Le Coin des Editeurs

Petit tour d’horizon de mes impressions sur les éditeurs français de manga, du moins ceux chez qui je suis actuellement des séries (ce qui exclut Soleil Manga et Panini Comics). Pour chacun, j’ai indiqué les séries que je suivais.

Akata :
– Divine Nanami
Fight Girl
– Princess Jellyfish
– Otomen
Pour moi, Akata fait parti des rares éditeurs français avec une identité, incarnée sur le devant de la scène par quelques personnalités publiques qui semblent réellement passionnées par le manga et leur métier. Une démarche que j’apprécie. Et j’apprécie aussi certains de leurs choix en matière de shôjo, comme vous pouvez le remarquer. Néanmoins, j’aurais tout de même quelques reproches à leur faire. Déjà, les noms français de leurs manga ; enfin, si nous pouvons parler de « français » pour un manga intitulé Fight Girl… Ensuite, ils manquent parfois de déontologie ; voir des spécialistes comme eux des shôjo vanter l’originalité d’un Fight Girl, alors qu’ils l’ont choisi justement pour son classicisme, cela me consterne. En France, le public est persuadé qu’un shôjo est une comédie romantique, et tout shôjo qui sort de cette catégorie a aujourd’hui de bonnes chances de se planter. Ils le savent, ils l’ont vécu, donc ils se focalisent sur de la comédie romantique bien basique, qui confortera leur lectorat dans cette vision biaisée ; et je ne peux pas les blâmer pour cela : ils ont une boite à faire tourner, et des impératifs de rentabilité. Mais les voir parler de « shôjo originaux » pour des titres choisis justement car basiques et caricaturaux, c’est se foutre de la gueule du monde. Je ne comprends même pas comment, en leur for intérieur, ils peuvent cautionner ça.

Doki Doki :
Broken Blade
Doki Doki est un éditeur miraculeux. Branche manga de Bamboo – mais si, vous savez, ceux qui sortent toutes les BD du style Les Fonctionnaires, Les Gendarmes, ou Les Podologues – il est classé comme un « petit », ce qui l’oblige à fouiller un peu plus que ses concurrents pour trouver des manga inattendus. Et là, miracle, il leur arrive régulièrement de nous dégoter la petite perle. Ainsi, même s’il ne s’agit pas d’un éditeur dont je suis de près le travail, je tombe régulièrement sur de bonnes critiques sur leurs titres, ce qui me pousse à leur donner leur chance. Le marché français a besoin de maisons comme Doki Doki pour sortir des sentiers battus.

Glénat :
– Captain Tsubasa
Un seul manga !? Alors là, je vous avouerai, je suis le premier surpris. J’ai toujours eu de l’attachement pour cet éditeur historique, je ne comprends pas comment il se fait que je ne suive plus qu’un seul titre chez eux. Et encore, un titre que j’ai déjà lu ! Cela ne doit pas être le bon moment : Ashita no Joe vient de s’arrêter, j’ai abandonné Bleach à la fin du dernier arc en date car je trouvais que l’auteur tirait son histoire beaucoup trop en longueur – Naruto, tu es le prochain sur ma liste si ton arc actuel s’arrête un jour ! – et j’ai revendu un Btooom! que je trouvais infiniment trop basique et superficiel. Résultat, il ne reste que Captain Tsubasa. Et quand je regarde leurs futurs sorties, ce n’est pas tellement mieux, car je ne vois que 2001 pour m’intéresser. J’apprécie cet éditeur pour la qualité de son travail et certains choix éditoriaux audacieux, mais ce dernier point semble appartenir au passé. Le bon travail ne sert à rien s’il n’accompagne pas de bonnes licences.
Dire qu’il fût un temps pas si lointain où l’éditeur occupait la plus grande place sur mes étagères.

Kana :
– Black Butler
– Hunter x Hunter
– Naruto
– Nura, le Seigneur des Yokai
– Le Pavillon des Hommes
– Piece
Prince du Tennis
Sabu & Ichi
D’un côté, j’ai l’impression que l’éditeur jadis maitre incontesté du shônen est en perte de vitesse. De l’autre, je regarde combien de séries je suis chez lui, et c’est assez impressionnant. Pourtant, je suis surpris : quand j’ai commencé les manga, j’aurais bien imaginé qu’il publie un Prince du Tennis ou un Nura, deux shônen efficaces, mais pas du Sabu & Ichi ou du Pavillon des Hommes, qui font plus « manga d’auteur ». En fait, j’ai l’impression que Kana, au fil du temps, est passé d’éditeur ultra-commercial à éditeur plus passionné, qui va réinvestir une partie des bénéfices engendrés par ses énormes succès pour publier des titres moins rentables, mais plus prestigieux ou qu’ils auront tout simplement apprécié. C’est une politique que j’admire, et j’espère qu’ils pourront la maintenir dans l’avenir.

Kaze Manga :
– 7 Shakespeares
– Blue Exorcist
– Cyber Blue
– Fleurs Bleues
– Kuroko no Basket
Shi Ki
– Ultimo
Comme Kana, Kaze Manga est un éditeur qui m’a surpris en bien. Je m’attendais à le voir transformé en rouleau compresseur commercial après son rachat par un grand groupe nippon, focalisé sur des titres au succès annoncé, mais finalement, l’équipe arrive à maintenir – en plus des manga effectivement destinés à cartonner – des sélections moins attendues. C’est agréable. Il existe deux Kaze Manga : celui qui publie des titres efficaces comme Blue Exorcist (que j’apprécie) et que sa maison-mère oblige à sortir du Naruto et du One Piece en lieu et place de leurs éditeurs habituels (ce qui est en soi mauvais signe pour le marché français), et celui qui publie du Cyber Blue ou du Shi Ki. L’un dans l’autre, je m’y retrouve parfaitement. J’aurais même tendance à commencer à faire confiance à cet éditeur, et ça, c’est rare.

Ki-oon :
– Bride Stories
– Prophecy
Je n’ai jamais acheté autant de manga Ki-oon. Il faut dire que je n’ai jamais vraiment adhéré à leur politique ; si ses dirigeants choisissent leurs manga selon leurs goûts, alors pas de doute, nous n’avons pas du tout les mêmes. J’apprécie Tetsuya Tsutsui pour ses récits rythmés, et j’aurais pris Bride Stories quelque soit son éditeur. Mais j’ai aussi testé certains de leurs titres dernièrement, que j’ai trouvé superficiels, vides de toute substance, et finalement de tout intérêt. Par contre, force est de constater qu’ils savent vendre leurs produits. Je ne me retrouve pas dans leur catalogue, mais si d’autres lecteurs oui et que l’éditeur s’en sort grâce à ça, grand bien leur fasse. Quand Ki-oon a fait son apparition avec Element Line, je ne leur prédisais pas une longue survie, je dois bien avouer que je m’étais trompé.

Kurokawa :
– Saint Seiya : The Lost Canvas
– Les Vacances de Jésus & Bouddha
– Vinland Saga
– Yotsuba
Un éditeur qui donne de plus en plus l’impression de vouloir faire du manga « autrement », en visant autant le lecteur habituel – avec du shônen de base calqué sur le modèle du Jump – que le gamin et l’adulte issu de la BD européenne. Ils ont tout-à-fait raison de se diversifier, si ça marche. Parfois, je tombe sur un de leurs manga qui me plait, mais bien souvent sans plus. Globalement, Kurokawa me laisse plutôt indifférent, je n’ai pas grand chose à dire à son sujet.

Pika :
– High School of the Dead
Negima
– Nodame Cantabile
Là, par contre, j’ai beaucoup de choses à redire ! Pika, c’est l’usine à fric, l’éditeur qui ne vise que son bénéfice immédiat, et qui va se débarrasser de tous les titres qui ne se vendent pas suffisamment à ses yeux, au moyen d’une technique bien rodée : diminuer les rythmes de publication à tel point que le lecteur doit oublier jusqu’à l’existence des manga concernés, et si cela ne suffit pas et que les lecteurs continuent de réclamer, annoncer l’abandon de la série sans autre forme de procès. Certaines de ces ventes « faibles » suffiraient à n’importe quel de leurs concurrents, et d’autres utiliseraient les énormes bénéfices générés par un Fairy Tail pour finir plus vite les titres en difficulté. Eux non. Tout ce qui ne marche pas est mis à la poubelle, sans état d’âme, sans passion. Leur puissance financière leur permet d’acquérir de grosses licences (il suffit de se souvenir de la bataille menée pour les droits de Sailor Moon), ils achètent des séries uniquement car adaptées récemment en anime (ils comptent ensuite sur le fansub pour leur faire une publicité gratuite) ou car écrites par un mangaka un peu connu, et pour ne rien arranger, certaines de leurs traductions sont très mauvaises. Pourquoi se décarcasser quand acheter une licence vous met en situation de monopole sur celle-ci ?
J’aimerais bien racheter Sailor Moon pour remplacer ma vieille édition, ou découvrir Billy Bat ; mais il est hors de question de commencer de nouveaux titres chez ce parasite du marché français. Ou alors en occasion, pour m’assurer qu’ils ne touchent pas un centime de ma part. Je finis mes séries en cours pour peu qu’elles finissent un jour, en attendant je leur fais une publicité aux petits oignons dès que j’en ai l’occasion, après ils n’entendront plus jamais parler de moi et de mon porte-feuille.

Taifu :
Rendez-vous sous la Pluie
Je n’ai pas grand chose à dire sur cet éditeur. A l’origine, il avait misé à la fois sur du yaoi et sur des titres plus conventionnels, voire des classiques – Metropolis, la réédition de Cobra – mais avec le succès de leur gamme yaoi, ils se sont concentrés sur ce genre. Si bien qu’ils ont été obligés de créer un nouveau label pour revenir à des manga sans relations ambiguës… Rendez-vous sous la Pluie, je ne m’explique finalement pas vraiment sa présence chez Taifu, même si l’histoire joue effectivement sur les ambiguïtés ; mais je les remercie pour cette publication, que j’apprécie grandement. Pour le reste, je ne suis pas le public visé ; mais s’ils s’en sortent avec leur politique actuelle, tant mieux pour eux. Et merci encore pour la réédition de Cobra, surtout à ce tarif !

Tonkam :
– Drifters
– Hikari no Densetsu
– Wingman
X
Un peu comme comme Kurokawa, cet éditeur me laisse globalement indifférent et je n’ai pas grand chose à dire à son sujet. J’apprécie qu’il publie sporadiquement de vieux shôjo et des rééditions d’anciens succès que je n’avais pas forcément pu m’acheter à l’époque, et pour le reste, j’ai l’impression qu’ils ont perdu toute leur identité, celle qui leur avait permis de sortir un Angel Sanctuary. Parce qu’une partie de l’équipe est parti fonder Akata ? Ce n’est certainement pas sans rapport. Là, j’attends leur publication de Jojo’s Bizarre Adventure, mais je préviens d’avance : inutile de publier les saisons dans le désordre, car je ne commencerai pas mes achats avant la sortie du tome 1 de la saison 1. A bon entendeur.

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22 commentaires pour Le Coin des Editeurs

  1. Faust dit :

     » Ils le savent, ils l’ont vécu, donc ils se focalisent sur de la comédie romantique bien basique »
    -> De la romance dans Fight Girl ? Le tome 8 est sorti et il n’y en a absolument pas pour le moment…

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    • Gemini dit :

      C’est vrai que c’est original une comédie romantique sans romance. Comme le dit Akata, ça « réinvente les codes des manga pour filles ». Pour ma part, j’appelle ça une comédie. Mais tu peux être sûr que l’héroïne finira casée ; soit avec son prof soit avec son pote.

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      • Faust dit :

        Oui je sais la mangaka l’a d’ailleurs révélé dans un des tomes….mais bon, on est au 8ème tome et on n’a pas encore vu la queue d’un début d’une romance…

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      • Natth dit :

        Fight Girl m’a surtout l’air d’une histoire de lycéens comme en on en publie des centaines actuellement, et pas que dans le shôjo… Mais cela fonctionne, sans doute parce que le public du manga est plutôt jeune. Corps et Ame m’avait beaucoup plu, mais j’ai l’impression qu’Akata ne veut plus trop oser ce type de shôjo. D’un autre côté, s’il ne peuvent pas le vendre…

        Dans ce domaine, Soleil a créé la collection Gothic où s’entremêlent shônen, shôjo et seinen, Tonkam a créé le shônen girl pour le shôjo sans (trop de) guimauve dégoulinante, Ototo a classé Adekan en seinen… Tous les éditeurs ont leur solution pour vendre du shôjo non basé sur la romance, tout en faisant mine de ne pas en vendre 😀

        Pour Soleil Gemini, je pensais que tu avais peut-être lu certaines adaptations de romans en manga. Pour l’instant, je pense qu’A la recherche du temps perdu reste mon préféré.

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      • mackie dit :

        la recherche du temps perdu est pas mal, le rouge et le noir est très bon, le capital est excellent.

        par contre guerre et paix n’est guère épais (désolé) et les misérables portent bien leur nom. quand au manifeste, je l’ai trouvé trop moche pour le lire en entier.

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  2. Emmanuel dit :

    Un article intéressant, j’avais ressenti l’envie d’en faire un dans ce goût là, mais pour le coup, je n’ai plus tellement envie…
    Pour répondre sur Akata, que je connais un minimum (pas trop non plus), j’ai deux choses à dire.

    Au niveaux des titres, je suis d’accord, c’est pas toujours super heureux, mais je pense que je préfère ça à des titres laissé en japonais qui ne parlerons pas à grand monde (mais ça fait plus classe d’après certains).
    Fight Girl, le titre classique, c’est Oresama Teacher (je pense que tu le sais) et il se trouve que quand ils ont proposé « Fight Girl » à madame Tsubaki, elle a répondu très vite (moins d’une semaine, ça tient du miracle dans ce genre de cas) et elle était très enthousiasmé par ce titre qui met plus l’accent sur l’héroïne. Elle a d’ailleurs avoué préférer le titre « français » au titre original.

    Pour ce qui est des shôjo, je ne pense pas qu’ils soient particulièrement originaux sur le fond, mais peut-être un peu plus sur la forme (parce qu’ok, Jellyfish, Switch Girl etc. c’est des comédies romantiques, mais ça change un peu de ce que le genre nous réserve parfois). Mais par exemple le Pacte des Yokai, c’est du shôjo non comédie romantique (bon c’est un plantage aussi). Mais en matière de shôjo, mes préférés viennent de chez Akata (bon, je ne suis pas un spécialiste du genre non plus).

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    • Gemini dit :

      Je prends la couverture de Fight Girl, et comme indiqué tantôt, je lis que la série « réinvente les codes du manga pour filles ». Akata base une partie de sa promotion dessus. Je ne comprends pas du tout comment les amateurs de shôjo de chez Akata peuvent cautionner cela… C’est un peu comme dire que Prince du Tennis réinvente les codes du manga pour garçons. Non seulement ce n’est pas défendable, c’est surtout parfaitement faux.

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      • Emmanuel dit :

        Effectivement, j’avais oublié le texte en C4. Là, je suis assez d’accord, ce manga n’est absolument pas révolutionnaire comme ils cherchent à le vendre.
        Ceci dit, aujourd’hui, dans le milieu du manga, on a tendance à crier à l’originalité dès qu’un manga à une forme inhabituelle, sans noter que dans le fond, les codes restent toujours les mêmes et les situations aussi (je garde mon exemple de Bakuman).

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      • Gemini dit :

        C’est surtout frustrant de les voir parler d’originalité alors que l’originalité est la chose même qui peut les pousser à ne pas publier un manga, car ils savent qu’un lecteur français n’y sera pas réceptif. C’est le monde à l’envers.

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      • Emmanuel dit :

        Je sors d’un stage de trois mois chez eux, donc ce que je sais…
        Effectivement, ils ont compris qu’aujourd’hui, un truc qui sort du lot (originalité graphique ou scénaristique), ça a peu de chance de marcher. Des titres qu’ils ont sorti il y a dix, je ne suis pas sûr qu’ils les sortiraient aujourd’hui, et je ne suis même pas sûr que ça marcherait (tiens, est-ce que Fruits Basket ça aurait du succès si ça sortait aujourd’hui ? le graphisme est pas facile par exemple).
        Aujourd’hui, ils cherchent aussi à faire vivre leurs contributeurs et le fait qu’il soient intermédiaires pour Delcourt n’aide pas trop, puisque finalement, ils choisissent des titres, mais c’est Delcourt qui approuve ou non.
        Après d’un point de vue shôjo, on ne peut pas parler d’originalité, puisqu’on reste sur des comédies romantiques, mais ils choisissent quand même parfois des titres un peu poussés, ou des trucs qui, derrières la comédie romantique, ont des sujets plus pointus (shintoïsme dans Nanami, société rurale traditionnelle en opposition à la vie urbaine dans A fleur de peau ou Simple comme l’amour…) je dirais que sans faire à proprement parler dans l’originalité, ils contribuent à vraiment choisir un ensemble de titres plus ou moins cohérents.
        Mais de toute faon, je crois que l’une des seules règles qu’ils s’imposent ça reste d’éviter les mangas purement violents ou vulgaires (en évitant les shôjo qui ne parlent que de cul, ou en en prenant des qui le font à leur manière, genre Comme elles ; ou en évitant les mangas styles young seinen sombres à la Ki-Oon).
        Mais je pense clairement que ne pas avoir de gros titres porteurs (à part Switch Girl qui est quand même loin des Naruto, One Piece…) n’incite pas tellement à la prise de risque.

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  3. Emmanuel dit :

    Ah et j’oubliais, depuis quelques années, Pika est une propriété du groupe Hachette, ce qui explique surement son fonctionnement.
    Pour rappel, Hachette = premier groupe d’édition français, appartenant à je ne sais quelle richissime personne (Lagardère après vérification), qui possède pas mal de médias français et est détient des parts d’EADS (aéronautique, matériel de défense…)
    Pas sûr que ces gens-là est grand-chose à foutre du manga.

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    • Gemini dit :

      Flammarion possède un éditeur de manga. Média participations possède un éditeur de manga. Ce ne sont pas de petits groupes, bien sûr qu’ils font ça pour l’argent (en même temps la passion seule ne suffit pas à se nourrir), tout comme l’ancien dirigeant de Soleil qui disait ouvertement se moquer du manga tant que cela lui rapportait ; mais il faut croire qu’ils ont mis les bonnes personnes à la tête de leurs équipes.
      J’ai vu récemment une série d’interviews de responsables de maisons d’édition de manga. Celui de Pika ne se souvenait même pas du nom de ses publications, cela en dit long.

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      • Emmanuel dit :

        Je crois que tu fais allusion à cette série de vidéos publiées par Animeland. Celle où les questions sont d’une pertinence folle (quels sont vos plus beaux succès, vos pires échecs…), où les réponses sont à l’avenant.
        Effectivement, le cas de Pika n’était pas très brillant (quand il parlait de Kamichama Karin dans mon souvenir, c’est de celui-là dont il n’était pas foutu de se rappeler du nom), ça la fout un peu mal.

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      • Gemini dit :

        C’est bien celle-là. L’attitude de la personne de chez Pika est très différente des autres ; ces-derniers donnent l’impression de choisir leurs séries, de vouloir les défendre, là où lui ressemble à un homme d’affaire parachuté là par hasard et dont ce n’est pas le métier…

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  4. Emmanuel dit :

    Bon après tous ces commentaires, je reviens sur ton article, que je trouve, une fois de plus, intéressant.
    Pour ma part, je dirais que j’aime bien Akata (avoir découvert l’éditeur de l’intérieur, ça aide), entre autres parce qu’à défauts d’être purement originaux, ils tentent vraiment de mettre en avant des titres qui ont des choses à dire (Ki-itchi par exemple) et bien ancrés dans la culture japonaise (société, histoire, religion…)
    Un autre éditeur que j’aime bien, c’est Kana, qui donne vraiment l’impression de se servir de l’argent gagné sur Naruto pour publier des titres plus pointus (t intéressant à mon goût) : les Inio Asano, La Cité Saturne, les titres de la collection Made In. Bref, c’est un éditeur qui agit vraiment comme un éditeur devrait le faire.
    Et je trouve aussi Doki Doki intéressant comme éditeur.
    Pour Ki-oon, les titres qui m’intéressant chez eux sont ceux qui ne correspondent pas à leur images, des choses comme Kamichu ou Amanchu.

    Je regrette malgré tout que pour trop d’éditeur, le seinen ne soit jamais qu’une déclinaison plus adulte du shônen (action, érotisme, trucs glauques…) et que pas assez d’éditeurs ne s’intéressent à des titres plus de société, ou à des choses plus « inclassables » (c’est pour ça que j’aime bien Akata et Kana donc…)

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  5. inico dit :

    Perspective intéressante que l’analyse de ce qui peut nous attacher ou pas à un éditeur. Et dure épreuve que la tentative de décortiquer une ligne éditoriale, si tant est que certains en aient vraiment une.

    Même si au final, je pense que cela est vrai pour la grande majorité d’entre nous, c’est le titre et l’auteur qui vont orienter nos achats, plus que la maison d’édition.
    Quoique… dans des das cas comme un budget limité + une hésitation entre deux titres, l’éditeur peut faire pencher la balance. Tout comme une réédition luxueuse d’un titre vieillissant que l’on a déjà (en fait, dans le ce second cas, c’est quasi toujours – droits oblige – le même éditeur qui s’y colle).

    Deux choses me font préférentiellement préférer un éditeur à une autre.
    Ce qui me donne l’occasion d’ajouter trois éditeurs à ta liste.

    Panini: horreur et damnation ils ont réédités Planetes de Makoto Yukimura. Que j’eusse apprécié que ce fut un Tonkam qui s’y colle. Des pages épaisses comme du papier cigarette, jaunies… Un éditeur que je redoute clairement pour la pauvre qualité de ses bouquins. Heureusement, j’ai peu de titre d’eux (2 en tout). Ouf, ils ne font pas son Vinland Saga, et merci au ciel que Tonkam se soit collé à Wingman de Katsura et Ichi 1 de Hidéo Yamamoto.
    Tonkam, un éditeur que j’apprécie donc particulièrement pour des raisons opposées à celles qui me font honnir Panini.
    Quand à chercher chez une personnalité… je ne sais pas. Mais curieusement, j’ai pas mal de leurs titres. Je dois donc peut-être apprécier cette « ligne éditoriale » quelque part.

    S’il en est un qui en possède une, c’est bien IMHO.
    Dont j’apprécie énormément les choix « mauvais genres » (ref. l’émission radio de François Angelier sur France Info): comme Bambi de Atsushi Kaneko, Cinderalla de Junko Mizuno ou encore Carnets de Massacre de Shintaro Kago, et dont j’attends avec curiosité Blue de Naoki Yamamoto.
    A noter aussi chez eux un livre de Julien Sévéon dédié à Mamoru Oshii (que je n’ai pas).
    Donc, tu l’auras compris, s’il est un éditeur Français à forte personnalité, de qualité et qui me semble intègre (ça ne veut absolument rien dire « un éditeur intègre », mais je trouve que ça fait joli dans la phrase alors je le laisee :-p ) dont j’ai envie de faire la promotion, c’est bien IMHO.

    J’ajouterai aussi à ta liste, car j’ai quelques titres de chez eux, que leurs choix sont originaux et que les livres présentent très bien, c’est SAKKA.
    Qui ne font pas que du Jiro Taniguchi comme on pourrait vite le croire, pas seulement non plus le terrible Habitant de l’infini.
    En tête de gondole pour ma part: Pink de Kyôko Okazaki, Amours Blessantes de Kiriko Nananan et Jeux d’enfant de Q-ta Minami.

    Voilà pour les trois éditeurs que je souhaitais ajouter, pour de bonnes (ou pas) raisons.

    Et tristesse de constater que malgré ceux-là en plus, la liste n’est toujours pas exhaustive…

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    • Gemini dit :

      A partir d’un moment, le choix d’un éditeur joue. Par exemple, si tu prends un Pika, tu cours le risque de ne pas savoir si tu arriveras au bout un jour, alors que le phénomène est un peu plus rare chez ses concurrents. Pour ma part, à choisir, je préfère éviter Pika et Panini Comics comme la peste.

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    • mackie dit :

      je partage ton avis. c’est le titre qui me conduit, pas la politique éditoriale de l’éditeur, qui de toutes façons va dépendre de plus en plus de la manière dont les japonais considèrent le marché français. voir ce qui se passe avec Kazé, par exemple.

      s’il faut parler de la politique des éditeurs, qui sont avant tout des adaptateurs,, ils faut tout de même effectuer des distinctions. sans vouloir être exhaustif, grosso modo il y a les filiales d’éditeurs bien implantés en BD, comme Delcourt (Akata et Soleil), Glénat, Casterman (Sakka) et Dargaud/Lombard (Kana). Ceux-là sont de vrais pros, ayant flairé le marché depuis longtemps et conduisant leur barque comme il le font pour leurs autres parutions : équilibre et diversification entre grosses productions et titres pointus.
      ensuite il y a les indépendants spécialistes, qui effectivement essaient de survivre en se forgeant une identité, comme l’ancien Tonkam, les nouveaux Ki-oon, Doki-Doki, Ankama ou récemment Ototo (le petit frère Seinen/Shonen de Taifu). ceux-là visent un public jeune, veulent se faire une vraie place, misent sur des titres nouveaux et sur la com (Ki-oon) et même tentent des coups, quitte à foirer (Ankama avec Akiba). au moins, ils osent. (tu n’as même pas parlé d’Ankama qui édite ce formidable titre : Soil…)
      enfin il y a les indépendants pointus, qui publient plus des romans graphiques et des one-shots, comme Cornelius, IMHO…

      bref, tout n’est pas comparable, mais pour ma part je suis client de tous, même de ceux qui ont mauvaise réputation 😉

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      • Gemini dit :

        Si tu avais commencé chez Pika des titres comme 7Seeds, Sayonara Zetsubou Sensei, ou Gundam the Origin – dont certains ont été très bien accueillis par la critique – tu te montrerais probablement un peu plus méfiant envers cet éditeur.
        Nodame Cantabile, nous sommes passé à un rythme d’un tome tous les 6 mois, alors que la série est finie au Japon et que nous en sommes à plus de la moitié en France ; le dernier tome en date a été publié en Avril de cette année, le programme de Pika couvre jusqu’à Novembre et aucun nouveau tome n’est annoncé, si cela se trouve ils vont l’arrêter en catimini. Avec des ventes plus faibles sur Ashita no Joe, Glénat est allé au bout et a maintenu un rythme régulier.

        Une relation avec un éditeur, c’est aussi une relation de confiance, la confiance de se dire que, sauf catastrophe, il ira au bout de ses choix et publiera ses séries en entier. Avec Pika, cette confiance est morte : ils multiplient les nouveautés pour voir ce qui va marcher « comme par miracle » et ne semblent plus avoir d’état d’âme quand il s’agit d’arrêter une vente qui ne les satisfait pas suffisamment.

        Certes, il y a peu de chances que Billy Bat ou Sailor Moon soient arrêtés en cours de route. Mais c’est aussi ce que je me disais pour Nodame Cantabile, et nous voyons le résultat. Dorénavant, c’est une question de principe : Pika peut sortir la nouveauté qu’il veut, ce sera sans moi. Quand bien même je serais intéressé par certains de leurs titres, je sais que je pourrais généralement les trouver en import US.

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  6. Sirius dit :

    Très sympa comme article, ça donne des idées de mangas à suivre. Tu penses quoi de Divine Nanami?
    Sinon je serai bien incapable de donner le moindre avis sur les éditeurs. Ils ont tous une ou deux séries qui m’intéressent et pour le reste j’ignore ce qu’ils font.
    J’ai vu un jour une émission qui disait comment « choisir les bons éditeurs manga ». Un peu bête comme idée. Si on publie un titre qui m’intéresse, je prends. Peu importe quel éditeur.

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