Deux Manga Kana pour le Prix d’Un !

Ceci n’est pas une offre promotionnelle. C’est juste que j’ai deux manga sous la main dont je voudrais parler. Et ils sont tous deux publiés par Kana. Alors je fais d’une pierre deux coups.
Bon, en l’occurrence, j’aimerais effectivement en faire la promotion. Vous me connaissez, je ne suis pas du genre à faire ami-ami avec les éditeurs. Quand quelque chose me déplait, je le dis. Mais cela fonctionne dans les deux sens, et quand quelque chose me plait, je le dis aussi.

Et nous commencerons avec Nura, le Seigneur des Yokai. Ce manga exploite une tendance bien établie : reprendre un concept classique et le moderniser en y introduisant les éléments-clés du shônen actuel. Bleach l’a fait avec les shinigami, Blue Exorcist avec les exorcistes, Naruto avec les ninjas,… Comme son nom l’indique, Nura, le Seigneur des Yokai le fait avec les yokai, ces créatures issues de la tradition japonaise. Bien loin des histoires de Shigeru Mizuki, ici les yokai sont réunis en clans. Nurarihyon dirige le clan Nura, le plus puissant du Japon. Son petit-fils et héritier, Rikuo, est partiellement humain ; une situation qui provoque des tensions au sein du clan, car beaucoup doutent de sa capacité à mener le cortège des démons, d’autant plus qu’il n’a encore jamais montré posséder des pouvoirs de yokai.
Il n’y a pas si longtemps, j’ai vu une interview d’un responsable de Kana, qui expliquait que ce manga représentait une déception, car ils misaient beaucoup dessus, croyaient en son succès, mais que les ventes tardaient à décoller. En lisant ce manga, je me suis dit qu’il avait pourtant tout ce qu’il faut pour fonctionner. Mais d’un autre côté, cet échec ne me surprend qu’à moitié, car avant cette interview, je n’avais strictement jamais entendu parler de Nura, le Seigneur des Yokai, alors que je suis tout de même d’assez près le marché français du manga. Autant je trouve qu’ils ont bien travaillé leur communication sur le sympathique Psyren, autant là… Seulement, je suis la preuve vivante qu’ils ont peut-être trouvé un moyen de réparer cette petite erreur : après avoir acheté deux tomes de Prince du Tennis pour compléter ma collection, j’ai eu l’agréable surprise de recevoir le tome 1, dans le cadre d’une opération lancée par l’éditeur. J’ai adoré et j’ai immédiatement acquis la suite.
Nura, le Seigneur des Yokai s’amuse à mélanger les yokai avec un style assez proche des yakuza ; le héros, Rikuo, est un de ces personnages idéalistes qui ne veulent aucune lutte entre les humains et les démons, mais cela ne l’empêche nullement de se battre. Le mangaka réussit à créer un décalage vraiment séduisant entre le monde des yokai, emprunt de légendes et de traditions, et celui des humains beaucoup plus moderne, tout en les faisant cohabiter. Les histoires tiennent à la fois de la confrontation entre ces deux univers, mais aussi aux luttes entre clans de démons, parfois au sein même du clan Nura ; elles reprennent quelques codes du yakuza eiga, mais alternent surtout, comme nombre de titres similaires, entre l’action et l’humour, tout en ménageant quelques rares effets dramatiques. Les yokai eux-mêmes sont souvent des versions combattantes des figures classiques, comme Yuki Onna, les Tengu, les Inugami, ou les Kappa.
L’histoire peut donc sembler plutôt classique, mais c’est typiquement le genre de manga qui exploite bien son idée de départ et les codes du shônen moderne, pour un résultat accrocheur et divertissant. La grosse valeur ajoutée, c’est le dessin, qui possède deux déclinaisons : une forme typique des productions actuelles, et surtout une forme plus proche des illustrations classiques ou du trait de Hiroshi Hirata, qui donne l’impression d’avoir été dessinée avec un pinceau, et employée pour certaines apparitions de yokai pour un rendu saisissant.
Pas révolutionnaire, Nura, le Seigneur des Yokai est titre avec de bons arguments, que je prends beaucoup de plaisir à découvrir tome après tome.

Changement de style avec Piece, une nouveauté du début de cet été qui m’a fait excellente impression. Lorsque Mizuho apprend le décès de Haruka, une de ses camarades de classe à l’époque du lycée, elle s’aperçoit qu’elle n’avait jamais vraiment parlé avec elle. Lors des funérailles, qui sont surtout l’occasion de retrouvailles entre les anciens élèves, elle comprend que personne ne la connaissait vraiment, ni ne lui adressait la parole. Pourtant, la mère de Haruka va la prendre à partie avec une requête étrange : retrouver l’ancien petit-ami de sa fille, de qui elle était tombée enceinte.
Un manga chaudement recommandée par les membres du forum Club Shôjo – que je salue au passage – pour qui il s’agit vraiment d’un coup de cœur. J’ai trouvé cela tout-à-fait justifié lorsque j’ai parcouru les 2 volumes publiés simultanément par Kana. Le précédent titre de l’auteur, Le Sablier, a d’ailleurs bonne réputation, mais ne l’ayant pas lu je ne me prononcerai pas.
Piece est un manga doux-amer, à la fois nostalgique et profondément mélancolique. Plusieurs anciens camarades de classe de Haruka vont enquêter sur son passé, pour mieux se rendre compte qu’ils ne la connaissaient absolument pas. Il sera assez fascinant de voir la personnalité de la jeune femme se dessiner petit-à-petit au fil des révélations et des découvertes ; elle leur a toujours paru banale, et elle l’était sûrement, mais elle n’en reste pas moins un être humain avec ses secrets, sa complexité, et ses envies.
Au-delà de Haruka, c’est un travail sur eux-mêmes que vont effectuer les protagonistes. Pas spécialement proches de son entourage, même plutôt froide, Mizuho va accepter la requête de la mère pour essayer de mieux se comprendre. Les sentiments prennent dans Piece une place aussi importante que le mystère, qui sert avant tout de fil rouge. Le dessin est clair, précis, mais aussi épuré, et vient renforcer cette impression mélancolique. Une des meilleures nouveautés de l’année, voire la meilleure à ce jour.

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2 commentaires pour Deux Manga Kana pour le Prix d’Un !

  1. Carolus dit :

    Merci de nous avoir mentionnés. 😉 Tu retrouveras ton article dans notre revue de presse qui sortira demain sur le blog.
    Je ne peux pas encore te poster un commentaire sur la série étant donné que ce manga est toujours dans ma pile à lire.

    J'aime

  2. Ping : Le meilleur du web du 13 au 19 août | Club Shojo

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