Marion Louise Dahl

Dans la lignée de mes articles sur des personnages de comics, focus sur un qui n’est jamais apparu dans une planche. Alors pourquoi en parler ? Parce que je l’adore.

Début des années 90, Batman TAS va apporter sa propre pierre à l’univers de Batman ; certains changements – notamment concernant les origines de Mister Freeze, ou des personnages imaginés pour la série – auront un impact réel sur le comics. Mais certains éléments resteront dans l’ombre et ne sortiront jamais de Batman TAS ; c’est le cas de Marion Louise Dahl, ou Mary Dahl, alias Baby Doll.

Mary Dahl est une actrice souffrant d’une maladie rare, qui l’empêche de grandir. Pendant des années, elle va profiter de son physique pour incarner Baby Doll, enfant espiègle dans une série TV à succès. Mais le temps passant, les audiences chutent et les producteurs commencent à introduire de nouveaux protagonistes pour relancer l’intérêt. Ne supportant pas que d’autres viennent lui voler la vedette, Mary décide de quitter la production et d’entamer une carrière dramatique ; ce sera un cuisant échec. Commence alors une longue descente aux enfers pour la vedette déchue. Profondément perturbée par sa déchéance et son handicap, elle se remémore le dernier moment heureux de sa vie : quand elle tournait dans la série, avec les acteurs qui pour elle tenaient lieu de famille de substitution. Elle décide de les kidnapper pour recréer son environnement de l’époque, mais sera alors confrontée à Batman et Robin.

Baby Doll est clairement un personnage dramatique. Nous pouvons aisément faire le parallèle avec l’acteur américain Gary Coleman, vedette de la série Arnold & Willy, qui lui-aussi souffrait d’une pathologie bloquant sa croissance, même si ses effets ne furent pas aussi impressionnants que dans Batman TAS ; le destin tragique de Mary préfigure bien celui non moins épouvantable de Gary Coleman. En terme d’influence, nous pourrions aussi penser à l’héroïne du film Sunset Boulevard, Norma Desmond, actrice déchue qui finit par commettre l’irréparable dans un ultime instant de désespoir.
Difficile de dire si Baby Doll, à l’instar de la plupart des ennemis de Batman, est folle ou non, et si son comportement infantile s’explique car elle s’est laissé emporter par son personnage, ou si elle l’utilise pour tirer profit de son apparence juvénile. Sur ce-dernier point, j’opterai plutôt pour la seconde possibilité : nous la savons intelligente, actrice habituée à interpréter les enfants, et elle montre à la fin de sa première apparition posséder une personnalité beaucoup plus mature qu’il n’y parait, ainsi qu’une véritable voix d’adulte qu’elle camoufle habituellement. Par contre, nous pouvons effectivement douter de sa santé mentale à cet instant, tant son plan consiste uniquement à revenir à une période heureuse de sa vie, même si au passage elle décide d’éliminer un des acteurs.

Suite à l’épisode « Baby Doll », Mary Dahl refait surface quelques années plus tard. Nous ignorons ce qui a pu se passer entretemps, probablement un passage à Arkham, mais nous la retrouvons – toujours jeune malgré la trentaine passée, et cette fois habillée en femme adulte – réceptionniste et probablement gérante d’un hôtel. Mais son quotidien est compliqué, d’une part – encore – en raison de son physique, mais aussi car ses clients la reconnaissent, à la fois comme actrice déchue et comme ennemie de Batman ; il n’est pas rare que, face à certains comportements irritants, elle soit prise d’accès de colère.
En découvrant l’existence d’un autre adversaire de Batman, Killer Croc, elle pense avoir trouvé un reflet à ses propres angoisses : un personnage rejeté en raison de son apparence hors-norme. Probablement amoureuse, elle reprend son identité de Baby Doll, et s’arrange pour le libérer afin de former avec le dangereux criminel un duo digne de Bonnie et Clyde, Mary étant le cerveau et Croc les muscles. Mais, comprenant que celui-ci ne fait qu’exploiter son intelligence et n’éprouve rien pour elle, elle se range du côté de Batman. Il s’agit de la dernière apparition du personnage.

Je trouve vraiment dommage qu’elle n’ait pas eu droit à une véritable carrière au sein du comics Batman, car il s’agit vraiment d’une ennemie fascinante, complexe, et finalement aussi touchante que peut l’être Mister Freeze, car elle n’a pas eu une existence facile.

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Un commentaire pour Marion Louise Dahl

  1. Max dit :

    Je suis fan de ce personnage également (et on est beaucoup à avoir été marqué par elle dès sa première apparition)

    J'aime

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