My Little Teenager II : Rainbow Rocks

J’adore My Little Pony : Friendship is Magic, et je trouve même que je n’en parle pas beaucoup sur ce blog. Ou, en tout cas, pas assez. La sortie récemment du second film issu de la série m’offre donc la possibilité d’en rajouter une couche.

Avouons-le : Equestria Girls nous avait laissé sur notre faim, le film ne répondant pas aux attentes auxquelles le public pouvait décemment prétendre avec une série aussi bonne que Friendship is Magic. D’aucuns pourront avancer que transformer les personnages en humains pour promouvoir une nouvelle ligne de produits Hasbro était une mauvaise idée, mais n’oublions pas que le but même des séries My Little Pony reste avant tout de vendre des jouets ; les adaptations ne sont jamais que des publicités déguisées. Il y avait donc, que nous le voulions ou non, matière à produire un long-métrage réussi, quelle que soient les raisons derrière son existence.
Là où les auteurs ont probablement loupé le coche, c’est en passant d’une série d’inspiration cartoon à un film plus centré sur la comédie scolaire, avec un schéma déjà vu et revu dans les productions pour adolescentes. Dans ce nouvel environnement, impossible de garder les personnalités excentriques des protagonistes, qui perdaient beaucoup de leur superbe pour entrer dans de nouveaux archétypes ; seule Trixie donnait l’impression de conserver son grain de folie.
Ainsi, Equestria Girls apparaissait plus comme une comédie scolaire lambda que comme une variation autour de la série Friendship is Magic.

Dans ces conditions, je n’étais pas spécialement impatient de voir Rainbow Rocks. Mais l’occasion faisant le larron, je me suis laissé tenter par une projection (unique) du long-métrage près de mon lieu de résidence. Avec mes amis Bronies et Pegasisters – j’appartiens à une association consacrée à la série, pour vous dire à quel point je suis atteint – nous avions prévu de nous retrouver devant le cinéma afin de le voir ensemble. Alors que l’heure de la séance approche, nous voyons débarquer nombre d’enfants accompagnés de leurs parents. Par peur de ne plus avoir de place, nous nous dépêchons d’acheter nos tickets… pour finalement nous apercevoir que nous sommes seuls dans la salle ! Toutes les familles que nous avions aperçues s’étaient dirigées vers d’autres productions. Ainsi, aussi surprenant que cela puisse paraitre, ce fût comme si cette unique séance de Rainbow Rocks avait été interdite aux moins de 18 ans. Parce qu’il n’y avait réellement que nous d’intéresser par cette projection, à savoir des adultes avec une majorité masculine. Mais cela n’a rendu l’expérience que meilleure ; d’autant que, juste après, nous nous sommes rendus au magasin de BD, où était organisé une distribution de comics gratuits, parmi lesquels du My Little Pony. Et le soir, nous avons célébré Halloween à notre façon, arpentant les bois à la lumière de simples torches électriques.

Mais revenons à nos poneys. Avec quelques mots sur le scénario. A la fin de Equestria Girls, Twilight Sparkle retourne dans son monde, laissant là ses nouvelles amies humaines et une Sunset Shimmer apparemment disposée à se racheter une conduite. Seulement, l’explosion magique qui résulta de leur confrontation attira l’attention de trois filles mystérieuses, disposant elles-aussi de pouvoirs.
A ce point, il convient de préciser que les court-métrages diffusés sur internet, servant d’introduction à Rainbow Rocks, sont nécessaires avant de le regarder. En effet, ils évoquent des événements importants qui ne seront pas rappelés dans le film ; à savoir la constitution d’un groupe de musique à l’initiative de Rainbow Dash, et une découverte étonnante : les cinq amies ont conservé une part de leur magie malgré le départ de Twilight, qui se manifeste lorsqu’elles jouent ensemble.
Rainbow Rocks s’ouvre avec la découverte de nos trois antagonistes – elles ne sont pas discrètes, leurs intentions ne laissent aucun doute – puis nous enchainons avec nos héroïnes se préparant pour le festival musical de l’école. C’est dans ce contexte qu’apparaissent trois nouvelles élèves (je vous laisse deviner qui), lesquelles poussent leurs condisciples à se lancer non pas dans un simple festival, mais bien dans une confrontation entre les groupes. D’une car leurs pouvoirs viennent de leur chant, et de deux car elles se nourrissent des sentiments négatifs ; en poussant les participants à s’affronter, elles espèrent bien générer une rivalité assez forte pour leur fournir de l’énergie.
Seules les personnes disposant de facultés magiques – donc Sunset Shimmer et nos héroïnes – semblent immunisées contre leur puissance hypnotique. Mais ne sachant comment riposter, elles décident de contacter Twilight.

N’y allons pas par quatre chemins : non seulement Rainbow Rocks est une grande réussite, mais il correspond à tout ce que nous étions en droit d’attendre d’un film Friendship is Magic.
Et pour s’en convaincre, il suffit de jeter un œil aux personnages. Comme indiqué tantôt, j’ai vraiment eu l’impression que, dans le premier long-métrage, les auteurs ne savaient pas trop quoi faire avec eux, refusant de partir trop loin dans le délire puisque ce sont désormais des humains, mais les éloignant de fait de leurs personnalités d’origine. Cette fois, nous retrouvons réellement l’univers de la série, avec notamment une Rainbow Dash avec de sérieux problèmes d’ego, une Rarity obsessionnelle (et capable changer de tenue en une fraction de seconde), une Applejack beaucoup trop terre-à-terre, et une Fluttershy effrayée par la lumière. Et là, je ne parle que des héroïnes. Trixie, elle, est encore plus atteinte que d’habitude. Le premier film, malgré les éléments magiques, tentait de marquer la différence entre son univers et Equestria par un réalisme plus poussé ; sauf que cette fois, si c’est vraiment la « réalité », alors la moitié des protagonistes devraient se trouver dans un asile psychiatrique. Rien que dans la famille Pie, il y a des cas extrêmement préoccupants.
Ce détail – qui n’en est pas un – nous montre bien l’évolution qui s’est produite depuis Equestria Girls, comme si les auteurs avaient compris un élément essentiel : il est possible de transformer les personnages en humain, du moment que nous les reconnaissons au-delà de leur apparence.
Dans le premier film, quand je voyais Rainbow Dash, je voyais une sportive garçon manqué. Dans le second, quand je voyais Rainbow Dash, c’était vraiment Rainbow Dash, une fille insouciante, mauvaise perdante, parfois horripilante, prétentieuse, complètement extravertie, mais avec un excellent fond lorsqu’elle se rend compte qu’elle a poussé le bouchon trop loin, et forte en amitié.

Ce que je viens d’évoquer n’est pas une qualité propre à Rainbow Rocks mais à Friendship is Magic dans son ensemble. C’est quelque chose qui aurait dû aller de soi depuis le début. En l’occurrence, c’est comme s’ils avaient fallu un long-métrage entier pour que le studio comprenne quelles étaient les atouts de leur propre titre et comment capitaliser dessus.
Et en parlant de capitaliser, les auteurs ont décidé de jouer sur un autre élément important : la musique. Ils le justifient parfaitement par leur scénario, et il n’y a pas à dire : les compositeurs ont fait un excellent travail, produisant une nouvelle bande-son entrainante et mémorable. Nous sommes à la limite de la comédie musicale, mais cela fonctionne. Ils sont même allés jusqu’à introduire un tournoi. Un tournoi ! Et le pire, c’est que là encore, cela fonctionne à la perfection, avec même des confrontations plutôt épiques, alors que nous n’en voyons que des extraits. Mais c’est surtout le montage entre ces duels et la chanson les accompagnant qui donne un résultat franchement ébouriffant, peut-être le meilleur passage du film, avec le combat final.
Nous avons donc la folie et la bonne humeur inhérentes à Friendship is Magic, une musique inoubliable, une animation revue à la hausse – les mouvements sont infiniment plus fluides qu’auparavant – et un scénario classique mais efficace. Que manque-t-il ? Du fanservice ! Habituellement, je ne suis pas forcément un fervant amateur de cet ingrédient un peu trop racoleur à mon goût, mais là, j’ai été faible, j’ai adoré. Il faut dire que, la plupart du temps, c’est avant tout un ressort comique. Mais il est vrai que voir apparaitre un personnage mineur (dans la série) mais populaire (parmi le public), cela fait toujours plaisir.

Rainbow Rocks est le film que nous attendions, celui que Equestria Girls ne réussissait pas à être. Certes, nous retrouvons les personnages sous forme humaine, mais cette fois, l’esprit de la série a été parfaitement retranscrit, c’est marrant, rythmé, et juste super agréable à regarder. En sortant de la salle, je n’avais qu’une seule envie : le revoir !
Ce que j’ai fait le jour même, et c’était toujours aussi bon.
Maintenant, je suis impatient de découvrir la suite. Parce qu’apparemment, il y en aura une. Cette franchise ne cessera peut-être jamais de me surprendre.

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3 commentaires pour My Little Teenager II : Rainbow Rocks

  1. Cyril dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec toi sur les qualités de ce film, notamment par rapport à Equestria girls : ça a été une excellente surprise, avec de bonnes chansons, du fanservice massif et utilisé à bon escient, une histoire qui tient bien la route et un humour qui fait mouche.

    Je pense quand même que tu as oublié un point extrêmement important et qui est pour beaucoup dans le succès du film : c’est Sunset Shimmer. Elle est très bien traitée, avec une évolution au long du film, des doutes, des nuances dans son comportement et son attitude envers les autres. Elle n’a pas gagné, par un coup de baguette magique, l’amitié et la confiance des autres personnages et on la voit à la fois comprendre cette situation et en souffrir, notamment lorsque les autres font accidentellement référence à son attitude passée.

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  2. Gemini dit :

    Je ne pensais pas trop en dire à son sujet, pour la surprise. Mais, à mon sens, c’est elle l’héroïne du film.

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