Japan Expo 2013 : désormais 20% plus cool

Cette année, j’avais besoin de me changer les idées – comprenez : voir autre chose et vivre d’autres expériences – et je me suis dit que, dans le fond, il pourrait être intéressant de revenir à Japan Expo, après avoir fait l’impasse en 2012 et n’y être resté qu’un jour en 2011.
C’est donc armé de la meilleure bonne volonté du monde que je me suis rendu Parc des Expositions.

Cela fait trois fois que je reprends cet article depuis le début sans réussir à trouver la bonne formule, entre une dissection point par point de l’événement et un ramassis d’anecdotes. Donc excusez-moi par avance si je pars dans toutes les directions à la fois.
Nous sommes le Samedi 6 Juillet, il est 22h30, et je viens à peine de rentrer. Bonne idée, d’ailleurs, de prendre mon train de retour depuis la gare de l’aéroport Charles de Gaulle ; elle se trouve à seulement deux stations du Parc des Expositions, cela ne coute pas plus cher (même moins en l’occurrence), et cela permet d’éviter la foule qui retourne sur Paris. Par contre, impossible d’éviter la marée humaine formée à l’entrée de la station par ceux qui, comme chaque année, oublient qu’il faut un billet pour prendre le RER… Tiens, à propos de foule, j’en ai encore vu qui trichaient, qui prenaient la ligne B dans le mauvais sens pour ensuite faire demi-tour, assurés d’avoir une place assise.
Les jours précédents, j’avais quitté la convention relativement tôt, étant arrivé dès l’ouverture le matin, ce qui permet de profiter d’un voyage légèrement plus agréable pour rentrer à son hôtel.

Pour avoir zappé l’édition de l’année dernière, j’avais oublié à quel point il y avait du monde. Et d’un autre côté, ce monde reste un des gros points forts de l’événement ; nous pouvons dire ce que nous voulons sur Japan Expo, impossible de nier son côté fédérateur, qui permet de réunir au même endroit des individus venus des quatre coins de la France (parfois de plus loin) et qui en temps normal ne peuvent se parler que par écrans interposés. Ce fût donc un réel plaisir pour moi de revoir des personnes que je ne croise pour ainsi dire qu’en convention (autant dire pas très souvent), à commencer par les membres des forums Mata-Web, Club Shôjo, et Mangaverse ; impossible, par contre, de croiser Mackie sans passer par les salles d’interview, puisqu’il semble ne pas en avoir bouger pendant plusieurs jours. Je ne peux pas hélas! citer tout le monde, mais j’ai enfin pu rencontrer a-yin (qui m’a fait un cadeau inestimable) ainsi que Xanatos, collègue Brony que je côtoie depuis 6 ans, et avec qui j’ai passé la majeure partie de la journée de Samedi à discuter. Nous avons parlé majoritairement doublage, comics, et poney, prenant le temps d’échanger avec les sympathiques responsables du stand Brony Days, qui ont d’ailleurs tiqué sur mon t-shirt Ôban Star Racers ; ces gens ont décidément un goût très sûr !

Sur leur stand, partie fanzine (plutôt bien située pour changer), ils vendaient bien entendu de nombreux produits estampillés My Little Pony : Friendship is Magic, malheureusement ils furent dévalisés dès le premier jour… J’ai tout-de-même pu repartir avec un badge Pinkie Pie et une petite figurine de Twilight Sparkle.
Et en parlant d’achat – notez cette magnifique transition – j’estime avoir été plutôt raisonnable en la matière. Comme indiqué tantôt, j’avais prévu de me retenir concernant les manga, dans la mesure où je pourrai les trouver en librairie et qu’ils n’auraient fait qu’alourdir mon sac ; j’ai tout-de-même acquis le premier tome d’une excellente série de Satoshi Kon, Opus, publiée par les Éditions IMHO – que je remercie au passage pour leur travail et pour leur gentillesse – ainsi que des titres de Taishi Zaou et Eiki Eiki manquant encore ma collection, et j’ai profité d’une promotion sur le stand de Doki Doki (le seul à en proposer réellement) pour repartir avec l’intégralité de 7 Milliards d’Aiguille, sur les conseils de Tetho. Dans un genre différent, je suis reparti avec la première publication du collectif Esprit Doujin, consacré à Onegai Teacher et Ano Natsu de Matteru, ainsi qu’avec un dessin original des derniers films Berserk offert aux spectateurs de la conférence Peace Eco Smile (compte-rendu à venir).

Par rapport à d’autres années, j’ai noté de réels progrès en matière d’organisation. Séparer la scène principale en la plaçant dans un autre hall était par exemple une excellente idée, même si son accès était un peu caché ; cela offrait au moins un espace immense, avec une pollution sonore minimale venant du reste de la convention. Autre bon point, le regroupement des différents stands en espace très identifiés : les amateurs, les éditeurs, les vendeurs de HK (j’avais de la peine pour les quelques boutiques peut-être honnêtes perdues au milieu de ce temple de la contrefaçon), les jeunes créateurs, les organisateurs d’activité, les Japonais,… C’est d’ailleurs un phénomène de plus en plus marqué, cette présence japonaise, avec en particulier les offices du tourisme de différentes régions ; celle de Fukuoka proposait en particulier des dégustations de spécialités locales et de liqueurs, un régal (merci à Mackie pour cette trouvaille). Dans le lot, il y avait quand même des bizarreries, comme l’équipe venue promouvoir la nouvelle série Uchû Senkan Yamato au moyen de 3 produits dérivés hors-de-prix, ou encore celle vantant les mérites d’une gymnastique apparemment basée sur le ninjutsu et des costumes rose bonbon… Il y avait des trucs surréalistes, dont beaucoup qui attendaient le client.
Du côté des éditeurs, comme je l’ai déjà mentionné, rien de bien folichon, sinon quelques exclusivités et des « bonnes affaires » qui se résumaient finalement à une babiole offerte lors de l’achat de x volumes de manga. Saluons tout-de-même le choix de Kana de sortir plusieurs nouveautés très importantes une semaine avant la convention, afin de ne pas pénaliser les libraires.

Jusqu’à présent, j’ai pu donner l’impression de ne rien avoir à reprocher à cette convention, sinon le monde. Mais ce serait mal me connaitre. Nous allons donc parler des invités. Honnêtement, je ne viens plus pour eux depuis longtemps, car ils sont généralement inaccessibles, hormis ceux conviés par des éditeurs. Et encore, cela dépend du système employé par l’éditeur en question ; notons d’ailleurs que ce sont toujours les mêmes qui font l’effort de faire venir des artistes, et pas forcément les plus riches.
Par rapport à d’autres éditions, j’ai trouvé le cru relativement faible ; ceux qui ont acheté des billets premium pour les dédicaces devaient se sentir floués (tant mieux), dans la mesure où les deux principales têtes d’affiche – Tetsuo Hara et Shôji Kawamori – parlent sans doute moins au public actuel qu’un Takeshi Obata, pour ne citer que lui. Sinon, il y a des idoles, pour ceux qui aiment.
Pour ma part, ma précédente rencontre avec Kawamori reste un de mes meilleurs souvenirs liés à l’animation japonaise, et même si son Keiji compte parmi mes titres favoris, j’ai préféré ne pas miser sur Tetsuo Hara. Par contre, plusieurs membres du Studio 4°C, réputé pour ses animes originaux et sa volonté de diffusion internationale, avaient fait le déplacement pour promouvoir le projet Peace Eco Smile, et ceux-ci m’intéressaient tout-de-suite beaucoup plus ; c’est donc avec plaisir que j’ai assisté à leurs conférences.
Côté Comic Con, j’ai été très étonné de voir des files immenses pour des « stars du web » dont je n’avais strictement jamais entendu parler. Que voulez-vous, je ne suis pas à la page…

Toujours dans la catégorie « pas content », je comprends de mieux en mieux pourquoi les organisateurs du Comiket interdisent de se promener en cosplay en dehors de certaines zones précises (ils refusent aussi que les cosplayeurs prennent les transports en commun dans leur costume) ; non seulement certains sont encombrants, mais en plus, en arrêter un dans une allée déjà bondée pour le prendre en photo, cela devient vite exaspérant. D’autant qu’ils se rendent tous près de la scène dédiée à un moment ou un autre, donc si vous souhaitez vraiment les photographier, c’est à cet endroit qu’il faut aller.
Cette année, j’ai noté 3 grosses tendances. Déjà, fini Naruto et Bleach comme principaux pourvoyeurs de déguisements, la mode est à Black Butler ; ou plus exactement, la mode est à Ciel Phantomhive dans sa déjà légendaire robe rose, mais avec une différence fondamentale si vous voyez ce que je veux dire… Sérieusement, il y en avait de partout ! Impossible de se retourner sans en voir un. Et d’un point de vue plus global, j’ai aperçu beaucoup de robes à crinoline assez volumineuses. C’était soit ça, soit l’extrême inverse, à savoir une quantité minimale de tissu. J’apprécie les deux, pour des raisons très différentes. L’autre tendance, nouvelle, c’est le cosplay familiale : par exemple une Madame Red pour accompagner une fille habillée en Ciel, mais j’ai surtout eu un gros coup de cœur pour un duo Aladdin / Ali Baba de Magi, dont la différence de taille était conforme à celles des personnages, puisque incarnés respectivement par une mère et sa petite fille.
Je me souviens avoir été parfois très déçu par le niveau des cosplays, composés en majorité de membres d’Akatsuki, de chefs de division de Shinigami, de gothic lolitas armées d’un carnet noir, et de Yuna sous toutes ses coutures. Mais là, il y a de plus en plus de diversité et de recherche dans les costumes, c’est agréable. Même s’il y avait beaucoup trop de Ciel, dont la plupart ont acheté la panoplie toute faite sur internet.

Deux petits détails pour en finir avec les cosplays. Déjà, outre Black Butler, c’est sans nul doute My Little Pony qui l’emporte en terme de popularité ; les cosplays et les t-shirts à l’effigie de nos poneys favoris ne manquaient pas, et ça, ça me fait plaisir. Moins réjouissant, certains ont trouvé original de se déguiser en Bob Lennon et en Joueur du Grenier… Je n’ai rien contre ces deux personnalités du web, mais bordel, c’est vraiment con comme idée ! Là, c’est juste le niveau zéro.
Et en parlant de niveau zéro, la conférence d’Animeland intitulée « Le manga ne rend pas idiot » était juste surréaliste ; j’ai aperçu plusieurs personnes au premier rang se prendre la tête entre les mains, à raison. En gros, Nicolas Penedo était venu « apporter des arguments à opposer à ceux qui prétendent que les manga rendent idiots. » Tout un programme. Il a commencé par nous expliquer que certains classiques de notre littérature ont été publiés sous forme de feuilletons, exactement comme les manga ; que D’Artagnan
c’est Seiya, Portos Kuwabara (de Yuyu Hakusho), et Aramis un bishônen (c’est à ce moment précis que certains se sont laissé submerger par la consternation) ; et que le manga regorgeait de séries historiques et d’adaptations de classiques, comme ceux publiés par Soleil Manga ou Isan Manga. Bref, le manga ne rend pas idiot car Les Trois Mousquetaires n’est pas forcément plus intelligent que le shônen lambda, et parce qu’environ 0.01% des titres publiés en France sont des adaptations de vieux bouquins. Avec un sujet pareil, je m’attendais à une bonne dose de ridicule, mais je ne pensais pas à ce point.
En plus, tout le monde sait que Aramis est une fille, pas un bishônen. N’importe quoi…

Enfin, je suis satisfait par ce retour à Japan Expo ; certaines choses se sont améliorées, tandis que d’autres ne changeront jamais. J’ai eu un peu de mal à me remettre dans le bain le premier jour, j’ai fait trois fois le tour des stands sans trouver grand chose à faire, mais cela s’est beaucoup mieux dérouler le Vendredi, puisque j’ai assisté à des conférences et que j’ai plus discuté que la veille, de même que le Samedi. Ce dont je suis sûr, c’est que je me suis changé les idées, je peux donc affirmer avoir atteint mon objectif. Quant à savoir si je reviendrai l’année prochaine, il est encore trop tôt pour le dire, dans la mesure où je n’ai pas encore mon emploi du temps.

EDIT : En relisant mon présent article, je me suis aperçu que j’avais omis pas mal de petits détails. En même temps, quelle idée d’écrire après 8 heures de Japan Expo et 2 heures de train, je vous le demande… Bref, pour compenser, voici une série d’anecdotes en vrac sur la convention (j’en rajouterai encore au besoin).
¤ Première chose qui impressionne en entrant dans la convention, c’est le stand Komikku. Pour un jeune éditeur, il s’est vraiment donné les moyens de ses ambitions, en louant un espace imposant à l’endroit le plus fréquenté, donc probablement le plus coûteux.
¤ Le cosplay Totally Spies en PVC alors qu’il fait une telle chaleur, je ne suis pas sûr qu’il s’agisse d’une idée géniale. Mais les costumes eux-mêmes étaient très… intéressants.
¤ Comme vous pouvez le constater, je n’ai pris aucune photo de cosplay. Non pas que je n’en eus pas envie, mais compte-tenu de ceux qui m’intéressaient, je craignais de passer pour un pervers… Et les sweet lolitas ne portant par définition pas un déguisement, il m’était impossible de les photographier sans paraitre suspect.
¤ Avec My Little Pony : Friendship is Magic, je crois que la série la plus populaire du côté Comic Con était Doctor Who.
¤ Il y a de plus en plus de stands de nourriture, ce qui en soi est une bonne chose. Mais les prix, je ne m’y ferai jamais… Le bon vieux sandwich acheté la veille reste donc la meilleure option.

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6 commentaires pour Japan Expo 2013 : désormais 20% plus cool

  1. a-yin dit :

    Je n’ai pas fait autant de trucs que toi 🙂 mais je n’arrive toujours pas à autant aimer que d’autres les conventions. Toujours est-il que je suis ravie d’avoir pu mettre un visage sur ton nom, et d’avoir discuté un peu avec toi. D’ailleurs, je suis contente que le cadeau te plaise 😉 et j’espère que tu en prendras soin ! Et comme je n’ai pas arrêté de te le dire, il FAUT que tu lises Simple comme l’amour, vraiment 🙂 . Je me repose enfin, la journée d’hier m’a juste épuisée xD.

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    • Gemini dit :

      Tu avais d’autres obligations de ton côté, j’espère d’ailleurs que cela s’est bien passé. Pour le cadeau, ne t’inquiète pas, j’en prendrai soin. Et pour Simple comme l’amour, j’attends que tu me mettes les premiers tomes entre les mains XD

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  2. Herbv dit :

    Pour ma part, j’ai trouvé Japan Expo aussi médiocre que d’habitude, plus même vu le niveau de l’espace pro (dans son ensemble) depuis 2 ans. À part Hara qui ne m’intéresse pas, il n’y avait que des seconds couteaux en invités (comme d’hab’) et de toute façon, les animations (rencontres, conférences, tables rondes, etc) semblent toujours aussi dénuées d’intérêt, si j’ai bien compris les quelques retours que j’ai pu avoir. Ce n’est que de la kermesse géante… C’est vraiment pour pouvoir revoir des tas de connaissances que je continue d’y aller, pas pour la convention en elle-même qui n’arrive toujours pas à augmenter son niveau de jeu…

    Ceci dit, lire ton compte-rendu était intéressant, merci, surtout que celui que j’ai lu juste auparavant (celui de Morgan) est surtout composé de photos. Au plaisir de te revoir à Lyon, pour la YYC3, j’ai prévu d’y amener A-Yin 🙂

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    • a-yin dit :

      N’empêche, Hara ne m’a jamais donné envie. Mais lire les résumés qui font vraiment très nanar, ça m’inspire beaucoup!!! Je veux trop lire Keiji, mais ils ne sont pas en bibliothèque! Et la série est terminée chez Sakka 🙂 je ne sais pas pourquoi c’était stoppé dans ma tête. J’ai confondu avec Lord.

      Cette fois, je suis allée à la Japan Expo comme exposant alors c’était rigolo. Mais si j’y vais sans rien faire, juste en visiteuse, je sens que m’emmerderai car peu de chose attise mon intérêt finalement. Je verrai pour YaoiYuriCon 3 🙂 !!!

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    • Gemini dit :

      Je ne serai pas aussi catégorique que toi, même si globalement de ton avis. Pour rebondir à ce que tu as dit chez Morgan, je n’envisagerais plus d’y aller sans badge, à devoir faire la queue des heures et me coupant de certains à-côté qui donnent du piquant à l’événement ; d’ailleurs, si je ne l’avais pas eu cette année, je n’aurais pas fait le déplacement.
      Concernant les conférences, il y a encore quelques années il était possible d’échanger avec les invités, de leur poser des questions (même à Go Nagai), mais ce temps-là semble révolu… Toutes celles que j’ai fait ces dernières années à la JE étaient scriptées d’un bout à l’autre, et les présentateurs n’avaient plus qu’à lire leur texte.
      Après, il reste quand même quelques activités sympa, des curiosités par-ci par-là, mais comme je le dis dans mon compte-rendu, pas forcément de quoi tenir 4 jours (ni même 3). Heureusement, il est possible d’y retrouver des gens et de discuter, c’est une bonne occasion.

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