The Comic Art Festival 2014 : Humidité et Campagne Anglaise

Cela faisait quelques temps que je ne m’étais pas prêté à l’exercice du compte-rendu de festival ou de convention. Et, pour cause, je n’avais plus eu l’occasion de m’y rendre depuis des lustres.

Pour ceux qui ne me connaitraient pas par l’intermédiaire des rares forums sur lesquels je sévis, il faut savoir que j’ai déménagé en Angleterre depuis quelques mois maintenant. Bon gré mal gré, c’est pour le travail. Mais, nourriture mise à part (il faudra que j’écrive sur le sujet un jour), je ne me plains pas trop.
S’il y a une chose que j’adore au Royaume-Uni, ce sont les auteurs de comics. Plusieurs de mes scénaristes favoris sont Anglais ou Écossais, et je sais qu’il y a une forte population d’artistes sévissant sur ce médium dans le pays. Autant dire que j’attendais avec impatience de voir ce que je pourrais trouver sur place niveau festival de bande-dessinée.
Ce fût donc une des premières choses que je demandais à mon nouveau libraire : s’il existait une manifestation locale dédiée aux comics. Et il m’indique un petit festival, situé à une vingtaine de minutes de chez moi en transports en commun.

Alors, un « petit festival » dans la région la moins peuplée d’Angleterre, cela signifie : Mark Buckingham (Fables), Dave Gibbons (Watchmen), Jeff Smith (Bone), Gail Simone (Batgirl), Scott McCloud (Understanding Comics), Gary Erskine (War Stories), Bryan Hitch (The Ultimates), Eddie Campbell (From Hell), ainsi que Boulet, présenté comme « The French Comics Rockstar ». Je ne déconne pas, c’est dans le guide officiel.
La particularité de l’événement, c’est qu’il était réparti entre plusieurs points de la ville, ville dont les commerçants jouaient le jeu en se mettant aux couleurs des comics. Les entrées des différents lieux étaient gratuites, par contre pour chaque panel, chaque conférence,… il fallait réserver à l’avance et passer à la caisse. Donc je n’ai rien payé.

Enfin, je n’ai participé à aucune présentation, rencontre, et compagnie, par contre, mon porte-monnaie a souffert. Deux espaces étaient dédiés au commerce, le premier presque entièrement réquisitionné par la boutique Forbidden Planet, l’autre consacré à des auteurs – amateurs ou professionnels – venus vendre leurs publications, ainsi qu’à des éditeurs plus ou moins indépendants. L’occasion de m’offrir l’intégrale de Sanctuaire chez Humanoïds, mais en Anglais. BD française, édition anglophone, j’ai tout compris.
Pour rester sur les sacrilèges, j’ai découvert l’éditeur Cinebook, spécialisé justement dans la BD Franco-Belge, et j’en ai profité pour prendre le cadeau de Noël de ma mère : Le Trio de l’Étrange, La Marque Jaune, et Billy the Kid, le tout en Anglais. Par contre, vous étonnerai-je en vous disant qu’il s’agit respectivement du 7ème et des premiers albums de chaque collection ? Le vendeur m’a expliqué ces choix de manière fort intéressante : Billy the Kid a été lancé en premier car considéré comme représentatif de la série (là où Morris n’avait pas encore son style définitif au début) et pour tâter le terrain, La Marque Jaune aussi pour tester le potentiel du titre avec une aventure en un seul tome, tandis que Dupuis n’a pas pu leur fournir une version numérique du Trio de l’Étrange lorsqu’ils ont voulu lancer la série, et de toute façon le dessin de Roger Leloup n’était pas encore arrivé à maturité. Ce qui nous donne ces numérotations forcément surprenantes. Mais ce qui peine l’éditeur – apparemment un authentique passionné – c’est qu’il réalise une part importante de ventes auprès de lecteurs français qui veulent apprendre l’Anglais, et non auprès d’Anglais désireux de découvrir la BD Franco-Belge…

Je suis reparti avec d’autres comics dont les scénaristes étaient présents, en l’occurrence les deux tomes The Losers chez DC Comics, et une série que je ne connaissais pas intitulée Wasteland. Le titre est prometteur.
Évidemment, j’ai cherché Boulet, mais il ne devait apparaitre que dans un seul panel : une séance de dessin à 8 mains avec Mark Buckingham, Dave Gibbons, et Emma Viecili. Pour le reste, nada. Je l’ai finalement croisé au hasard, et nous avons pu échanger quelques instants. Je crois qu’il était un peu intimidé vu qu’il devait passer en même temps que deux monstres sacrés – dessinateurs de Fables et Watchmen, ça en jette niveau carte de visite – mais en même temps excité par cette perspective.
Le point d’orgue de la journée, pour moi, devait être la rencontre avec Mark Buckingham, dans la mesure où je suis Fables (un comics qu’il est bien) avec un plaisir immense à chaque nouveau tome. Étonnamment, il n’y avait pas grand monde pour cette séance de dédicace (gratuite), et en arrivant avec seulement 20 minutes d’avance, j’étais second dans la file. Lorsque mon tour arrive, je le salue, le remercie d’avance, et lui tend mon tome 18 de la série (le seul que j’avais pris lors de mon déménagement). Et l’auteur de me demander si je suis Français ! Moi, un peu surpris, lui répond que oui, et lui demande à mon tour si c’est mon accent qui m’a trahi. Il m’explique alors qu’il n’y a qu’en France que ses lecteurs lui demandent de signer directement sur ses livres ; ailleurs, ils privilégient les carnets de croquis voire les feuilles Canson. J’ignorais qu’il s’agissait d’un phénomène propre à notre pays.

J’ai donc passé un excellent moment, et pas trop loin de chez moi. Le mois prochain, Boulet m’a indiqué qu’il se rendait à une autre convention, un peu plus lointaine (environ deux heures de train), mais avec des invités de folie : Jason Aaron (Wolverine & the X-Men), Scott Snyder (Swamp Thing), David Lloyd (V for Vendetta), Jeff Lemire (Justice League Dark), et surtout Cliff Chiang, dont chaque page de son Wonder Woman me fait baver, et Tim Sale, dont le style atypique sublime les aventures de Batman écrites par Jeph Loeb.
Je suis impatient.

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2 commentaires pour The Comic Art Festival 2014 : Humidité et Campagne Anglaise

  1. a-yin dit :

    Oh ça déchire!!! Duncan Fregredo en plus 🙂 ! Profite bien ^_-

    En comics anglais, je ne sais pas si tu connais mais j’adore Strangehaven. Ca a enfin repris en prépublication dans une revue anglaise.

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  2. Gemini dit :

    Je note. Et si tu veux venir aussi, tu sais ce qu’il te reste à faire 😀

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