Mes mangaka favoris

Comme dirait la pub : « Il fait trop chaud pour travailler… » Mais bon, je vais faire un effort, et écrire un article qui me taraudait depuis des lustres : celui consacré à mes mangaka favoris.
Bonne lecture à tous.

Pour commencer, je me suis posé une question toute simple : comment reconnaitre un de mes mangaka favoris ? A priori, j’aurais envie de parler d’auteurs dont je possède toutes les séries disponibles en France, et dont je serais prêt à prendre les prochains titres quoi qu’il arrive. Et là, je me trouve face à un problème : celui de la présence de chaque mangaka sur le territoire français.
Concrètement, nombre d’entre eux n’ont qu’une seule œuvre publiée chez nous, soit parce qu’ils sont débutants, soit car leur carrière se résume à un unique succès de taille plus ou moins conséquente, soit car les éditeurs n’ont pas jugé utile de nous faire découvrir leurs autres travaux (souvent signe d’une première tentative peu concluante en terme de ventes). Posséder l’œuvre en question fait-il de leur auteur un de mes favoris ? Je ne pense pas. S’il a publié deux séries en France et que je les ai acheté, ce n’est pas forcément un hasard mais je n’oserais pas dire que l’auteur est un de mes préférés. Trois ou quatre, c’est déjà plus probable ; mais cela ne concerne déjà plus grand monde. Quant à posséder tous les titres d’un auteur en ayant publié cinq ou plus en France, je suis forcément un de ses admirateurs ; mais cela se limite à Wataru Yoshizumi et Mikiyo Tsuda.

Quelques exemples. Mon manga favori est Devilman ; nous pourrions penser que j’adore son mangaka, mais dans les faits, combien d’œuvres de Go Nagai ai-je lu ? Uniquement Devilman, puisque c’est le seul publié chez nous. Et un seul titre, c’est trop peu pour pouvoir affirmer qu’il s’agit d’un de mes auteurs fétiches. Bien entendu, je n’hésiterais pas à prendre un de ses manga s’il devait sortir en France (et s’il en est réellement l’auteur et non un de ses assistants), mais cela n’arrivera sans doute plus jamais.
Et encore, quand je parle d’acheter un manga rien que pour son auteur, cela concerne aussi des artistes que je ne connais que de nom et dont je n’ai jamais rien lu. Je peux dire : « j’adorerais lire un manga de Fujio Akatsuka », mais c’est uniquement sur la base de sa carrière, de l’impact de son travail au Japon, et de sa renommée dans ce pays. Car à ce jour, son travail m’est inconnu. J’aimerais le découvrir, mais dans la mesure où je ne parle pas Japonais, la décision ne m’appartient pas.

A l’extrême inverse, il y a le théorème d’Akira Toriyama. Celui-ci nous explique que : « Plus un mangaka est connu, plus il y a de chances qu’un éditeur français décide de faire ses poubelles. » Sans aller jusqu’à publier tout et n’importe quoi, la célébrité d’un auteur a tendance à annihiler tout jugement critique chez un éditeur ; or, je n’en connais aucun dont la carrière ne connaisse pas aussi des coups de moins bien. Ainsi, plus un artiste aura de titres disponibles en langue française, plus il y a de chances de trouver des œuvres franchement médiocres dans le lot, voire de sacrés ratages. Il y a des mangaka dont j’ai pu suivre l’actualité avec passion à une époque, mais dont j’ai arrêté d’acheter systématiquement tout ce que les éditeurs pouvaient publier suite à quelques déceptions.
L’exemple-type serait Tsukasa Hôjo : jadis, je n’aurais pas hésité à en parler comme de mon mangaka préféré ; 33 tomes d’Angel Heart plus tard, mon avis serait beaucoup plus nuancé, à tel point que je n’ai même pas commencé Angel Heart 2, et que cela ne me perturbe pas plus que ça… Mais cela concerne aussi Osamu Tezuka – sur-représenté en France – Naoki Urasawa, Rumiko Takahashi, Yuu Watase,… Pour ne citer qu’eux.

Pour résumer, je dirai qu’il n’y a qu’une poignée d’auteurs pour lesquels je sois prêt à me jeter de manière inconditionnelle sur leurs nouvelles séries ; et j’estime connaitre insuffisamment la carrière de nombre d’entre eux. Je ne demande qu’à les découvrir.
Si je devais donner une liste, cela concernerait Wataru Yoshizumi, Mikiyo Tsuda, Go Nagai, Mitsuteru Yokoyama, Riyoko Ikeda, Moto Hagio, Keiko Takemiya, et je crois que c’est tout.
Ensuite, il y a des mangaka que j’adore, mais pour lesquels commencer ou non une série dépendra de son synopsis, de son prix, ou encore s’il s’agit d’une œuvre de jeunesse (ou de vieillesse). Ils sont plus nombreux : Osamu Tezuka, Leiji Matsumoto, Ken Akamatsu, Fujihiko Hosono, Hiromu Arakawa, Yuu Watase, Rumiko Takahashi, Tsukasa Hôjo, Tetsuo Hara, CLAMP, Hideo Azuma, Kaori Yuki, ou encore Shotaro Ishinomori.
Pour finir, il y a ceux auxquels je ne pense pas forcément – souvent car ils n’ont publié que très peu de choses en France – mais dont le nom me suffira pour commencer un titre. Dernièrement, ce fût le cas pour Kamakura Diary : « par l’auteur de Banana Fish«  aura été un argument massue.

Comme vous pouvez le constater, je ne suis pas forcément un lecteur très fidèle envers ses auteurs phares. Mais c’est surtout que plus je découvre les séries de chacun, plus certaines pourront avoir un impact négatif sur l’attachement que je leur porte. Et une fois que la confiance est perdue, il est difficile de la retrouver. Si bien qu’aujourd’hui, j’hésite quant à acheter des manga d’auteurs que je n’aurais pas laissé passer il y a encore quelques années, à l’époque où ils étaient plus rares (suffisamment pour que les éditeurs fassent un premier travail de filtrage en se basant sur la qualité de l’œuvre).
Bien entendu, si vous me le demandez, je vous dirai que le nom d’un auteur reste un de mes premiers critères de sélection avant de commencer une série ; mais il ne suffit pas. Pour autant, parmi tous les manga qui ont été annoncés pour les mois à venir, les trois qui m’intéressent ont été écrits respectivement par Hiromu Arakawa (Nobles Paysans), Riyoko Ikeda (La Rose de Versailles Kids), et Moto Hagio (Anthologie), soit des auteurs que je considère comme appartenant à mes favoris. La question est donc beaucoup plus complexe qu’il n’y parait au premier abord.

Et vous, quels sont vos mangaka favoris ?

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3 commentaires pour Mes mangaka favoris

  1. Natth dit :

    Dans la mesure où Oki Mamiya n’a jamais été publiée en France, je pourrais difficilement reprendre tes critères. De plus, on ne la trouve pratiquement pas en scantrad. Mais des volumes en VO et quelques articles explicatifs peuvent suffire pourtant. J’aurais tendance à dire que sa façon de dessiner est celle que j’espérais voir un jour, que ses univers correspondent à ce que j’ai envie de lire, sauf peut-être Demian Syndrome (le seul que je n’ai pas acheté en VO, mais une tranche de vie lycéenne dont j’adorerais découvrir la trame en VF vu que le résumé me plaît beaucoup)… Mais ce n’est pas forcément si simple, car elle n’est pas réellement la scénariste du manga que je préfère chez elle (il est tiré de deux séries de Light novel, que j’ai eu de la chance de trouver en entier). Sachant qu’elle était l’illustratrice des deux LN, difficile de savoir à quel point elle a influé sur le récit. Et si je prends Moto Hagio ou Higuri Yuu, c’est encore plus compliqué car je ne suis pas du tout sûre que j’achèterais tout si on sortait l’intégralité de leurs oeuvres. Idem pour Borah Naono, Aoike Yasuko ou Ito Junji. Par contre, je pense que j’achèterais tous les Hino Hideshi, mais sa découverte fut un gros choc.

    Je crois que c’est plutôt ça qui détermine un mangaka préféré pour moi : une rencontre idéale, ou du moins particulièrement réussie, et durable dans le nombre d’oeuvres appréciées mais surtout dans le temps. J’aurais bien dit que Clamp était parmi mes préférées à une époque, mais je m’y intéresse beaucoup moins aujourd’hui. De même, une grande partie des oeuvres de Aoike Yasuko ne m’attire pas, mais elle a créé un univers tellement intéressant à côté… En fait, c’est surtout arrêter la liste qui est dur (et Ono Natsume, Shimizu Yuki, Kodaka Kazuma, Kitoh Mohiro… Finalement, c’est respecter la parité qui est compliqué pour moi.)

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  2. a-yin dit :

    Moi c’est facile 🙂 . J’ai mes mangaka favoris. Pour définir un mangaka préféré de mon point de vue, il faut avoir déjà lu plusieurs oeuvres car une seule ne suffit pas. Sauf peut-être si c’est pour un tic de narration, un découpage de planches par exemple. Dans mon cas, je suis assez monomaniaque et je profite d’un semi-avantage de la langue chinoise, vu que je ne la maîtrise pas beaucoup. Un manga que j’adule est Hôshin, mais je ne peux pas dire que Fujisaki soit un de mes mangaka préférés, je n’ai pas accroché à Shi Ki par exemple. Un mangaka qui me fascine particulièrement est Atsushi Kamijô, pour l’ambiance créée dans Next Stop / Sex, son style graphique, ses planches silencieuses et si apaisantes. J’ai lu Eight du même auteur, qui ne m’a pas trop plu, mais pas encore lu Aka x Kuro (depuis x années…). J’adore Dorohedoro mais je n’ai lu que cette oeuvre (j’ai bien Maken X en allemand… mais la flemme).

    Evidemment, je suis une grande monomaniaque de Akimi Yoshida. Depuis Banana Fish, j’ai voulu lire d’autres de ses oeuvres, vu qu’une bonne partie a été traduite en chinois. Et là, je confirme. Tout ce qu’elle fait est d’or, à mes yeux. Que ce soit dans le thriller psychologique au lycée, dans les manga d’action, ou encore la tranche de vie ou la chronique adolescente. Sa manière de creuser des personnages profondément humains, de faire surgir certaines émotions tout en subtilité, avec intelligence, sans jamais de pathos, la sobriété de son trait qui semble austère mais si parfait pour ce qu’elle veut illlustrer. J’aurais des tonnes de compliments à faire sur cette mangaka.

    Natsume Ono fait aussi partie de mes chouchous, j’ai lu une bonne partie de ses oeuvres en anglais et ses boys love en chinois sous le pseudonyme de basso. Son dessin si particulier, ses univers, ses personnages qui ont du mal à exprimer leurs sentiments, et puis ces angles de vue, ces cases en longueur, les silences, les yeux qui ont l’air inexpressifs mais qui en disent tellement long… Et puis cette lenteur qui fait d’elle une mangaka soporifique :).

    est em est aussi entrée dans ce panthéon, car je n’avais jamais lu de boys love de ce style. Et puis ce dessin européen, très proche de celui de Ono par ailleurs. Le côté sophistiqué, l’univers souvent artistiques de ses histoires, loin des clichés du boys love, ses personnages adultes, et les corps sensuels. J’ai lu peu de manga, Tango puis ses manga sortis en anglais, à savoir Red Blinds the Foolish et Age Called Blue.

    On peut aussi citer Fumi Yoshinaga, auteure du Pavillon des hommes et de All my darling mothers. C’est une mangaka qui sait parler de l’humain, qui dresse des personnages à la psychologie très fine. Et puis ses réflexions féministes me plaisent décidément beaucoup. Ses dialogues sont souvent naturels. Une grande mangaka :). J’ai aussi lu la plupart de ses oeuvres en anglais.

    Taiyou Matsumoto aussi en est. Avec son dessin tremblant, parfois naïf, sa manière de croquer des enfants, cette narration pas complètement manga, très inspiré de la bande dessinée européenne, ses univers extrêmement particuliers. Il y a une véritable ambiance très propre aux manga de Matsumoto.

    Moto Hagio fait partie de mes préférées aussi, même si elle a de nombreux manga très kitsch, et même si elle fait dans le mélo! Je n’y peux rien, je ne suis pas une cliente d’habitude, mais j’admire son talent, et ses dessins sont magnifiques. Cette manière de faire des pages à la narration éclatée, il y a beaucoup de poésie. Elle est bluffante. Et ses oeuvres de SF me plaisent beaucoup car ils mêlent sentiments, poésie et spatial.

    Dans les mangaka qui m’intriguent beaucoup, on peut aussi citer Reiko Shimizu, Ichiko Ima et Reiko Okano. Pour Ichiko Ima, elle est en passe de le devenir, car les autres manga que je lis d’elle, et la suite du Cortège me plaisent beaucoup. Elle a cette manière de dessiner, si poétique, et si paisible, avec des personnages hors du temps. Reiko Shimizu, je l’aime pour Princesse Kaguya avant tout, aussi pour The Top Secret, moins aimé Moon Child. C’est pour moi une grande héritière de Moto Hagio. Enfin, Reiko Okano a toute mon admiration pour Onmyôji, et Youmi Henjou Yawa. Ce dessin magnifique (une orgie pour les yeux!) et puis cette manière d’écrire des histoires fantastiques captivantes, fascinantes, sophistiquées aussi! Yumi Tamura est aussi une mangaka qui m’intéresse beaucoup, ainsi que Fusako Kuramochi. Pour cette dernière, je n’ai pu lire que Simple comme l’amour, très bluffant, très paisible et puis plein de maturité. Sa patte graphique est particulière, pas belle mais elle est ingénieuse dans son découpage. Et enfin, Mari Okazaki est aussi une mangaka époustouflante…

    Pour Mamiya Oki, je suis dégoûtée que tu ne lises pas l’allemand Natth 😦 . Vu qu’il y avait Demian, dont le titre s’inspire de Hermann Hesse, tu m’étonnes qu’il a de suite été traduit xD.

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