Comment prédire un échec commercial ?‏

« Personne n’en a parlé ici, ça devrait donc logiquement faire un carton… » Cette phrase, prononcée à propos de Red Eyes Sword sur un forum spécialisé, pourrait faire sourire si, d’une, elle n’était le fait du directeur de collection de Kurokawa et, de deux, ne révélait pas une vérité troublante. Car sur le forum en question, nos éditeurs sont victimes d’une étrange malédiction : quand les membres aiment un titre, l’échec commercial n’est pas loin. De là à prétendre qu’une série que personne n’évoque se transformera en succès, il n’y a qu’un pas. Et effectivement, vous aurez plus de chance d’y entendre parler de Dorohedoro ou de Princesse Kaguya que de Fairy Tail ou de Secret Service, ce qui va dans le sens de la boutade ci-dessus.

Si ce forum pourrait donc, au premier abord, faire office de baromètre, il convient surtout de se demander d’où viennent les échecs commerciaux, et comment les anticiper.
Les éditeurs de manga ne sont pas idiots – ou du moins pas tous : ils savent pertinemment si une série a des chances de rencontrer le succès ou non, même si dans un marché en recul, ils risquent de se confronter plus souvent à de mauvaises surprises qu’à des bonnes.

Pour bien comprendre la situation, prenons le cas – parfaitement au hasard – de Ane no Kekkon, et étudions ses caractéristiques :
Titre : incompréhensible
Auteur : inconnue en France
Catégorie : Josei
Genre : Drame
Jaquette : noir et blanc
Âge des personnages : la trentaine bien tassée
Promotion : inexistante
C’est bon, tu le sens ton gros échec commercial !? Je ne parle même pas de qualité du manga, car avant de pouvoir en juger, il faut déjà le lire. Or avec une approche aussi suicidaire, les chances de réussite de cette série étaient déjà de l’ordre du zéro absolu avant même que le premier tome ne soit pas reçu à temps pour Japan Expo.

J’estime que plusieurs éléments jouent dans l’échec commercial d’un titre, dont les principaux seraient son genre, son public cible, et la communication de son éditeur.
Parmi les genres qui semblent rebuter le lectorat français au point de disparaitre progressivement des rayons, je vois en particulier les suivants :
– La série sportive : Et c’est vraiment le cas que je ne comprends pas. Quand j’étais gamin, c’était un genre phare, Captain Tsubasa s’est apparemment bien vendu lors de sa première édition française, et alors qu’il repose sur des codes précis traditionnellement appréciés du lectorat, il a accouché d’un nombre impressionnant de fours ces dernières années, parmi lesquels Prince du Tennis et Dream Team, des accidents industriels que leurs éditeurs doivent bien sentir passer. Le seul qui semble s’en tirer correctement, c’est Kuroko no Basket, mais pour des chiffres qui n’ont strictement aucune commune mesure avec ceux que le titre réalise au Japon ; et encore, ce succès relatif s’explique avant tout par une adaptation animée récente et un lectorat largement féminin.
– Le Josei : Ok, ce n’est pas un genre. Pour le coup, c’est une catégorie entière qui peine à trouver son public, même quand les éditeurs la travestissent en « Seinen » ou en « Shôjo ». Quant à savoir pourquoi, cela vient peut-être d’un trait féminin mais associé à des thématiques et un traitement adultes. Il faut croire que c’est incompatible.
– Le Shôjo sortant de la comédie romantique en milieu scolaire : J’ai déjà évoqué le sujet à maintes reprises, mais cela fait toujours aussi mal.
– Les histoires de Furyo : Un genre japonais par excellence, mais apparemment trop.
Ceci n’est évidemment qu’un aperçu. Il y a certainement d’autres genres qui souffrent d’une situation similaire, et auxquelles je n’ai pas songé.

Du côté des publics cibles, j’en vois 5 principaux, classifiés de manière totalement arbitraire et caricaturale de ma part donc pardon aux familles tout ça :
– Le « Japan Expo » : Un lectorat composé d’adolescents et de jeunes adultes, qui recherchent à la fois un divertissement et des codes propres aux manga, qu’ils soient narratifs ou graphiques. Principal consommateur des Shônen à rallonge du Jump – qu’il sera plus tard le premier à conspuer – des publications Ki-oon de type Judge, et des comédies romantiques à l’eau de rose pour sa faction féminine ; laquelle, en manque d’action, se tournera vers le Shônen Girl ou le Shônen tout court. Apprécie les tendances mais peu l’originalité, et déteste par dessus tout les « vieux » dessins. Pour les éditeurs, c’est souvent ici que se font les ventes, et pour cause il s’agit du public le plus vaste.
– Le « Médiathèque municipale » : Un lectorat plus âgé, issu de la BD Franco-Belge, qui a longtemps regardé les manga avec dédain avant que Angoulême et Télérama ne lui fassent découvrir les auteurs classiques, des thématiques originales et exotiques – comme les bains – des scénarios adultes et ambitieux, voire une production avant-gardiste et des auteurs comme Suehiro Maruo. Par contre, les séries à rallonge codifiées pour gamins, ce n’est pas son truc. Ce public n’a pas l’air très fourni au premier abord, mais quand Jiro Taniguchi tire à 50.000 exemplaires, cela fait forcément rêver. Et puis, cela fait toujours bien auprès de certains médias.
– Le « Librairie spécialisée » : Le vieux de la vieille, lecteur de manga depuis 10 ans minimum voire depuis les années 90. Trop expérimenté pour se satisfaire uniquement de la simplicité et de l’exploitation de codes préétablis, trop porté sur le manga en tant que divertissement pour se contenter de la production alternative, et suffisamment conscient du potentiel de ce média pour se montrer exigeant. Bref, un lecteur chiant qui privilégie les titres destinés à ne pas se vendre, trop critique pour apprécier tout ce qui pourrait l’intéresser, et trop dispersé pour représenter une cible éditoriale viable. Son seul atout, c’est que nous en trouvons parmi les éditeurs, et que de temps en temps, il leur arrive de se faire plaisir.
– Les « Pokemon » : Les gamins. Ils apprécient les séries japonaises tronquées par les Américains et diffusées sur Gulli, leurs parents ont moins d’à priori négatifs sur les manga que n’en avait la génération précédente, et cela leur permet de constituer un lectorat nouveau pour les éditeurs, à force de combats de toupies et de petits chats mignons. Destinés à devenir des lecteurs réguliers.
– Les « Fujoshi » : Une secte à part très au courant de l’actualité, très spécialisée, et qui sait généralement bien avant sa sortie si un titre va fonctionner ou non. Limité en nombre mais fidèle, comme peu d’éditeurs visent ce public ils n’ont pas encore réussi à le saturer totalement et c’est tant mieux.
Et si tu n’arrives pas à identifier le bon public, qu’il n’est pas assez nombreux, ou que ta communication ne le touche pas, c’est échec et mat.

Enfin, reste justement la publicité. Là, c’est simple : avec ou sans, et plus ou moins poussée. Nous noterons toutefois que ce sont rarement les titres les plus risqués qui bénéficient du plus de publicité, comme si les éditeurs préféraient augmenter encore les effectifs d’un succès assuré plutôt que d’essayer de capter un nouveau public sur des séries plus difficiles à vendre. Ce qui peut paraitre comme un paradoxe : souvent, les éditeurs donnent l’impression de jeter un titre dans le vide sans élastique – comme Ane no Kekkon – et d’attendre de voir s’il réussit à survivre tout seul comme un grand. C’est rarement le cas. Toutefois, certains semblent doués pour imposer des séries plus atypiques, comme Kurokawa et Ki-oon, dont la spécialité m’apparait surtout comme leur capacité à cibler parfaitement leur public, et à adapter leur communication en conséquence. Prenons Bride Stories : le précédent titre de l’auteur, avec un sujet à peine moins hermétique, s’était planté ; c’était pourtant du Kurokawa, sauf que cela ne marche pas à tous les coups. De son côté, Ki-oon a su élaborer un plan judicieux et cela s’est concrétisé par des ventes plus qu’honorables.

Ce qui, au final, va conditionner l’échec d’une série, ce sera avant tout une conjugaison de ces éléments, avec d’autres plus ou moins importants selon les cas comme le dessin, la renommée de l’auteur, ou une éventuelle adaptation animée.
Si nous prenons le cas des classiques ; j’entends par là des titres datant d’avant les années 80, ou issus d’auteurs ayant eux-mêmes débuté leur carrière avant cette époque et dont cela se sent dans le dessin. Ceux-là auront à priori deux cibles potentiels : les « médiathèque municipale » et les « librairies spécialisées ». Sauf que cela dépendra du format : un classique publié comme n’importe quel manga, en plusieurs volumes simples de 192 pages, attira moins les « médiathèques municipales », qui privilégieront des albums plus épais et plus proches du A4 ; inversement, ce format attirera moins les « librairies spécialisées », d’autant plus que cela aura souvent une conséquence sur le prix. Sachant qu’un public compte plus d’acheteurs potentiels que l’autre, nous ne pouvons pas reprocher aux éditeurs de privilégier un format par rapport à l’autre.

Grosso modo, nous restons donc sur du cas par cas, mais il reste parfaitement possible, et sans jouer les oiseaux de mauvaise augure, d’estimer le devenir d’un titre sur le marché français.
Pour en revenir au forum cité dans mon premier paragraphe, nous y trouvons évidemment majoritairement des « librairies spécialisées », qui mettront en avant des manga qui pour eux le méritent, comprenez des manga apportant de la diversité au marché français ; là où une comédie romantique basique soit ne trouvera pas grâce à leurs yeux, soit n’aura pas besoin d’être mise en avant, sachant qu’elle a justement plus de chance de fonctionner qu’une série vendue en tant que manga mais trop datée ou trop originale. Involontairement, ils vont donc identifier les titres qui auront le plus de mal à s’imposer. Ainsi, je comprends l’auteur de la phrase qui me sert d’introduction : quand ils ne parlent pas d’une nouveauté, ce n’est pas bon signe concernant son originalité (supposée) mais une bonne chose pour son potentiel commercial.

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29 commentaires pour Comment prédire un échec commercial ?‏

  1. ZGMF Balmung dit :

    Billet intéressant.
    Par contre, j’ai du mal à me retrouver dans tes catégories. x)
    Je serais sans doute plus le lecteur « Japan Expo » ? Etant donné que je vois essentiellement le manga comme un divertissement et que je cherche à lire du manga sans être forcement trop exigeant. Pourtant les titres que j’aime – majoritairement du genre shônen – sont bien moins connus, voire totalement méconnus. Quoi, ça fait 6-7 ans (sur ~9 ans d’expérience manga papier) que je n’ai plus acheté le moindre volume d’un shônen à rallonge ? À regarder, Bleach tome 27, le dernier que j’ai acheté pour cette série, sorti en mai 2008…
    Peut-être que je suis exigeant d’une certaine manière…

    Dans un marché aussi dense en titres, en mettant de question la question du dessin, de l’auteur, etc., je pense qu’il y a deux recettes qui peuvent bien aider :
    – la publicité, devenu un art chez Ki-oon qui a compris comment sortir ses titres de la masse (depuis, les autres éditeurs ont bien compris cela, surtout Kurokawa qui a appris à bien cibler le public) ;
    – le bouche à oreille après une légère promotion, mais c’est très risqué de parier dessus j’imagine (mais sur le long terme, ça peut être payant)…
    (Je n’ose pas en mettre une troisième sur des titres déjà connus avant même une sortie chez nous ;))
    Il est fini le temps, depuis quelques années déjà quand même, où un éditeur pouvait se permettre de sortir un titre sans le pousser un minimum…

    Reste aux éditeurs de mieux jouer la carte manga+animé pour lancer chez nous des titres. Ils le font un peu, mais je les trouve un brin timide quand même, ça reste limité aux assez gros titres.

    J’aurais envie de dire que l’image de l’éditeur doit pas mal jouer aussi sur le succès ou non d’un titre. « Ane no Kekkon », la couverture que tu montres, je vois Panini Manga. Désolé, je passe mon tour. Rien à voir avec le genre ou le titre. C’est bête comme attitude, mais je ne pense pas être le seul.

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  2. nooby dit :

    Pour les séries non évoquées dans les fora « librairies spécialisées », y a aussi le fait qu’on puisse se faire trasher si on admet aimer une série « mainstream ». Même sur des fora non dédiés au manga, admettre qu’on aime bien une série comme Fairy Tail expose à des moqueries (pas forcément méchantes, mais bon) et des réflexions du style « lis des vrais mangas, noob ».

    Après, le fait que les éditeurs continuent de faire la promotion de leurs séries les mieux vendues, c’est hélas logique : plus il y a de gens qui l’achètent, plus la série aura un fort rendement. Si ils n’ont pas le budget pour assurer la promotion de tous leurs titres, il leur faut choisir, et mieux vaut une série qui se vend très très bien que plusieurs séries qui se vendent juste bien. :/ (sans oublier qu’il faut « capter » le lectorat, retenir son attention)

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  3. Gemini dit :

    ZGMF Balmung >> Le problème de la promotion, c’est qu’elle ne marche pas à tous les coups. Ki-oon et Kurokawa ont aussi leurs fours, comme Wolfsmund ou The Civilization Blaster. Même si le matraquage de Ki-oon peut fonctionner, ce n’est pas une science exacte.
    Concernant le long terme, ce n’est pas une solution non plus, car quand un titre ne trouve pas rapidement son public, un nouveau lecteur risque de se confronter à un rythme de publication extrêmement lent qui pourra le rebuter, voire à des ruptures de stock sur certains tomes. Aujourd’hui, seul un fou commencerait Princesse Kaguya : le dernier tome en date est sorti l’année dernière sans que le prochain ne soit encore annoncé, et certains coutent une petite fortune du fait de leur rareté. Après, il y a aussi des éditeurs qui font une promotion sur le long terme pour générer une attente et justifier une réédition, comme Kurokawa avec Yotsuba, mais c’est rarissime.
    Quant à la carte manga + anime, les éditeurs essayent d’en profiter dans la mesure où il s’agit d’une publicité gratuite. Pika s’intéresse particulièrement aux titres adaptés en anime, même quand ils n’ont pas de diffusion légale en France, mais les échecs de Space Brothers et de Nodame Cantabile montrent que cela ne suffit pas. Hormis quelques super-productions comme L’Attaque des Titans, et les animes diffusés à la télévision française, ils produisent rarement un effet significatif. Mais si le sujet t’intéresse, je te recommande un entretien que j’avais réalisé avec Grégoire Hellot à ce propos.

    nooby >> Je ne sais pas sur quels forums traumatisants tu te rends, mais sur celui en question, personne n’irait reprocher à quiconque ses lectures ; et personne n’irait utiliser le terme « noob ».

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  4. Rukawa dit :

    je viens de regarder sur RSF, et le topic date de 2012 avec … 11 messages seulement.
    ouais Akame ga kill c pas hyper populaire anéfé.
    t’aurais quand même pu citer et linker Mangaverse çà mange pas de pain de leur faire de la pub.

    PoT est clairement une série qui souffre des scanlations, c’était sympa, mais au fur & à mesure qu’on avance dans l’histoire çà devient vraiment pas terrible, et quand c’est arrivé en France, on arrivait dans la période où quand à commançait à devenir chiant.

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  5. Gemini dit :

    C’est quoi RSF ?

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  6. Ialda dit :

    Bon sujet et ta division des publics en catégorie est pas mal, à voir si c’est complet; en tout cas elle est amusante et bien typée XD

    En général je me limite à deux facteurs pour déterminer un futur échec commercial, pour les titres qui m’interressant en tout cas :
    – sujet culturellement trop japonais, d’où barrière de compréhension à l’entrée : Le cortège des cent démons, Onmyouji.
    – graphisme « clivants ». Kazuhiro Fujita et Dorohedoro ?

    Bizarrement, je ne me fait pas trop de souçis pour Akame ga kill. Ça joue sur cette fibre sadique/gore que trop de titres récents affectent, le graphisme n’est pas bouleversifiant, je m’attends à ce que ça touche le public des vieux ados / jeunes adultes qui aiment les trucs « sombres » et « matures ».

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  7. a-yin dit :

    J’adore le « sombre » et « mature » de Ialda 🙂 . Comme par hasard, Le cortège des cent démons et Onmyôji, des titres qui semblent revenir souvent :p .

    Pour Dorohedoro, je ne pense pas que ce soit le graphisme qui soit bizarre. Je pense vraiment que c’est l’abandon complet de Vegetal jadis. C’est sorti dans le silence le plus total (ou plus que total lol), dans la plus grande discrétion et fallait vraiment tomber dessus pour le lire. Sans parler des couvertures absolument pas parlantes sur le contenu, ainsi que du titre (celui en gros) complètement obscure, qu’on n’arrive pas à lire (avec en tout petit un truc alphabétique lol). C’est simple, j’ai mis du temps à connaître le titre (je l’ai acheté d’occasion à force de curiosité). Et l’impression d’extrêmement mauvaise qualité. Ensuite, ce fut Soleil, le volume 3 est juste sorti des années après les 2 premiers. A cette époque, on se demandait avec un pote si ça continuerait un jour… Et puis la réputation de Soleil avec plein de manga qui ne donnaient pas envie faisait peut-être que Dorohedoro était associé à l’image de l’éditeur (quant aux BDs, ça me faisait un peu le même effet!).

    @nooby: Il y a même un topic Fairy Tail sur Mangaverse 🙂 ! Même One Piece, etc… Faut pas croire hein!!! On ne lit pas que des trucs obscures dessus ^^ .

    Et sinon Gemini, j’ai bien ri devant tes catégories :p . Mais il y a aussi la catégorie de l’otak vieille peau, ni fujoshi, ni fan de romance, mais qui aimerait du Moto Hagio, du shôjo plus recherché tout ça :p . Une grande oubliée des éditeurs, déjà que le vieux otak l’est (mais un peu moins faut pas déconner). Enfin bref, je sors…

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    • ialda dit :

      Je me doutais même pas que Doro remontait à Vegetal. Dans le doute je suis allé contrôler mes premiers tomes, et mazette O_o j’imagine qu’un angle valide pour vendre le manga à l’époque aurait pu être le splatterpunk urbain crade, faire valoir les ressemblances formelles avec Nihei ? Mais c’est vrai aussi que c’est le genre de série qui est difficile à pitcher…
      Même avis que toi sur Soleil, l’éditeur en manque de politique éditoriale 🙂

      « Comme par hasard, Le cortège des cent démons et Onmyôji, des titres qui semblent revenir souvent »

      Ça c’est le gâtisme 🙂

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      • a-yin dit :

        Le gâtisme ça a du bon pour certaines mangaka ^^ . Il faut lire Onmyouji!!!!

        Visiblement, Dorohedoro a dû être un coup de coeur. Pour ce titre, je trouve que le bouche à oreille a fonctionné, et a sorti un peu le titre de l’anonymat.

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    • Cyril dit :

      Oui, mais, pour Fairy Tail, on n’est que 2 à participer. Pour One Piece, le topic est plus fréquenté mais le titre, au-delà de son succès en terme de ventes, au Japon comme en France, a une réputation de qualité qui peut toucher le grand public comme un public plus exigeant.

      Si on regarde la première page de l’Agora, on voit quand même un mélange assez équilibré entre gros titres (ceux déjà cités, Dragon Quest, Saint Seiya…) et d’autres plus confidentiels ou de niche (Mon histoire, Sidooh, Dorohedoro…). Je pense que les Mangaversiens ne se limitent pas à une seule catégorie de manga mais ont des goûts assez variés, ce qui inclut effectivement des titres pas très populaires et donne au forum ce côté « élitiste » dont Greg s’est moqué.

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      • Gemini dit :

        Ce n’est pas du tout de l’élitisme. C’est juste que nous avons fait le tour de l’utilisation la plus simple des codes du manga, et que nous cherchons à voir plus loin ; ce qui ne nous empêche pas d’apprécier des titres « basiques » pour peu qu’ils soient bien faits.

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      • Ialda dit :

        Quelqu’un peut m’expliquer la définition d' »élitisme » chez un éditeur ?

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    • Pfedac dit :

      Tatatata, les vieilles peaux otaku ne veulent pas que du Moto Hagio, elles veulent tous les shoujos alternatifs: les vieux comme les moins vieux, vive la biographie de Raphaël (alias le sujet qui même en roman version Da Vinci code se planterait) et Shoukoku no Altair. Évolution subtile de la proto-espèce « Cartoonist », elle occupe une catégorie à part entre la Librairie spécialisée et la Fujoshi, même si découvrir qu’elle a un âge supérieur ou égal à celui de Kenshin, qu’elle dévorait dans sa phase « Cartoonist », lui a filé un coup de vieux.
      Elle a l’impression d’être oubliée, mais le nombre de publications de shoujos old school est en augmentation. Si si, il y a 12 ans (grosso modo) sortait Lady Oscar, en 2009 sortait Très cher Frère, réimpression de Lady Oscar en 2011, Le Coeur de Thomas en décembre 2012, l’anthologie Moto Hagio en novembre 2013 (moins d’un an, incroyable), et l’anonce de la biographie de Raphaël pour je ne sais plus quand. Sans compter les mangas de Yumiko Igarashi et Sailor Moon qui sont du old school maintenant. Oubliez la démocratisation du BL!!! Nous sommes sur une tendance exponentielle! Un jour on aura peut-être même deux shoujos old-school publiés le même jour. D’accord, c’est un peu de la lit-fiction, mais j’y crois.

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      • Gemini dit :

        Sans oublier La Colline aux Coquelicots chez Delcourt, Ai Shite Knight et Hikari no Densetsu chez Tonkam, ou les tentatives de shôjo des années 80 par Black Box (j’ai adoré Du Haut de mon Monde). Oui, je ne suis pas une vieille peau otaku, mais j’adore les shôjo !
        Maintenant, je ne dirais pas non à Ace wo Nerae et à Tokimeki Tonight.

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      • a-yin dit :

        mdr Pfedac !!!

        Oh, je disais Moto Hagio, mais on peut ajouter toutes les mangaka de l’an 24 😉 . Je suis surprise de voir Satonaka Machiko d’ailleurs en septembre chez Black Box. J’ai toujours eu l’impression que les « vieilles peau » étaient une catégorie un peu oubliée des éditeurs. Déjà que shôjo = filles = moins de ventes alors en plus si c’est pas dans les tendances… Mais tu as raison, il y a sûrement de l’espoir 😀 !!! Mais quand je parle de ces « vieilles peau » ce n’est pas forcément les shôjo mangaka ayant des oeuvres qui sont passées à la télé. Par exemple, je trouve que dans les vieux shôjo qu’on a eu ici, il manque un peu de SF, de fantastique par exemple. Mais c’est mon propre ressenti. Une mangaka que je range un peu pour ce public, et qui date des années 90, ce serait Ichiko Ima. Elle aussi, je pense qu’on pourra faire l’impasse en français ^^; . En tout cas j’ai abandonné l’espoir…

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      • Ialda dit :

        BL x shoujo vieille peau, hum… A quand un éditeur pour tenter Eroica de Aoike ? 😀

        (hey, après tout il y a eu des fous pour tenter Patariro chez nous ;p )

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      • a-yin dit :

        @Ialda: Vu l’échec chez CMX aux Etats-Unis, je ne suis pas sûre que ça arrive un jour mdr. Il faudra que je dégage du temps pour lire des scans un jour. Patariro c’était du n’importe quoi!!! Chez J’ai Lu dans la collection Shônen en plus ^^ .

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      • Ialda dit :

        Tu me fais penser qu’il faudrait vraiment un jour que je te demande des références de bons titres shoujos récents, je suis resté un peu bloquer aux années pré-2000… 😦

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      • a-yin dit :

        Tu me flattes là Ialda. Il y a Club Shôjo qui suit plus l’actu que moi. Surtout que cette année, je suis en restriction à cause des achats de l’an dernier. Ce qui fait que je ne lis au final que du vieux shôjo dans le genre que tu aimes bien.

        Je sens comme un petit retour aux shôjo d’aventure entre L’arcane de l’aube qui a bien marché, La fleur millénaire, mais aussi le très récent Yôna la princesse de l’aube qui lui aussi se passe dans un univers pseudo-chinois. Mais je n’ai lu que l’extrait de ce dernier. Tu lis 7 SEEDS au fait? Je pense bien que oui…

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      • Ialda dit :

        J’ai tester un peu La fleur millénaire/Yôna la princesse de l’aube, c’est pas mal en effet mais pas le coup de foudre non plus, je n’y ai pas trouvé la petite étincelle qui te fit dire qu’un titre est réellement différent du reste…

        Je lisais 7 Seeds, mais je pensais que le titre avait été annulé chez nous ? On m’aurait menti ? :/

        Connais pas le Club shoujo, il faudrait que j’aille voir tout ça mais si c’est un blog « généraliste » (sur le shoujo) je crains un peu qu’il y ait une opération de filtrage à opérer ^^

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      • a-yin dit :

        Moi non plus ce n’est pas le coup de foudre pour La fleur millénaire. D’où mon hésitation à acheter le volume 2 et je pense que ça va se faire en bibliothèque, je n’ai tellement plus de place… Quant à Yôna, ce n’est pas le coup de foudre non plus après l’extrait. Par exemple, j’ai trouvé un gros plus dans ce même genre, à Basara.

        7SEEDS stoppé au volume 10 en effet mais ça continue superbement bien en scans. Pour ma part, j’ai continué mais en achetant l’édition taïwanaise et ça ne se lit pas difficilement. J’achète également l’autre série en cours de Tamura, Neko-mix Genkitan Toraji dont seul le premier volume a été scanné, et j’aime beaucoup aussi :).

        Club Shôjo est généraliste en effet, mais si jamais tu as raté des épisodes ^^; . En shôjo axé sur la vie au lycée, j’achète Parapal, que je trouve souvent intriguant. Pas toujours intéressant, parfois un peu trop bavard, mais intriguant. Je fais aussi toujours Le pacte des yôkai.

        Mais dans le genre « envolée fantastique », je ne fais pas grand chose en français… Donc 😦 .

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      • a-yin dit :

        Et au fait, tu as essayé Mokke en seinen? Chez Pika? Pas « d’envolées » mais j’aime beaucoup ce titre avec des yôkai et 2 soeurs 😉 .

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  8. Gemini dit :

    Petite précision : il est bien entendu que c’est à propos de Akame ga Kill, que Grégoire Hellot se sentait rassuré de ne pas en voir trace sur le forum. Et effectivement, le titre m’a l’air suffisamment caricatural pour fonctionner.

    Ialda >> Pour le reste, je pense que nous sommes dans du public de niche, comme les hipsters, les fudanshi, ou encore les véliplanchistes colombophiles.
    Par contre, j’estime que des titres « trop japonais » peuvent fonctionner auprès des « bibliothèques municipales », à condition de leur être bien vendus. Je pense notamment à Thermae Romae ou aux Vacances de Jésus et Bouddha, qui malgré des références à l’Occident restent profondément nippons.

    A-yin >> Ne cherche pas, tu tombes dans la même catégorie que tes petits camarades >:D

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    • ialda dit :

      « Petite précision : il est bien entendu que c’est à propos de Akame ga Kill, que Grégoire Hellot se sentait rassuré de ne pas en voir trace sur le forum. Et effectivement, le titre m’a l’air suffisamment caricatural pour fonctionner. »

      Et juste au moment où la série animée va débuter 🙂
      Et tu dis qu’il s’inquiète ? C’est un grand anxieux ?

      « Pour le reste, je pense que nous sommes dans du public de niche, comme les hipsters, les fudanshi, ou encore les véliplanchistes colombophiles. »

      J’aime beaucoup ma niche, j’y suis très bien depuis toutes ces années 🙂

      « Par contre, j’estime que des titres « trop japonais » peuvent fonctionner auprès des « bibliothèques municipales », à condition de leur être bien vendus. Je pense notamment à Thermae Romae ou aux Vacances de Jésus et Bouddha, qui malgré des références à l’Occident restent profondément nippons. »

      Oui et non, le fond culturel est là mais ça reste malgré tout des titres faciles d’accès pour le lecteur occidental via des éléments culturels qui nous parlent directement, la civi romaine dans TR (Mari Yamazaki s’est inspirée du chef-d’oeuvre de Yourcenar dans sa description de Hadrien, je crois – pour dire si on tourne en rond) ou Jésus dans le second. Le lecteur se sent accompagné, pas perdu en rase compagne au milieu d’une culture qu’il ne connait absolument pas.

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  9. Natth dit :

    Pour le Boy’s Love, le marché a atteint suffisamment de maturité pour que le public commence à se diviser « Librairie spécialisé » et « Japan Expo ». Il y a sans doute une petite part du public qui achète tout, car le nombre de BL publiés reste relativement bas (et a d’ailleurs baissé depuis l’arrivée d’IDP), mais je crois que c’est une goutte d’eau.

    Lors d’une interview (celle sur Club Shôjo), l’un des représentants de Taïfu avait noté que certains titres étaient plutôt destinés aux fans de la première heure, comme Maiden Rose, Kiss Ariki ou Bi no isu, tandis que le grand public semblait s’intéresser à des mangas plus classiques, se rapprochant des romances shôjo lycéennes, le sexe en plus (Super lovers, Tendre voyou, Electric Delusion…). Ca ne veut pas dire que les premiers titres sont plus recherchés (j’ai trouvé Kiss Ariki décevant comparé à Haru wo Daiteita) et les seconds banals ou ennuyeux. Mais les premiers se vendent mal, tandis que les suivants permettent au BL de rester rentable.

    Quand je vois Guilt Pleasure, la dernière série licenciée, j’espère qu’ils vont soigner leur communication car le mélange thriller et BL risque d’en désarçonner certain(e)s. Cette série semble avoir du succès sur le net, mais est-ce que ce sera suffisant… D’un autre côté, Taïfu en parle déjà pas mal notamment sur Facebook.

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  10. Gemini dit :

    Très intéressant, merci Natth ! Le public français est décidément bien complexe.

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  11. Vanessa dit :

    On ne peut pas prédire un échec commercial à l’avance. Mais des signes sont assez fréquent comme le fait de ne pas être cité dans un blog par exemple, comme l’article le rapporte. Le succès n’est pas une célébrité éphémère. C’est le fait de capter toujours l’attention des gens, même des années plus tard après la conception de l’anime.

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  12. Gemini dit :

    Oui et non pour les blogs. Certains blogueurs spécialisés dans le manga – comme Morgan ou A-yin – possèdent un vécu, un âge, et des goûts qui les coupent totalement du coeur du lectorat. Donc quand ceux-là apprécient un titre, c’est plutôt mauvais signe, et cela se traduit régulièrement par des échecs.

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