment grâce à l’inattendu Moyasimon. Alors, soyons honnête, 4ème reste une place plus qu’honorable ; outre quelques soucis dans certaines traductions, ils font globalement un excellent travail, leurs ouvrages sont très beaux. Mais c’est leur ligne éditoriale qui m’a un temps éloigné d’eux, avec la disparition progressive de leur collection « vintage ».

3/ Kana
Nous arrivons dans la dernière ligne droite, et c’est très serré. A partir de là, cela ne s’est pas joué à grand-chose. Kana m’a impressionné sur le long-terme, en passant de spécialiste incontesté du Shônen « Jump » à rallonge à un catalogue plus éclectique, utilisant les ressources générées par ses têtes d’affiche pour proposer des choix plus risqués, moins conformistes. Le catalogue de Kana me parle, pour des manga très différents les uns les autres et couvrant aussi bien le Shônen que le Shôjo, le Seinen, et même le Josei. L’éditeur aurait pu être premier, sans un défaut majeur : les traductions n’ont jamais été son point fort par le passé, elles ne le sont toujours pas aujourd’hui.

2/ Akata
Première année d’Akata en tant qu’éditeur indépendant, et quelle année ! Des éditions irréprochables, des choix éditoriaux aussi risqués que mémorables, Akata fait de son mieux pour se bâtir une identité absolument unique au sein d’un marché pourtant chargé, et à titre personnel, je peux affirmer que cela fonctionne. Je les attendais sur les Shôjo – tous ne m’ont toutefois pas convaincu – dans la lignée de leur travail pour Delcourt, mais c’est finalement leur collection WTF (qui porte bien son nom) qui m’aura définitivement laissé sur le derrière. J’aurais pu leur octroyer la première position, mais après seulement un an d’existence, leur catalogue reste encore trop limité pour cela. Rendez-vous est pris l’année prochaine.

1/ Kaze Manga
Comme leurs concurrents, comme nombre de lecteurs, je n’étais pas totalement rassuré à l’idée de voir débarquer le principal groupe japonais de publication de manga, directement sur le marché français, à priori au détriment des acteurs historiques du secteur. Pourtant, ce rachat s’est effectué en douceur : ils n’ont pas monopolisé les licences les plus porteuses, et l’équipe a continué de proposer des séries variées. Par rapport à leurs concurrents, je dirais qu’ils disposent d’un catalogue aussi diversifié et alléchant que celui de Kana, pour une qualité d’édition supérieure. Avec un énorme atout qui, à mon sens, fût décisif dans l’attribution de cette victoire : Gokusen. Un titre inattendu, commercialement difficilement viable, mais tellement génial. Cela m’enchante de les savoir capable de publier ce genre de manga.

En France, je trouve que nous avons de la chance. Dans ce classement, un seul éditeur peut décemment être traité d’incompétent. Cela ne signifie pas que les autres sont irréprochables pour autant : ils souffrent tous de défauts, du plus subjectif (le catalogue) au plus objectif (les problèmes de traduction). Mais globalement, nous n’avons pas trop à nous plaindre.

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17 commentaires pour Et le meilleur éditeur est…

  1. Gemini dit :

    Ce n’est pas un éditeur.

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  2. Tchohang dit :

    oui c’est ça, comme toi qui n’es pas un bloggueur …

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  3. Gemini dit :

    Ben écoute, tu vérifieras si cela t’amuse, sur Amazon, dans les statuts de Tonkam si tu les trouves, ou dans le dernier entretien donné par le directeur éditorial Soleil Manga à Paoru, mais Tonkam est bien une collection de Delcourt. Non un éditeur.

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  4. a-yin dit :

    Tonkam est en effet une collection de Delcourt.
    Si un blogueur peut te rassurer:
    http://www.paoru.fr/2015/03/28/itw-editeur-soleil-manga-lheure-reprise/

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  5. Thôt dit :

    Mmmm… On a clairement pas les mêmes goûts sur tout les genres,donc ton classement n’est pas le mien, mais il est intéressant pour moi néanmoins.
    Juste un point qui me chiffonne, tu n’as rien trouvé d’intéressant dans le catalogue Komikku , tu es tombé sur un titre qui ne t’as pas plut du tout ou c’est la qualité d’édition (trad, impression…)?
    Parce que je trouve qu’il y a quand même des choses valables chez eux, avec une bonne qualité d’édition (minuscule, sakamoto, maitre des livres, chef de nobunaga…).

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  6. Gemini dit :

    Le catalogue Komikku m’intéresse peu, de base, et je n’ai pas été séduit par mes deux tentatives chez l’éditeur. Surtout pour Sakamoto : le manga avait la réputation d’être drôle et intraduisible, et j’ai effectivement l’impression qu’ils ont contourné l’obstacle, en produisant un texte qui avait du sens en lui-même, mais dépourvu de la moindre blague. Pour un débutant, cela ne donne pas une bonne image du sérieux de leur démarche. Donc pour que je leur redonne leur chance, il faudra vraiment qu’ils publient un titre que j’attends depuis longtemps ; mais juste par curiosité ou parce qu’un synopsis m’amuse, ce sera non.

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  7. Louve Solitaire dit :

    J’ai plusieurs shojo de chez SOLEIL et j’aime beaucoup…

    pourquoi est ce que tu ne l’aime pas ?

    sinon, j’ai beaucoup aimée ton article… Kazé et Kana sont aussi dans mes top et j’aime bien glénat et delcourt et un peu moins pika et panini (les panini que j’ai me mettent les doit noirs; leur encre semble mal tenir (sur les vampire knight en tout cas… )

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  8. Gemini dit :

    Parce que la dernière fois que j’ai acheté un manga chez Soleil Manga – ce devait être en 2013 – je n’avais jamais vu une édition aussi scandaleuse : problèmes de traduction, échanges de bulles, phrases attribuées aux mauvais personnages et traduites comme telles, texte peu agréable à l’oreille, fautes d’orthographe,… Le tome n’avait même pas été relu. La série elle-même vaut ce qu’elle vaut, mais le travail réalisé dessus est le pire que j’ai pu voir chez un éditeur français, lequel n’avait même pas l’excuse (si c’en est une) de débuter. Dans ces conditions, la confiance en prend un grand coup.

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  9. Yomigues dit :

    Assez d’accord avec ton classement même si j’ai des griefs personnelles avec Black Box Edition. Pouvoir acheter du Go Nagaï, c’est cool. Par contre Issan Manga, c’est cher mais quelle qualité dans l’édition ! C’est sûr que ça fait mal de claquer sa thune comme ça, mais je me laisserais tenter un jour par Kurenai Sanchiro.

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  10. Gemini dit :

    J’ai aussi des griefs envers Black Box, mais je ne peux décemment pas passer à côté de leur catalogue.
    Isan Manga, mon soucis, c’est qu’officiellement, leurs prix sont élevés en raison de leurs éditions luxueuses, alors qu’en réalité, ils le seraient de toute façon puisqu’ils sont indépendants et ne peuvent pas tabler sur des grosses ventes. L’édition n’est qu’un prétexte, et l’épaisseur parfois gonflée artificiellement par des textes tombés dans le domaine public. Mais OK, disons que je les crois ; dans ce cas, je leur réponds que je n’ai pas besoin d’édition de luxe, et que j’attends les éditions simples. Soyons honnêtes, elles ne viendront jamais. Concrètement, je crois que tout leur catalogue pourrait m’intéresser ; les Shôtaro Ishinomori, les Yumiko Igarashi,… mais pas à ce prix.

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  11. Coralie dit :

    Ça fait des années que je ne suis plus le marché français et je ne savais pas qu’il y avait eu de tels changements ! Alors merci pour cet article, c’est vraiment instructif !
    J’ai envie de dire un truc sur Glénat. Récemment, je me suis amusée à ouvrir quelques manga parus chez Glénat (de mémoire : Alice 19th, Contes d’adolescence et DN Angel) et je les ai comparés avec les versions originales. J’étais outrée de voir à quel point les traductions pouvaient être approximatives quand ce n’était pas complètement à côté de la plaque. Je sais que le japonais n’est pas simple à traduire mais quand même.

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  12. Gemini dit :

    Traduire, c’est trahir. Ce que je constate, au moins, avec Glénat, c’est que les traductions sont globalement agréables à lire et font sens avec ce qui se déroule sous nos yeux. Alors que chez Delcourt/Tonkam et parfois Kana, cela peut n’avoir aucun sens.

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  13. Coralie dit :

    J’avais pas osé écrire ça de peur d’exagérer mais oui, c’est exactement ça : traduire, c’est trahir !
    Je n’ai pas encore ré-ouvert mes manga des autres éditeurs mais je ne serais pas étonnée d’y trouver des énormités ! Tu m’auras prévenue 😀

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  14. Gemini dit :

    J’avais écrit un petit article sur la traduction, récemment, avec quelques exemples effrayants. Je te recommande d’y jeter un petit coup d’oeil, mais attention à la crise cardiaque.
    Malheureusement, je suis trop fainéant et trop mauvais en langues pour espérer apprendre le Japonais et lire mes manga en VO.

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  15. Coralie dit :

    Tu parles de l’article intitulé « Un enfer de traduction », n’est-ce pas ? Je l’ai lu et j’étais complètement tombée d’accord avec toi. Faut pas croire, je commente rarement mais je passe régulièrement par chez toi 😀

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  16. Gemini dit :

    Une lectrice fidèle, merci beaucoup ! ^^ Oui oui, je parlais bien de cet article.

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