My Little Teenager – Friendship is Magic

Récemment, je vous parlais de My Little Pony – Friendship is Magic. Encore plus récemment, j’évoquais le film d’animation qui en a été tiré cette année. Pourtant, cette dernière critique me parait insuffisante pour expliquer ce qui cloche dans ce long-métrage.

Pour bien remettre les choses dans leur contexte, commençons par revoir le générique de la série :

Maintenant, passons à la bande-annonce d’Equestria Girls :

Pas la peine de beaucoup réfléchir pour s’apercevoir qu’il y a comme une légère différence. Une différence qui n’a pas tardé à faire réagir nombre de spectateurs de la série, qui ont montré par la même occasion qu’ils n’étaient pas aussi tolérants qu’ils le prétendaient.
A n’en pas douter, ce film repose sur une idée farfelue. Pourtant, je ne me serais pas permis de juger avant de regarder le produit fini ; d’autant que, connaissant les auteurs de cette production, j’estimais qu’ils étaient parfaitement capables de transcender ce concept.
Ne nous y trompons pas : le but du film est de promouvoir une nouvelle ligne de jouets, représentant des versions humaines des personnages. Mais c’était déjà le but de la série, et nous connaissons le résultat. Surtout, transposer une histoire animalière dans un univers humain, d’autant plus en le justifiant par le scénario, paraissait suffisamment surréaliste pour donner un film potentiellement génial.
C’est armé de ce sentiment d’appréhension mêlé d’espoir que j’ai regardé Equestria Girls.

Vous avez probablement compris le scénario rien qu’avec la bande-annonce, mais je ne peux décemment pas passer outre ce détail.
Alors qu’elle s’apprête à accomplir sa première mission en tant que princesse, Twilight se fait dérober la couronne portant son élément par une licorne, qui réussit à s’enfuir par un miroir magique menant vers une autre dimension. Pour ne pas risquer que la séparation des éléments n’ait de graves conséquences sur l’équilibre d’Equestria, elle n’a d’autre choix de traverser le miroir à son tour.
A son arrivée, Twilight s’aperçoit s’être transformée en une créature étrange, et être entourée de créatures similaires, allant et venant dans ce qui lui parait être une école. Elle ne tarde pas à retrouver sa couronne : celle-ci doit être remise à la princesse du bal, qui aura lieu dans 3 jours. Mais le titre semble déjà promis à Sunset Shimmer, laquelle possède un certain talent quand il s’agit de se débarrasser de la concurrence. Mais cela n’effraye pas Twilight, qui doit impérativement repartir avec son élément.

Et à la fin, elle est élue princesse du bal. Ne me dites pas que cela vous surprend. Là où la série TV était originale, de même que le concept de départ, le résultat est d’une platitude absolue, et extrêmement prévisible. L’histoire de la fille différente et impopulaire qui devient reine de sa promotion car elle est gentille et courageuse, cela tient de la caricature dans d’innombrables productions américaines destinées aux enfants et aux jeunes adolescentes. Le but étant de leur faire croire qu’elles pourront toutes devenir des princesses si elles s’en donnent les moyens ; alors qu’il n’y a qu’une seule élue par école et par an, et que ce n’est jamais qu’un concours de popularité à échelle réduite. J’ai toujours trouvé ce message limite, d’une car absolument irréaliste, et de deux car il part du principe que le public cible est composé de cruches qui rêvent effectivement de devenir la reine du bal.
Décevant de la part d’une licence dont le succès repose justement sur un propos faussement naïf, qui ne prend pas son public premier pour des idiotes, et qui lui a permis au final de toucher des spectateurs plus âgés. Mais bon, il fallait bien trouver quelque chose à raconter. Et autant le dire de suite, il ne manque rien parmi tous les clichés du genre : la méchante rivale qui se voit déjà victorieuse, les mesquineries à grand coup de messages sur facebook et de vidéos youtube, et même la sempiternelle histoire d’amour, chose impensable jusque-là dans My Little Pony.

Là où ce film se démarque tout-de-même de la masse, c’est que nous restons justement sur du My Little Pony : cela fait plaisir de retrouver nos personnages favoris même s’ils ont changé de forme, il y a de la bonne humeur, des chansons entrainantes, et le final se permet même d’être plutôt impressionnant. Tout l’intérêt d’Equestria Girls tient à ces quelques éléments, et sur l’attachement que nous pouvons avoir pour la série. Malheureusement, reste un potentiel inexploité. En effet, il est temps d’aborder le cas Trixie.
Trixie est une licorne apparaissant de temps à autre dans la série. Parcourant Equestria, elle réalise des démonstrations de magie durant lesquelles elle use de la prestidigitation pour surestimer largement ses propres capacités ; à tel point qu’elle a fini par se prendre à son propre jeu, et à croire qu’elle serait effectivement capable de réaliser des prouesses. D’où un ego légèrement surdimensionné, qui prendra très mal la leçon d’humilité imposée par Twilight.
En aucun cas il ne s’agit de mon poney favori, très loin de là. Pourtant, nous lui devons la meilleure scène de ce long-métrage. Alors que j’essayais de saisir ce qui m’avait autant plus dans son apparition, j’ai fini par comprendre : c’est la seule qui se comporte effectivement comme dans la série !

Comme ils mettaient en scène des poneys, les auteurs de Friendship is Magic se sont amusé avec, leur imposant notamment un côté « cartoon » prononcé. Seulement, ce qui est possible avec des animaux de fiction ne l’est pas avec des personnages anthropomorphes ; et comme Equestria Girls ne propose plus que des protagonistes humains, même si certains sont un peu plus hauts-en-couleur que la moyenne, ils n’osent pas trop leur faire faire des choses aussi surréalistes que dans la série, et leurs personnalités s’en ressentent. Pinkie Pie semble la seule à avoir conservé son grain de folie, mais il faut dire qu’elle avait de la marge ; mais n’espérez pas voir Rarity se balader avec un divan pour jouer les divas, Fluttershy faire un massage à un ours, Applejack donner des noms à ses jambes, et tous ces petits détails qui donnaient de la saveur aux personnages. Ce qui explique que Trixie, ayant conservé son décalage, donne lieu à une apparition aussi mémorable.
Quant aux problèmes d’adaptation de Twilight à sa nouvelle forme, ils sont rapidement évacués, et ne reste que son incompatibilité avec la technologie homo sapiens. Heureusement qu’il existe des fanfics et des comics pour nous expliquer ce qui se passe la première fois qu’elle essaye d’aller aux toilettes, ou qu’elle découvre deux protubérances étranges sur son torse.

Equestria Girls apparait donc comme une version édulcorée et plus proche de son public premier que la série TV, ce qui est forcément dommage pour les nombreux fans de cette dernière. Cette transformation complète de l’univers a apparemment eu de graves conséquences sur la capacité des auteurs à concevoir quelque chose d’aussi décalé, drôle, et divertissant, ce malgré quelques scènes qui méritent effectivement le détour.
Je recommande tout-de-même ce film aux spectateurs de Friendship is Magic, afin qu’ils puissent se faire leur propre opinion. Il n’est pas mauvais en soi, mais passe à côté de son potentiel et se contente d’une histoire prévisible et d’un message d’une naïveté déconcertante. J’espère qu’ils feront mieux la prochaine fois.

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2 commentaires pour My Little Teenager – Friendship is Magic

  1. Xanatos dit :

    Je voudrais juste apporter une petite rectification à ton (excellente) critique Gemini: tu disais qu’une histoire d’amour était impensable dans My Little Pony ce qui n’est pas tout à fait vrai.
    Dès le tout premier épisode, Spike est tombé fou amoureux de la très belle Rarity. On aurait pu croire au début que cela allait rester un amour à sens unique, surtout que Spike laissait notre ponette raffinée complètement indifférente. Pourtant au fil des mois, Rarity s’est de plus en plus attachée au petit dragon, le déclic ayant été d’après moi le jour ou Spike a préféré offrir son rubis à Rarity plutôt que de le manger: cette dernière a été très touchée par le geste généreux de celui ci.
    Depuis lors, Rarity se montre adorable et d’une incroyable gentillesse envers lui et le surnomme affectueusement « My Little Spikey Wikey! »
    Je ne sais pas si on peut dire qu’elle soit réellement tombée amoureuse de lui, mais on sent une réelle alchimie et complicité entre eux depuis plusieurs épisodes.

    Il y avait aussi dans la saison 1 notre chère Rarity qui était tombée amoureuse du prince Blueblood . Néanmoins don idylle de rêve a tourne au cauchemar lorsqu’elle s’est rendu compte par la suite que c’était en fait un fiéfée goujat et un imbécile.

    Enfin, impossible de ne pas évoquer la jolie histoire d’amour de Shining Armor le frère aîné de Twilight avec Cadance sa bien aimée, surtout qu’ils forment tous les deux un couple absolument charmant. 🙂

    Sinon pour Equestria Girls, j’ai bien l’intention de voir le film, cela pourra peut être se faire cette semaine. Dès que ce sera fait, je donnerai mon avis détaillé sur ce long métrage ici, ainsi que sur les forums de Mata Web et Animeland.
    Comme tu le dis dans ta critique, je veux lui laisser sa chance et me faire mon propre avis dessus.

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  2. Xanatos dit :

    Bon et bien je viens de voir Equestria Girls.
    Mon avis sur ce film rejoint le tien dans les grandes lignes.

    S’il n’est certainement pas nul, il est malheureusement loin d’être exceptionnel.
    Certains passages tout simplement excellents en côtoient d’autres très quelconques et pas terribles…

    La présence de certains clichés est fort regrettable, surtout quand on sait que la série a su éviter avec tant de brio un paquet d’entre eux.
    Le fait qu’elle aille à l’encontre de beaucoup de stéréotypes est l’une des innombrables raisons pour lesquelles elle a remporté un succès triomphal ce qui n’est pas le cas de ce film hélas.

    Et puis comme tu le dis, l’histoire d’amour n’apporte pratiquement rien au scénario (à part à la rigueur la scène dans le bureau de Luna) d’autant plus que le personnage masculin en question est très plat.

    Heureusement qu’on retrouve avec bonheur dans ce film l’humour décalé et second degré de la série, j’ai quand même beaucoup ri lors de certains passages.

    Globalement j’ai trouvé ce film correct mais pas transcendant.
    Autant je suis un fan inconditionnel de la série animée, autant j’ai bien aimé ce long métrage, mais sans plus.
    Tout comme toi, c’est malgré tout un film que je conseille aux fans afin qu’ils/elles puissent se faire leur propre avis dessus.

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