Cinéma 2014 : on fait le bilan

L’année dernière, et ce pour la première fois, je m’étais fendu d’un petit billet pour évoquer les sorties cinéma de 2013. Je remets le couvert en 2014, en prenant pour référence la date de sortie dans le pays d’origine de l’œuvre, et en les divisant en catégories.
Qui succédera aux excellentes pioches que furent Rush, The Flashpoint Paradox, ou encore Pacific Rim ?

Les Daubes
Je commence avec une bonne grosse déception : Godzilla (non pas que j’en attendais grand chose). Le réalisateur s’intéresse clairement plus à ses personnages qu’au monstre, et décide en conséquence de retarder le plus possible son apparition ; cela fonctionne une, deux fois… à la troisième, c’est juste frustrant et insupportable.
Hard Corner : le film aurait pu être un sympathique petit film amateur, s’il n’avait pas un budget supérieur à celui d’un Clerks et si son réalisateur n’avait pas des prétentions de grandeur assez insupportables. Le scénario est vide, la mise-en-scène d’une platitude absolue, et tout cela manque cruellement de bonnes idées.
Adapté d’un arc banal et pourtant grandiloquent du comics éponyme, Justice League: War pouvait difficilement être meilleur.
Quant à Avengers Confidential: Black Widow & Punisher, il manque cruellement d’ambition et ne présente pas le moindre intérêt.

Les Imperfections
Une catégorie qui semble n’exister que pour un seul film : Lucy de Luc Besson. En sortant de la salle, je ne savais pas quoi en penser. Aujourd’hui encore, je m’interroge. Le film est loin d’être parfait – d’où sa présence dans ce paragraphe – mais en même temps, je me dis qu’il s’agit d’une expérience cinématographique unique à vivre au moins une fois.
Toujours dans le registre de la science-fiction, Predestination étonne par son scénario bavard et son concept poussé dans ses derniers retranchements. Nous regretterons malheureusement que le déroulement et la chute apparaissent aussi clairement une fois passée la première révélation, ce qui s’avère handicapant pour un métrage misant tout sur son histoire et ses mystères.
A l’instar de Lucy, Welcome to New York est une œuvre intrinsèquement imparfaite, mais tellement unique dans sa forme et dans son propos qu’il faut le voir pour se faire sa propre opinion.
Concernant The Monuments Men, je me demande encore ce que le réalisateur voulait raconter. Son sujet incroyable tient le film à bout de bras, mais sa façon de jongler entre les genres en fonction des comédiens à l’écran, et sa vision purement américaine qui ne se remet jamais en cause plombent l’ensemble.
Enfin, Pompeii impressionne par sa reconstitution et quelques scènes de combat ou de destruction, mais ses acteurs anti charismatiques et sa romance sans intérêt n’aident pas à maintenir l’attention du spectateur avant l’inévitable éruption volcanique.

Les Corrects
Des films que j’aurais trouvé globalement divertissants, sans être exceptionnels. A commencer par Guardians of the Galaxy, production Marvel Studios qui recycle la formule étrennée il y a quelques temps : celle de la blague qui ne prend pas au sérieux son propre scénario et ses personnages. C’est bien fait, c’est amusant, c’est du grand spectacle, et cela faisait des lustres que nous n’avions plus eu du space opera de qualité, mais cela reste un peu frustrant pour un lecteur de comics qui apprécie cet univers.
Bizarrement, Captain America: The Winter Soldier est traité avec un peu plus de sérieux de la part, pourtant, du même studio. Mais un changement de réalisateur et d’époque plus tard, et cette suite ne tient plus la comparaison face au premier opus, beaucoup moins formaté et conformiste. Reste un scénario efficace même si pas exempt d’incohérences, et une nouvelle fois un divertissant qui remplit son rôle.
Toujours dans le registre du super-héros, Batman: Assault on Arkham met en scène la bande de criminels-justiciers (un concept) Suicide Squad, grande pourvoyeuse de sang et de moralité douteuse par excellence. Son côté violent et régressif le distingue de la masse, il se suit sans déplaisir, mais il n’a pas pour autant la noirceur et la mise-en-scène percutante d’un Flashpoint Paradox.
Je me souviendrai de Diplomatie comme du premier métrage que j’aurais vu dans une salle de cinéma entièrement vide (à l’exception évidente de votre serviteur). Le scénario, intelligent et bien écrit, est porté par un formidable duo d’acteurs – André Dussollier et Niels Arestrup – mais cela reste du théâtre filmé, qui exploite donc peu les spécificités du média.
Woody Allen annuel – auteur dont je suis loin de suivre la carrière – Magic in the Moonlight m’a attiré par un thème à la fois simple et prometteur : celui de la démystification, sous couvert d’une comédie romantique. Celle-ci, baignée dans une ambiance nostalgique et douce-amère, brille par ses dialogues malgré quelques longueurs, et j’en suis ressorti avec une étrange sensation de bien-être.
Dernier film vu en salle cette année, Astérix : Le domaine des dieux ressemble parfois plus à du Kaamelott qu’à du Astérix, mais n’en reste pas moins largement supérieur à la majorité des adaptations des aventures du célèbre Gaulois. Celle-ci, au moins, était drôle.

Les Réussites
Soit ceux que je retiendrai en priorité de cette année. Avec notamment le totalement régressif Dead Snow 2 : Red VS Dead, perle d’humour noir jusqu’au-boutiste venue du Nord où le réalisateur se lâche après une désastreuse expérience hollywoodienne.
J’ai déjà consacré un article à Rainbow Rocks, mais je vais quand même en profiter pour préciser que je l’ai déjà vu quatre fois en à peine deux mois. Sans compter les quelques extraits que je me passe en boucle.
Days of Future Past m’a quant à lui prouver qu’une adaptation d’un titre Marvel Comics pouvait posséder un scénario sombre, bien écrit, et traité au premier degré tout en respectant le matériau d’origine. En plus, il est super bien fait. Le pied.
Sans être un fan de la série d’origine – dont j’ai loupé pas mal d’épisodes – j’ai dévoré le long-métrage tiré de Veronica Mars, son ambiance typique parfois dérangeante et le retour des personnages emblématiques avec une véritable intrigue.
Enfin, The Lego Movie s’impose comme le meilleur film d’animation de l’année, alliant technique sublime, histoire plus profonde qu’il n’y parait, et mélange improbable de licences diverses.

Les Gros Coups de Cœur
Meilleur film de l’année sans aucun doute, et meilleur film que j’ai vu au cinéma depuis des lustres, The Grand Budapest Hotel est un ravissement qui m’a permis de redécouvrir le cinéma de Wes Anderson. Captivé par la bande-annonce, j’ai su surpasser mon appréhension pour me plonger dans cette aventure au style si particulier. Et indescriptible, donc je vous laisse avec la vidéo ci-dessous.

Mes Attentes pour 2015
Jusqu’à présent, je suivais l’actualité grâce aux bande-annonces diffusées au cinéma. Mais, dans la mesure où je n’ai pas eu l’occasion d’y aller pendant quelques mois, je découvre désormais nombre de films au moment où je lis les critiques. Bon, j’ai évidemment entendu parler du prochain Star Wars et du prochain Avengers, qui ne m’intéressent pas des masses.
J’ai tout-de-même dores et déjà identifiés les nouveaux Matthew Vaughn, Clint Eastwood, Joe Dante, et Andy/Lana Wachowski, ainsi qu’un documentaire sur l’acteur Dick Miller, mais pour l’instant, cela s’arrête là. J’aurai donc la surprise.

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3 commentaires pour Cinéma 2014 : on fait le bilan

  1. a-yin dit :

    Bonne année 🙂 !

    Je m’aperçois que le cinéma me parle de moins en moins. J’ai le même coup de cœur que toi ceci dit The Grand Budapest Hotel!!! J’ai failli le manquer en plus car je me balade souvent sans lunettes en dehors du bureau et l’affiche de loin ne me parlait pas. Jusqu’au jour où, je ne sais pas pourquoi je me suis approchée et j’ai vu WES ANDERSON. Bref. 😀

    J’ai aussi vu Magic in the Moonlight que j’ai beaucoup aimé. Je n’ai pas suivi la carrière de Allen non plus, mais j’ai vu un de ses anciens films connus, Annie Hall, et il fut vraiment excellent, très inspiré.

    Interstellar m’a pas mal plu aussi, je ne voulais pas le voir vu son buzz et le côté messie de Nolan, mais un proche voulait le voir. Et je ne me suis pas ennuyée malgré la durée du film 😮 miracle!

    Le film le plus houleux de l’année fut sûrement Bande de filles de Sciamma. Je l’ai vu en présence de la réalisatrice, dans le 93 et je peux dire que le débat qui a suivi fut… mouvementé!!! J’ai cru que des gens allaient se taper dessus et on y voyait tout le débat animant cette ville, victime de gentrification avec les nouveaux venus « bobos » et les anciens habitants aux origines sociales plus populaires, sans parler des clichés sur la banlieue critiqués…

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  2. a-yin dit :

    Ah oui, et j’ai vu le très marquant Mommy 🙂 . Le film chinois Black Coal m’a un peu déprimé sinon. Et en films, comme tu le sais, le truc culte cette année a été Le grand tournoi de et avec JCVD!!! Haha 😀

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  3. Gemini dit :

    Jean-Claude forever !

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