Ce soir, je m’offre une culture cinéma (4) : Sly VS Schwarzy

Nouveau numéro, cette fois consacré à deux de mes acteurs favoris.

Pendant des années, Arnold Schwarzenegger et Sylvester Stallone ont été mis en compétition par le public. Ce qui est assez logique : les deux ont un physique imposant, ont renié leurs débuts au cinéma, sont devenus les stars des films d’action dans les années 80, avant de se tourner vers la comédie dans les années 90 et de connaitre un passage à vide. Pourtant, avec le recul, nous nous apercevons qu’ils ont énormément de différences.
A commencer par une différence dans leur démarche. Sly est un acteur, qui a suivi des cours et appris les bases de son métier, avant d’enchainer les petits apparitions à la télévision et au cinéma ; il tient un de ses premiers rôles important dans le Death Race 2000 de Paul Bartel, avant d’arriver à imposer son scénario de Rocky et lui avec. Le film lui permet d’être nommé aux Academy Awards à la fois comme meilleur scénariste et meilleur acteur, et sa carrière est lancée.
Schwarzy, quant à lui, se tourne vers le bodybuilding, en espérant se faire reconnaitre, partir pour les USA, et devenir célèbre. A l’époque, passer de culturiste à acteur n’a rien d’improbable, puisque d’autres ont déjà suivi le même parcours auparavant, à l’instar de Lou Ferrigno (qui interprète Hulk dans la série éponyme). Après avoir remporté le concours de Mr. Olympe, il tient le rôle principal dans un obscur long-métrage – où il sera nécessaire de le doubler, en raison de son accent – et dans un documentaire sur le culturisme, où il est repéré par les producteurs de Conan the Barbarian. Lorsque le film sort en 1982 – soit 6 ans après Rocky – il devient une star à son tour, statut qui sera définitivement confirmé par Terminator en 1984.

Leurs débuts n’ont donc strictement rien à voir, même si nous pouvons considérer que les deux n’ont pas ménagé leurs efforts et n’en sont pas arriver là juste par le fruit du hasard. D’ailleurs, ils possèdent des QI largement supérieurs à la moyenne : 135 pour Schwarzy et 160 pour Sly ! Ils ne feront pourtant pas d’études supérieures, à la différence d’un Dolph Lundgren bardé de diplômes et disposant lui-aussi d’un QI de 160. Ça calme. Mais bon, Rocky IV aurait été moins impressionnant s’ils avaient dû régler leurs différends aux échecs.
Quoi qu’il en soit, leurs débuts illustrent bien une autre tendance qui se dessine entre les deux. Si je vous demande qui est le réalisateur de Conan the Barbarian, vous me répondez John Milius. Et pour Rocky ? Il s’agit de John G. Avildsen.
Si vous ne connaissez aucun des deux, pas grave. Si nous comparons les autres rôles majeurs de chacun, cela sera plus éloquent. Après tout, je suppose que tout le monde sait que James Cameron est le réalisateur de Terminator. Quant à savoir que l’homme derrière la caméra de Rambo s’appelle Ted Kotcheff, je suis tout-de-suite plus dubitatif.

A bien y regarder, elle est bien là la grande différence dans leur carrière respective. Schwarzy a tourné avec des cinéastes reconnus tels que James Cameron (3 fois), John McTiernam (2 fois), Paul Verhoeven, John Milius, et même Ivan Reitman dans une moindre mesure. Sly a certes tourné avec John Landis, Richard Donner, et James Mangold – qui ne sont pas non plus les premiers venus – mais hormis John Huston en 1981, nous ne pouvons pas dire qu’il ait hérité des réalisateurs les plus prestigieux. Alors que, compte tenu de sa notoriété, il aurait pu choisir n’importe qui.
Si je devais analyser leur parcours, je dirai que Schwarzy sélectionne ses projets avec beaucoup plus de soin (ce qui n’empêche pas sa période comique d’être globalement une erreur), et sait se mettre au service de ses films. Tandis que Sly semble attendre de ses réalisateurs (fonction qu’il occupe régulièrement) qu’ils le mettent en valeur et s’effacent derrière sa personnalité. Nous retrouvons un comportement similaire chez JCVD, ce qui est d’autant plus paradoxal qu’il alla plusieurs fois chercher des artistes hongkongais, mais qui n’ont jamais réellement pu s’exprimer.
Dans ces conditions, nous obtenons d’un côté les long-métrages avec Schwarzy, et de l’autre ceux de/pour Sly. Cela n’a rien à voir. Pour moi, Last Action Hero et Terminator sont les films de grands réalisateurs, tandis que Rambo II est le véhicule privé de son acteur principal. Ce qui ne m’empêche pas d’adorer Rambo II, et de reconnaitre que Schwarzy a tourné dans un Commando au moins aussi bas du front sinon plus. Et ce n’est pas parce que je ne connais pas le cinéaste que cela empêche Demolition Man de casser la baraque.

Avec le recul, je considère que l’Autrichien a participé à beaucoup plus de productions mémorables que son concurrent, et que celles-ci vieillissent mieux, que ce sont celles dont nous nous souviendrons encore dans vingt ou trente ans. Je peux me tromper, mais j’en doute.

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