Tonkam : l’éditeur historique va-t-il disparaitre ?

Le titre se veut alarmiste, mais il reflète bien ma pensée. En effet, un des éditeurs les plus présents de ma bibliothèque accumule les mauvaises nouvelles, et ne semble pas en mesure de redresser la barre au moyen de licences prometteuses.

J’avais déjà évoqué ma relation avec cet éditeur. Pour résumer, Tonkam a longtemps symbolisé le côté « underground » du manga, puisque mal distribué malgré un catalogue exceptionnel. J’ai acheté ma première série chez eux – X – par correspondance, plusieurs années après avoir commencé les manga, tout simplement car je ne les trouvais pas dans les grandes enseignes. Ensuite, j’ai dû déménager pour mes études, et cela m’a permis de me rendre dans des librairies spécialisées.
C’était incroyable de pouvoir enfin lire leurs publications : des shôjo fantastiques bien loin des romances mièvres, du Osamu Tezuka, les premiers CLAMP, les histoires courtes de Tsukasa Hojo, et tant d’autres choses. Alors que je pensais connaitre les manga, avoir enfin accès à Tonkam offrait des possibilités nouvelles. C’est donc un éditeur qui a énormément compté pour moi, et je ne crois pas avoir fait le tour de tout ce qui pouvait m’intéresser chez eux.
Pourtant, dernièrement, j’expliquais que la politique actuelle de l’éditeur me laissait « globalement indifférent ». Ce n’est pas une contradiction ; seulement une évolution.

Pour bien comprendre, je vais cette fois effectuer un historique rapide de cette société.
En 1993, Françoise et Sylvie Chang, Dominique Véret et Éric Faurie fondent Tonkam, du nom de la librairie tenue par Yu-Chi Chang. Il s’agit du premier éditeur français de manga indépendant. Dès leurs débuts, ils décident de ne pas se contenter de publier les versions manga des séries du Club Dorothée, mais des titres originaux. Alors que le public français se souvient encore de Wingman, ils démarrent avec un autre manga de son auteur Masakazu Katsura : Video Girl Aï. Ils publieront par la suite des séries de U-Jin, ainsi que la première œuvre des CLAMP disponible en langue française, j’ai nommé RG Veda. Il faut croire que cela paye, car l’éditeur se maintient à flot alors que quelques-uns de leurs concurrents commencent déjà à disparaitre ; une de leurs techniques consiste à imprimer de petits tirages, mais régulièrement.
Suivront plusieurs manga de Tsukasa Hojo et de Yuu Watase, le classique Please Save My Earth, et bien sûr les nouvelles œuvres des CLAMP et de Masakazu Katsura. C’est ensuite Kaori Yuki qui fera son entrée au catalogue de l’éditeur.

Au début des années 2000, Dominique Véret quitte la société pour fonder Akata, en partenariat avec les éditions Delcourt, qui joueront plus tard un rôle déterminant dans l’histoire de Tonkam.
Mais en attendant, c’est Pascal Lafine, recruté peu de temps après la création de la société, qui prend les commandes du catalogue, y apportant notamment Hikaru no Go. Le nombre de publications augmente, avec une véritable fidélité concernant les auteurs. Néanmoins, il est difficile de distinguer, à cette période, quelles licences furent le fait de Dominique Véret avant son départ ou de Pascal Lafine. Toujours est-il que l’éditeur continue son petit bonhomme de chemin. En 2003, ils tentent de lancer un magazine de prépublication de shôjo avec Magnolia, mais malgré la qualité de certains titres, cela se solde par un échec.
En 2005, la disparition de Yu-Chi Chang pousse les propriétaires, Françoise et Sylvie Chang, à se séparer de leurs parts, qu’elles vendent à Guy Delcourt, lequel devient actionnaire majoritaire et possède désormais deux maisons d’édition de manga. Cela s’accompagne d’une meilleure distribution des titres Tonkam, qui se trouveront plus facilement dans le commerce (même si internet avait déjà commencé à changer la donne).

A partir de là, nous rentrons dans des considérations plus personnelles. En effet, plus le temps a passé, moins j’ai trouvé mon compte dans leurs publications. Ils ont commencé à multiplier les rééditions de leur fond de catalogue dans de nouveaux formats – « bunko », « volumes doubles », « de poche », « de luxe »,… – ainsi que des titres ecchi et des séries d’une qualité discutable, comme les nombreux dérivés de Neon Genesis Evangelion ou Code Geass. J’ai par contre été séduit par leur politique concernant de vieux shôjo comme Hikari no Densetsu, ou leur récupération de licences de feu l’éditeur J’ai Lu, à commencer par Jojo’s Bizarre Adventure ; sans oublier la publication enfin complète de Wingman.
Mais les faits sont là : en ce moment, je ne suis plus que cinq séries chez cet éditeur, dont une qui ne se finira jamais (X), une qui se termine le mois prochain (G-Maru Edition), et une à un rythme « annuel si on a de la chance » (Drifters) ; le reste, c’est du Jojo’s Bizarre Adventure. Et leurs derniers titres annoncés ne m’intéressent pas le moins du monde. En fait, je serais plus tenté par quelques-unes de leurs licences plus anciennes, mais elles ne se trouvent plus en neuf pour la plupart.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette forte baisse de régime. Une des plus importantes, selon moi, vient de leurs homologues japonais. En effet, les éditeurs nippons ont tendance à ne traiter qu’avec un nombre limité de maisons françaises, qui seront leurs partenaires privilégiés. Tonkam travaille essentiellement avec Hakusensha et Shueisha, seulement ce-dernier donne désormais la priorité à sa filiale Kaze Manga, qui rafle ainsi les meilleures licences. Pour ne rien arranger, les CLAMP et récemment Kaori Yuki ont rejoint Kodansha, avec qui Tonkam est en froid suite à l’arrêt prématuré des Enquêtes de Kindaichi, et qui ne toute façon ne traite presque plus qu’avec Pika. Sachant que Hakusensha travaille beaucoup avec Akata, Tonkam se retrouve donc dans une situation délicate pour récupérer de nouvelles séries. Vous me direz qu’ils ne sont pas les seuls dans ce cas, mais ils semblent avoir plus de difficultés que d’autres à s’en sortir ; à moins qu’ils ne soient les premiers d’une longue série à montrer des signes de fatigue ?
Toujours est-il que Tonkam se trouve actuellement dans une situation encore plus délicate qu’auparavant ; avec le rachat de Soleil par le groupe Delcourt, ce sont désormais 3 éditeurs de manga que détient Guy Delcourt. Non seulement c’est beaucoup, mais en plus, Soleil Manga grignote des parts de marché, lentement mais sûrement.

En 2010, la librairie Tonkam, point de départ historique de la firme, fermait ses portes en raison d’un loyer trop élevé dont elle avait du mal à s’acquitter. Cette semaine, une autre nouvelle effrayante nous vient de l’éditeur.
Ou du moins, il s’agit d’une situation complexe qui inquiète forcément les lecteurs que nous sommes. Dans un premier temps, Manga-News publie un communiqué indiquant l’arrêt de commercialisation et la destruction de nombreuses séries Tonkam. Puis il fait place à une « erreur 404 » avant d’être remplacé par un second communiqué, adouci, qui évoque une liste de titres moins conséquente.
Voici la première version, celle rapidement effacée :

Concrètement, toutes les séries anciennes ou finies sont vouées à disparaitre dans les prochaines semaines voir les prochains jours chez vos libraires. Ainsi si vous êtes déjà lecteurs de séries issues de leurs catalogue, il devient urgent de compléter vos collections sous peine de ne plus pouvoir le faire (hormis dans les librairies d’occasion, hors certaines sont quasi introuvables). N’hésitez pas à demander à votre libraires de commander vos ouvrages manquants et d’insister si besoin.

A noter que certaines sont même déjà complétement indisponibles chez le distributeurs, seuls les stocks disponibles en librairies sont encore actifs.
Sont ainsi concernés les séries suivantes : Ayashi no ceres, toutes les séries Code Geass, Delivery, Etoile, Evangelion – Plan de complémentarité Shinji Ikari, Gakuen Heaven, Golden Boy, I »s perfect, Kizuna, La marque du destin, La petite mie du prince, Ma femme est une étudiante, Maison Ikokku, Short program, Wish…

Seront pilonnés la semaine prochaine : Fushiji Yugi, Aishite night, Anedoki, Akaboshi, AD Angel Doubt, Appare Jipangu, Cross game, les descendants des ténèbres, Embraced by the moonlight, Evangelion Gakuen Datenroku, Gate, Genkaku Picasso, Grace door, Gyo, H2, Hikari no densetsu, I »s editions simple, Ichi the killer, Kurohime, Pretty face, Shadow lady, The royal doll orchestra, Tough, les anciens numéro de Jin, Seiyuka, Shimba da ra…

L’éditeur est bien conscient de la déception que cette annonce fera auprès de ses lecteurs mais il en va de la survie de cette maison d’édition qui a vu ses ventes diminuées grandement ces dernières temps…

Et voici la seconde, celle actuellement en ligne :

Alors qu’ils fêteront leurs 20 ans d’existence prochainement, les éditions Tonkam ont le grand regret de nous annoncer qu’ils réfléchissent à mettre en arrêt de commercialisation dans les mois qui viennent un grand nombre de titres de leur fond de catalogue.
Ce dernier est particulièrement important (Tonkam étant l’un des pionniers du manga en France) et le coût de stockage de leurs séries chez leur distributeur est devenu beaucoup trop coûteux.

Nous vous conseillons donc de compléter de rapidement les manquants de vos séries suivies, afin de vous assurer d’avoir vos séries complètes lorsque ces arrêts de commercialisation seront effectifs.

L’éditeur est bien conscient de la déception que cette annonce fera auprès de ses lecteurs d’autant plus qu’elle survient après l’annonce faite ces derniers jours par Doki-doki et Pika.

Sont déjà concernés par cette annonce les titres suivants : l’ensemble de la collection sentimental comédie, Please same my earth, L’amour en cours, Asatte danse, Ennzy weezy monster, Golden boy, Keili, Maison ikkoku, la marque du destin, la petite amie du prince, le préféré de la prof, Shumari, Spirit of the sun, Taro Yamada et la première édition de Tokyo Babylon.

Dans un cas comme dans l’autre, cela ne me fait évidemment pas plaisir, puisque non seulement cela concerne des séries historiques, qui ont marqué le marché français – Please same my Earth, Maison Ikkoku, Fushigi Yugi, pour ne citer qu’elles – mais surtout car cela montre que Tonkam ne va pas bien.
Il faut bien comprendre deux choses : non seulement le stockage coute cher, mais en plus, un éditeur doit payer (de mémoire tous les 3 ans) pour maintenir une licence dans son catalogue ; s’il décide de ne pas la prolonger, il perd le droit d’écouler ses stocks et doit détruire les volumes, afin de ne pas causer de tort à un concurrent qui voudrait reprendre la série. Les revendeurs, de leur côté, peuvent continuer à commercialiser les volumes qu’ils ont acheté auprès de l’éditeur, par contre ils ne disposent que d’un délai limité pour effectuer d’éventuels retours et se faire rembourser. Autant dire qu’en ce moment, les libraires sont plus prompts à renvoyer les manga Tonkam chez eux qu’à compléter leurs étagères.

Alors, je comprends qu’il ne soit pas possible de conserver un fond éternellement. Mais surtout, les fonds de catalogue ne se vendent presque plus, et cela ne concerne pas que Tonkam. Il sort aujourd’hui tellement de manga qu’un lecteur aura déjà du mal à suivre, acheter, et lire les séries récentes; alors les anciennes, n’en parlons même pas. Certains ont même décidé de diminuer les rythmes de publication de séries qui se vendent bien, alors qu’elles sont terminées au Japon, afin qu’elles restent parmi les nouveautés le plus longtemps possible. Car pour eux, désormais, un manga fini est un manga mort ! Il suffit de prendre la première version de l’annonce : Hikari no Densetsu vient à peine de s’achever qu’il est déjà en arrêt de commercialisation ; Tonkam considère donc que les ventes potentielles de ce manga ne couvriront pas les frais de stockage et l’actualisation de la licence.
Le message est clair : « si vous n’achetez pas pas nos manga à leur sortie, nous ne garantissons ni leur poursuite ni que vous les trouverez plus tard. » Nous basculons définitivement dans un marché de l’immédiateté, ou les classiques n’auront leur place que sous forme de rééditions ; à condition que l’éditeur estime que celles-ci seront suffisamment rentables, bien sûr.

Les arrêts de commercialisation massifs + la fermeture de la boutique + la réédition à outrance de leurs titres cultes + l’échec commercial probable de Jojo’s Bizarre Adventure + leur difficulté à revenir sur le devant de la scène avec une licence forte = cela ne sent pas bon pour Tonkam. Et s’il venait à disparaitre, cela me ferait mal, car il a été marquant dans ma vie de lecteur. Alors j’espère me faire de fausses idées, mais ce que je vois m’effraye un peu, forcément.
Ce matin, j’ai voulu compléter mes Fushigi Yugi avant qu’il ne soit trop tard ; or, même avec la meilleure volonté du monde, en faisant le tour des librairies de Lyon, puis en terminant mes achats sur internet, je n’ai pu trouver que 4 tomes neufs sur les 10 manquants. Pour le reste, c’est de l’occasion, et ce n’est pas la seule série dans ce cas.
Si comme moi vous avez des titres incomplets chez cet éditeur, je ne saurais que trop vous conseiller de vite y remédier. Car après le passage du pilon, qui reste la seule chose gratuite pour un éditeur, certains seront encore plus durs à trouver qu’avant. Parmi mes shôjo favoris, 3 titres vont aller gentiment rejoindre Basara parmi les introuvables ; pour les autres, ce n’est que partie remise.

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27 commentaires pour Tonkam : l’éditeur historique va-t-il disparaitre ?

  1. Sirius dit :

    Très intéressant tout ça. Je comprends mieux comment fonctionne le monde de l’édition. Et ça prouve que ma méthode est la bonne en attendant une occasion pour me procurer les séries complètes d’un seul coup.
    Je suis devenu très frileux ces derniers temps au moment de faire mes acquisitions. Je demande toujours au libraire s’il est en mesure de me vendre les séries complètes sinon je ne me risque plus. J’ai attendu six mois avant de dénicher un tome 2 qui était sorti fin 2010 dernièrement…
    Sinon je n’ai pas beaucoup de Tonkam sur mes étagères, je ne pleurerai pas trop.

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  2. Amo dit :

    « mais surtout car cela montre que Tonkam ne va pas bien. »

    Du pilon, tout le monde en fait, même ceux qui chient de l’or. Et tu devrais lire Liar Game ou Medaka Box.

    (Tonkam, j’ai justement noté que j’y ai fait la majorité de mes achats mangas de l’an dernier. Surtout parce qu’ils prennent certains titres Shonen / Square Jump que Kazé évite pour des raisons étranges.)

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  3. Gemini dit :

    Sirius >> Autant je comprends ton système, autant il s’agit d’un cercle vicieux : si trop de lecteurs attendent qu’une série soit terminée pour l’acheter, cela augmente les chances qu’elle s’arrête avant la fin.

    Amo >> Tous les éditeurs font du pilon, certes, mais cette annonce de Tonkam impressionne de par son ampleur. De plus, cela concerne quelques titres que je connais (au moins de nom) depuis que je lis des manga, et quelques-uns de mes manga préférés, donc forcément, cela me touche particulièrement.
    Concernant leurs choix, je note qu’ils iront plus volontiers vers le volet « culotte » des Shônen Jump et consort, un terrain sur lequel leurs concurrents s’aventurent moins ; sans doute l’héritage de Masakazu Katsura. Est-ce que cela suffit à les faire tourner, je l’ignore (mais j’aime beaucoup G-Maru Edition).
    Cela se vend bien Medaka Box ?

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  4. Nock dit :

    Ce qui me choque le plus dans la première annonce (outre le fait que cet éditeur historique semble aller mal, ce qui n’est clairement pas une bonne nouvelle), c’est vraiment l’annonce du pilonnage de séries parues l’an dernier (Anedoki) ou terminées il y a peu (Shimba Ra Da). Pilonner des vieilles séries ça peut se comprendre, pilonner des séries tout juste finies est un signe de mauvaise santé financière.

    Pour rebondir sur les propos de Sirius, on peut constater que malheureusement, beaucoup de personne attendent de savoir combien de volumes va durer une série, voire attendent la parution complète d’une série, avant de se lancer (en même temps, même si c’est loin d’être systématique, je le fait aussi quelques fois). Pas sûr que ce soit génial pour les éditeurs.

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  5. Ramza dit :

    Pour compléter, il n’est pas inintéressant de lire la conf Manga Français où Pascal Laffine était présent… On a résumé le tout sur JDJ, pour rendre le tout lisible, mais Pascal semble clairement perdre la fois dans le manga (ça ne date pas d’hier cela dit), mais son intervention ‘manga – effet de mode » a tout de même surpris les éditeurs qui le connaisse depuis quelques temps.

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  6. Sirius dit :

    En fait j’ai été mal compris. Je suis régulièrement les séries qui m’intéressent et souvent à mes risques et périls (Samidare, Moonlight Act). Après, les séries comme Chihayafuru qui sort chez Pika, c’est juste une question de bon entendement de ne pas s’y risquer.

    Ce que je voulais dire concerne les séries achevées : je fais attention de ne pas me procurer quelques volumes alors que les autres ne sont pas réimprimés. C’est pour ça que je préfère me tourner vers l’occasion.

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  7. Gemini dit :

    Nock >> Pilonner des séries récentes montre aussi qu’ils ne comptent que sur les ventes immédiates, et que le long terme ne représente plus rien en terme de chiffre d’affaire.

    Ramza >> Je me suis permis de remettre ton lien à sa place (ton adresse web), mais je ne vois pas trop la relation avec l’article, sinon que la présence de Pascal Lafine. Entre nous, je comprendrais qu’il soit déprimé : 20 ans dans le métier et se faire souffler les licences et ses auteurs habituels par Kaze Manga et Pika, il y a de quoi enrager.
    Sinon, pour réagir à ton article : « quand je vois un auteur français classé dans le top 10 des ventes de mangas en France, je me dis qu’il y a de l’espoir. » Pour ma part, j’hésite entre rire ou pleurer… Car non, un auteur français qui publie en France ne fait pas du manga mais de la BD. Et pour avoir rencontré un auteur que son éditeur présentait comme écrivant des « manga français », celui-ci était le premier à reconnaitre qu’il ne faisait pas du manga, et qu’il réprouvait la politique de son éditeur. Et parler de « manga japonais », c’est un pléonasme.

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    • Ramza dit :

      Gemini > Le lien avait pour but d’illustrer l’état d’esprit de Pascal.

      Après au delà des arguments marketing (qui énerve effectivement les auteurs, Maliki me disait pareil y a deux ans), il y a des influences qui sont fortes qu’une quelconque localisation géographique. Si je n’aime pas Taniguchi c’est justement parce qu’il ne fait pas vraiment du manga mais quasiment de la BD, et je ne vais me mettre à le lire car il est de nationalité japonaise…

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  8. Rukawa dit :

    Lafine a pas tord, beaucoup de jeune se sont mis au manga par effet de mode, parce qu’ils trouvaient çà cool étant ado, l’époque où ils avaient pas de sous.
    Et puis ils n’en lisent plus une fois passé au monde adulte.
    j’ai connu enormement de personne qui il y a 10 ans aimait bcp les anime et aujourd’hui, ils ont lâché çà totalement.
    si on leur prête un DVD ou un manga, ils ont rien contre le mater/lire ‘quand ils auront le temps’. Mais c’est clairement plus leur priorité.
    ya même parfois des retours de gars qui ont un effet nostalgique, ils reviennent sur un forum qu’ils ont fréquenté ya 10 ans pour voir qui est resté. Et si tu leur demandes s’ils lisent encore des manga, la réponse sera négative. Mais je pense que si on leur en file un de temps en temps yaura aucun probleme.
    Mais de là à acheter … à la limite ils acheteront Totoro pour leur gosse mais pas plus.

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    • Vrille dit :

      Même s’il y a un fond de vérité, ça reste une vision très partielle et partiale du problème.
      L’effet de mode est sans doute avéré, dire qu’il est passé, semble plus être une forme d’immobilisme, une raison face à l’échec d’un secteur en perte de vitesse, qu’une réalité. La mode en elle même est créée par la communication médiatique.

      La seconde conjecture plausible ; le marché est arrivé à une masse critique et finit par s’effondrer (dû à une logique de remplissage des rayons). La troisième est simplement qu’il se tape l’état de salubrité économique ambiant comme n’importe quelle entité.

      Enfin ma dernière hypothèse qui me semble la plus avérée, bien que non dissociée à l’effet de «  » »mode » » », la chute du marché a pour moi 2 réelles raisons. Premièrement c’est l’incapacité de réorienter un public adolescent capté par les grosses licences, vers des licences plus modestes, mais pérennes pour le marché étant plus adaptées à un public adulte.
      Le manga devient donc dans son ensemble associé à la fin de l’enfance. Néanmoins ce point n’est pas le fait des éditeurs, mais aux boutiques spécialisées (bon nombre d’entre elles en province) qui visent majoritairement le public des ados. (De ce que j’ai pu voir) Toutes leurs communications sont pensées dans cet objectif, le problème est que leur image est bien plus associée à celle du manga en France dû à la proximité avec le consommateur, que celle du catalogue des éditeurs ou des l’image des librairies conventionnelles (bien souvent navrante dans ce domaine). Or les nouvelles générations déprécient/ringardisent ce qui les a précédé, dont la «  » »mode » » » du manga. Alors que l’ancienne s’en désintéresse pour faute, elle s’est fait abandonner dans sa prise de « maturité » (du moins dans l’image et la communication qui ne l’a vise absolument pas) par les libraires.

      Pour résumer : le marché passe son temps à essayer de vendre des roues avec une pub de jeunes en skateboard, à des vieux en fauteuil roulant. Pas étonnant qu’il se vautre.

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  9. Trit’ dit :

    « Le message est clair : « si vous n’achetez pas pas nos manga à leur sortie, nous ne garantissons ni leur poursuite ni que vous les trouverez plus tard. » Nous basculons définitivement dans un marché de l’immédiateté […] »
    ► J’en suis arrivé à la même conclusion que j’ai formulée hier matin sur Twitter (http://twitter.com/TritTriton/status/322285311377940480, http://twitter.com/TritTriton/status/322285538956677121) : désormais, tout tome de manga qui sort en librairie doit être considéré comme un collector, la simple possibilité de pouvoir reporter son achat pour plus tard (lorsque la série sera complète, notamment) n’étant plus valable de nos jours.

    Honnêtement, je trouve ça bien triste mais les impératifs économiques prenant le pas sur absolument tout le reste, nous n’avons pas le choix : c’est « Day one » ou jamais.

    Ce qui m’ennuie le plus, dans l’histoire, c’est que ça ouvre grande comme jamais la brèche au scantrad illégal qui, lui, constituera désormais le seul moyen « facile » (c’est ça ou aller les acheter au Japon, et à condition de savoir lire le japonais) d’accéder aux œuvres recherchées.

    Dommage.

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  10. Gemini dit :

    Rukawa >> Pour une mode, elle dure quand même depuis pas mal de temps, donc je suppose que les éditeurs arrivent à effectuer un bon recrutement auprès des nouveaux lecteurs.

    Trit >> Je suis bien d’accord avec toi, et j’irai même plus loin en disant que ne pas acheter un tome à sa sortie revient à diminuer ses chances de pouvoir lire le suivant un jour. Bien sûr, cela ne vaut pas pour les séries à succès, mais elles sont loin d’être majoritaires.

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    • Rukawa dit :

      effet de mode cyclique, d’une période de vie.
      la populasse se renouvelle avec plein d’ado, mais pas beaucoup de survivant après leurs 25 ans.
      on n’a au final que très peu de vrai passionnés, c’est là le probleme.

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  11. a-yin dit :

    http://www.publishersweekly.com/pw/by-topic/industry-news/comics/article/56693-manga-2013-a-smaller-more-sustainable-market.html

    Dans cet article sur l’état du marché manga aux Etats-Unis qui a connu une très belle baisse, il est question du scantrad, et de la facilité de pouvoir se procurer un manga beaucoup plus facilement en tapotant sur internet qu’en l’achetant…

    Personnellement, je prends le risque. Parce que j’estime, pour le moment, en avoir les moyens. Alors si une série me plaît beaucoup, je l’achète, même si je ne suis pas sûre d’avoir la fin. J’ai regretté de ne pas le faire dés le départ pour une série comme 7 SEEDS par exemple, ou encore Le cortège des cent démons, que j’achetais d’occasion. Onmyôji également, à ses débuts (je les achète neufs désormais), parce que parfois, attendre n’a plus de sens…

    Les impératifs économiques sont là, malheureusement. Et Tonkam n’est pas le seul à utiliser le pilon, ils n’ont juste pas été aussi gaffeurs pour le dire les autres c’est tout. D’ailleurs, je me souviens encore de cette édulcoration de news, c’était quand même très fort ^^ on passe de « liquidation » et « pilon » à « arrêt de commercialisation »… Mais les écrits restent, comme on dit…

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  12. Bidib dit :

    Article intéressant, pas de très bon augure.

    Concernant ce qui a été dit sur l’effet de mode, il y a aussi ceux qui ne lisaient pas de manga étant ado et qui s’y mettent une fois adulte (bon ok je suis peut-être pas représentante de la masse, mais je dois pas être le seule non plus).

    Ce qui m’inquiète le plus dans tout ce que je lis ici, c’est de voir que on est dans l’immédiat, qu’il faut acheter de suite au risque de voir la série disparaître. Je n’attends pas forcement que la série se termine avant de me lancer mais j’aime prendre mon temps, voir si on part sur une série très longue ou pas, lire quelques commentaires sur les premiers tomes, etc.

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  13. a-yin dit :

    je ne cache pas être blasée, mais l’immédiateté c’est complètement le monde d’aujourd’hui. Il n’y a pas que le manga, la littérature, le cinéma (on compte le succès d’un film sur son premier weekend de sortie par exemple), la BD, tout y passe. Ca m’attriste beaucoup honnêtement.

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  14. Carolus dit :

    Pour ma part, j’achète les mangas qui ont des fréquences de parution aléatoires ou longues, au fur et à mesure des sorties pour être sûre de les avoir même si j’attends ensuite pour les lire. Je me suis déjà faite avoir avec un tome de Princesse Kaguya que j’ai vraiment eu du mal à trouver. Ça m’a servi de leçon.
    bidib : non, tu n’es pas la seule. XD
    Gemini : Au sujet de cette phrase : « Pour une mode, elle dure quand même depuis pas mal de temps, donc je suppose que les éditeurs arrivent à effectuer un bon recrutement auprès des nouveaux lecteurs. » je pense effectivement que les éditeurs parviennent à recruter assez facilement de nouveaux lecteurs. Par contre, je suis d’accord avec Rukawa. Il y a aussi beaucoup de personnes que je côtoyais sur les forums de manga il y a quelques années qui ne lisent plus de mangas ou de façon occasionnelle, désormais. Les éditeurs ont donc du mal à conserver les lecteurs recrutés adolescents, une fois qu’ils deviennent adultes. Ils ne se tournent donc pas vers les seinen ou les mangas aux histoires plus matures bien que l’offre existe.

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  15. Pazu dit :

    @Sirius On peut re-re-rappeler cet article pour un topo sur le marché français (en espérant un rafraichissement des données bientôt): http://www.du9.org/dossier/le-manga-en-france/

    J’en avais retenu qu’il ne faut mieux compter que sur des séries courtes et que sortir du Detective Conan ou du Inu Yasha à 50 tomes sont des exceptions qui confirment la règle.

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  16. Herbv dit :

    Pazu, la nouvelle édition de la numérologie de du9 va arriver prochainement. Et l’était du marché français du manga y sera intégré avec une réactualisation des données.

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  17. Ping : La revue de presse du 8 au 14 avril | Club Shojo

  18. Ramza dit :

    Tiens Pazu j’en profite pour en placer un autre en attendant l’actualisation de du9 : http://www.journaldujapon.com/dossiers/bilan-manga-france-2012/

    Il manque le classement pour chiffre d’affaire mais si j’en crois une autre interview de Pascal chez Animeland, ça semble s’équilibrer.

    Je le rajoute pour préciser qu’on ne fait pas non plus -20% de ventes tous les ans. C’est pas la forme mais c’est la forme nulle part (ou a pas beaucoup d’endroits) et la multiplication des loisirs y sont pour beaucoup. Est-ce que le manga aurait un tel essor dans les années 90-2000 si les séries US avait déjà eu l’implantation qu’elles ont aujourd’hui par exemple ? Aux Etats-Unis, la chute spectaculaire de la japanime y a 2 ou 3 ans était à ce facteur d’ailleurs (enfin selon le pdg d’ANN et qq autres journalistes US).

    Et après, garder les adultes captifs ça a été très dur pendant des années mais la publication de titres comme ceux du Morning de Kodansha (Jesus et Boudha, Vagabond, Billy Bat, Cesare) ou un Thermae chez Enterbrain ainsi que les efforts de Ki-oon sur la branche seinen montre que ça évolue : le seinen finit par s’implanter, signe d’un lectorat adulte qui arrive quand même, même si on a du aller le chercher pendant quelques années, je vous l’accorde !

    Voilà dsl pour le hors-tonkam 😉

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  19. Miawka dit :

    Je me demandais justement quel était le premier message supprimé par MN. Eh ben ça pu. Pinaise. J’adore Tonkam et je suis vraiment surprise. Je ne pensais pas que l’éditeur pouvait aller si mal.

    J’ai intérêt à compléter mes AS et RG Veda deluxe avant qu’ils partent, eux aussi, au pillon. :/

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  20. marodonaXobwama dit :

    bon débarras en espérant que tout les autres suivent… tous ces pourris qui se sont bien remplis les poches durant les années 90 en profitant de l’ignorance de la foule tout en exploitant les « tching tchongerie » comme ils le pensent quand ils altéraient les manga en les dénaturant de mauvaise traduction faite à partir de l’anglais et jamais directement à partir de la langue d’origine celle des auteurs de ces oeuvres le japonais. en changeant les noms des personnages, ou encore, en inversant le sens de lecture.

    c’est justement à cause de toute cette souillure apposées racistement sur les oeuvres asiatique en toute impunité durant les années 90 et même de nos jours que le fansub et scantrad ont crût sur le web..
    quitte à avoir de la merde =c.a;d l’interférence franchouillarde là dessus, autant qu’elle soit gratuite faite par des fan pour des fan.
    « interférence franchouillarde » dans le sens qu’on a jamais de la traduction parfaite que ce soit en fansub ou dans l’éditorial comme expliquer précédèment…
    la traduction étant essentiel soit elle est correct soit elle ne l’est pas
    et dans les deux cas éditorial ou fansub elle est moyenne très moyenne
    la comparaison revient souvent avec le travaile professionnel réaliser en amérique dont la populace profite des talents.

    le japonais étant une langue subtile bien plus que le français. culture totalement décaler étrangère et différente à celle franchouillarde, que des incultes et autres analphabète de leur propre langue se mette à vouloir traduire, ils ne le font qu’à partir de l’anglais langue plus facile à entreprendre sauf qu’entre temps les amerloques ont aussi adapté trituré le sens premier japonais pour en faire ce qui leur plait selon leur convenance culturel sans parler de la censure que les évangélistes parviennent parfois à imposer sur les oeuvres japonaise.
    éloignant de ce fait par deux fois, la traduction française du véritable sens originel de l’oeuvre.

    certains essayeront de trompés le monde en prétendant que les choses se sont amélioré oui mais grâce à qui ? grâce à la liberté des échanges de la culture asiatique sur le web cette liberté que ces crevures de l’édition franchaise tente de détruire et ce pour pouvoir continuer à s’en mettre plein les fouilles!!

    bref
    si tous ces exploiteurs pouvait disparaitre ce serait un grand pas vers la démocratisation des oeuvres japonaise de manière libre.

    à savoir que les auteurs japonais sont des esclaves non seulement par leur fonctionnement mais aussi par la dictatures que leur impose les maisons d’édition japonaise. en effet les oeuvres d’un artiste ne lui appartient pas
    mais appartienne en totalité à la maison d’édition qui se réserver le droit de vendre la license dans tel ou tel pays.
    en cela quand un péon de france des « stazunis » achète un manga une bonne part, s’en va dans les poches des maisons d’éditeur national et japoanais, l’auteur ne touche qu’un pourcentage équivalent à 0,2%.
    par-contre l’auteur touche un salaire sur les ventes intérieur réaliser au japon.
    le marché du manga au japon se contentant à lui seul sachant que les oeuvres ne sont que papier et encre.
    autant dire que l’édition de manga hors du japon ne consiste qu’en enrichir la maison d’édition japonaise et en passant les parasites capitaliste occidentaux s’agglutinant dans ce système d’exploitation négrière « nihontesque » pour profiter de l’ignorance de l’auteur.
    l’auteur du manga RAVE n’était au courant que son manga était vendu en france que lorsque il pu jouir de quelque jour de vacance pour y venir croisant ses oeuvre dans une boutique de paris et surprit de leur présence.
    c’est totalement effarant qu’un auteur ne soit pas au courant de ce que son oeuvre devient ça l’est encore plus quand on sait que cette ignorance profite ainsi aux éditeurs. il est certain qu’à l’avenir les auteurs japonais en viendront à être excéder de cette traite qu’ils subissent d’exploiteurs qui utilise ensuite leur image pour faire croire à un commerce légal alors qu’il est totalement illégal immoral rappelant les heures sombres esclavagiste européenne en afrique.

    il est donc nécessaire de savoir qu’un auteur japonais n’est pas le propriétaire de son oeuvre. une fois qu’ils s’inscrivent dans la logique des maisons d’édition japonaise.
    celle-ci se réserve tout les droit .
    elle vend ainsi aux éditeurs des autres pays
    et durant les années 90 les japonais bradés leur manga, ça n’empêchait pas les éditeurs franchié de les vendres à 5€ pièce au lieu de 1 ou 2€!!
    depuis que la maison d’édition japonaise a compris que leur oeuvre japonaise était très apprécier de par le monde, depuis les année 2000 elles ont commencer à prendre en compte ces marchés étranger pourtant dont elles ne s’en soucier pas autrefois n’en avaient que faire.

    ne considérant que le marché japonais se suffisant à lui même.

    au japon pratiquement toute la population lis des manga, les variances de lecture allant de quotidiennement , régulièrement, à de temps à autre…

    alors les éditeurs japonais ont décider de gonflé les prix des licenses qui évidemment comme l’éditeur franchié qui s’était accoutumés à un certain train de vie très luxueux durant les années 80-90, en vendant chèrement les mangas qu’ils avaient acquis peu chère, comprirent qu’ils ne pourraient plus vivre ainsi en maintenant les prix si de l’autre il devaient acquérir à leur juste valeur les mangasses. comme les japonais s’était réveiller et avaient compris avoir était exploiter durant les année 80-90 augmentant alors les prix des licenses. les éditeurs franchié augmentèrent les prix des manga passant de 5€ à 8€ voir 12-16€ pour certain pour garder leur train de vie très confortable alors qu’ils auraient pu les laissé à 5€!!!

    bref le prochain posteur à coup sûr est un lickers semblable à ces monstres de résident evil à grande langue suçant les trou de balle des actionaires de la bourse boursicoteur.

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  21. toji dit :

    Je dois être un cas particulier, je n’achète plus que du Tonkam, avec Liar Game et les JoJo.

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