La Semaine du Shôjo chez le Chapelier Fou

C’est la Semaine du Shôjo, lancée par le Club Shôjo et que vous retrouvez sur de nombreux blogs. Cela tombe bien, car je fête justement 10 ans de lecture passionnée autant que passionnante.
Nous partons tous avec un sujet commun : « Quelles sont les caractéristiques d’un bon shôjo selon toi ? Qu’est ce qui t’intéresse dans les shôjo ? »
Grande question, à laquelle je vais tenter d’apporter une réponse.

S’agissant de « Qu’est ce qui t’intéresse dans les shôjo ? », je répondrai tout simplement : rien de particulier.
En effet, je ne suis pas partisan de cette idée consistant à tout intellectualiser. Pourquoi j’aime si, pourquoi j’aime ça, à partir d’un moment, c’est seulement du ressenti et cela ne s’explique pas forcément. Me demander ce qui m’intéresse dans les shôjo, cela revient à me demander ce qui m’intéresse dans les manga au sens large. En matière de manga, je lis de tout, ou presque. Et dans ce « tout, ou presque », il y a les shôjo.

Ce qu’il ne faut pas oublier les concernant, c’est qu’ils n’appartiennent pas à un genre, mais à une catégorie qui elle-même correspond à un lectorat cible : les filles. Parler d’un genre serait donc faire insulte à ce lectorat, en supposant qu’elles lisent toutes la même chose. Certes, certains types de manga seront plus présents que d’autres ; en particulier en raison du filtre exercé par les éditeurs français. Néanmoins, il faut bien comprendre que le terme « shôjo » englobe des récits aussi différents que la science-fiction, l’horreur, le fantastique, ou encore – bien entendu – la romance, mais traités de façon à satisfaire un public féminin loin d’être homogène. Ainsi, il serait difficile de trouver des points communs entre un Tokyo Babylon et un Magie Intérieure, alors que ce sont tous deux des shôjo. De la même façon, un manga comme Basara aurait de quoi en imposer à de nombreux shônen en matière d’action et de grande aventure ; j’ai d’ailleurs pu noter par le passé que les femmes mangaka pouvaient aller beaucoup plus loin que leurs homologues masculins en matière de situations macabres et sordides, à l’instar d’une Kaori Yuki dont je suis les travaux avec intérêt.

Dans de nombreux cas, la catégorie d’origine n’a pas plus d’importance que celle que le lecteur et l’éditeur veulent bien lui donner. Ce qui explique que même les éditeurs adeptes des mots « shônen » ou « shôjo » ne jouent pas forcément le jeu, selon qu’un manga corresponde ou non à l’image que le public français se fait de sa catégorie d’origine.
Par exemple, Prunus Girl est un shônen que Soleil Manga compte vendre en tant que shôjo, d’une car il parle d’amour et de deux car l’éditeur réalise le gros de ses ventes sur sa collection shôjo, laquelle bénéficie d’un lectorat fidèle. Or, s’il y a bien un genre pour lequel je considère que les shôjo explosent les shônen, c’est bien celui de la romance lycéenne. Je déteste les romances destinées en premier lieu à un public masculin ; elles ont tendance à virer au harem, à jouer la carte de la petite culotte à outrance, ou à mettre en scène un héros mou d’une indécision crasse. Des titres comme I’s ou Kimagure Orange Road comptent parmi les pires que je connaisse, des manga vides de toute substance et de tout intérêt, avec un personnage principal inintéressant. Mes seules exceptions concernent des manga jouant avant tout la carte de l’humour, comme Love Hina.

Tandis que les shôjo romantiques, à priori leur genre de prédilection, passent très bien. Pas tous, évidemment ; cela dépend d’énormément de paramètres, comme le ton et bien entendu le talent de l’auteur. Je n’ai pas supporté 100% Doubt, pour ne citer que lui. Mais par essence, je considère le shôjo bien plus apte à véhiculer des émotions, ce qui reste primordial pour une histoire d’amour. Quand j’en lis une, j’aime qu’elle soit touchante, et non crue. Bien entendu, les personnages principaux ont aussi leur importance ; je n’arriverais pas à en lire une où je n’apprécierais pas le couple vedette, ce qui est tout-à-fait subjectif ; pour Kimagure Orange Road, déjà évoqué précédemment, j’avais détesté le héros, tellement indécis et effacé qu’il finit par sortir avec une fille qu’il n’aime pas, mais n’ose pas lui dire.
Après, quand je lis un shôjo romantique, je préfère quand il ne se limite pas pour autant à sa romance. S’il m’apporte de l’humour, ou au contraire un petit côté dramatique, ce n’est pas pour me déplaire. C’est sans doute pour cela que j’adore les manga de Wataru Yoshizumi : aussi basiques soient-ils en terme d’histoire, je les trouve bien écrits, attendrissants, drôles, et rafraîchissants.

Ensuite, il ne faut pas oublier que même si les manga sont classés en fonction du lectorat cible pour lequel ils ont été écrits, de nombreux titres ne reflètent pas l’image que nous pouvons avoir de leur catégorie d’appartenance. Ainsi, dans certains cas, si nous ignorons dans quel mangashi ils ont été publiés, nous pouvons tout-à-fait nous méprendre sur leur compte. Un exemple que je cite souvent, c’est Banana Fish, car ce titre semble ne reprendre aucun des codes couramment admis des shôjo ; tout au plus, l’homosexualité affichée de nombreux personnages donnera un indice à certains lecteurs attentifs. Dans le même ordre d’idée, combien de personnes ai-je entendu citer Maison Ikkoku parmi les shôjo, sous prétexte que cela parle d’amour et que l’auteur est une femme ?
Il y a aussi ces mangaka qui ont écrit à la fois des shônen et des shôjo, avec des différences parfois loin d’être évidentes d’une série à l’autre. Prenez les CLAMP : X est un shôjo, Angelic Layer un shônen, il serait pourtant facile d’imaginer l’inverse.

En ce moment, je suis en train de lire Arata, de Yuu Watase. Il y aurait beaucoup à dire sur ce manga. Son auteur s’est illustré dans le shôjo, avec des titres comme Ayashi no Ceres, Imadoki, ou Fushigi Yugi. Seulement, Arata a été publié dans le Shônen Sunday. Par rapport à ses séries habituelles, nous noterons surtout une absence de trames – vous savez, ces arrières-plans avec des fleurs – et un personnage principal de sexe masculin ; pour le reste, nous retrouvons son style graphique parfaitement reconnaissable, ses thèmes de prédilection (ijime compris), et même un univers finalement proche de celui de Fushigi Yugi. Bref, la différence ne saute pas aux yeux. C’est pourtant un shônen (excellent au demeurant).

Je pense que ce qui peut éloigner une partie du public du shôjo, ce sont plus des à priori et peut-être, dans certains cas, un dessin typé auquel il est plus difficile d’accrocher que dans un shônen lambda. A cela s’ajoute un terme plus volontiers associé, en France, à une forme de comédie romantique en milieu scolaire, parfois mièvre, alors que le shôjo ne se limite certainement pas à ça.
Étonnamment, ces manga peuvent aller très loin dans la violence psychologique, la cruauté, ou les dérives sexuelles, des thèmes forts qui se retrouvent finalement moins dans les shônen, ou la violence sera avant tout physique. Vous me direz que la plupart conservent un ton relativement fleur bleue, mais c’est justement ce qui est stupéfiant avec cette catégorie : autant nous y trouverons des titres aussi candides que J’♥ les Sushis, autant d’autres n’auront aucun scrupule à évoquer l’inceste, le viol, ou des formes particulièrement sadiques de harcèlement moral. Au Japon, la multiplication des mangashi consacrés aux shôjo ne permet pas seulement aux éditeurs d’augmenter le nombre de séries, mais aussi de toucher des sous-catégories voire des niches de lecteurs, d’où cette diversité. Une diversité moins évidente si nous nous focalisons sur le marché français.
En fait, si j’avais un conseil à donner à ceux qui les dénigrent, ce serait de lire du Kaori Yuki, comme Angel Sanctuary, Ludwig Revolution, ou The Royal Doll Orchestra. Après un tel traitement de choc, leur vision des shôjo devrait s’en trouver bouleversée.

Pour revenir aux questions premières.
« Qu’est ce qui t’intéresse dans les shôjo ? » : Je pense y avoir répondu. Hormis pour les comédies romantiques – qui pour moi apportent un véritable plus par rapport à leurs alter-ego shônen grâce à un meilleur traitement des sentiments – les shôjo ne représentent pas nécessairement un intérêt spécifique. J’apprécie des mangaka qui se sont spécialisé dans cette catégorie, ainsi que des titres qui m’ont plu pour des raisons aussi variées que leur humour, leurs personnages, leur aventure humaine, et parfois leur trait, car j’avoue avoir un faible pour les dessins des années 70/80.
« Quelles sont les caractéristiques d’un bon shôjo selon toi ? » : Dans le cas des comédies romantiques, j’attends qu’elles me proposent plus que de la romance, comme un humour appuyé, ou un élément original destiné à les différencier du tout-venant ; néanmoins, il m’arrive d’accrocher à un titre juste bien écrit et touchant, comme c’est le cas avec ceux de Wataru Yoshizumi. Pour le reste, c’est au cas par cas. Dans la mesure où je suis notamment friand de science-fiction ou de fantastique, peu m’importe qu’il s’agisse d’un shôjo du moment qu’il est bien fait et que je prends plaisir à le lire. Il n’existe pas de recette miracle. Par contre, je sais que j’aurai du mal avec les héroïnes trop cruches, trop passives, ou trop vulgaires, ce qui aura forcément un impact sur mon appréciation de l’œuvre.
Évidemment, je mentirais si je vous disais que shônen et shôjo = même combat. Par contre, je suis convaincu qu’il n’y aucune raison de privilégier l’un par rapport à l’autre.

1

Pour terminer, j’aimerais vous donner une petite sélection de shôjo bien sympathiques à découvrir de toute urgence. J’ai déjà évoqué mes titres favoris, mais voyons si nous pouvons développer.
¤ Si vous souhaitez découvrir les shôjo par la comédie romantique scolaire, vous pouvez commencer par Mint na Bokura, Mais moi je l’aime, ou Kimi Shika Iranai de Wataru Yoshizumi, qui ont l’avantage d’être à la fois courts et représentatifs du genre. Un cran plus dramatique, vous avez Imadoki de Yuu Watase, lui-aussi très court. Beaucoup plus longs, Parmi Eux de Hisaya Nakajo et Elle & Lui de Masami Tsuda ont été plébiscités par le public.
¤ Si vous voulez rire un bon coup, je ne saurais que trop vous conseiller Host Club de Bisco Hattori, Princess Princess de Mikiyo Tsuda, Gals! de Mihona Fuji, ou Nodame Cantabile de Tomoko Ninomiya ; ce-dernier est toutefois en cours de publication.
¤ Si vous aimez le sport, Hikari no Densetsu est fait pour vous. Pour un lectorat légèrement plus âgé, vous avez Chihayafuru de Yuki Suetsugu, lui-aussi en cours de publication.
¤ Si vous voulez visiter la face obscure du shôjo, je vous recommande pour commencer Ludwig Revolution et The Royal Doll Orchestra de Kaori Yuki. Plus fournis, vous avez Angel Sanctuary du même auteur, Ayashi no Ceres de Yuu Watase, ou encore Banana Fish de Akimi Yoshida.
¤ Si vous appréciez les univers étranges et fantastiques, vous pouvez vous jeter sur Rendez-vous sous la Pluie de Bikke, L’Infirmerie après les Cours de Setona Mizushiro, Fruits Basket de Natsuki Takaya, et Please Save my Earth de Saki Hiwatari.
¤ Si vous avez soif d’aventure, vous trouverez votre bonheur avec Basara de Yumi Tamura.
¤ Si vous vous intéressez à l’histoire du manga et aux vieilles séries, je ne saurais que trop vous orienter vers les deux titres de Riyoko Ikeda disponibles en langue français : La Rose de Versailles et Très Cher Frère. Vous avez aussi Georgie, de Man Izawa et Yumiko Igarashi.

Ils participent à la Semaine du Shôjo :
-> Club Shôjo
-> Ma Petite Médiathèque
-> La Médiathèque d’Ivan Isaac
-> Paoru
-> Yaoi Cast

Publicités
Cet article, publié dans Manga, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

32 commentaires pour La Semaine du Shôjo chez le Chapelier Fou

  1. Carolus dit :

    Merci pour ta participation et ton excellent article. Je n’ai pas grand chose à ajouter car je partage ton opinion. Il y aura d’ailleurs certains aspects de ton article que nous développerons nous aussi dans notre billet.

    J'aime

  2. a-yin dit :

    Je n’ai pas osé participer à cette opération. Je voudrais tout de même ajouter, dans les shôjo (et peut-être josei vu que la frontière entre les deux est hyper ténue) très intéressants:
    – historique avec la question du genre: Le pavillon des hommes de Fumi Yoshinaga
    – historique et fantastique: Onmyôji de Reiko Okano
    – policier et SF: The Top Secret de Reiko Shimizu
    – fantastique et ectoplasmique: Le pacte des yôkai de Yuri Midorikawa, Le cortège des cent démons de Ichiko Ima, même si celui-ci a été stoppé vu que les histoires sont indépendantes
    – horreur et humoristique: Shiori et Shimiko de Morohoshi Daijirô, même si stoppé, les histoires étant indépendantes
    – aventure: La fleur millénaire de Kaneyoshi Izumi qui vient de commencer (donnons lui une chance!), Princesse Kaguya de Reiko Shimizu (certains volumes sont difficiles à trouver, mais la série est enfin annoncée pour 2 volumes par an)
    – sentimental et adulte: All my darling daughters de Fumi Yoshinaga (one-shot), Complément affectif de Mari Okazaki, Mlle Oîshi de Q-Ta Minami, Kamakura Diary de Akimi Yoshida qui vient de sortir chez Kana
    – romance: Simple comme l’amour de Fusako Kuramochi (de réputation soporifique mais ceux qui aiment la simplicité apprécieront un manga très calme), Mars de Fuyumi Soryo (même si un peu beaucoup à l’ancienne quand même)
    – old school: Le coeur de Thomas de Moto Hagio (et son anthologie A Drunken Dream and other stories disponible chez Fantagraphics)

    Ce que je constate dans le shôjo, pour les genres SF, fantastique ou aventure, c’est que les manga sont parfois imprévisibles par rapport au schéma shônen d’aventure et baston, dans lequel le héros rencontre des rivaux qui deviennent des amis après avoir montré sa supériorité par rapport aux adversaires. Souvent hein. A part le schéma de la nana qui débarque dans un monde qui n’est pas le sien et qui doit accomplir un miracle dans ce monde (la mode des années 90 xD), en aventure, du moins, je ne vois pas de schéma très défini. Sûrement qu’il y en a un: la découverte de l’amour, du sens des responsabilités et l’évolution de la jeune fille vers une femme sûrement. Mais je trouve ça moins marqué que dans le shônen. Un shôjo d’aventure mélangeant SF et fantastique, Princesse Kaguya, n’a aucun schéma défini, et on est toujours dans la surprise. De même pour Please Save My Earth finalement, on ne sait pas trop ce qui va arriver aux héros et comment ils vont régler leurs problèmes.

    J'aime

    • Gemini dit :

      Je rejoins ton observation pour la différence shôjo/shônen concernant la mort. Dans Basara, par exemple, nous avons l’impression que n’importe qui peut mourir à n’importe quel moment, là où dans un shônen, ce sera soit plus prévisible en raison de certains codes (du genre : « je regarde la photo de ma famille avant un combat »), soit impossible (les héros de Saint Seiya sont increvables). Les mangaka de shôjo aiment faire souffrir leurs personnages. Une des rares exceptions, c’est Stardust Crusaders, qui m’a justement surpris avec au moins une disparition aussi subite qu’inattendue.

      PS : C’est fou de voir à quel point, lorsque nous évoquons les meilleurs shôjo en langue française, nous finissons immanquablement par citer des flots de séries en arrêt de commercialisation, interrompues avant la fin, ou qui ne se vendent pas.

      J'aime

      • VpViennetta dit :

        Que de beau monde par ici.

        J’aime toujours établir des parallèles entre manga et littérature classique. Sans être un fervent lecteur de mangas estampillés ou apparentés shôjo (la plupart de ceux que j’ai lus et qui m’ont marqué sont dans la liste d’a-yin :x), j’ai remarqué que les schémas du théâtre classique sont abondamment repris dans les titres d’aventure des années 1980-1990.

        Familles rivales ou amitiés rompues par le sort, dilemme insoluble et amour impossible, ça rappelle énormément les tragédies selon Shakespeare, Racine ou Corneille et ça recoupe votre remarque sur l’incertitude des dénouements.

        J'aime

  3. a-yin dit :

    Et même, hormis les morts de personnages, j’étais incapable de savoir où allait Basara. C’est dense, ça part dans plusieurs directions, impossible de se dire « ah oui là on va battre tel boss ». Pareil pour Princesse Kaguya, on ne sait jamais dans quoi on va tomber. On est dans un huis clos genre Les dix petits nègres au début, on va vers du fantastique avec la malédiction, il y a une histoire de science fiction en rapport avec le clonage, des fragments de pierre de lune, une légende des nymphes célestes, euuuuh??? Ce n’est pas linéaire. Et avec tout ça, il y a des relations entre les personnages assez nombreuses xD.

    Oui, j’ai été surprise plusieurs fois dans Jojo’s en effet 🙂 . Dans chaque partie, il y a quand même des morts. Mais dans Stardut Crusaders, ça m’a quand même fait de la peine 😦 . Dans Jojo’s aussi, tout le monde ne devient pas forcément ami. Dans la saison 4 par exemple, les personnages se connaissent, certains ne peuvent se saquer, mais il y a juste une menace qui pèse sur les habitants de la ville.

    C’est fou… En effet, le shôjo ou toute lecture dite « féminine » est tellement associée aux romances! Et même certaines lectrices de shôjo vont se cantonner aux romances seules, et lire des shônen si elles veulent de l’aventure mais pas l’autre truc, qui est « au milieu » si je puis dire. A partir de là… Et je n’ai même pas cité 7 SEEDS LoL (lui il est arrêté au milieu donc…). J’aimerais beaucoup lire les oeuvres SF de Moto Hagio ^^ aaaah Marginal… et Shio Sato tant qu’on y est :).

    Je partage ton aversion pour les romances à destination masculine -__- le héros étant souvent d’un mouuuuuuuuuu.

    J'aime

    • Gemini dit :

      Carolus a récemment cité un article sur Ludwig Revolution, qui se terminait en substance par « je ne comprends pas que ce soit un shôjo, car cela n’a rien de mignon. » C’est quand même révélateur d’un certain état d’esprit, entretenu par les éditeurs français, et qui pénalise de fait tous les shôjo qui ne se cantonnent pas à la romance et à la comédie. Avec tout ça, je ne suis pas près de trouver Bride of Deimos dans la langue de Molière.

      J'aime

      • a-yin dit :

        Typiquement le genre de phrase qui me gonfle… je n’en dis pas plus. Mais ça participe complètement à l’image qu’on a de tout ce qui touche au féminin de toute manière.

        J'aime

  4. Trit’ dit :

    « Des titres comme I’s ou Kimagure Orange Road comptent parmi les pires que je connaisse »
    ► Pour KOR, c’est bien que tu aies expliqué pourquoi t’as pas aimé mais il n’empêche que tu me sembles en être resté bloqué à la surface des choses. Parce que dire que c’est vide… Non, juste non. Et je t’inviterais à aller visiter la communauté francophone des fans, d’ailleurs.

    Sinon, j’attends la sortie de Prunus Girl avec impatience ! Et comme il n’a pas été cité, que penses-tu de Limited Lovers ?

    J'aime

    • Gemini dit :

      Je ne connais pas Limited Lovers.
      Pour KOR, je persiste et signe : si cela avait suscité le moindre intérêt chez moi, j’aurais au moins réussi à finir les deux premiers volumes, puisque je les avais acheté. Quant à la communauté autour de cette série… Il y a bien une communauté autour de Twilight, alors cela ne veut pas dire grand chose.

      J'aime

  5. Yomigues dit :

    Excellent article ! Je me suis régalé o/

    J'aime

  6. Natth dit :

    Oui, c’est comme toujours un bon article très érudit ^^
    Cette obsession de la romance me saoule d’un point de vue personnel : comme je l’ai dit ailleurs (si mon message est bien passé), je n’apprécie pas les shôjo axés sur la romance. Même lorsque je reconnais leurs qualités. De plus, j’aime beaucoup les BL (ou yaoi) qui réussissent à développer un scénario intéressant en dehors de la romance. Or, le marché français actuel est loin d’être favorable à ces deux types de manga. Ca me gave, mais il est toujours possible de trouver autre chose même sans se plonger dans l’illégalité (mangas VO, VOST de divers langues, mangas français/américains/autres, fanzines, blogs BD…).

    Au passage, je pense que la jeunesse du public manga peut expliquer le manque de succès de certains shôjo. En fait, il serait bien de trouver une passerelle entre ces shôjo d’un autre genre et le public franco-belge… Mais est-ce possible ? Vu que tu parles de shônen, je noterais aussi que certains shônen à succès sont considérés comme « pour filles », comme Black Butler ou Pandora Hearts. Cela ne m’étonnerait pas que certains les considèrent comme des shôjo.

    Petite participation, ma liste de mangas shôjo personnelle (au cas aux certains titres inspireraient quelqu’un) :
    http://www.manga-news.com/index.php/collection-manga/Natth?sortby=s.serie_title+ASC&alpha=&editor=&author=&type=3&version=&etat=
    Sans oublier les VOSTA de Dazzle, Petshop of Horrors, Tactics, Drunken Dream, Andromeda Stories, A A’ et Terra E. Les trois premières séries resteront malheureusement inachevées aux Etats-Unis.

    En ce qui concerne la façon de présenter les genres en France, comment dire… Je pense qu’il faudrait abandonner les appellations japonaises. On n’en a pas besoin pour dire de quoi parle une BD ou un comic en un mot. Cela ne devrait donc pas être nécessaire pour les mangas, surtout quand le terme est trompeur. Mais je crains que le côté « ça-fait-japonais-donc-c’est-cool » soit devenu un peu trop vendeur pour y renoncer.

    J'aime

    • Gemini dit :

      Merci pour ta contribution. Mais Terra e… est un shônen écrit par une femme. Cela m’a surpris aussi.

      J'aime

      • a-yin dit :

        Il est vrai. Et c’était incroyable que Keiko Takemiya raffle un prix pour son shônen To Terra… mais aussi son shôjo Kaze To Ki No Uta :).

        @Natth: aaah… Moto Hagio. J’ai eu du bol d’avoir acheté mon A, A’, pas trop cher même si c’est un exemplaire de bibliothèque. Le dessin de Moto Hagio est vraiment magnifique. Je ne désespère pas de la lire un jour en français de nouveau (je suis toujours fâchée contre Kazé ceci dit…).

        Pour Petshop of Horrors, ceux qui lisent l’allemand peuvent se pencher dessus. Je n’ai pas encore continué pour ma part.

        J'aime

      • Natth dit :

        C’est vrai ! En plus, c’est la seconde fois que je fais la faute. J’ai vraiment du mal à m’en rappeler >_<

        J'aime

  7. Natth dit :

    Par contre, j’ai oublié de citer From Eroica with Love, série arrêtée aux Etats-unis à partir du volume 15 si je me souviens bien. On pourrait aussi parler du Sunjung coréen, type de manhwa s’adressant aux jeunes filles. Mais le manhwa étant une catégorie à lui tout seul en France, je ne suis pas sûre que le grand public connaisse l’existence de ce terme.

    Aimé par 1 personne

  8. Bidib dit :

    *en mode prise de note*

    Il m’aura fallu du temps pour venir à bout de toutes ces références !

    Article très intéressant et instructif, surtout pour la néophyte que je suis.

    Je note, au passage, que plusieurs références qui attirent mon attentions sont des séries stoppée. Ce qui confirme que les shôjo qui ne rentre pas dans le moule de l’idée qu’on se fait en France de ce que doit être « un shôjo » ont peu de chance de s’en sortir.

    Peut-être que les éditeurs devrait faire un meilleur travail d’information auprès du public. J’ai été surprise de ne pas trouver d’explication sur quoi est quoi dans les sites des éditeurs. ça manque de lisibilité quand on ne sait pas de quoi on parle. La seule chose qu’on voit c’est que le shôjo c’est pour les filles, ce qui élimine d’emblée un bonne partie du public masculin qui pourtant pourrait être intéressé par certains titre (comme le montre si bien cet article) et aussi une bonne partie du public féminin qui se dit que ça va forcement êtres des histoires d’amour.

    Franchement, j’ai surfé sur plusieurs sites d’éditeurs et aucun ne m’a donné envie de lire du shôjo (sauf peut-être le site d’Akata). Ce qui me donne envie d’en lire c’est plutôt les articles comme celui-ci. Ce qui pour moi veut dire que les éditeur ne font pas bien leur boulot. C’est a eux de nous expliquer que ça va nous plaire, non ?

    J'aime

    • Gemini dit :

      Houla, Akata… Ce sont les premiers à crier haut et fort qu’ils veulent sortir des shôjo « différents », pour ensuite publier un Fight Girl hyper-basique en prétendant que ce manga « révolutionne le manga pour filles » (authentique) ; alors qu’il n’y a pas plus primaire et stéréotypé, si ce n’est que la comédie l’emporte sur la romance. Une comédie pour filles, révolutionnaire en effet. Pareil pour leur Princess Jellyfish, c’est juste de la comédie (sauf qu’ils oublient de traduire et d’adapter une blague sur deux). Mais je ne peux pas non plus les blâmer (hormis pour la publicité mensongère) : les shôjo qui changent des poncifs, ils n’arrivent pas à les vendre, même en adaptant leur communication au mieux. La seule solution qu’ils ont trouvé, c’est de ne surtout pas dire qu’il s’agit de shôjo…
      En ce moment, si tu veux des nouveautés plus originales, même si cela reste dans un environnement quotidien, tu as Piece et Kamakura Diary, chez Kana. Par contre, à part peut-être Puzzle (que je n’ai pas lu), Akata se complait dans la caricature depuis plusieurs années.

      Anecdote amusante : j’ai déjà eu affaire à des hommes doutant de leur virilité le jour où ils ont appris que X était un shôjo alors qu’il ne ressemblait pas du tout à l’image qu’ils s’en faisaient.

      J'aime

      • a-yin dit :

        Oooh dans les années 90, Tonkam à travers son Mangavoraces, au lancement de Fushigi Yûgi a tenté d’expliquer ce qu’est le shôjo. Et pour le coup, même si on a des « jetaiimmmeeeuh », c’était un récit d’aventure dans un monde fantastique chinois. Après, je n’ai plus ce papier chez moi, ça date quand même (rien que le nom du manga…). C’était pour lancer une collection Shôjo, et il y avait dedans Angel Sanctuary, les Yuu Watase bien sûr, mais aussi le superbe Please Save My Earth. Il y a bien des sentiments, comme beaucoup d’histoires shôjo ou non, mais aussi autre chose, bien autre chose. Avec le temps, et je suppose que le succès de Fruits Basket, Nana et Peach Girl dans les années 2000 y sont pour beaucoup, le shôjo est devenu synonyme de comédie romantique (lycéenne). C’est un peu dommage.

        J'aime

      • a-yin dit :

        +1 pour Kamakura Diary qui est réellement chouette. On suit quatre personnages féminins, une collégienne, et trois autres, dans la vie active, mais toutes au profil très différent. C’est un travail très proche de All My Darling Daughters, surtout la fin du volume 2.

        J'aime

      • Gemini dit :

        Ensuite, Tonkam est passé à Magnolia, ils sous-titraient ça « le meilleur du manga au féminin », il y avait des photos – pas des dessins, des photos – de collégiens qui se bécotent en couverture, et les articles entre deux manga tournaient autour de la cuisine et de la jpop. Le truc que tu n’as pas du tout honte d’acheter chez ton libraire.

        J'aime

      • a-yin dit :

        Aaaah j’avais complètement oublié 😀 !! Mais je crois que c’était déjà le Tonkam d’aujourd’hui, et plus celui des années 90. Parce que jadis, même sans les connaissances d’aujourd’hui, et je pense que c’est dû à Mangavoraces vu que je ne lisais que du gratuit, je savais qu’un shôjo ça pouvait être du fantastique, de l’aventure, de l’horreur, de la romance, de la fantasy, etc…

        J'aime

      • Bidib dit :

        j’avoue j’ai toujours pas lu leur manga, ni Princess Jellyfish dont la version anime m’a bien fait marrer, ni d’autres tires de chez eux, mais la façon dont ils en parlent me semblait sympa

        J'aime

      • a-yin dit :

        Princess Jellyfish… Arrêté au bout du 2ème épisode de l’anime -__- ça m’a gonflée ce coup de « quand on l’habille bien et qu’on enlève ses lunettes, l’héroïne est trop mignonne ». Au secours. Depuis, je n’ai pas osé lire le manga. Mais après les clin d’oeils et autres références ça n’est pas mon truc ^^ .

        J'aime

      • Gemini dit :

        Le soucis de la version manga de Princess Jellyfish chez Akata, c’est qu’à la base, c’est un humour très japonais. Or, l’éditeur avait deux possibilités : mettre des références de partout pour expliquer les blagues, ou adapter à mort pour essayer de toucher un large public. Ils ont évidemment choisi la seconde option. Résultat, nous lisons sans arrêt des gags qui n’ont pas pu être écrits par une Japonaise, ou des cases où nous sentons qu’il y a une blague – en raison d’un élément visuel, par exemple – mais sur laquelle le traducteur et l’adaptateur ont fait totalement l’impasse. Le manga arrive à rester bon malgré tout, mais il contient beaucoup trop de passages frustrants. Je ne le recommande donc pas. D’ailleurs, hormis Fruits Basket et Divine Nanami, je ne conseille pas les shôjo Akata. Et je conseillerai Otomen le jour où il sera fini, dans la mesure où il manque 3 tomes et que nous sommes sans nouvelles depuis 2012.

        J'aime

      • a-yin dit :

        Je conseille vivement Le pacte des yôkai honnêtement, BIEN MIEUX qu’un Divine Nanami!!!

        Simple comme l’amour est également un très beau titre, à condition d’aimer les titres calmes. En gros, on suit la vie d’une jeune fille à la campagne, son histoire d’amour avec un citadin fraîchement débarqué, sa bande d’amis constitué des gamins du coin et dont elle est l’aînée, on les voit grandir jour à jour. Le ton est juste, les dessins difficiles car vieux mais ôôôô combien jolis dés qu’on les accepte (et non dénué de personnalité!). Bref, faut vraiment tenter car on a là un véritable manga sur le quotidien, sans les intrigues à la noix du shôjo de romance habituel (les jalouses, les mecs qui se battent pour l’héroïne tout ça).

        Chez Akata, il y a aussi A fleur de peau qui vaut le coup. J’aime un poil moins (mais je suis chiante). Les personnages sont pas sympa (je trouve), mais c’est aussi un atout du titre de voir des personnages passionnés, fonceurs, plein de vie. Alors que d’habitude, les héroïnes vont de « normale/banale à confiante », là, on a le chemin inverse. Une mannequin qui débarque à la campagne, qui se croit un peu le centre du monde et toutes les possibilités, et puis un drame, un traumatisme, qui va la faire déprimer. Sa dépression est décrite de manière intéressante. Enfin, l’ambiance, par les planches, le dessin, les décors est tout simplement unique. On est loin des planches fades dont on a l’habitude en shôjo romantique.

        J'aime

      • Bidib dit :

        Je note tes conseils. Merci

        Moi l’anime de Princess Jellyfish m’a beaucoup fait rire. Mais il faut omettre le fait qu’en effet il suffit d’un peu de maquillage et un jolie jupe pour qu’une fille soit méconnaissable. Perso je n’ai accordé aucun intérêt à cette partie de l’intrigue, bien qu’avec le recul je me rends bien compte que c’est le pivot central de l’histoire ^^’ J’ai aimé l’humour décalé et les personnages loufoques.
        Quant à Fruit basket, j’aime bien. C’est le premier shôjo que j’ai lu, enfin que je suis en train de lire, j’ai toujours pas fini…

        J'aime

      • Bidib dit :

        VOS conseils ^^

        J'aime

  9. Ping : Les caractéristiques d'un bon shôjo | Club Shojo

  10. Ping : La Semaine du Shôjo chez le Chapelier Fou (édition 2015) | Le Chapelier Fou

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.