Avis sur mes Dernières Lectures (6)

Grand retour de mes « Avis sur mes Dernières Lectures » avec du comics et du manga. Un billet avec beaucoup d’héroïsme dedans.

Barb Wire
Connaissez-vous le point commun entre The Mask, Men in Black, et Barb Wire ? Ce sont tous des comics adaptés au cinéma, sans que l’immense majorité des spectateurs ne sachent qu’il s’agit à l’origine de comics.
Barb Wire constitue probablement le plus grand rôle dans un long-métrage de Pamela Anderson, ce qui n’est pas grand chose… Disons-le franchement, le film a ses défauts, mais montre un univers post-apocalyptique du meilleur effet, et c’est cet aspect qui m’a finalement poussé vers le comics d’origine. A cette occasion, j’ai découvert que Dark Horse Comics – le 3ème éditeur américain de comics en terme de ventes – disposait tout comme Marvel Comics et DC Comics de son propre univers super-héroïque, avec ses personnages récurrents et ses lieux phares.
Là, si vous avez vu le film, vous devez penser que j’ai fumé, ou que le comics n’a en réalité aucun lien avec Pamela Anderson. Concrètement, Barb Wire est à rapprocher d’une autre adaptation, celle de Wanted : les deux versions ont trop de points communs dans les noms des personnages pour que cela tienne de la simple coïncidence, mais ensuite il faut fouiller pour trouver plus de similitudes. Dans les deux cas, exit les surhommes.
Je parle bien de surhommes et non de super-héros. Dans Barb Wire, des super-héros, il n’y en a pas ; uniquement des super-chefs de gang, qui tiennent la ville désertée par les autorités de Steel Harbor. Barb Wire est une des figures les plus connues de ce petit univers : patronne du bar le Hammerhead, elle exerce avant tout en tant que chasseuse de primes ; pas de pouvoirs, mais beaucoup d’expérience, un sang-froid à toute épreuve, une condition physique savamment entretenue, et l’aide précieuse d’un homme-ordinateur et de son frère aveugle. Barb Wire a tout de la femme fatale, évoluant dans un monde violent et presque sans lois. Et quand elle se frotte aux surhommes de tout poil, c’est plus par nécessité que par plaisir.
Ce comics est un pur produit des années 90, un titre sombre, apocalyptique, et trash, dont même le protagoniste principal ne peut être considéré comme une figure de la justice, puisqu’elle n’agit que pour l’argent ou, dans le pire des cas, pour sa propre sauvegarde. Il s’agit pourtant bien d’une héroïne attachante, mais qui ne nous donne pas pour autant envie de nous en approcher, par peur de terminer à l’hôpital. Du Dark Age dans toute sa splendeur et toute sa décadence.
Alors l’intégrale de ses aventures se lit sans déplaisir, c’est même un titre parfaitement efficace sur l’instant. Mais sans plus : certains lui trouveront l’avantage de témoigner d’une époque révolue des comics, mais sincèrement, il ne propose rien d’exceptionnel. Un bon comics, mais tout sauf une priorité dans un média qui a largement plus marquant à offrir.

Dial H for Hero #1
Dial H for Hero est une vieille licence DC Comics, régulièrement remise au goût du jour avec de nouveaux personnages. Alors que l’éditeur américain vient de lancer 52 nouvelles séries régulières – connues sous le nom de The New 52 – nous avons aussi droit à une version inédite de Dial H for Hero.
Le principe est suffisamment original pour être noté : en composant le mot « hero » au moyen d’un cadran téléphonique, un individu lambda endosse à chaque utilisation une nouvelle identité super-héroïque, avec un nom, une apparence, et un costume qui lui sont propres. Impossible de savoir à l’avance ce que le cadran nous réserve, et impossible de faire appel deux fois au même héros. Un concept avec un potentiel tout simplement énorme.
Pour cette version The New 52, le nouveau personnage principal se nomme Nelson, un obèse qui vient de faire sa première attaque à seulement 30 ans… Pour aider un de ses amis, tabassé au milieu d’une ruelle sans que personne n’essaye d’intervenir, il tente d’appeler la police dans une cabine téléphonique. Mais ce qui sort de la cabine est un étrange garçon longiligne nommé Boy Chimney, doté d’une force incroyable et capable de voyager sur les fumées de cheminée.
Dans ce même premier numéro, il se transforme ensuite – pour combattre ceux à l’origine des ennuis de son ami – en Captain Lachrymose, un personnage capable de faire ressortir les souvenirs les plus tristes chez ses adversaires, chaque larme qu’ils versent le rendant plus fort.
En à peine moins d’une vingtaine de pages, j’ai vraiment entrevu un potentiel exceptionnel chez ce titre, qui pourrait être assez simpliste mais ici complètement disjoncté, chaque nouvelle incarnation du personnage proposant des caractéristiques uniques et délirantes. Si la suite s’avère du même acabit, nul doute que nous allons avoir affaire à un titre fantastique.

Wingman #1
Je déteste Masakazu Katsura. Je l’ai déjà dit ? Tant pis, il est toujours bon de le répéter. Concrètement, je déteste ses comédies sentimentales destinées à un public adolescent, tout ce qu’il a pu écrire dans les années 90 et qui lui a valu d’être porté aux nues en France à cette même période. A la rigueur, Video Girl Ai passe mieux que les autres ; mais I »s et DNA², je n’ai réussi à supporter. Quant à Zetman, dans un autre registre… Mieux vaut que je n’en parle pas.
Il me restait pourtant une lueur d’espoir pour enfin apprécier ce mangaka plébiscité : Wingman. Un des titres forts de ma jeunesse devant le poste de télévision, un anime revu il y a quelques années et qui m’a passionné, et un manga que je voulais lire mais qui n’avait pas su trouver son public lors d’une première publication incomplète aujourd’hui introuvable (je soupçonne les lecteurs de l’époque de ne pas avoir trouvé dans Wingman ce qu’ils cherchaient chez Masakazu Katsura). Il aura fallu à Tonkam plusieurs années pour proposer enfin dans leur catalogue le premier succès d’un de leurs artistes phares, gratifié de couvertures magnifiques. Après ce premier tome (double), je redécouvre la série et surtout je découvre un grand mangaka.
Kenta est un lycéen passionné par les tokusatsu, et toute autre figure héroïque. Il rêve de devenir un héros, une attitude qui amuse ses camarades lorsqu’il décide d’endosser son costume fait-main pour combattre l’injustice, mais qui exaspère ses professeurs. En rencontrant la jolie Aoi, non seulement il va gagner de véritables pouvoirs, mais aussi de véritables responsabilités. Et ce grand maladroit idéaliste va découvrir que la vie de héros n’est pas de tout repos, surtout pour un adolescent.
Cette entame nous montre énormément de bonnes choses. Malgré son âge, il a su conserver une fraicheur bienvenue, un trait efficace – par la suite, Masakazu Katsura va surtout essayer de maitriser l’art délicat de dessiner le fessier féminin sous tous les angles – et beaucoup d’humour, et c’est probablement grâce à cet aspect qu’il a été reconnu à l’époque par Akira Toriyama, qui lui travaillait alors sur Dr Slump (manga dans lequel Katsura effectue quelques apparitions). Un humour qui sait toutefois laisser la place à de l’action, presque à une réflexion sur les super-héros, et à un début de triangle amoureux.
Kenta est un personnage principal forcément sympathique : gentil, idéaliste, rêveur, devant subir au quotidien non seulement les assauts des sbires ennemis, mais aussi une professeur principale colérique et une Aoi qui a parfois du mal à saisir la subtilité de la vie des Terriens. Il ne s’agit pas pour autant d’un perdant, et c’est tant mieux.
J’ai été emballé par ce premier volume, autant dire que j’en attends beaucoup pour la suite !

Worlds’ Finest #1
Power Girl et Huntress forment un duo très particulier dans l’univers DC Comics. A l’origine, il s’agit de deux héroïnes venues d’un monde parallèle où le temps doit avoir une vingtaine d’années d’avance sur le notre ; la première est une version plus mature de Supergirl, la cousine de Superman – lequel l’a élevé un peu comme sa propre fille, aux côtés de sa compagne Lois – tandis que la seconde est la fille de Batman et Catwoman. En 1985, elles ont été introduites dans une continuité globale, leurs souvenirs effacés et leurs origines modifiées.
Avec The New 52, elles reprennent du service dans une version conforme à leurs véritables origines : nées sur une terre parallèle, elles ont échoué sur la notre à cause de Darkseid et cherchent aujourd’hui à rentrer chez elles, tout en protégeant notre monde.
En raison de leurs personnalités et du lien étroit qu’elles partagent avec d’autres grands héros sans pouvoir leur avouer – elles restent des « étrangères » dans notre univers – elles possèdent un potentiel certain. Reste à voir ce que les auteurs feront d’elles, mais il y a quelque chose à exploiter.
Par contre, ce court numéro – il s’agit là du format américain en petits fascicules – me confirme que je préfère lire des intégrales pour les comics, moins frustrantes car en offrant plus à chaque volume, voire des histoires complètes. Je ne pense donc pas poursuivre ma découverte sous ce format.

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