Retour d’Exil – 1ère Partie : Last Exile

La saison d’Automne aura été marquée par le début de la diffusion d’un titre inattendu et pourtant fabuleux : Ginyoku no Fam, la suite du mythique Last Exile du studio Gonzo.

Claus et Lavie pilotent un vanship et travaillent comme transporteurs, marchant ainsi dans les traces de leurs pères respectifs. Lors d’une course, ils découvrent un pilote mourant, qui leur demande de remplir à sa place sa mission : confier la jeune Alvis au capitaine Alex Row du célèbre vaisseau Silverna. Pour protéger Alvis des individus qui la pourchassent, ils décident d’accepter.

Les spectateurs qui s’intéressent à l’animation japonaise depuis seulement quelques années ne le savent peut-être pas, mais Last Exile est un anime indubitablement culte ; son succès à l’époque de sa diffusion puis lors de sa sortie en DVD a largement participé à l’engouement autour du studio Gonzo, ainsi qu’à la popularité de Range Murata, le chara-designer de la série, même si ni l’un ni l’autre n’en étaient au début de leur carrière.
Pour ma part, j’ai dû la regarder il y a environ 7 ans, lors d’un réveillon ; un de mes amis m’avait prêté ses DVD, je me trouvais en pleines révisions – autant dire que je ne me sentais pas au mieux – et je me souviens avoir enchainé les épisodes comme jamais. Pour autant, cet anime ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, surtout que je l’avais trouvé sympathique mais sans tellement plus… Avec le recul, je pense que le moment n’était tout simplement pas propice.

Là où je me suis enfin aperçu qu’il y avait un léger problème, c’est lorsque j’ai voulu regarder Ginyoku no Fam. Techniquement, il n’est absolument pas nécessaire de connaitre la première série pour apprécier celle-ci, qui si elle lui fait suite propose au spectateur de nouveaux lieux et de nouveaux héros ; les deux possèdent des personnages en commun, mais suffisamment bien utilisés pour que jamais nous n’ayons l’impression qu’il nous manque des informations.
Toujours est-il qu’en regardant les épisodes de ce « Last Exile 2 », je me suis rendu compte d’avoir presque tout oublier à propos de Last Exile… Je me souvenais du duo Claus/Lavie, de Alvis, des vanships, évidemment de Alex Row, et vaguement de Dio – un comble pour un des protagonistes les plus mémorables de la série – et des unités qui se détachent des vaisseaux qu’elles servent pourtant à maintenir en vol. Mais alors Luciola, Delphine, Sophia, Tatiana, Alister, Vincent, Mullin, Disith, Anatoray, et tout ce qui va avec : que dalle !
Comme j’en avais un peu marre d’aller sur wiki pour vérifier si tel personnage de Ginyoku no Fam apparaissait déjà dans Last Exile – non pas que cela serve à quelque chose, mais je suis curieux de nature – je me suis dit que ce serait une bonne idée de retenter l’expérience dans de meilleures conditions, avec un œil neuf. Révélation : c’est vrai que c’est de la balle cet anime !

L’histoire de Last Exile se déroule dans un monde où l’eau est une des ressources les plus précieuses. Anatoray se trouve en guerre permanente avec Disith, tandis que la Guilde – qui fournit les deux camps en unités permettant aux vaisseaux des belligérants de voler – semble jouer un rôle d’arbitre. Voler, voilà bien le maître-mot, puisque la majorité des déplacements s’effectuent par la voie des airs.
La première chose qui frappe, c’est vraiment la richesse de l’univers – original – que nous propose le studio Gonzo. Tout de suite, cela aide à créer une atmosphère, et ouvre la porte à de nombreuses possibilités qu’il serait impossible à développer autrement. La découverte des spécificités et des mystères de ce monde participe en grande partie à l’accroche du spectateur – se faisant, je n’en dévoilerai rien de plus – même si le scénario joue énormément.

Le scénario, parlons-en. Sur bien des points, il m’aura rappelé Nadia et le Secret de l’Eau Bleue, un de mes titres favoris. Des adolescents aventuriers, une petite fille avec eux, un vaisseau mystérieux qui les recueille, et à sa tête un taciturne capitaine qui semble mener une lutte personnelle et en sait plus à leur sujet qu’il ne veut bien le dire. Tout ceci sent l’aventure à plein nez, avec la mer de nuages remplaçant l’océan, et la guerre en toile de fond. L’ensemble se développe sans véritable temps mort – chaque moment d’accalmie se trouvant utilisé pour s’appesantir sur les protagonistes – avec un final véritablement étonnant (sauf si on a vu Ginyoku no Fam avant mais je déconseille de le faire dans cet ordre).
Le trio principal, bizarrement, n’est pas spécialement constitué de têtes à claque ; je ne veux pas dire qu’ils ne sont jamais énervants – Alvis reste une gamine, et les deux autres lorgnent parfois du côté de l’autisme – mais ils s’en sortent malgré tout avec les honneurs. C’est, comme souvent, du côté des personnages secondaires que se trouve le meilleur : Alex, capitaine charismatique dans la lignée des Nemo et autres Juzo Okita, Tatiana, pilote émérite, ou encore l’intenable Dio.
Autant dire que niveau scénario, nous avons de l’inédit de qualité, intelligent, qui connait ses classiques mais apporte une véritable plus-value, notamment grâce à un univers foisonnant.

Impossible de parler de Last Exile sans évoquer la qualité d’image. Pour l’époque, c’était innovant ; tous ces vaisseaux animés par ordinateur, cela rendait très bien à l’écran. Le soucis des CGI, c’est que la technologie évolue vite donc vieillit tout aussi rapidement ; bien que datant de 2003 – ce qui reste jeune – cette série accuse déjà son âge. Elle fait surtout pâle figure face à Ginyoku no Fam, où certes les images de synthèse ne sont pas toujours bien intégrées, mais où elles paraissent infiniment plus belles, avec des textures détaillées, des couleurs plus éclatantes. Un dessin dans un style plus traditionnel vieillit mieux que la 3D – enfin ce que nous appelions la 3D à l’époque – et un anime comme Last Exile, un temps novateur, en souffre plus qu’aucun autre. Mais il ne faut pas déconner : cela reste plus que regardable !

J’ai presque honte de ne pas avoir su voir en Last Exile un anime exceptionnel (à plus d’un titre) lorsque je l’ai regardé pour la première fois. Il aura fallu attendre ce Ginyoku no Fam dont je n’attendais rien pour me faire redécouvrir cette licence magique, et me donner envie de revoir cet anime qui mérite pleinement son statut d’œuvre culte. Un incontournable, et j’espère que sa suite suivra le même chemin. Elle est bien parti pour.

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3 commentaires pour Retour d’Exil – 1ère Partie : Last Exile

  1. Mackie dit :

    pourtant, ce n’était pas faute de l’avoir souligné 😉
    http://chroniques-d-un-newbie.fr/?p=535

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  2. Corti dit :

    Je ne dirais pas qu’elle est culte et incontournable, mais il est clair qu’elle est dans le haut du panier, ce qui est déjà plus que bien. 🙂

    D’ailleurs, pour ses 10 ans, Gonzo avait aussi réalisé Yukikaze qui ne démérite pas moins. Par contre, c’est autre chose, plus particulier.

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