Peace Eco Smile : Studio 4°C x Toyota x ANA

Gettyimages for Toyota

Pour cette édition de la Japan Expo, de nombreux professionnels japonais avaient fait le déplacement. Ce fût le cas du constructeur Toyota et du célèbre Studio 4°C, présents sur un stand commun pour présenter au public français Peace Eco Smile, un projet mené aussi en collaboration avec la compagnie aérienne ANA.

Nissan et Production IG pour la création des concept cars de Solid State Society, Subaru et Gainax pour la production de Hôkago no Pleiades ; aussi étrange que cela puisse paraitre, l’association entre un constructeur automobile nippon et un studio d’animation n’a rien d’inédite, et pas simplement pour concevoir un spot publicitaire.
Désireux de travailler leur image en mettant l’accent sur leur volonté de préserver l’environnement, les créateurs de la Prius se sont associé au Studio 4°C pour produire 4 clips musicaux sur le thème de l’énergie et de la nature. Un choix logique selon eux, dans la mesure où le studio a montré par le passé une volonté de diffusion internationale – notamment via Animatrix – ainsi qu’une véritable créativité qui ne se retrouve pas forcément chez leurs concurrents ; l’animation permettant quant à elle de toucher un public plus jeune. Le projet a depuis été intégré par ANA, qui a signé pour 3 courts-métrages supplémentaires, cette fois sans J-Pop.

Alors que seulement 3 clips ont été (partiellement) réalisés, et après une présentation au Festival d’Annecy, une partie de l’équipe – artistes et sponsors – étaient venus présenter le projet en « avant-première mondiale. » Mais après le Festival d’Annecy. Il faudra m’expliquer comment il est possible de réaliser plusieurs avant-premières mondiales, ou alors c’est juste qu’ils montrent les nouveaux clips au fur et à mesure ce qui rend chaque projection différente de la précédente.
De plus, il convient de préciser certaines choses. Il n’était pas ici question de Peace Eco Smile, ou PES (à ne pas confondre avec un célèbre jeu vidéo), mais bien de Next Generation – PES. Peace Eco Smile premier du nom était un anime sur la sécurité routière, avec un alien découvrant les joies de la conduite (en Toyota) ; apparemment, ils ont repris le nom de cette première collaboration avec le Studio 4°C comme point de départ de ce projet, mais ont fini par utiliser la même abréviation par simplicité. De plus, ils ont conservé les même mascottes : Na, Su, et Bi.

Toyota n’avait pas lésiné sur les moyens pour attirer le visiteur. Pour commencer, la société a loué un grand espace dans la partie Japon de la convention, sur lequel ils organisaient des jeux, des distributions de produits dérivés, et des tombolas. Du côté du Studio 4°C, les réalisateurs Toshiyuki Kubooka (Berserk) et Tatsuyuki Tanaka (Genius Party) avaient fait le déplacement, ainsi que Una (la chanteuse d’un des clips), et même Eiko Tanaka, la directrice du studio. Malheureusement, cette dernière s’est cantonné à un rôle de manager, et n’est pas intervenu directement lors des conférences ; dommage, car ce n’est pas tous les jours qu’une personnalité comme elle vient en France.
Pour mobiliser les spectateurs lors de leur conférence publique, ils ont eu l’idée de proposer à chacun des dessins originaux des films Berserk ; cela semble avoir eu son petit effet, car malgré un nom de projet pas forcément fédérateur à priori, l’événement fût un succès. Ils avaient aussi prévu des dossiers de presse qu’ils distribuaient avant la conférence, ou même directement sur leur stand lorsqu’un journaliste y passait (ou un blogueur se faisant passer pour tel) ; celui-ci contient notamment le Peace Eco Smile d’origine.

Gettyimages for Toyota

Je vais maintenant vous parler des 3 clips diffusés à cette occasion. Néanmoins, sachez que j’ai trouvé assez peu d’informations à leur sujet, la production étant toujours en cours. De plus, les explications fournies par les intervenants n’étaient pas toujours exactes : Toshiyuki Kubooka a dans un premier temps été présenté comme le réalisateur du court-métrage Lonely Flower, avant que ce ne soit infirmé lors de la conférence de presse. Donc j’ignore qui a réalisé Lonely Flower, et son rôle dans le projet.
Je ne m’étendrai ici que sur l’animation et la réalisation de ces courts-métrages, et non sur la musique puisqu’il ne s’agit pas de mon domaine. Je n’ai rien contre Una, mais elle m’a donné l’impression d’une plante verte qui aurait pris des cours de maintien ; sur les trois questions qui lui ont été posées entre les deux conférences, elle a dû répondre la même chose, au mot près, à deux d’entre elles. Je n’avais jamais vu une idole d’aussi près, donc j’ignore si elles sont toutes aussi formatées, mais indubitablement celle-ci l’était.

¤ Kôshin : Le premier clip présenté, réalisé par Tatsuyuki Tanaka. Son style graphique – il est à la fois réalisateur et illustrateur – se ressent fortement dans cet anime, ce qui lui donne immédiatement une personnalité unique et une ambiance cyberpunk séduisante. Nous y suivons une jeune fille à bord de ce qui parait être un vaisseau spatial ; le réalisateur expliquera ensuite qu’avec l’épuisement des ressources sur Terre, les humains doivent collecter de l’énergie dans l’espace. Cela résume bien le défaut de Kôshin : il n’y a pas grand chose à y comprendre, et il faut que ce soit son auteur qui vienne ensuite nous dire ce qu’il s’y passe, comment, pourquoi, et même quel message il a voulu faire passer. Non pas que l’ensemble soit hermétique, mais nous voyons juste une fille presque fusionnée avec ses machines, dont le vaisseau flotte dans le vide et qui pousse la chansonnette. Nous ne pouvons donc pas dire qu’il y ait grand chose à saisir ; ou alors, il faut parler le Japonais pour comprendre ? L’absence de sous-titres m’empêche de m’en assurer, mais je ne suis pas le seul à être resté dubitatif.
Le réalisateur nous a indiqué qu’il avait eu peu de temps pour effectuer ce travail, et je veux bien le croire : en seulement 3 minutes 30, certaines séquences d’animation sont recyclées plusieurs fois, et celle-ci s’avère globalement assez pauvre. Kôshin vaut le coup d’œil pour le talent d’illustrateur de Tatsuyuki Tanaka, mais ce n’est pas nécessairement ce que nous pouvons attendre d’un anime.

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¤ Lonely Flower : Le second clip, celui dont la bande-son est interprétée par Una. Par contre, j’ignore encore qui fût son réalisateur. Certainement le plus marquant des trois, non seulement pour la qualité de l’animation, mais aussi pour sa recherche graphique et tout simplement pour ce qu’il nous raconte. Nous y suivons une jeune fille parcourant un monde qui dépérit sous nos yeux, pour laisser place à des forêts d’arbres morts, des déserts, des immeubles en ruine, etc…
Au moins, dans celui-là, le message est clair ; nous sentons que les artistes du Studio 4°C ont eu droit à une liberté artistique importante, car ils nous proposent ici une ambiance pour le moins sombre et fataliste. C’est d’ailleurs un des points forts de ce projet : contrairement au premier PES, celui-ci ne contient aucune référence à son sponsor à l’intérieur même des courts-métrages ; ce sont avant tout des animes financés par Toyota, et non des animes pour Toyota.
Le clip est magnifiquement réalisé, et marque les esprits en raison à la fois de sa technique et de son sujet. Les présentateurs de la conférence nous ont expliqué qu’il avait connu un accueil plus que chaleureux à Annecy, et compte-tenu de ce que nous avons pu voir, je veux bien les croire.

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¤ Le dernier court-métrage n’a pas encore de nom. Ou du moins, il est indiqué « title undecided » dans le dossier de presse, et je n’ai pas souvenir qu’ils nous aient indiqué son titre lors de la conférence. Comme il était présent, il s’agit peut-être de celui de Toshiyuki Kubooka, mais comme je n’ai aucune confirmation, je préfère ne pas m’avancer.
Cette fois, nous sommes plus dans le clip musical que réellement dans un anime traitant d’écologie. Il se présente comme un travelling arrière sur un monde dont les différents éléments vont donc nous apparaitre au fur et à mesure que la « caméra » s’éloigne.
L’intérêt de ce clip se résume donc aux spécificités du monde en question, autant dire à pas grand chose. Il s’agit avant tout d’un univers coloré et exubérant, avec énormément de personnages étranges et de petits détails décalés. Même si chaque élément bouge, l’animation elle-même n’apporte pas nécessairement de valeur ajoutée ; cela aurait pu être une simple illustration, et sa découverte progressive se résume à un gadget.
A l’instar de Kôshin, j’ignore s’il y a un message à en tirer, sinon que l’auteur possède une imagination certaine. Ou de la très bonne herbe, c’est selon.

Il est impossible de se prononcer définitivement sur Next Generation – PES, dans la mesure où il manque encore un clip, ainsi que les courts-métrages commandés par ANA ; sans parler des retouches qui seront apportées à ceux projetés lors de la conférence. Mais rien que parce que le projet a permis la conception d’un anime comme Lonely Flower, il méritait de voir le jour.
Après la présentation publique, nous avons été conviés à la conférence de presse en présence des deux réalisateurs, de la chanteuse Una, et de leurs sponsors. L’occasion de leur poser directement des questions, dans la mesure où leur intervention publique s’est limité à des échanges entre les deux présentateurs (dont un traducteur) et les invités. Évidemment, comme ils étaient là pour un anime précis, impossible de les interroger sur leurs autres travaux. Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu de cette conférence ; comme je n’ai pu noter leurs noms, les représentants de Toyota et ANA seront appelés par celui de leur société respective.

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¤ Comment est né PES ? : (Toyota) Pour nous, l’animation représentait un nouveau moyen de s’adresser au public et de diffuser un message sur l’environnement ; avec un parc de 5 millions de voitures hybrides, c’est un aspect important de notre société.
¤ Pourquoi avoir choisi de diffuser PES en France ? : (Toyota) Il s’agit d’une avant-première mondiale, nous cherchons à élargir notre communication.
¤ Pour Messieurs Kubooka et Tanaka : quelles ont été vos motivations pour rejoindre le projet ? : (M. Tanaka) C’était du boulot, donc toujours bon à prendre. Mais le thème de l’énergie m’intéressait, et m’a poussé à me poser de nombreuses questions ; par exemple, pourquoi en produit-on autant ? (M. Kubooka) Cela fait 5 ans que je travaille sur Berserk, donc cela me donnait l’occasion de faire autre chose et de changer de style. Et j’ai moi-aussi trouvé le thème intéressant.
¤ Pourquoi avoir choisi Studio 4°C pour ce projet ? : (Toyota) Par le passé, ils ont montré pouvoir sortir des animes différents de ce que nous voyons habituellement. De plus, ils possèdent une véritable politique de diffusion à l’internationale, cela correspondait bien à notre ambition.
¤ Pour Monsieur Tanaka : quel message avez-vous voulu faire passer avec votre clip ? : (M. Tanaka) Je voulais déjà qu’il soit agréable à regarder. Dedans, vous avez dû remarquer la présence d’une étoile ; c’est le symbole de ce qui brille au fond de chacun de nous. Là, je compte m’engager dans la production d’un anime plus long sur le même sujet.
¤ Combien comptez-vous produire de courts-métrages au total ? : (Toyota) Nous souhaitons travailler avec des artistes au style marqué. Au total, il y aura 4 clips musicaux, plus 3 courts-métrages non musicaux sponsorisés par ANA.
¤ Qui s’occupera du prochain anime ? : (Toyota) Le 4ème clip sera encore très différent. Mais concernant les révélations sur le réalisateur, cela viendra plus tard.
¤ Comment la compagnie ANA s’est-elle associé au projet ? : (ANA) Nous avons rejoint Toyota et le Studio 4°C au mois de Mars 2013. Cela correspond à notre propre projet « Japan’s Cool Dream » : nous venons d’acheter plusieurs Boeing 787, le moins polluant à ce jour, et nous souhaitons être présents sur le secteur de l’environnement.
¤ Les récents événements au Japon ont-ils eu une influence sur le projet ? : (M. Kubooka) Avant cette catastrophe, je pensais que l’homme réussissait à maitriser ses sources d’énergie, et même la nature elle-même. Je me suis aperçu que je me trompais, et cela se ressent dans mon travail.
¤ Pourquoi ce choix de mélanger animation et J-pop ? : (Toyota) C’est mon idée, mais je n’y ai pas vraiment réfléchi ; je trouvais juste que le mélange fonctionnait bien.
¤ Envisageriez-vous d’incorporer à ce projet des artistes occidentaux ? : (Eiko Tanaka) Pourquoi pas ? (Toyota) A la base, il s’agit d’un projet japonais, donc nous n’avons pas pensé à des collaborations de ce genre ; mais comme nous le présentons à travers le monde, cela nous permet de faire des rencontres, et peut-être que certains se montreront intéressés.
¤ Avez-vous choisi l’animation comme vecteur auprès du jeune public occidental ? : (Toyota) Disons que l’animation se prête facilement à la diffusion dans d’autres pays et à la localisation ; il suffit de changer le doublage, parfois le fond sonore, c’est pratique.
¤ Pouvez-vous nous parler des mascottes ? : (Toyota) Elles sont trois, car nous avons trois messages à faire passer. Elles s’appellent Na, Su, et Bi, sachant que « nasubi » signifie « aubergine » en Japonais. Il y a aussi un jeu de mot sur « nabi », ou « navi », qui désigne nos navigateurs GPS.

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