Avalanche de Tomes 1

Travail oblige, je n’ai pas eu le temps de proposer de nouveaux articles dernièrement. Par contre, j’ai beaucoup lu, et pour certains titres que je viens de commencer, je me suis fendu de quelques notes. Il en manque – puisque j’ai aussi commencé Simple comme l’Amour, Touch, ou encore Ken-ichi le Disciple Ultime – mais voici de quoi tenir en attendant un billet plus conséquent.

Barakamon de Satsuki Yoshino : Saishu Handa est le jeune espoir de la calligraphie japonaise. Ou plutôt était, car après avoir frappé le responsable d’une exposition – lequel avait qualifié son travail de formaté et sans imagination – il n’a d’autre choix que de s’exiler sur une île à l’Ouest du Japon, sur les conseils de son père. Là, il va découvrir un quotidien bien éloigné du monde de la calligraphie, et des autochtones envahissants.
Enfin ! Enfin un titre Ki-oon auquel j’accroche d’entrée, autre que Bride Stories et les séries de Tetsuya Tsutsui. Je ne peux pourtant pas dire ne pas avoir donné leur chance à nombre de manga de l’éditeur, mais entre nous, le courant n’était jamais vraiment passé.
Le propos consiste pour l’auteur à nous raconter l’évolution de son héros, grâce aux petits bonheurs au quotidien, à ses relations avec des insulaires bien éloignés du monde de la calligraphie, et au contact de la nature. Et il va sans dire que tout cela va lui permettre de développer un style beaucoup plus personnel, même si rien ne dit qu’il voudra quitter l’île par la suite.
De ce côté, c’est donc très prévisible, et le premier tome ne surprend pas dans la morale qu’il assène. Mais ce n’est pas grave. Car ce qui compte, c’est finalement moins le message que de voir vivre les personnages sous nos yeux, avec un citadin qui a beaucoup de mal à s’adapter à sa nouvelle vie, et à ses nouveaux voisins. Lesquels débordent de bonne volonté, mais lui laissent rarement un instant de répit. A commencer par Naru, gamine locale espiègle qu’un rien étonne – mais étrangement philosophe à ses heures – qui s’est tout-de-suite attaché à Saishu, pour le plus grand malheur de ce-dernier. Il y a aussi le chef du village et sa femme, deux collégiennes qui considèrent la résidence du héros comme la leur, et d’autres figures hautes-en-couleur.
Grâce à son bestiaire, Barakamon s’impose après ce premier tome comme une bonne comédie, rafraichissante comme tout.

Bienvenue au Club de Nikki Asada : Nima Momosato souffre d’une étrange malédiction : à peine tombe-t-elle amoureuse d’un garçon que celui-ci se met à sortir avec une autre fille. Après un nouvel échec, elle est abordée par Yoriko Mitoya, une élève qui prétend étudier les relations amoureuses, et pour qui Nima représente un cas passionnant ; elle a même créé un club dédié à son sujet de prédilection.
Désireux de supporter l’éditeur Akata dans sa nouvelle vie, appréciant habituellement ses choix en matière de shôjo – tout en sachant qu’il n’a plus les mêmes moyens pour acquérir les titres qu’il souhaite – et après avoir lu de bonnes critiques à son endroit, je me suis décidé à donner sa chance à Bienvenue au Club, un de leurs premiers titres.
D’après ce que j’ai cru comprendre, l’auteur n’avait pas prévu de publier une série longue, et s’était lancé dans une histoire courte où chaque chapitre aurait été consacré à un membre du club en question, à savoir notre héroïne entremetteuse (bien malgré elle), la chercheuse en relation amoureuse, un otaku rejeté du club d’anime car trop beau (les autres pensaient qu’il se moquait d’eux), et un travesti (hétérosexuel). Si les personnages sont réussis, ce traitement particulier se ressent, puisque l’auteur résout rapidement toutes les intrigues autour d’un des personnages, avant d’en inclure un nouveau (pour le moins tête-à-claques) à la va-vite pour lancer une véritable histoire de fond. Autant dire que ce premier tome a peiné à me convaincre à cause de cela, malgré un véritable potentiel puisque ce club de lycéens hors-normes, même si le sujet a déjà été abordé dans l’animation (mais pas sous l’angle du shôjo), possède un puissant capital sympathie.
Gageons que le second tome permettra à l’auteur d’entrer dans le vif du sujet et de développer plus avant son univers.

Magical Girl of the End de Kentarô Satô : Kii Kogami est un lycéen que son quotidien ennuie profondément, mais il va rapidement regretter sa petite vie tranquille, après qu’une armée de gamines tueuses ait envahi la ville.
Magical Girl of the End, c’est tout simplement une histoire de zombies, mais avec en guise de zombies, des gamines psychopathes aux costumes étranges et qui ne savent dire que « Magical ». De là à les qualifier de Magical Girls, il n’y a qu’un pas. Elles sont surpuissantes, increvables, et chacune de leur victime se transforme en soldat servile et tout aussi assoiffée de sang et de violence gratuite.
Difficile de savoir vers quoi nous nous dirigeons pour l’instant, et si l’auteur a autre chose à raconter qu’une histoire de zombies sans zombies. Mais pour l’instant, cela fonctionne bien, et ce pour une raison extrêmement simple : l’auteur nous livre un carnage dans les règles, et s’amuse même à rompre les codes du genre. A peine un personnage devient-il attachant – c’est-à-dire, normalement, au moment où il devrait obtenir un sursis – qu’il se fait massacrer d’une façon souvent bien gore. Et pas le temps de s’appesantir dessus, il faut aller de l’avant sous peine de subir le même sort.
L’autre différence avec un récit de zombies standard, c’est que ces saloperies disposent de facultés beaucoup plus variées, entre la force pure, la vitesse prodigieuse, la pyrokinésie, ou même la télékinésie. Et avec leurs bouilles de gamines lobotomisées, elles sont carrément flippantes.
Le rythme de ce tome 1 est bien enlevé comme il faut, je lirai la suite.

Sakamoto, pour vous servir de Nami Sano : Sakamoto est le lycéen le plus classe de l’univers. Rien ne peut l’arrêter, alors qu’il aborde la vie avec une nonchalance incroyable. Les filles sont folles de lui, et les garçons le jalousent jusqu’au moment où ils se rendent compte d’à quel point il est incroyable.
Succès commercial au Japon. Succès critique, aussi. J’étais très curieux de découvrir le phénomène Sakamoto. Et j’ai trouvé un livre pour le moins étrange. Pas d’histoire, pas de fil rouge, juste Sakamoto qui survole chaque situation comme si le quotidien ne concernait finalement que le commun des mortels.
C’est surréaliste, c’est intriguant, parfois amusant, mais je ne sais pas trop quoi en penser. J’avais prévu de lire la suite, afin de confirmer ou d’infirmer mes premières impressions – et puis, la publication avance très lentement au Japon, donc le titre ne coute pas trop cher – jusqu’à ce que j’apprenne que la série est censée être très drôle et basée sur d’innombrables jeux de mots. Jeux de mots totalement absents de cette version française. Malheureusement, il s’avère qu’il s’agissait d’un manga intraduisible, ce qui explique qu’aucune des principales maisons d’édition françaises n’ait souhaité tenté l’expérience. Komikku a eu du courage, mais n’a apparemment pas su trouver la recette pour retranscrire l’humour de Sakamoto, pour vous servir dans notre langue.
Dans ces conditions, je préfère laisser tomber.

Shojo Relook de Kaoru Ishinose : Kako et Kosei sont amis d’enfance, et issus d’un des patelins les plus paumés du Japon. Pendant longtemps, ils furent non seulement les seuls élèves de leur classe, et même les seuls enfants du voisinage. Mais pour leurs années de lycée, ils décident de s’installer en ville. Effrayée à l’idée que le très naturel et très spontané Kosei ne passe pour un plouc et soit mis à l’index par leurs camarades, Kako décide de le relooker en prenant pour modèle Lawrence, personnage principal d’un classique du shôjo manga (série complète en 98 volumes). Mais elle ne s’attendait pas à ce que cela fonctionne aussi bien, et que toutes les filles de l’école tombent sous son charme.
De temps en temps, je me laisse tenter par une comédie romantique apparemment sans prétention, et généralement plutôt orientée humour. Cette fois, c’est tombé sur Shôjo Relook, série courte – seulement 4 tomes au synopsis bien surréaliste comme il faut, avec apparemment une bonne dose de comédie et de caricature de shôjo des années 70. Lawrence, le héros du shôjo fétiche de l’héroïne (série complète en 98 tomes), est une sorte de Oscar François de Jarjayes poseur, légèrement dragueur, et réellement masculin (à moins que Kako ait raté un volume).
Kako adore Kosei, et ne supporte pas qu’il soit dévalorisé par les autres ; elle fera donc tout pour le mettre en valeur, y compris si cela signifie qu’il doit s’éloigner d’elle : tant qu’elle pense qu’elle fait ça pour son bien, cela lui convient. Kosei, de son côté, joue le jeu à la fois pour faire plaisir à Kako, et puis parce que ça l’amuse un peu quand même ; surtout, il espère déclencher chez elle une réaction de jalousie s’il s’approche trop près des autres filles. En effet, Kosei est amoureux de son ami d’enfance, et si cela semble partagé, Kako est un peu longue à la comprenette… Il faut dire qu’elle n’a rien à envier à l’héroïne d’Otaku Girls : une connaissance de l’amour limitée aux manga – c’est même pire dans son cas, puisque sa connaissance se limite à un shôjo fleuve des années 70 (série complète en 98 volumes) – et l’impression que les garçons ne la concernent pas. Aucune surprise de leur côté, c’est juste que Kako est complètement bouchée ; et Kosei entretient savamment son style d’otaku, afin de s’assurer qu’aucun garçon ne lui court après.
Les deux personnages principaux sont excellents. D’un côté Kako et ses délires – délires que Kosei a appris à intégrer, même si de temps en temps cela le surprend encore – tournant autout de son Lawrence adoré, de l’autre Kosei et sa personnalité débonnaire voire un peu frustre, mais qui peut laisser place à tout instant à ses talents d’acteur et de dragueur. Son incarnation de l’hôte psychopathe est particulièrement saisissante. Les autres protagonistes sont plus discrets, voire inexistants ; nous retiendrons surtout le directeur d’un magazine de mode, et un élève qui essaya de voler à Kosei son rôle de poseur en chef. Toutefois, cela pourrait changer puisque le manga prend un tour assez inattendu à la fin du premier tome, qui devrait être synonyme de l’apparition d’énormément de personnalités bizarres.
Pour l’instant, je trouve l’histoire d’amour totalement convenue, mais c’est sympa à lire. Surtout, il y a régulièrement de bons délires bien drôles. Cela ne casse pas 3 pattes à un canard, mais avec seulement 4 tomes, cela ne me dérange pas, j’irai jusqu’au bout sans problème.

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