The National Museum of Western Art

Situé à l’entrée du parc de Ueno, The National Museum of Western Art pourra sembler superflu au visiteur en quête de dépaysement, mais il s’agit pourtant d’un lieu à ne pas manquer pour l’amateur de peinture curieux.

Kojiro Matsunaka, fils d’un ancien premier ministre de l’ère Meiji, était un homme d’affaire ayant fait fortune dans l’industrie. Passionné par l’art occidental, il avait constitué une immense collection de peintures et de sculptures, avec pour objectif final d’ouvrir un musée au Japon.
Plusieurs événements feront que son rêve ne verra pas le jour de son vivant. Avec la crise économique des années 20, il doit se séparer des pièces qu’il avait déjà ramené au Japon, qui se retrouvent dispersées dans diverses collections. L’entrepôt londonien dans lequel il avait stocké de nombreuses pièces prend feu en 1939, ne laissant derrière lui que des cendres. Heureusement, il avait confié quelques 400 œuvres à Léonce Bénédicte, directeur du Musée Rodin à Paris.
Mais en 1951, selon les termes du Traité de San Francisco, le gouvernement français s’empare de la collection Matsunaka, en tant que possession d’un pays ennemi et vaincu. Pour restaurer ses liens avec le Japon, la France la restituera en 1959 – soit 9 années après la mort de Kojiro Matsunaka – non sans l’avoir amputé de 14 pièces pour ses musées nationaux, dont des tableaux de Monet, Van Gogh, et Cézanne. Le gouvernement japonais utilisera cette collection comme base pour un musée consacré à l’art occidental, à laquelle sont venus s’ajouter au fil des années de nouvelles acquisitions et des dons issus d’autres collections privées.

Le musée rassemble à la fois des peintures et des sculptures ; sans compter les reproductions à l’entrée – dont une de La Porte des Enfers – il ne compte pas moins de deux salles consacrées exclusivement aux œuvres de Auguste Rodin.
L’entrée est de 420 yens – environ 4€ – ce qui est très raisonnable, même s’il est vrai que le musée n’est pas non plus immense. Il est divisé en plusieurs parties : « Peintures des Vieux Maîtres », « Collection Matsukata et Peintures Françaises Modernes », « Peintures du 20ème Siècle », et bien entendu « Sculptures ».

¤ « Peintures des Vieux Maîtres » est limité à une seule salle, mais d’une taille conséquente. Elle couvre une période allant du XIV au XVIIIème Siècle, avec des artistes comme Peter Rubens, Pieter Brueghel père et fils, ou encore Veronese. Des noms connus, mais aussi beaucoup de méconnus. Une salle pour couvrir 5 siècles de peinture, cela peut paraitre peu, et c’est le cas ; elle est organisée plus ou moins selon l’époque et la nationalité des œuvres exposées. Cela donne un peu l’impression que le musée a récupéré des tableaux anciens, et les a placé là car les responsables ne pouvaient pas les mettre ailleurs.

¤ « Collection Matsukata et Peintures Françaises Modernes » constitue clairement la meilleure partie du musée, elle justifie à elle-seule de s’acquitter des frais d’entrée et de sacrifier un peu de son temps. Cela commence timidement avec un Gustave Doré, plusieurs tableaux de Gustave Courbet, puis Edouard Manet, Alfred Sisley, et trois Pierre-Auguste Renoir, tout de même. Mais le meilleur est atteint avec une salle entièrement dédiée à Claude Monet, avec pas moins de 12 tableaux de l’artiste, ce qui est exceptionnel. En-dessous se trouve une dernière salle, avec notamment un John Everett Millais, deux Paul Gauguin, et un Paul Cézanne. Difficile de saisir une logique dans ce rangement ; placer un impressionniste en face d’un préraphaélite alors qu’il y a d’autres impressionnistes juste avant, je ne comprends pas tout. Mais au moins, il y a de très belles pièces.

¤ « Peintures du 20ème Siècle » propose quelques œuvres plus modernes appartenant à différents courants artistiques, là encore dans une seule salle ; Pablo Picasso y côtoie Joan Miro, Raoul Dufy, Jackson Pollock, Jean Dubuffet, et Edvard Munch. Un joli rassemblement de célébrités, pour qui aime le genre.

The National Museum of Western Art m’a rappelé El Museo Thyssen-Bornemisza de Madrid, dans le sens où il n’est pas très connu, alors qu’il renferme quelques pièces magnifiques que nous n’aurions jamais imaginé là. Un lieu inattendu et d’autant plus agréable. Certes, la collection n’est pas impressionnante en terme de quantité – les quelques 400 pièces rapportées de France comprenaient de nombreuses œuvres qui ne se rattachent pas à l’art occidental, notamment des ukiyo-e – mais l’entrée est abordable, la visite ne prend qu’une heure, et le musée est situé dans une zone de toute façon incontournable pour tout touriste qui se respecte. Un bon moyen de varier les plaisirs à Tokyo.

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3 commentaires pour The National Museum of Western Art

  1. mackie dit :

    dans un genre complètement différent, iras-tu voir l’expo Tokusatsu, au musée d’art contemporain, réalisée par Hideaki Anno? quand je vois les photos j’en bave d’envie.

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    • Gemini dit :

      Tu viens de m’apprendre son existence et je pars demain à 6h… 😦 Le temps que j’arrive ce sera sur le point de fermer… Dégouté pour le coup car je cherchais justement un truc à voir aujourd’hui… C’est décidément la journée des catastrophes…

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