Le Coin des Editeurs – Round 2

Petite mise au point concernant mon article sur les éditeurs. La question étant : choisissons-nous un manga selon son éditeur ou selon de nombreux autres critères comme l’auteur ou le synopsis ?
Ce à quoi je répondrai que cela dépend.

Le choix d’un manga selon son éditeur me semble pertinent dans certains cas, et je suis sûr que chacun peut avoir ses propres raisons. Déjà, je tiens à préciser qu’il y a plus de manga qui m’intéressent que je ne peux en acheter, donc l’éditeur peut dès lors devenir un critère comme un autre. Mais comme cet argument seul ne suffirait pas, passons aux détails.
Je lis des manga depuis plus de dix ans, j’ai observé le marcher évoluer, et j’ai appris à connaître les différents acteurs de ce marché.

Prenons Ki-oon. Il s’agit d’un éditeur travaillant peu avec des titres attendus par le lectorat, à quelques rares exceptions près lorsqu’ils publient des œuvres de mangaka déjà connus en France. Là où ils se débrouillent bien, c’est qu’ils possèdent une base de lecteurs et qu’ils réussissent régulièrement à créer l’attente auprès du public. Néanmoins, j’accroche rarement à leurs séries ; Tetsuya Tsutsui fût une de leurs rares exceptions. J’ignore si je ne suis pas le public visé ou si je n’ai tout simplement pas les mêmes goûts que l’équipe en charge du choix des séries en question, toujours est-il qu’entre nous, cela ne ressemble pas au grand amour. Dernièrement, j’ai voulu dépasser mes appréhensions pour découvrir Afterschool Charisma (dont le synopsis me semblait posséder un réel potentiel) et Front Mission (sur lequel j’ai pu lire d’élogieuses critiques) ; j’ai parcouru quelques tomes, que j’ai fini par revendre. Ces deux séries n’étaient pas spécialement mauvaises, juste trop superficielles à mon sens ; j’ai trouvé que leur intérêt s’essoufflait rapidement, en particulier Front Mission qui ne survit pas à son premier volume. Tout ceci me conforte hélas! dans l’idée que ma relation avec Ki-oon s’arrêtera aux mangaka que je connais déjà, ou que j’ai particulièrement envie de lire ; mais je doute qu’ils sortiront un jour du Riyoko Ikeda, si vous voyez ce que je veux dire.

Ma relation avec Ki-oon ne diverge pas vraiment de celle que je peux avoir avec Soleil Manga. Quand je regarde mon étagère dévolue à cet éditeur, je trouve Battle Royale, acquis car j’ai grandement apprécié le film du même nom, une biographie du Che, et quelques Osamu Tezuka publiés à l’époque où l’éditeur se trouvait plus ou moins en relation avec Asuka, et avait repris leurs licences du Maître ainsi que le format de leurs manga ; hormis le logo, vous aurez du mal à trouver des différences extérieures entre un Nanairo Inko chez Asuka et un Triton chez Soleil Manga. Là, ma curiosité risque fort de me pousser à acquérir leur Bible en manga, qui sort prochainement. Pour le reste, leur catalogue me laisse globalement indifférent.
Tout comme Panini Comics. Leur puissance financière leur a permis de mettre la main à une époque sur les licences de Tsukasa Hojo et Saint Seiya G, il leur est arrivé de publier quelques bons titres comme Planètes, Banana Fish, Host Club, ou 20th Century Boys, mais j’ai aujourd’hui du mal à me retrouver dans leurs nouvelles séries. Tant mieux, dans un sens, car leurs tarifs et la qualité parfois discutables de leurs éditions et de leurs adaptations – je dis ça, mais j’avoue qu’ils ont fait un travail réellement admirable sur les pages couleur de Saint Seiya G, justifiant presque leurs prix prohibitifs – ne me manqueront absolument pas.

Un cas diamétralement opposé, celui de Akata. Prochainement, cette maison proposera au public francophone Love so Life, petit shôjo qui ne paye apparemment pas de mine. Achat plus que probable pour ma part, car dans la catégorie des shôjo bien sympathiques, je leur ferais tout-à-fait confiance. Avec eux, je sais que je vais passer un bon moment de lecture. Je n’achète plus que des comédies romantiques chez cet éditeur – ceci dit, comme chez ses concurrents, je pourrais changer mes habitudes s’ils venaient à publier certains mangaka spécifiques – mais je sais que sur ce secteur et avec cet éditeur précis, j’aurai peu de chance d’être déçu.

Le Lézard Noir et IMHO ne sont pas des éditeurs chez qui je possède suffisamment de titres pour vraiment pouvoir me prononcer ; mais quand je cherche des manga atypiques, je sais que je pourrai trouver chez eux mon bonheur. Chez Cornélius, j’ai de nombreux titres en attente que j’aimerais acquérir, mais mon porte-feuille n’y survivrait pas. Sakka me laisse indifférent, je ne dois porter de l’intérêt à un titre Doki Doki qu’une fois tous les deux ans, et c’est pur hasard quand apparait dans le catalogue Taifu une nouveauté qui pourrait éventuellement me satisfaire.
Kaze Manga, Tonkam, Glénat, Kurokawa, et Kana me laissent globalement de marbre. Disons que je n’ai aucun reproche à leur faire, mais que leur politique diversifiée m’empêche d’émettre un avis tranché. Point positif pour eux : cela signifie que lorsqu’ils publient un auteur que j’attends ou apprécie, ou une œuvre que je souhaite lire ou chaudement recommandée, du moment que mes finances me le permettent, je ne réfléchis pas à deux fois avant de réaliser un achat. Toutefois, je tiens à préciser que Glénat m’a un peu déçu dernièrement en publiant un Btooom! qu’avec le recul j’aurais plus imaginé chez Ki-oon (et que dans ce cas je n’aurais jamais pensé tester), tandis que j’ai une image de plus en plus positive de Kaze Manga, pour la qualité de ses licences et de son travail.

Et Pika dans tout cela ? Je ne cache plus mes griefs envers cet éditeur, et j’estime qu’il a tout fait pour : ralentissements des rythmes de publication, arrêts intempestifs,… Sans compter qu’ils font régulièrement appel à un traducteur dont j’ai déjà dénoncé certaines libertés d’adaptation qui me déplaisent… Autant que possible, j’aimerais ne plus avoir de contacts avec eux. D’un autre côté, à force de faire des économies et comme ils sont soutenus par un grand groupe, ils ont les moyens de lutter avec leurs concurrents pour récolter les licences les plus attendues et donc potentiellement rentables. J’ai hésité à prendre Billy Bat après un Pluto en demi-teinte ; j’ai fini par tester un volume afin de ne pas mourir idiot, mais je n’ai pas accroché aux ficelles un peu redondantes de Naoki Urasawa, qui après un Monster prodigieux – aujourd’hui encore un de mes manga favoris – me déçoit un peu plus à chaque nouvelle série. Si d’aventure j’avais adoré ce Billy Bat, j’aurais attendu la fin de la parution pour envisager un achat, achat que j’aurais effectué en seconde-main. Et ce sera dorénavant la même chose pour chaque série de Pika, afin dans un premier temps de m’assurer qu’ils iront bien jusqu’au bout de la publication, et ensuite pour ne pas avoir à les rémunérer directement.
Quant à Sailor Moon et Sailor V, je possède déjà l’ancienne édition Glénat, qui il est vrai souffre de son sens de lecture français et de son âge. Selon l’éditeur, j’aurais pris au moins Sailor V, peut-être Sailor Moon ; dans le cas présent, j’achèterai probablement Sailor V d’occasion.
A ceux qui me diront que ce n’est pas avec une telle attitude que je vais favoriser les manga que je souhaite voir publier jusqu’au bout, je répondrai que j’ai acheté neuf tous les tomes de Nodame Cantabile sortis à ce jour, mais que nous n’avons pas pour autant la date de sortie du prochain tome. Ce alors que le précédent est paru en Avril et que le planning sur le site de l’éditeur couvre jusqu’au mois de Novembre.

Il convient de ne jamais oublier que, malheureusement, l’éditeur acquérant une licence sur notre territoire devient de facto en situation de monopole sur la licence en question. Ce serait tellement plus simple si, pour un manga donné, nous pouvions choisir entre plusieurs éditeurs selon leurs prix, la qualité de leurs éditions, et ainsi de suite. Comment ça je rêve !?
Néanmoins, j’estime qu’il existe des critères qui arrivent à différencier deux éditeurs entre eux, en particulier dans le choix des manga. Entre un shônen publié chez Tonkam et un chez Kana, j’aurais probablement plus tendance à aller vers celui de Kana même s’il va recourir probablement à des éléments plus classiques et basiques. De la même façon, une comédie romantique publiée chez Akata m’attirera plus qu’une chez Panini Comics. C’est une question d’habitude et de confiance, mais cela ne vaut que pour la découverte de nouveaux manga. Car quand un éditeur publie un titre que j’attends particulièrement, toutes ces considérations passent bien évidemment à la trappe ; même si, dans le cas de Pika, je me méfierai toujours (chat échaudé craint l’eau chaude).

Publicités
Cet article a été publié dans Manga. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Le Coin des Editeurs – Round 2

  1. Sirius dit :

    Plus tu t’avances, moins je vois où tu veux en venir. Sauf en ce qui concerne le prix (Cornelius…) aucun élément concernant l’éditeur ne m’influence vraiment. Pour répondre à la question initiale, dont tu dévies beaucoup, c’est avant tout les échos que reçoit un titre sur le web et la lecture que j’ai pu en faire à l’aide des scans qui me font l’acheter. J’ai constaté que si je me fie uniquement à l’auteur, je risque d’être déçu (Billy Bat, Amanchu). En fait la question de l’éditeur m’intéresse peu. J’en ai une autre : est-ce le coup de crayon de l’auteur ou son récit qui fait acheter une oeuvre? La question se pose quand on pense que beaucoup de séries sont achetées à partir de ce coup d’oeil furtif jeté sur un volume en librairie. Personnellement, un dessin qui a du style compense dans certains cas une histoire médiocre. Mais bon, je digresse.

    J'aime

    • VpViennetta dit :

      Tout comme une histoire bien ficelée peut compenser un dessin plus sommaire. 🙂 Tout dépend du genre de titres sur lesquels on se penche.
      La majeure partie de la production propose des story manga. De ce point de vue, il serait plus naturel de retenir le récit comme premier critère de selection (ce qui reste casse-gueule à partir de la lecture d’un simple synopsis ou d’un seul volume sur une longue série). Par contre, il reste certains mangas qui s’apparentent plus à des titres graphiques et où le scénario devient plus accessoire. Et hop, le critère change. 😉
      Par ailleurs, plus que l’histoire, c’est la narration qui séduit. C’est comme au cinéma : on a beau avoir un scénario en béton, s’il est mis en scène piteusement, le film ne fait pas d’étincelle de ce côté-là. Et le dessin joue aussi un rôle narratif, au-delà de toutes considérations esthétiques. C’est pourquoi, d’une manière générale, distinguer dessin et histoire manque souvent de pertinence. Je préfère les voir comme un tout.

      Le choix sur le seul critère de l’éditeur relève presque du mythe : il arrivera toujours un titre que l’on attend avec impatience ou qui nous intéresse d’une façon ou d’une autre chez un concurrent. Par contre, avoir de la sympathie pour un éditeur peut pousser le lecteur à donner sa chance à des titres qu’il ne convoiterait pas forcément en temps normal. Cependant, il semble y avoir des exceptions puisqu’un petit tour sur les sites de recensement de collections et on constatera qu’il existe quelques lecteurs qui achètent l’intégralité des publications d’éditeurs qui publient peu ou qui privilégient les séries courtes ou les one-shot (Ki-oon, Cornélius, Le Lézard Noir, etc.).

      C’est pour cela qu’à mon avis, les deux questions n’attendent aucune véritable réponse, « bonne ou mauvaise ». Ou plutôt le feeling a réponse à tout, que le lecteur soit averti ou pas. Feuilleter un manga, avoir un bon feeling et lui donner sa chance reste la méthode ancestrale pour choisir ses lectures. Les bonnes surprises n’en sont que meilleures.

      J'aime

    • Gemini dit :

      Le choix de l’éditeur peut jouer une fois que nous avons bien saisi ses mécanismes de fonctionnement (sans parler de la qualité habituel de ses éditions et des prix pratiqués).
      Ki-oon, même si je tombe sur un de leurs manga avec un synopsis intéressant et un dessin accrocheur, je ne le prendrai probablement pas, car la politique éditoriale de l’éditeur privilégie des styles de manga que je n’apprécie pas vraiment. J’ai voulu commencer dernièrement deux de leurs séries en m’appuyant sur leur synopsis, et j’ai été déçu. Inversement, je n’aurais sans doute pas pris Love so Life chez un éditeur autre que Akata, mais eux je leur fais confiance en matière de petits shôjo et je sais que, s’ils l’ont choisi, j’ai des chances de l’apprécier. Question d’habitude.

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s