La bonne critique

Voilà bien un sujet que j’aborde régulièrement en filigrane, mais pour lequel je n’ai jamais pris le temps d’expliquer concrètement ce que j’en attendais. Aujourd’hui, j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes.

– Tu es critique. Cela signifie que tu dois classer les films sur une échelle qui va de « bon » à « excellent ».
– Et si je n’ai pas aimé ?
– Ça correspond à « bon » !

Cette citation, que j’utilise comme signature sur certains forums, provient d’une série que j’aime beaucoup : Profession Critique. Alors, il s’agit peut-être d’une vision biaisée de cette profession, mais j’ai trop souvent l’impression de tomber sur des auteurs qui aiment absolument tout, et ce fût en particulier le cas à l’époque où je lisais des magazines spécialisés comme Animeland ou Coyote Mag. Aujourd’hui, je dirais que c’est surtout valable pour deux domaines : le jeu-vidéo et le manga. Et cela ne concerne pas que les professionnels, d’ailleurs : certains sites ou blogs semblent incapables de présenter une critique négative.

Bien souvent, les amateurs justifient officiellement ces choix car ils ne chercheraient pas à descendre des titres, mais seulement à recommander ceux qu’ils ont apprécié. OK, mais cela pose au moins une question : quand ils ne parlent pas d’une œuvre, c’est qu’ils ne l’ont pas aimé ou juste parce qu’ils ne l’ont pas lu ?
Surtout, cela entraine un problème d’échelle de valeur : si un critique aime tout (ou est choisi par son rédacteur en chef pour écrire sur une œuvre justement parce qu’il l’a aimé), que vaut son opinion ? Si nous savons déjà que s’il parle d’un titre cela signifie qu’il l’apprécie, cela ne présente aucun intérêt ; il devient impossible de s’y retrouver pour son lecteur, lequel n’aura aucun point de comparaison. Si vous êtes au restaurant, que vous demandez à un de vos amis de vous conseillez un plat, et que celui-ci adore absolument toute la carte, comment pouvez-vous choisir ?

Donc avant de parler de « bonne critique », il faut déjà savoir à qui nous avons affaire. C’est pour cela que j’estime qu’une relation avec un média ou un critique – amateur ou professionnel – se fait sur la durée. Quant aux avis négatifs, ils vont justement permettre de cerner ses goûts, de trouver des points de convergence et de discordance avec les nôtres, afin de pouvoir mettre ses futurs écrits en perspective.
Ce n’est pas juste une question d’argumentation : même si certains auteurs se veulent objectifs, l’objectivité absolue n’existe pas et chaque papier comporte toujours une part de subjectivité ; ou alors, c’est qu’ils estiment avoir un goût sûr et universel, ce qui témoignerait plutôt d’un égocentrisme pathologique. Il convient donc de comprendre les goûts de la personne pour mieux aborder sa critique ; et si la personne en question aime tout ce dont elle parle, nous pouvons considérer soit qu’il est impossible de la cerner complètement, soit qu’elle apprécie effectivement tout et n’est donc pas fiable. Nous en revenons toujours là.

Mais attention aux dérives ! Il ne suffit pas de taper sur une œuvre de manière gratuite de temps à autre, sous prétexte que nous n’avons aucun intérêt à maintenir une bonne relation avec un éditeur ou un distributeur, pour définir une échelle de valeur. Au contraire, ce serait plutôt contre-productif : passer d’articles consensuels ou élogieux à une descente en règle inutilement violente, cela se voit.
Néanmoins, je considère qu’un bon critique, c’est quelqu’un qui décrit suffisamment bien le contenu d’une œuvre pour te permettre de savoir si tu pourrais l’apprécier ou non, et ce quel que soit son propre avis. Pour prendre le cas du cinéma, je lis notamment Filmosphère car je sais que peu importe son opinion sur un film, son texte mettra suffisamment bien en lumière ses spécificités pour me donner envie de le voir ou non. Dans un style radicalement différent, Dr No sur le Daily Mars a tendance à descendre toutes les productions américaines récentes, qu’il trouve trop uniformisées (ou « mongolo » pour reprendre son expression fétiche) ; mais quand il décèle du positif dans une telle œuvre, vous pouvez être sûr qu’elle mérite le coup d’œil.

Là, c’était pour le cinéma, mais cela marche pour tout. Concernant les manga et l’animation nippone, j’estime que le contexte importe encore plus. Prenons des exemples concrets : quand je sais de quelqu’un qu’il jure surtout par les séries de niche pour otaku, avec des filles aux seins défiant la gravité, et bien si cette personne vient à publier une critique négative sur un classique des années 80, je serais plutôt enclin à tester l’œuvre en question. A l’inverse, si la même œuvre est chroniquée par une personne appréciant les classiques mais que celle-ci en dit aussi du mal, je lui ferai plus volontiers confiance.
Pour finir, je dirai que chaque critique se doit de conserver un caractère informatif. Si elle se limite à un simple « j’aime » / « j’aime pas », cela peut avoir un intérêt si, comme indiqué tantôt, nous avons cerné notre interlocuteur, mais sinon elle ne sert à rien. Donc toute chronique se doit de proposer le minimum syndical, à savoir un résumé de l’œuvre (si celui-ci n’est pas déjà présent comme sur les fiches Senscritique), les genres d’appartenance, et tout simplement une description du contenu, qui elle pourra plus facilement être objective. Car l’important, cela peut aussi être de nous faire découvrir des titres que nous ne connaissons pas et qui éveilleront notre curiosité, et pour lesquels l’avis de l’auteur ne sera finalement qu’accessoire.

Pour ma part, je n’ai aucune prétention ; tout simplement car je ne me sens pas forcément capable d’argumenter mon point de vue ou de décrire une œuvre en profondeur. Ce billet sert surtout à présenter ce que j’apprécie et recherche dans les critiques de mes contemporains. Par contre, un point sur lequel j’estime être irréprochable, c’est mon honnêteté. Quand je n’aime pas un titre, je le dis, et inversement quand j’aime un titre ; l’opinion que je peux avoir sur l’éditeur dans le cas d’un manga, sur le réalisateur dans le cas d’un film, ne doit avoir aucune importance dans mon jugement final, et j’estime suivre ce précepte à la lettre.
Et c’est là que je vais faire une différence forte entre amateur et professionnel. Je ne vais pas attendre d’un amateur qu’il fasse de grandes phrases ou un texte parfaitement structuré (même si cela n’excuse pas tout), mais seulement qu’il soit honnête avec son lectorat ; de consommateur à consommateur, il ne doit pas y avoir tromperie, il ne doit pas y avoir trahison : laissons cela aux médias professionnels.

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51 commentaires pour La bonne critique

  1. Faust dit :

    Ça c’est un billet qui ne va pas faire que des heureux 🙂

    Quand je pense qu’on me reproche souvent de « ne rien aimer » alors qu’une grosse majorité de mes articles sont positifs, je me dis qu’il y a un problème de jugement sur la blogosphère française.
    Mais est-ce que ce n’est pas plus global ? À voir les notes sur Animeka, ce manque de regard critique semble être généralisé. Et je n’ai pas non plus l’impression que les otakus japonais soient particulièrement critiques envers ce qu’ils regardent.

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  2. inico dit :

    Extrait de conversation:
    A: « Tiens, j’ai vu xxx au ciné ce week-end »
    B: « C’était bien ? »
    A: « Ouais »
    B: « ça parle de quoi ? »
    A: « blablabla »
    B: « Ah, ouais, ça à l’air pas mal »

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  3. Sirius dit :

    J’ajouterais la concision à mon idéal de bonne critique.
    De mon côté, c’est fort simple : je n’ai tellement plus le temps d’écrire que je ne vais pas me mettre à écrire pour dire que j’aime pas. Je préfère essayer d’intéresser les gens que de les repousser.
    Après il ne faut pas voir le diable partout. Les gens n’achètent généralement un manga que s’ils pensent l’aimer. Du coup c’est normal si, disons, les 80% des critiques sont positives. Ou alors c’est quelqu’un qui tâtonne encore dans le milieu… Comme moi le jour où j’ai acheté le premier volume d’Evangelion Iron Maiden 2nd ^^’

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  4. Dr No dit :

    Salut!
    d’abord bravo pour ce texte passionnant sur l’impossible métier (ou passion) de critique. Comme tu le soulignes avec raison, l’objectivité critique est un leurre, ou le symptôme d’un égocentrisme délirant.
    La critique n’est et ne sera jamais rien d’autre qu’un exercice de « j’aime » « j’aime pas ».
    Le plus important étant, comme tu l’écris aussi, la relation passionnelle (en bien ou en mal et je sais de quoi je parle) que tu noues avec un ou plusieurs critiques.

    et aussi un super merci pour le clin d’œil!!!

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  5. Gemini dit :

    Faust >> Ce billet ne déplaira qu’à ceux qui pensent avoir quelque chose à se reprocher.
    Pour les notes, cela ne concerne pas que Animeka et les animes. Quand je vois sur IMDb que chaque nouveauté un peu populaire – dernièrement Gravity – se retrouve immédiatement dans leur « Top 250 » la semaine de sa sortie en raison de ses notes dithyrambiques, cela me met toujours mal à l’aise.

    inico >> C’est du vécu ? Bon, j’avoue que cela m’arrive aussi, même si je ne fais pas spécialement confiance à mes amis pour ce qui est du cinéma.

    Sirius >> Sauf que ce ne sont pas forcément les blogs ou sites de personnes qui achètent réellement leurs manga qui se montrent les plus positifs ou consensuels, si tu vois à ce que je veux dire. A l’inverse, même si je pense moi-aussi avoir cerné suffisamment bien mes goûts pour éviter de tomber sur une mauvaise surprise, cela peut encore arriver ; et comme j’aurai payé le titre en question, cela sera d’autant plus déplaisant. Ensuite, je sais que j’achète certaines séries car elles sont simplement divertissantes, et cet aspect se retrouvera nécessairement dans mes critiques.

    Dr No >> Merci à toi ^^

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  6. a-yin dit :

    @inico: paradoxalement, on est dans une société où « chacun doit faire son propre avis » c’est pourquoi j’ai des collègues qui ont la carte, parce que même si il y a des critiques, il faut tout voir soi-même. Il y a aussi des blogs, des outils qui permettent de communiquer son avis c’est vrai. Mais d’un autre côté, on est dans une société où personne n’a réellement d’avis sur telle ou telle question et on finit effectivement par un « ouais c’est pas mal » mdr. Après, quand j’ouvre la bouche, personne ne va voir le film, à mon grand dam. Pourtant, j’ai des goûts presque normaux 😮 au ciné!!!

    Pour ce qui est de ton billet Gemini, je crois qu’on en a discutés et on est d’accord. C’est vrai qu’on a tendance à vouloir écrire sur un truc qu’on a aimé, surtout sur un blog. Mais en même temps, ça ne sert à rien d’être hyper consensuels. Être très subjectif, c’est important et je dirais même que c’est un plus sur un blog, même si on descend un titre pour des raisons radicales, après il suffit de connaître le blog un peu plus, voir les avis, pour voir si on est proche ou non de cette personne et de ses goûts. Chacun a sa propre sensibilité. Je n’arrive pas à attribuer de responsabilités du genre « et si je casse un manga et qu’on lit seulement mon avis, alors que d’autres le trouvent bien? », mais en même temps, lire un seul avis c’est un peu idiot sauf si on n’a aucun autre choix…

    @Faust: Je comprends qu’il n’y ait plus le temps pour dire du mal de quelque chose mais hormis le blog qui prend du temps, il y a aussi le forum où on peut s’exprimer plus légèrement et plus « à chaud », avec spontanéité je dirais. J’ai l’impression que la solution forum est malheureusement de plus en plus oubliée. Les avis à chaud sur Twitter c’est bien pratique mais c’est très difficile à suivre mais je suis une « vieille » dans ma tête. D’ailleurs, quand j’ai la flemme de poster sur le blog, ou quand j’ai juste une panne de mots ou d’inspiration, je vais poster mes réactions à chaud sur… un forum!

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  7. a-yin dit :

    Aaaah, IMDB. J’ai un proche qui se fie complètement à ce site. Je trouve ça absurde. Même si un film a le meilleur du meilleur, je ne sais pas pourquoi mais s’y fier comme ça, mouais. En revanche, tout voir soi-même pour « se faire son propre avis », c’est non mais on peut repérer des trucs, une sensibilité qui nous irait, etc…

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  8. Ramza dit :

    Effectivement c’est peu plaisant, mais en mettant en lien en même temps, c’est un article facile pour attirer les réactions. Par contre il est méchamment bâclé, comme trop souvent pour les articles négatifs. Que d’erreurs condensés dans ce papier ! Comme elles sont assez faciles à démonter, je prend 10 minutes quand même.

    Tout d’abord, merci de changer « sont incapables de » par « ne désirent pas » au début du papier. Cela évitera le procès d’intention non fondé. Après tout n’étant pas au sein de nos rédactions, tu ne peux qu’émettre des hypothèses donc il serait bon d’y faire attention.

    « Bien souvent, les amateurs justifient officiellement » >> Officiellement ça sous-entend qu’officieusement c’est différent ? Donc je précise, officieusement c’est pareil, je demande aux équipes de mettre en avant soit des coups de cœurs soit des ouvrages qui font la une, comme Assassination Classroom dernièrement, qu’on a pas forcément aimé mais qui fait assez la une pour qu’on en parle, idem pour Space Brothers où le coup de coeur est plus unanime. D’autres papiers d’ailleurs, qui restent mitigés sont en ligne régulièrement, ce qui contredit aussi l’argument « d’incapables » d’ailleurs, qui était déjà erroné en soi. Sur JDJ ils sont un poil minoritaire bien sûr, comme dit au-dessus, mais ils existent et pas seulement pour dire du mal mais pour parler de l’actualité. Sur Paoru.fr je marche uniquement au coup de coeur, mais c’est un blog donc c’est beaucoup plus personnel (logique, c’est un blog).

    « OK, mais cela pose au moins une question : quand ils ne parlent pas d’une œuvre, c’est qu’ils ne l’ont pas aimé ou juste parce qu’ils ne l’ont pas lu ? »
    Il sort entre 150 et 200 voir plus de titre chaque mois, il faudrait qu’on parle de tout ? Qu’on lise tout ? Avec un mix de papiers mitigés pour les titres et de titres positifs on propose une gamme de titre pour le lecteur. Après c’est un désir d’être constructif, chacun son choix : les gens ressortent de nos colonnes en ayant des options de lecture, et avec les arguments exposés ils font leur choix finaux

    « Surtout, cela entraine un problème d’échelle de valeur : si un critique aime tout (ou est choisi par son rédacteur en chef pour écrire sur une œuvre justement parce qu’il l’a aimé), que vaut son opinion ? » >> là encore il y a un vide et un sous-entendu à corriger : C’est un peu partout pareil d’ailleurs : les rédacteurs proposent des papiers, le rédacteur en chef pareil et on statue et au besoin le rédacteur-en chef tranche.

    « Si nous savons déjà que s’il parle d’un titre cela signifie qu’il l’apprécie, cela ne présente aucun intérêt ;  »
    Là est l’art de faire un bon papier : expliquer pourquoi on l’apprécie, proposer des arguments qui vont convaincre ou non le lecteur… D’où prendre le temps de faire un vrai papier pour les titres qui valent le coup, et des chroniques de temps en temps, aussi bien pour faire le point sur une série déjà évoquée, si elle tient ses promesses, ou alors évoquer d’autres séries en pointillé, avant d’en faire un papier plus long si elle confirme la bonne première impression.

    « il devient impossible de s’y retrouver pour son lecteur : lequel n’aura aucun point de comparaison. » Alors pourquoi donc ces papiers sont les plus lus, que les lecteurs nous remercient de leur avoir fait découvrir telle ou telle série, d’avoir acheté et apprécié ? On nous remercie au contraire pour ces articles et ce sont eux qui marquent, plus qu’une chronique trolleuse fait dans la facilité et qui n’est là que pour faire le buzz.

    En plus c’est tellement égocentré comme argument : d’où le lecteur ne lit que nous pour se faire un avis, qui sommes nous pour croire ça ? Le lecteur est beaucoup plus avisé que tu ne peux le croire : il lit notre papier, d’autres, en discute sur le web, avec son libraire, avec des amis, lit une preview, regarde une bande annonce…

    « Si vous êtes au restaurant, que vous demandez à un de vos amis de vous conseillez un plat, et que celui adore absolument toute la carte, comment pouvez-vous choisir ? »

    Et je termine avec la contradiction la plus évidente : Tu as dis toi-même qu’on ne met pas tout, donc en quoi on recommande toute la carte ? Il sort 150-200 titres par mois et on en recommande moins d’une dizaine dans les articles mis en avant !

    On met donc en avant quelques bons plats, ceux qu’ont a aimé, ce qui est fait dans un restaurant pour donner un conseil utile.

    On fait donc diamétralement le contraire, c’est pas juste faux et injuste cet argument c’est mensonger et diffament, preuve d’une envie de faire de l’humour plutôt que de mettre en question son propre argumentaire.

    Et j’en termine avec cet exemple justement : qu’est-ce qui est le plus intéressant justement, de dire a quelqu’un « tiens prend ça c’est super bon » ou de répondre à « ce plat là dont tout le monde parle ? Bah on pense ci et ça, tu pourras faire ton choix comme ça »

    Bref. j’ai toujours dit que le choix d’angle positif ou non est un choix rédactionnel libre à chaque rédaction, moi j’ai fait un choix, je l’assume et il s’avère efficace mais je ne détiens pas la vérité, chacun voit à sa porte.

    Mais la première partie de cet article avec ces accusations fausses, infondées, faciles ?
    Ben c’est de la merde.

    Ah tiens, je suis capable de faire une critique négative finalement… Qui l’eut cru ?

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  9. Gemini dit :

    a-yin >> IMDb, nous pouvons réussir à développer un algorithme en fonction non seulement de la note, mais aussi de l’âge d’une œuvre, de son pays d’origine, de son genre d’appartenance, de sa durée, etc… et évidemment de notre propre sensibilité.
    Concrètement :
    – Quand un film hollywoodien, datant d’avant 1980, dure plus de 2h30 mais possède une note inférieure à 7/10, tu as de grandes chances pour qu’il soit chiant.
    – Quand une grosse production américaine qui vient de sortir possède une note inférieure à 7.5/10, elle est probablement mauvaise.
    – Quand un film de genre italien des années 70 a plus de 6/10, il s’agit sans doute d’une réussite.
    – …
    C’est purement empirique, mais cela fonctionne dans 99% des cas. Une des rares exceptions fût Exodus : mal aimé, très long, mais impressionnant.

    Ramza >> Ah mais je ne suis pas éditeur, c’est plus facile de faire une critique négative. Oui, c’est totalement de mauvaise foi. Je crois que c’est avec Nicolas Penedo que j’en avais discuté : à une époque, pour chaque titre, il faisait appel à quelqu’un qui l’avait aimé pour écrire la critique. C’est un choix, mais cela suppose forcément un biais : comment veux-tu faire confiance à un média qui donne l’impression d’aimer absolument tout ? Cas plus extrême : Coyote Mag, lorsque je le lisais, donnait des appréciations aux œuvres, mais n’en avait aucune correspondant à « mauvais » ; le pire, c’était « parce qu’on est sympa », ce qui tombait rarement. Conseiller un lecteur, c’est aussi lui recommander de ne pas lire un manga, quelle que soit l’ampleur de la publicité autour.
    Choisir de se contenter de critiques positives, je crois que c’est pire que d’être incapable d’en formuler de négatives. Et en même temps, comment savoir si la personne en est capable si elle n’en fait jamais ?

    PS : Les exemples que je donne sont là moins pour susciter des réactions, que pour bien montrer que les remarques que je fais sont concrètes et non le fruit d’une quelconque paranoïa.

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  10. ZGMF Balmung dit :

    Parce que, aussi, c’est plus simple de dire et d’expliquer le « j’aime », plutôt que « je n’aime pas ». C’est également un exercice plus agréable (ce qui ne veut pas dire ‘stimulant’) d’expliquer les raisons pour lesquelles on a apprécié une série.
    Mais, reste qu’on ne peut qu’être d’accord avec toi, Gemini.

    Après, je considère que l’objectivité – surtout pour des critiques – n’existe pas vraiment ; pour être véritablement objectif, il faudrait n’être qu’un robot, en quelque sorte. Du coup, ça me fait toujours un peu sourire quelqu’un qui se prétend purement objectif dans sa critique.

    Je ne tiens, pour ma part, qu’un blog personnel, et pour les avis que je donne, sur telle ou telle série, je ne recherche aucunement à l’être ; je dirais même que ça ne m’intéresse pas spécialement de l’être.

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    • Faust dit :

      « Parce que, aussi, c’est plus simple de dire et d’expliquer le « j’aime », plutôt que « je n’aime pas ».  »
      ► ah non pas du tout ! C’est 100 fois plus simple d’expliquer pourquoi on aime pas quelque chose : il suffit de lister des défauts qui nous sautent aux yeux, ce qui est évident.
      Alors qu’il est très dur d’expliquer pourquoi on aime quelque chose : c’est un sentiment diffus, on se sait pas trop quoi dire. À l’arrivée, on fait une basique liste de qualités, mais on arrive jamais à retranscrire ce qu’on ressent vraiment.

      « J’aime pas la pluie : on voit rien et on est tout mouillé. J’aime quand il fait beau parce que…c’est quand il pleut pas -_- « 

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      • a-yin dit :

        Pour le coup, je suis tout à fait d’accord 🙂 . J’ai beaucoup plus de mal à exprimer ce que j’ai aimé dans un manga que ce que je n’ai pas aimé.

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  11. inico dit :

    Gemini >> Oui, du vécu très commun, absolument pas caricaturé.
    Il y a plein de personnes ne se demandant pas pourquoi elles apprécient tel ou tel oeuvre, du moment qu’elles ont passé un moment agréable.
    D’autres aussi, et peut-être que les deux se rejoignent en fait, qui n’ont pas les clefs pour exprimer leur intérêt ou désintérêt. Alors que, comme tu dis, c’est tellement simple, il suffit de se gratter un peu le cerveau et avec des mots très simples on arrive à exprimer plein de choses 🙂
    a-yin >> Tu n’es pas la seule : j’essaie maintenant lorsque je veux donner mon avis d’être extrêmement simple et court. Sinon, c’est tête tournée et casque sur les oreilles après 30 secondes (dans le meilleur des cas) T_T

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  12. inico dit :

    a-yin  » J’ai beaucoup plus de mal à exprimer ce que j’ai aimé dans un manga que ce que je n’ai pas aimé. » >> La peur de ne pas trouver les mots justes, de ne pas réussir à retranscrire son émotion et son amour ?

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    • a-yin dit :

      La peur de ne pas trouver les mots justes. C’est plus facile pour moi d’énumérer on dira, les points négatifs. Peut-être suis-je une sorte de mauvaise langue, c’est bien possible.

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  13. Allan Viger dit :

    Tu sais, le manga est un marché tellement saturé que je ne vois pas ce qu’il y a de très pertinent à déverser son fiel sur des étrons fumants. Ca put et c’est assez repoussant pour qu’on s’en éloigne naturellement dans la plupart des cas ; alors certes, on pourrait discourir pendant des heures sur la nature des odeurs mais je ne suis pas sûr que ça passionne énormément les lecteurs. De même, tu verras rarement un libraire cracher dans la soupe – à peine un petit molleton, de temps en temps, pour l’hygiène, en période d’allergie ou de rhumes. La relation de confiance se tisse au fil des conseils que celui-ci te donne et des retours que tu lui apportes. Si tu reviens le voir à chaque fois, c’est que quelque part, il a été de bon conseil. Et s’il lui arrive un jour de se tromper, alors il y a toujours plus de matière à discutions que si l’on partait d’une critique négative (qui de fait, aura plus de chance de te faire passer à côté de quelque chose que de te faire découvrir cette chose : tu le dis toi même, la critique est subjective, donc la critique négative peut aussi se tromper, suivant le profil des lecteurs, les goûts et les couleurs de chacun). Baser sa ligne éditoriale sur une critique de fond positive permet, au contraire de ce que tu défends assez maladroitement, de donner une bien meilleur visibilité aux lecteurs. Cracher pour cracher n’est pas productif. C’est bien souvent de l’art pour l’art et malheureusement, beaucoup de gens le font mal. Ou du moins pour de mauvaises raisons. Critiquer négativement pour espérer arriver à un consensus sur ta critique est un peu illusoire. Que celle-ci soit positive ou négative, le lecteur ne trahira jamais ses premiers sentiments à l’égard d’un titre qu’il aura déjà lu et aimé. Et s’il ne l’a pas lu, ta critique négative n’apportera rien de concret. A ton avis, quelle satisfaction il y a à obtenir l’assentiment d’un lecteur qui ne lira même pas ce que tu lui auras déconseillé ? Je ne dis pas que la critique négative est plus simple ou désuète, je dis que c’est surtout une énorme perte de temps (surtout quand le but premier est de faire découvrir des bons titres). J’ai toujours pensé que le silence était le plus grand des mépris. Tu comprendras donc qu’à mon sens, ne pas parler d’un manga peut être très significatif de l’intérêt que je lui porte. Biensûr, je fantasme parfois d’écrire une critique acide qui démonterait de fond en comble la filmographie de Makoto Shinkai, tellement encensée par la critique et détestable à mes yeux. Mais ma vision ne changerait rien à l’appréciation générale que le public en a : aussi construite qu’elle pourrait être, ma critique serait une critique d’humeur. Il y a tellement à dire sur ce qui se fait de bien ! Tellement de pépites à extraire de l’immondice !
    Je pense que si tu lisais vraiment JDJ ou Paoru et que tu faisais preuve d’une vraie honnêteté intellectuelle, tu remarquerais que la critique est plus nuancée que ce que tu crois. Du reste, elle a le mérite d’être sincère et passionnée. Et putain, de se bouger le cul pour les autres là où certains se touche le pipi dans des considérations personnelles et profondément inutiles.

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  14. Gemini dit :

    Allan >> Concernant les blogueurs, la grande question est : pourquoi « choisir » de ne faire que des critiques positives ? Quand tu lis un manga, il arrive forcément un moment où tu réprouves ce que tu vois, au point de vouloir extérioriser ton ressenti, au point de vouloir d’exprimer de toutes tes forces. Alors pourquoi s’en empêcher ? A quoi bon bloguer si c’est pour s’interdire des sujets ? Partant de ce constat, je considère comme douteux tout blog ou site présenté comme amateur qui se limite à du positif ou du consensuel. Cela signifie soit que l’auteur n’a aucun jugement critique, soit qu’il se force pour une raison x ou y ; dans les deux cas, il n’est pas possible de lui faire entièrement confiance. Mais c’est comme les critiques elles-mêmes : c’est subjectif.

    Et pour te répondre : ce n’est pas parce que quelque chose pue que cela empêche le public de s’en approcher. Cela s’appelle du marketing, et l’idée consiste à générer une attente chez le public. Aujourd’hui, cela fonctionne avant tout pour le cinéma – Les Dents de la Mer ayant inauguré les campagnes de publicité moderne – mais certains éditeurs commencent à s’y mettre, en particulier Ki-oon ; je ne sais plus si c’est Doubt ou Judge qui a fonctionné en dépit de critiques loin d’être élogieuses, mais c’était dû en grande partie à la promotion effectuée par l’éditeur. Donc non, ce n’est pas parce qu’un titre est mauvais qu’il va forcément repousser « naturellement » les lecteurs : une bonne campagne marketing peut aisément compenser tous les défauts d’une œuvre, quel que soit son support.

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  15. Allan Viger dit :

    Donc, lorsque tu vas voir un libraire, tu lui demandes le plus naturellement du monde tout ce qu’il y a de mauvais en ce moment ?
    Tu vas considérer comme douteux son jugement critique s’il ne daigne pas te dire ce qu’il y a de mauvais ? Alors oui, je grossis le trait, il va te dire « ça c’est bien », « ça c’est pas bien » mais ya peu de chance qu’il s’attarde sur ce qui est mauvais. Son rôle est de guider le lecteur vers ce qui peut lui plaire et/ou correspondre à ses attentes. La réalité c’est qu’une grande majorité des titres de mangas qui sortent est mauvaise, consensuelle ou tout ce que tu veux. Avec une telle production, faut pas se leurrer. Un bon paquet de séries sont seulement là pour venir flatter l’ego nerdz de l’otaku moyen (se reconnaissant des codes et des avatars). Partant de ce constat, il me semble plus pertinent de garder ce qui en vaut la peine et qui s’écarte de tout cela. Si tu as un doute, lis ce que la personne te propose et tu seras vite fixé. Il faut parfois savoir prendre des risques (surtout lorsqu’ils sont si minimes : au pire, tu tapes une bonne migraine) Sois réaliste. Peu de gens s’attardent sur la critique négative. Et même dans le cas de la critique positive, beaucoup survolent ton article ou le zap si les premières lignes ne leur reviennent pas. Et c’est d’autant plus vrai sur le web où le mode de lecture est très radical. J’ai une méthode très simple quand je souhaite me faire un avis éclairé sur un film, un livre ou un manga. Je visite plusieurs sites et je lis : critiques positives d’un côté, critiques négatives de l’autre. Et l’affaire est close. C’est ce qui fait la diversité de la blogosphère.

    Notre boulot permet de faire un large ratissage déjà. Personnellement, j’men tamponne un peu des campagnes marketings. Si tu as envi de te lancer dans une guérilla contre l’industrie de masse et la publicité, c’est super pour toi hein, je trouve ça louable mais attaque toi à eux alors et aux titres que t’as envie de boycotter. Pas à des gens qui désire simplement partager leur coups de coeur (ya pas de complot, on ne travaille que pour le plaisir, je te rassure !). Tu as une conception de la critique très différente, génial, je l’entends mais elle vaut tout sauf prescription. Quand je trouve quelque chose de louche, je ne l’approche pas, c’est pas plus compliqué que ça. Exprimer tout ce qu’on peut penser, c’est à foutre la nausée à tout le monde, crois moi.

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  16. Allan Viger dit :

    J’ajouterais que, pour avoir travailler 5 ans en librairie bande dessinée, tu ne peux pas imaginer tout ce qu’on peut envoyer au retour – et pour la plupart des titres, on ne s’en étonne rarement. Donc il y a quand même une sélection naturelle. Qui ne se fait pas de la même façon dans tous les points de vente mais qui existe malgré tout.

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  17. Gemini dit :

    Je n’ai jamais rien demandé à mes libraires actuels, sinon s’ils avaient reçu tel ou tel titre. Si je vais chez eux, c’est car ils me sont sympathiques et que j’y trouve toujours ce que je cherche.

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  18. Ialda dit :

    Très bon billet, sur un sujet transverse qui mériterait d’être plus souvent traité. Je reste partagé sur l’objectif que devrait avoir le critique, entre distribuer bons et mauvais points ou bien proposer une analyse de ce qui rends une oeuvre intéressante, voir unique. Or, j’ai plus l’impression d’une prédominance d’un certain modèle simplificateur, où l’on distribue des notes (et que le petit monde du jeu vidéo… mais pas que : je trouve choquant quand le même traitement est appliqué, par exemple, à des films), lesquelles semblent souvent plus importantes la critique elle-même… on ne cherche plus à comprendre, on cherche à trouver une validation de ses goûts et dégoûts.

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  19. Allan Viger dit :

    Gemini : quand tu avoues que tu ne fais pas spécialement confiance à tes amis pour le cinéma, que tu ne demandes pas de conseils à tes libraires et qu’enfin, tu te méfies de beaucoup de blogs que tu juges « consensuels » j’ai juste envi de dire que : la seule bonne critique à tes yeux, c’est la tienne (à de rares exceptions près). Preuve d’une grande ouverture d’esprit…

    « Les libraires » était une figure de comparaison avec le chroniqueur internet. Ils donnent des conseils et apportent des éléments critiques dans les deux cas.

    Je parle des librairies mais les médiathèques sont aussi des lieux qui permettent de faire des découvertes. Sans avoir la mauvaise surprise d’acheter un manga qui ne nous plait pas au final. Il suffit de sortir un peu la tête de son écran et d’aborder le sujet autrement que sous l’angle du consommateur compulsif qui réclame à tout bout de champs son manga sur mesure.

    Ca c’est une critique négative (et je n’ai pas eu à chercher bien loin) :
    http://www.journaldujapon.com/2013/10/speed-grapher-histoire-dune-photo-ratee.html

    Ca c’est une critique constructive avec même une petite allusion à des choses qui me déplaisent à la fin : http://www.journaldujapon.com/2013/11/lettre-a-momo-le-printemps-reviendra.html

    Soigne ta mauvaise foi, merci.

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  20. Gemini dit :

    Si les seules critiques valables étaient les miennes, je ne pense pas que j’aurais cité des auteurs dans mon billet. L’as-tu seulement lu ?

    Mais pour te répondre, tout le monde n’a pas la chance d’avoir une librairie spécialisée tenue par des personnes dont nous reconnaissons les compétences en matière de manga – et en l’occurrence, je n’en ai plus depuis mon dernier déménagement – ni une médiathèque proposant des manga à ses abonnés, au-delà de Jiro Taniguchi et Osamu Tezuka.

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  21. Allan Viger dit :

    A de rares exceptions près 😉

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  22. Allan Viger dit :

    Je l’ai bien précisé entre parenthèse.

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  23. Gemini dit :

    Non non, tu as bel et bien lu de travers : avant de donner des exemples, j’ai ajouté un « notamment » qui veut bien dire ce qu’il veut dire 😉
    Néanmoins, le cinéma étant un loisir plus répandu, j’avoue avoir plus de critiques que j’apprécie pour ce domaine précis. Concernant les manga, ceux dont je suis les conseils seront à chercher plus sur les forums que sur les blogs et les sites, et là je peux effectivement ajouter « à quelques exceptions près ».

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  24. Allan Viger dit :

    Ce n’est pas une raison pour compenser ce manque par des reproches infondés à l’encontre de personnes que tu sembles avoir dans le collimateur.

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  25. Gemini dit :

    Donc tu considères que « si je n’aime pas les critiques de ces blogs/sites c’est que ce sont ces blogs/sites eux-mêmes qui me déplaisent » ? Voilà un argument du niveau de « si tu n’aimes pas, c’est que tu n’as pas compris », car il évite bien de se remettre en question.

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  26. Allan Viger dit :

    Je considère rien du tout. Je constate simplement un certain acharnement chez toi. Ca fait à peine 2 mois que j’ai intégré la rédaction du journal du Japon et j’entends parlé de toi pour la deuxième fois. J’ai la curiosité de venir lire ce que tu écris et dommage, je me rends compte que c’est encore pour dénoncer la même chose. Je veux bien que tu n’apprécies pas les critiques d’un blog ou d’un site mais de là à le viser régulièrement, j’avoue que ça me dépasse. Je n’ai pas la prétention de plaire à tout le monde quand j’écris (et je crois que mes camarades sont dans le même cas que moi). En même temps je le fais pour le plaisir de partager. Aussi je tâche de m’améliorer à chaque fois mais quand les critiques me paraissent infondées ou grossières, j’ai juste envi de dire non, c’est pas possible. Soit t’as un problème et tu règles des comptes, soit tu es juste buté. Faut changer de disque.

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  27. Allan Viger dit :

    Enfin, tu es toujours moins virulent que Rukawa…

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  28. Gemini dit :

    Les critiques de Rukawa étaient pourtant on ne peut plus justifiées. Mais comme dit précédemment – vache, je crois que je vais arrêter de répondre systématiquement car nous finissons par tourner en rond – mieux vaut s’en prendre à la personne qui fait des reproches, cela évite de se remettre en question.

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  29. Allan Viger dit :

    Je ne m’en prends à personne, j’essaie d’apporter des contre-arguments à un raisonnement que je trouve sophiste. C’est très séduisant d’adhérer à une réflexion comme la tienne, je te le concède. Mais je trouve cela malhonnête de citer des exemples sans prendre le soin de les analyser. Faire le choix de critiquer c’est faire le choix d’aller jusqu’au bout de sa réflexion. Sinon on manipule les gens en utilisant ce qu’on appelle en rhétorique : l’argument d’autorité, « c’est moi qui le dit donc j’ai raison ». Si je voulais m’en prendre à toi tu sais, j’irais publier un article de ton genre sur mon blog que j’intitulerais : « La critique de la critique dans la blogosphère de la culture nippone ». Ca n’apporterait pas grand chose aux gens je pense. Alors je me contenterai d’une discussion de sourd.

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  30. Gemini dit :

    Tu es du JdJ donc tu défends sa politique, c’est normal.

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  31. Allan Viger dit :

    Cela fait toujours une voix pour te contredire. En ce qui me concerne, je me méfie de la majorité : quand tout le monde va dans la même direction, est-ce que ça ne soulève pas un problème ? Par ailleurs, je n’ai lu personne critiquer explicitement le JDJ dans le fil de discussion. Preuve qu’ils n’adhèrent peut être qu’à un discours de surface. Je défends le JDJ, tu as sans doute raison, mais je tenais un blog bien avant d’être invité à le rejoindre. Et mes convictions n’ont pas changé. Je commence juste à prendre conscience des p’tites gueguerre que certains se livrent au sein de la blogosphère et finalement ça me surprend pas (c’est comme partout)

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  32. Gemini dit :

    Là encore, où est-ce que tu vois une « gueguerre », sinon dans ta propre volonté de ne justifier des paroles auxquelles tu n’adhères pas ? J’exprime dans ce billet ce que je recherche dans une critique, et indique seulement que ce que produit le JdJ correspond justement à ce qui peut me déplaire dans cet exercice. Cela s’arrête là. Mais si cela peut te rassurer, je cite aussi Animeland, Coyote Mag, JV.com, ainsi que d’autres blogs. Je n’arrive donc pas à discerner ce qu’il peut y avoir de personnel là-dedans, tu m’excuseras. Mais, là encore, je l’ai déjà dit…

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  33. Allan Viger dit :

    Mais c’est valable pour les autres aussi. Excuses moi si je vois dans ton article autant de raccourcis de pensée.

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  34. Allan Viger dit :

    Tu ne peux pas analyser la parti pour le tout. C’est absolument pas représentatif.

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  35. Allan Viger dit :

    Maintenant j’accepte tout à fait ce que tu recherches. C’est ta critique, je répète, qui me heurtait juste un poil. Ecoute, on a déjà bien papoté, on va dire que chacun à dit ce qu’il avait à dire.

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  36. Rukawa dit :

    (c’est qui Allan Viger déjà ? je me souviens pas avoir répondu ici)
    (c’est amusant qu’il mette 3 messages pour essayer de se dédouaner)

    ah sinon pour être intopic, un truc mauvais, moins on en parle mieux c’est.
    quand moi je dis qu’un truc est mauvais pas la peine d’argumenter, il faut me croire, je le dis dans un topic sur un forum, mais pas la peine de perdre du temps dessus. c’est perdre du temps de desserter d’un truc qu’on n’aime pas

    c’est plus dur d’argumenter pour trouver des qualités que des défauts. on peut facilement citer sans réfléchir des défauts mais il faut quand même réfléchir un peu plus pour citer une qualité.

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  37. Herbv dit :

    Mouaich, les gens du Journal du Japon ne m’ont pas l’air bien à l’aise dans leurs réponses et je les trouve tout sauf convaincantes. D’un autre côté, vu le mal que je pense des chroniques qui y sont postées, je ne pense pas avoir assez de recul pour que mon opinion ait un minimum d’objectivité 🙂

    Je ne suis pas souvent d’accord avec Gemini mais je vais dans son sens dans ce billet.

    Les chroniques du Journal du Japon, je prends ce cas car il fait l’objet d’un débat ici, me font penser aux textes que je faisais pour MangaVoraces au bout de quelques années (celles du JdJ étant largement mieux écrites, il faut le dire) : le nombre de sorties, les SP reçus faisaient que je n’écrivais plus que des chroniques positives (à de rares exceptions près) peu argumentées, fades, sans grand intérêt. C’était du travail à la chaine, médiocre, plus fait pour justifier les mangas gratuits reçus que pour chercher à apporter quelque chose aux lecteurs. Même ceux que je préférais, achetés avec mes sous, connaissaient le même traitement. Cela a été un soulagement, même si c’était un peu triste, que le projet s’arrête : moi qui prônais la qualité ne produisais plus que des trucs sans intérêt.

    Pour moi, une critique peut mettre en avant les points forts et les points faibles de l’œuvre mais elle doit surtout apporter une expertise, apprendre des choses aux lecteurs avec différentes mises en perspectives et tracer des pistes de lecture. Je fais la différence avec la chronique qui peut rester au niveau du ressenti, exercice nettement moins intéressant, sauf si les lecteurs savent comment se positionner, c’est à dire quel est leur degré d’affinité avec le rédacteur. C’est ainsi que l’on peut savoir, même si c’est en creux, qu’un titre que l’on ne connaît pas pourra ou non nous plaire. À partir du moment où on aime beaucoup de choses, que l’on est trop souvent favorable, il devient difficile de déterminer la pertinence et la sincérité de ce qu’on lit.

    Pour finir, je rappellerai ici les termes de Thierry Groensteen qui définit la critique ainsi : Il y a tout d’abord la « critique d’accompagnement ». Il s’agit de la plus répandue, notamment sur les sites Internet et blogs ainsi que dans la presse spécialisée. Pour approfondir, il est nécessaire de faire de la « critique d’analyse ». Actuellement, c’est ce type de travaux que j’essaye de réaliser pour du9. Enfin, le dernier type de texte se rattache plus à du discours théorique qu’à de la critique proprement dite.

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  38. Amo dit :

    « quand je sais de quelqu’un qu’il jure surtout par les séries de niche pour otaku »

    J’imagine qu’il te fallait un blog en exemple et comme y’en a plus que deux et demis en activité c’est sur moi que c’est tombé. J’aurais du essayer d’être plus inactif encore.

    Je ne crois pas « jurer » par les séries de niche pour otaku. Mes ouvrages japonais préférés ça reste des trucs comme Haibane Renmei, Sayonara Zetsubou Sensei, Bonne Nuit Punpun, les classiques de Ghibli, les Enfants Loups, 5cm par secondes, Cowboy Bebop, Serial Experiments Lain, Perfect Blue, Jinrui wa Suitai Shimashita, Gatchaman Crowds. Ok j’adore K-On mais à part ça je crois surtout jurer par des ouvrages qui ont justement tous cet étrange point commun de pouvoir être visible par un public qui aime simplement les choses bien écrites, les histoires pleines d’émotions et ne nécessitant pas une culture japonaise particulièrement avancée.

    Attention ne nous méprenons pas: j’aime bien >parlerregarderdédiés à un public qui lui aussi vit de cette niche.< Mais quand tu me décris comme un type "qui ne jure que par" c'est présomptueux et c'est la preuve définitive que tu ne réfléchis souvent pas plus de trois secondes, trop occupé sans doute à te complaire dans ce rôle auto-attribué du "modèle à suivre." C'est dommage. Vraiment dommage.

    Et pour ta gouverne, les gros seins c'est une horreur et je comprends pas pourquoi je devrais aimer ça.

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    • Amo dit :

      Y’a un paragraphe qui est mal passé:

      « Attention ne nous méprenons pas: j’aime bien PARLER des trucs de niche et de leurs codes. J’aime bien en REGARDER. J’aime bien écrire des articles dessus, articles dédiés à un public issu de cette niche. »

      Et après j’approuve Rukawa: la critique négative est un exercice BIEN PLUS SIMPLE que la critique positive. Je continue à penser que ceux qui font des vidéos ou des articles ou il s’agit de juste chier sur un truc qu’il aime pas ont un travail plus facile et plus populaire que ceux qui souhaitent vouloir juste promouvoir ou défendre des ouvrages et des causes. Quand je fais sur Minorin un article chié en une demie-heure sur un épisode d’Infinite Stratos je sais que je vais attirer plus de curieux et de lecteurs que pour un article sur un épisode que j’ai adoré, que je veux mettre en avant, sur lequel je vais passer du temps mais qui n’intéressera personne parce que, ça alors, on vit dans une société cynique et qui surkiffe les accidents d’autoroutes.

      Je me plains pas, c’est le jeu. Mais je crois que tu as pas le rôle difficile que tu crois avoir, Gemini.

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  39. Gemini dit :

    « J’imagine qu’il te fallait un blog en exemple et comme y’en a plus que deux et demis en activité c’est sur moi que c’est tombé » >> C’est exactement ça. J’aurais dû remplacer les gros seins par les cheveux verts, erreur de ma part. Mais je suppose que tu saisis l’image que je voulais donner ; depuis quelques temps, l’activité se situe plus sur les blogs purement manga que chez ceux qui, comme toi, parlent aussi d’animation japonaise récente.

    Pour répondre à la seconde partie de ton message : je ne prétends pas avoir le moindre rôle – d’ailleurs, j’énonce simplement ce que je recherche chez les chroniqueurs – ou qu’une critique est plus facile que l’autre. Oui, les vidéos du Joueur du Grenier fonctionnent car il casse des jeux, mais il s’agit avant tout d’un humoriste, et les ratages qu’ils présentent sont drôles en soi. Ma façon de voir la critique, c’est que quand un auteur/média en fait beaucoup ou se spécialise dans cet exercice, il manquera cruellement de crédibilité s’il donne l’impression à son lectorat d’aimer absolument tout ce qu’il regarde. Moi-même, je préfère mettre en avant mes coups de cœur, comme l’anthologie Moto Hagio, car j’ai envie que d’autres découvrent cette œuvre et soutiennent l’éditeur qui a osé tenter l’expérience ; mais lorsque je lis un manga qui me déplait, je le dis aussi, j’explique pourquoi, j’essaye d’argumenter de mon mieux, etc… tout simplement car il y a tellement de titres sur le marché, que j’estime que le lecteur ne devrait pas perdre son temps et son argent dans des séries qui, à mon sens, n’en valent pas la peine.
    Rukawa et toi ne publiez pas tant de critiques que cela, donc vous choisissez de concentrer l’espace que vous leur donnez aux séries que vous souhaitez promouvoir. Normal. Pour ma part, je parle de presque tous les manga que je lis, de la plupart des séries d’animation, et – disons – d’un film sur dix, selon que j’ai quelque chose à raconter ou non. Dans ces conditions, et même si je fais une sélection en amont, cela serait forcément étrange si je ne présentais au final que des coups de cœur. Mais il existe aussi des œuvres mauvaises, médiocres, ou juste insignifiantes, et l’idée, c’est de les aborder aussi. Pas de jaloux.

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  40. La thèse est introduite de belle manière, le développement commence à se prendre les pieds dans les tapis et la conclusion fait retomber tout l’intérêt du texte.
    Arrêtons de placer les gens dans des cases.

    Prenons une critique de 15 lignes dans Première, qui parvient à spoiler la fin du film tout en donnant un avis ultra-condensé qui ne donne pas une idée précise du contenu dont tu parles.
    En quoi ce genre de critiques (très répandu dans la presse écrite, peut-être même la majorité des textes) est-elle meilleure que celle d’un blogueur amateur, non journaliste?
    Bien sûr, il y a de beaucoup de mauvais rédacteurs ou de mauvais critiques parmi les blogueurs, mais la conclusion qui induit une meilleure qualité évidente chez les pro me fait tiquer, à la lecture de bon nombre d’articles visiblement écrits en 5 ou 10 minutes dans la presse spécialisée.

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  41. Gemini dit :

    Que nous puissions attendre une différence qualitative entre professionnels et amateurs ne signifient pas que les professionnels en question travaillent correctement.

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  42. guillaume dit :

    Technique de vieux routard : pour écrire sur une œuvre, laissez passer 1 mois minimum. Si vous vous souvenez encore d’assez de points pour écrire un avis détaillé, c’est que l’œuvre vous a marqué dans le bon ou le mauvais sens du terme. Et si ça vous a marqué, vous écrirez quelque chose de potable et aurez surement des arguments à mettre en balance.
    La réaction à chaud c’est contreproductif, imho. C’est de l’avis sensoriel, attaché à un moment précis (vous êtes de bonne humeur, donc enclin à passer outre des défauts. Ou alors vous êtes en festival, pris dans le tourbillon de l’ambiance survoltée. Ou d’autres trucs du genre).
    L’avantage réel qu’on a sur le net c’est d’être non liés aux médias et ne pas avoir de cahier des charges rédactionnel. Donc on peut prendre son temps, tirer à la ligne, faire de l’éducationnel ou historique, ne pas viser l’avis pur pour partir sur autre chose, mal écrire et SURTOUT on peut juste en avoir rien à faire de l’avis de ses lecteurs. Parce que rappelons le, un blog c’est egocentré, totalement subjectif (et donc objectif dans son égocentrisme) et on écrit avant tout pour soi. Si un gars n’aime pas ce que je fais, je ne vais pas passer deux heures à discuter. Parce qu’il a raison de ne pas aimer. Comme moi j’ai raison de ne pas aimer, ou aimer, tel ou tel truc.

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  43. Rukawa dit :

    non, même pas.
    Même si j’étais plus actif, pour dire « c’est nul », je me contenterai de 2-3 lignes sur un forum.
    Il y a des trucs que je peux trouver moyen ou à chier mais dont il y a enormement à dire, comme GiTS Innocence, sauf que çà me ferait chier de remater Innocence que pour proposer une analyse. Je suis trop blasé pour écrire un truc intelligent sur quelque chose que j’apprécie peu, rien que pour imposer ma science. C’est pas mon genre.

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  44. inico dit :

    Petit hors-sujet :
    Il y a un suivi de record qui existe pour le nombre de commentaires postés sur un blog ?? (oups… ça va faire un de plus ^^).

    Sinon, il n’y a pas une citation disant plus ou moins « celui qui ne critique pas est celui qui ne supporte pas d’être critiqué »… mais bon il y en a aussi certainement une disant le contraire…

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  45. Tinky dit :

    Si j’avais le temps, j’aimerai bien pouvoir critiquer les anime que je n’aime pas. Malheureusement, je n’ai pas vraiment le temps et l’envie réelle depuis quelques mois. Par exemple j’ai cru remarquer que cette année j’avais une moyenne de 4/10 pour les tous les anime que j’ai vu pour l’instant (c’est-à-dire la majorité) ; du coup ce serait cool, je pourrai passer mon temps à basher des daubes à la pelle. Mais non.
    C’est quand même bien d’étaler sa passion ou de pousser des coups de gueule mensuels contre l’industrie.

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