Les 15 Pires Manga publiés en France

Il est des manga de qualité. Mais car le bien ne peut exister sans le mal, il est aussi des manga juste pitoyables. Petit classement tout personnel des pires titres arrivés sur le marché français et que j’aurais eu le malheur de lire.

Avec l’habitude se développe une certaine forme d’expérience. A force, j’arrive à discerner d’avance les manga qui ne me plairont probablement pas, mais cela n’empêche pas les erreurs. Ci-dessous, vous trouverez quelques erreurs de jeunesse, des titres « trop bien » qui m’ont été prêtés, des cadeaux (empoisonnés), et des séries qu’une curiosité malsaine m’aura poussé à essayer. Avis personnels 100% subjectifs blablabla tout ça…

15/ Seizon Life
Nobuyuki Fukumoto (Kaiji) rencontre Keiji Kawaguchi (Zipang) ; le premier se charge du scénario, le second du dessin. A priori, une bonne association, qui devrait fournir un travail de qualité. A priori seulement, car si la situation était aussi simple, je n’en parlerais pas ici.
Le scénario propose pourtant de belles promesses : un salary-man qui a délaissé sa famille au profit de son travail apprend qu’il ne lui reste que 6 mois à vivre. Alors qu’il tente d’en finir avec la vie, le cadavre de sa fille – disparue depuis plusieurs années – est retrouvé : elle avait été assassinée. Comme pour se racheter, il part à la recherche de son meurtrier, luttant contre le temps qui lui reste à vivre et le délai de prescription. Évidemment, avec une telle base, nous pouvons nous attendre à une grosse charge de pathos bien gras – tous les éléments sont là – mais ce n’est pas encore le plus grave. Le plus grave, c’est que pour faire progresser l’enquête, le scénario est parfaitement invraisemblable et bourré de raccourcis. Le principal type de raccourci, c’est celui de la mémoire fantastique : sur son chemin, notre personnage principal ne va croiser que des individus capables de lui dire avec une précision absolue ce qu’ils ont fait il y a 15 ans, le jour où ils ont rencontré sa fille (pourtant une personne parmi tant d’autres). Et ça, tout de suite, ça aide ! Ce manga ne fait que 3 volumes, mais se trouve rempli de passages comme cela, de hasards extraordinaires qui vont d’un seul coup faire progresser l’enquête d’un bon monstrueux ou de quidams prêts à raconter tout ce qu’ils savent sur une fille croisée dans la rue 15 ans plus tôt… Seizon Life est un titre prenant, mais tellement peu crédible qu’il en devient d’un ridicule achevé.

14/ Gundam W
Les manga adaptés d’anime n’ont pas bonne presse. C’est un fait, vous pouvez vérifier. Pourtant, certains éditeurs – Pika et jadis Asuka, pour ne pas les nommer – ont multiplié les publications du genre ; ou si vous préférez, pour profiter du succès (souvent en fansub) d’un anime, ils n’ont jamais hésité à proposer en parallèle une version manga, quand bien même celle-ci ne serait pas le produit d’origine. Et s’ils persistent dans cette voie, c’est que cela doit se vendre…
L’adaptation d’anime est au manga ce que l’adaptation de jeux-vidéo est à l’animation japonaise : un produit souvent bas-de-gamme, encore plus commercial que la majorité des autres productions, confié à un tâcheron incapable de fournir un travail original, de toute façon destiné à fonctionner plus par son nom que par ses qualités intrinsèques. Il existe quelques très rares exceptions – le manga de Kamichu s’en sort correctement – mais souvent, c’est vraiment mauvais.
Gundam W aurait pu s’en tirer plus qu’honorablement, puisque reprenant la trame de l’anime avec une fidélité exemplaire ; sans compter qu’il dispose d’un bonus de qualité : des yonkoma disposés à la fin de chaque volume, où les personnages de W interagissent avec ceux de G (le mangaka venait de terminer l’adaptation manga de G Gundam) dans des joutes comiques dans l’ensemble assez savoureuses. Seulement, là où ce titre se plante complètement – et cela justifie pleinement sa place ici – c’est que 3 volumes paraissent nettement insuffisants pour transposer l’équivalent de 49 épisodes ! Résultat, ce manga est rempli d’ellipses temporelles (déjà que l’anime souffrait du même défaut), et devient parfois incompréhensible pour qui n’a pas vu l’anime…
Ce manga possède tout de même un atout de taille, outre ses yonkoma : la diffusion de l’anime sur M6 s’étant arrêté à l’épisode 26, cette adaptation resta un temps le seul moyen de connaître la fin de l’histoire, ce qui explique probablement son succès.

13/ Petit Eva
Jusqu’où est-il possible d’aller pour profiter du succès commercial d’une licence ? Grande question à laquelle les concepteurs de Neon Genesis Evangelion ont fait le pari fou de donner une réponse, en multipliant les produits plus ou moins foireux (mais souvent plus que moins) ; et comme Neon Genesis Evangelion, en France, ça cartonne, certains délires arrivent jusqu’à nous, malheureusement… Pour essayer de répondre à notre question existencielle de tantôt, il convient dans un premier temps d’abandonner toute déontologie, tout sens moral, tout principe, et tout bon sens. Il faut au minimum remplir de telles conditions pour arriver à pondre un manga comme Petit Eva.
Juste au-dessus, je mentionne des yonkoma humoristiques avec les personnages de Gundam. Le résultat est amusant, et puis il ne s’agit jamais que d’un bonus sans grande prétention. Maintenant, imaginez le même concept, mais avec les personnages de Neon Genesis Evangelion, où tout se déroulerait dans un lycée, et qui ne serait en rien un bonus mais constituerait la base d’un manga à part entière. Même que l’Eva 01 c’est la grosse brute au grand coeur de service, et qu’il y a 3 Rei de tailles différentes. C’est bon, vous visualez le concept ? Ben Petit Eva, c’est ça. Amusant 30 secondes le temps de la découverte, avec une ou deux idées sympathiques mais qui ne feront rire que les fans, dans l’ensemble pas drôle (alors qu’il s’agit en théorie d’une parodie « comique »), tout simplement ridicule et consternant. Franchement, en tant que grand amateur de Neon Genesis Evangelion, en lisant ça, j’avais vraiment l’impression que le mangaka me prenait pour un con (heureusement que c’était du service presse).

12/ Les Enfants de Saphir
Tout mangaka aura probablement dans sa vie des moments de moins bien. C’est humain. Et chez certain, cela se voit plus que chez d’autres. Justement, là, nous parlons de Osamu Tezuka, auteur qui non seulement nous aura habitué à des standards de qualité très élevés, mais surtout qui a été tellement exploité par les éditeurs français que certains en ont été réduits à faire ses poubelles pour trouver de quoi se sustenter (ce qui ne veut pas dire que tous ses manga de qualité sont forcément sortis en France). En temps normal, les éditeurs (hormis Pika) filtrent les manga vraiment moisis, mais quand un mangaka fonctionne un tant soit peu, ils perdent tout sens critique et se mettent à publier n’importe quoi pour faire du chiffre, comme des oeuvres de jeunesse ou des titres que même les ayant-droits aimeraient oublier. Les Enfants de Saphir possède un fardeau supplémentaire, puisque suite d’un manga culte, à l’origine d’un anime lui-aussi culte.
Osamu Tezuka considèrait Les Enfants de Saphir comme son manga le moins abouti ; ce qui explique qu’à la différence de l’immense majorité de ses titres destinés à un jeune public, celui-ci n’ait jamais eu droit à une adaptation animée. L’existence même de ce manga laisse pantois, tant Princesse Saphir se suffisait à lui-même et ne nécessitait aucune suite ; surtout que cette suite ne vaut pas grand chose, nous narrant les aventures des enfants de la célèbre princesse, laquelle se retrouve ici assignée à un rôle indigne de son talent. Un scénario sans intérêt, sans grand enjeu, sans message… Ce serait limite insultant pour le titre d’origine, et carrément effarant pour du Osamu Tezuka.

11/ Cowboy Bebop
Un mangaka commissionné pour adapter un anime dispose de deux possibilités : il réalise une copie conforme, transposant fidèlement l’histoire d’origine sur le papier, ou il essaye de proposer de l’inédit. La première solution permet d’obtenir des titres souvent calibrés mais sans saveur ; du moins si l’auteur n’est pas trop débile, dans la mesure où le gros du travail a déjà été accompli. La seconde, par contre, est à double tranchant : il s’agit du seul moyen pour proposer un manga un tant soit peu surprenant et qui pourrait sortir du lot, mais c’est aussi la meilleure façon de pondre un truc encore pire qu’une transposition bête et méchante.
Pour Cowboy Bebop, le mangaka a choisi : de l’inédit. La structure de l’anime s’y prête assez bien, en vérité : nous pouvons très bien imaginer de nombreuses autres histoires qui auraient pu arriver à nos héros, en dehors de celles que nous voyons à l’écran. Il y a un potentiel. Mais il y a aussi un mangaka pas doué… Déjà, jamais il ne prend le temps d’introduire ses personnages, alors qu’ils forment le coeur du récit : il ne s’adresse qu’aux spectateurs de l’anime, les autres lecteurs peuvent aller voir ailleurs (et ils auraient raison de le faire). Ensuite, nous avons affaire à un auteur qui possède une vision extrêmement caricaturale de la série, et cela se sent. A ce titre, vous pouvez être sûrs que chaque histoire se terminera mal pour nos héros : soit ils laisseront échapper la prime, soit ils seront obligés de l’utiliser pour rembourser les dégâts qu’ils auront occasionnés ; dans le meilleur des cas, ils auront autant d’argent qu’avant leur chasse, et au pire, ils en auront encore moins… Une adaptation ambitieuse, mais qui souffre de la comparaison avec l’original alors qu’elle ne vise clairement que ceux qui le connaissent, mais surtout tellement caricaturale des aspects les plus grossiers de la série qu’elle en devient absolument grotesque.

10/ Vision d’Escaflowne
Encore un manga adapté d’un anime ! Décidément ! Mais en même temps, j’en suis le premier responsable : entre ceux qui ont contribué à me faire comprendre qu’il s’agissait de titres à éviter, et ceux testés malgré tout par curiosité, il n’est pas étonnant d’en trouver autant ici. Enfin, ce serait étonnant si ce procédé permettait de créer des oeuvres de qualité, mais ce n’est évidemment pas le cas.
La plupart des mangaka qui s’attèlent à ce genre de travail (de commande) sont des tâcherons, qui ne connaitront jamais le succès avec leurs propres oeuvres. Evidemment, à chaque règle, nous pouvons trouver des exceptions ; ainsi, le manga de Vision d’Escaflowne – encore un Pika, l’éditeur français le plus représenté dans ce classement aux côtés de Tonkam – a été signé par celui qui allait devenir l’auteur de Set up a Love Story, guide d’éducation sexuelle destiné aux Japonais coincés (et à quelques puceaux franchouillards) dont le succès commercial n’est plus à démontrer.
Alors, ce Vision d’Escaflowne par Katsu Aki ? Je crois que sa présence ici parle d’elle-même. Je n’aime pas du tout son coup de crayon, c’est une chose. Une chose qui n’aide pas. Surtout, le mangaka a eu des prétentions de grandeur, et a donc décidé d’écrire quelque chose qui n’avait d’Escaflowne que le nom ; quelques rares personnages communs mais qui n’ont rien à voir avec ceux d’origine, ce n’est plus le jeu des 7 différences mais celui des 7 ressemblances. Donc pour un produit qui vise les fans de l’anime, cela revient à se foutre de la gueule du monde. Mais sans aller jusqu’à la comparaison avec l’excellent anime, ben c’est mauvais, tout simplement. A partir d’un moment, il faut dire les choses franchement : certaines oeuvres résultent d’une délicate alchimie qui les transforment assez rapidement en daube, et celle-ci se trouve dans cette exacte situation. Le tout premier manga que j’ai revendu, sans regret.

9/ 100% Doubt
Vous connaissez les Japonais, ces êtres coincés dont la plupart n’ont aucun rapport sexuel avant le mariage (quand ils se marient), et dont ledit mariage est souvent arrangé ? Et vous connaissez les shôjo, ces manga destinés à un jeune public féminin ? Balayez toutes ces idées d’un revers de la main, ce manga révèle la vérité absolue : en réalité, les lycéennes japonaises sont de grosses chaudasses qui ne pensent d’abord qu’à se faire dépuceler, puis à baiser, et c’est tellement inscrit dans les moeurs japonaises que cela ne dérange pas de le dire dans un manga destiné à des collégiennes.
Normalement, ce qui est censé sauver les shôjo avec des trames hyper basiques, ce sont les personnages. Mais ici, ils n’ont aucun charisme, aucun intérêt, ils ne sont ni drôles ni attachants, hormis l’héroïne (et à l’extrême rigueur sa meilleure amie) nous nous foutons royalement de tout ce qui peut bien leur arriver, de qui va se faire dépuceler par qui, dans ce joyeux bordel où le quotidien des lycéennes oscille entre mesquineries, commérages, et sexe. Non, ceci n’est pas un manga H, vous lisez bien un shôjo.

8/ Commando Samourai 1549
Attention ! Là, nous avons affaire à du lourd, je dirais même à du très, très lourd. Tout est dans le titre : des militaires du XXIème Siècle se trouvent projetés dans le passé en raison d’une expérience scientifique, et la première chose qu’ils pensent à faire consiste tout simplement à conquérir le Japon médiéval grâce à leur technologie militaire infiniment plus avancée que celle des autochtones. Franchement, ça c’est du concept ou je ne m’y connais pas !
Ce qui est bien avec Commando Samourai 1549, c’est que non seulement le principe de base est absolument foutraque, mais qu’en plus, il s’agit d’une adaptation. Pas d’un anime, mais d’un film en prise de vues réelles, ce qui n’est pas nécessairement mieux. Alors, je ne sais pas ce que donne le film en question, mais s’il est du niveau de son adaptation, ce doit être soit un immonde navet, soit le nanar le plus surpuissant jamais imaginé. Dans le manga, le scénario est complétement délirant, limite crétin, mais traité avec un sérieux qui laisse pantois. Personne ne pourrait prendre un tel concept au premier degré, à part des Japonais, et l’auteur de ce manga en particulier. Il en résulte un titre effarant, improbable, totalement dénué de la moindre finesse. Au final, il est surtout consternant !

7/ DNA²
Ah, du Masakazu Katsura, je vais pouvoir commencer à être méchant. Parce que oui, jusque-là, je suis resté relativement gentil, mais avec Masakazu Katsura, je ne puis conserver mon calme. C’est vraiment le mangaka dont je n’ai strictement jamais réussi à saisir les raisons du succès, du moins pour ses comédies romantiques ; d’ailleurs, je crois que l’auteur lui-même ne le comprend pas, et qu’il préfère ses histoires d’action avec des super-héros.
La recette Katsura, en matière de comédie romantique, ce sont des personnages avec le charisme d’une huitre asmathique et l’utilité d’un pneu crevé, des plans culottes – beaucoup de plans culottes, en réalité, mais je dois bien admettre qu’il dessine bien les fesses – un ou deux éléments glauques pour assaisonner le tout, et une trame plus plate que l’encéphalogramme de Christophe Lambert. Ce qui sauve DNA² : un peu de SF. Mais en contrepartie, nous avons le droit au garçon qui vomit en présence d’une fille, à la fille qui pête lorsqu’elle est stressée, et au violeur en puissance. Bon appétit bien sûr !
Et le pire, c’est que pour comprendre pourquoi autant de gens adorent, je me suis forcé à en lire d’autres du même auteur. Rendez-vous plus bas sur cette page pour de nouvelles aventures.

6/ Mai Hime
Si nous y réfléchissons bien, tout le paradoxe des manga adaptés d’anime réside dans un problème simple : ils sont destinés avant tout aux fans de la version d’origine – là où les animes adaptés de manga sont télédiffusés donc généralement plus faciles d’accès – alors que les fans sont des individus connus certes pour acheter de manière compulsive les produits associés à ce qu’ils aiment, mais facilement critiques si cela ne répond pas à leurs exigences. Dans le fond, les éditeurs possèdent une certaine logique : puisque des pigeons vont acheter de toute façon, pourquoi faire un produit de qualité ? Et pourquoi confier ces adaptations putassières à de vrais mangaka ? C’est sans doute la question qu’ont dû se poser les individus qui ont décidé qu’il fallait faire un manga de Mai Hime.
L’anime a connu le succès mais aura aussi fait des mécontents à cause notamment de son aspect pervers qui fait tâche et de sa fin. De là à penser que c’est ceux qui ont apprécié cet anime ont nécessairement aimé cet aspect pervers, il n’y a qu’un pas que s’empresse de franchir l’auteur chargé de cette transposition, ou plutôt de cette adaptation car le résultat n’a pas grand chose à voir avec l’original. L’histoire évolue pour faire de Tate (le premier rôle masculin de l’anime) un élément indispensable à Mai et sa grande rivale Natsuki pour invoquer leurs pouvoirs. Mais n’allez pas chercher la moindre originalité ni la moindre prise de risque là-dedans : le scénario ne sert strictement à rien sinon à justifier des scènes ecchi encore plus inutiles et inopportunes que dans l’anime. C’est dire le niveau. Le mangaka essaye bien de mettre quelques combats pour compenser, mais comme il ne dessine pas exceptionnellement bien (hormis les seins) et qu’il n’a qu’un sens limité de la mise en scène, les rares séquences plus orientées action deviennent vite illisibles.

5/ Kimagure Orange Road
Second manga de Masakazu Katsura ! Ah non, pardon, au temps pour moi. Quoique… Franchement, s’il nous révélait que son modèle pour écrire des comédies romantiques était Kimagure Orange Road, cela ne me surprendrait absolument pas.
Parfois, il faut se méfier de ce que nous souhaitons. A trop avoir attendu la réédition de ce manga, faute d’avoir pu me le procurer lors de sa première sortie en raison de finances insuffisantes, la chute n’en aura été que plus douloureuse. Car Kimagure Orange Road est, hélas!, à l’image de ses personnages principaux : vide, insipide, et sans le moindre embryon d’intérêt. Normalement, ce genre d’oeuvres a le choix entre deux possibilités : une touche d’originalité qui lui permet de s’affranchir de certains poncifs, ou des personnages attachants qui nous donnent envie de découvrir leur quotidien. Ce manga ne possède ni l’un ni l’autre, nous obligeant à subir la vie morne de protagonistes dont nous nous foutons royalement.
Le fait que le héros dispose de pouvoirs psychiques n’apporte rien à l’intrigue, sinon une justification à ses nombreux déménagements, dans la mesure où il ne les emploie strictement jamais. Surtout, il s’agit d’un des héros les plus horripilants jamais imaginés : dès le début, il sort avec une fille alors qu’il en aime une autre, mais il n’a pas les couilles suffisantes pour le lui dire ou pour aller draguer ouvertement l’autre tant qu’il est avec elle. Une indécision crasse qui le rend pathétique au possible, et donne envie de lui botter les fesses comme il se doit. Et à la différence des manga de Katsura, il n’y a pas de culottes.

4/ Nekomajin
La parodie officielle de Dragon Ball, par Akira Toriyama en personne. Pourquoi pas ? Il a beau ne plus avoir besoin de travailler depuis qu’il est devenu le mangaka touchant le plus de droits d’auteur par an, cela ne l’empêche pas de faire ce qu’il veut. D’ailleurs, compte-tenu de son statut actuel, il ne doit pas y avoir grand monde pour l’en empêcher. A la lecture de ce Nekomajin, je me dis quand même que c’est bien dommage, qu’un responsable éditorial derrière lui n’aurait peut-être pas été de trop pour lui dire que, franchement, il faisait de la merde.
Jadis, Akira Toriyama écrivait Dr Slump, un des manga les plus drôles jamais imaginé, voire pour moi le plus drôle. Un titre bidonnant, bourré de trouvailles, qui procure un plaisir de lecture immense. Alors pourquoi cette parodie à vocation comique n’est-elle pas drôle ? Il a épuisé tout son talent le père Toriyama ? Il a laissé un assistant écrire ce Nekomajin à sa place et se sera contenté d’apposer sa signature ? Aucune idée, mais le résultat est là : il faut fouiller pour voir la parodie (hormis sur la fin), ce n’est pas drôle, pas intéressant, pas plaisant à lire, cela ne ressemble à rien mais cela ne vaut rien. Incompréhensible pour un tel auteur ; comme pour Les Enfants de Saphir, il y a fort à parier que jamais un titre aussi vide n’aurait pu sortir en France sans un nom aussi illustre sur la couverture.

3/ Détenu 042
S’il y a bien une chose que j’ai apprise à force de lire des manga, c’est qu’ils ne se limitaient pas à la violence et au sexe, comme certaines femmes politiques du Poitou ont voulu le faire croire à la population française au début des années 90. Au contraire, ils peuvent aborder n’importe quel thème, du plus commun au plus original, du plus léger au plus grave. Ensuite, tout dépend du talent du mangaka. Un manga comme Say Hello to Black Jack, centré sur les réalités du système de santé japonais : une merveille ! Un manga comme Détenu 042, consacré à la peine de mort au Japon : une catastrophe !
Il y avait moyen de concevoir un titre sérieux, puissant, lourd, et profond. Mais non : l’auteur préfère sombrer dans la facilité dès le départ pour nous offrir une énorme quantité de pathos comme je n’en ai jamais vu ailleurs dans un manga. L’histoire est celle d’un assassin, le détenu 042. Condamné à la peine de mort pour plusieurs meurtres, il participe à un programme de réabilitation, une bombe miniature implantée dans sa tête devant exploser s’il avait des pulsions meurtrières. Très vite, nous allons apprendre que dans le fond, c’est un gentil garçon, qu’il n’a pas eu de chance, qu’il est sympa ; certes il a tué plein de gens, mais il ne l’a pas fait exprès monsieur le juge. Tout le monde l’aime, patati patata, mais le summum du ridicule est atteint lorsqu’il se lie d’amitié avec une jeune aveugle et qu’il décide d’apprendre le braille pour elle…
Comment – je vous demande comment ! – est-il possible d’obtenir à partir d’un sujet pareil un titre aussi mélodramatique, mièvre, et vomissant les beaux sentiments par tous les pores ? Même Hollywood ne voudrait pas d’un scénario aussi gnan-gnan, c’est d’un ridicule achevé du début à la fin.

2/ I”s
I”s, c’est comme DNA² – ce bon vieux Masakazu Katsura – mais sans la SF ni le glauque. Que reste-t-il ? Ben rien. I”s, c’est un peu le Clannad du manga : un titre vide de tout contenu, vide de tout sens, vide de tout personnage un minimum charismatique, vide de tout humour, vide de toute poésie, vide de tout intérêt, et je pourrais continuer ainsi pendant des heures. C’est juste l’histoire d’un mec coincé entre deux nana, et ça dure comme ça pendant des plombes, sans rien proposer d’autre. Un titre à ce point aseptisé, dépourvu de goût et de saveur, qu’il n’arrive même pas à devenir mauvais ; juste sans le moindre attrait. Il ne possède pas une matière suffisante pour laisser une impression durable. Comment voulez-vous vous faire une opinion sur du vent ? Néanmoins, cette absence de contenu le condamne de facto, pour le principe. Le seul truc notable, c’est le dessin. Mais si vous lisez un manga juste pour le dessin, autant lire un artbook.

1/ Mai Otome
Le niveau 0 absolu ! Mai Otome – aussi appelé Mai Z-Hime ou My Otome – souffre de deux tares qui le transforment en la catastrophe la plus impressionnante qu’il m’ait été donné de voir en manga. Cette première tare, c’est que l’anime n’est déjà pas fameux : je lui ai toujours trouvé un certain potentiel, mais strictement jamais exploité correctement si ce n’est à une ou deux reprises pendant quelques secondes, mais sur une série de 26×20 minutes ; objectivement, c’est vraiment mauvais. La seconde tare, vous l’aurez compris, c’est qu’il s’agit d’une adaptation d’anime, avec tout ce que cela peut supposer (voir ci-dessus). Seulement, là où certains mangaka vont se contenter de faire un travail de transposition bête et méchant, d’autres vont être pris de prétentions artistiques et se lancer dans une histoire totalement inédite, ne reprenant vaguement que les personnages. Cette version de Mai Otome est signée du même auteur que Mai Hime, et il ne s’est pas calmé.
Pour faire simple, le mangaka a enlevé tout ce qu’il y avait de bien dans l’anime, pour ne garder que le pire. Ensuite, il a rendu ce pire encore pire, pour atteindre des abysses de nullité encore inconnues. Le scénario ne ressemble pas franchement à celui d’origine : tout commence lorsque Mashiro Blanc de Windbloom se fait assassiner ; pour cacher cet événement, un jeune garçon (le genre a son importance) est chargé de se faire passer pour elle, et sera confié à la bonne garde de l’institut Garderobe pour Otome, des jeunes filles combattantes adeptes des bains entre copines. Vous saisissez le « potentiel » de la chose… A cela s’ajoute de nombreuses nouveautés géniales, comme une attaque surpuissante consistant à faire vibrer ses seins pour générer des ondes de choc ; même les créateurs de l’anime n’avaient pas osé. Du ecchi bas-de-plafond avec un scénario rocambolesque, une première place largement méritée.
Et c’est sorti chez Asuka.

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23 commentaires pour Les 15 Pires Manga publiés en France

  1. Amo dit :

    Ah ok, pour toi le manga Mai-hime et le manga Mai-otome c’est « l’adaptation de l’anime. » Je crois que tu as oublié de faire des recherches.

    Et je vois pas Doubt dans ce top.

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    • Gemini dit :

      Les projets multi-supports sont assimilés à des adaptations d’anime, surtout quand le projet en question est mené par « Hajime Yatate » XD D’ailleurs, c’est fou le nombre de titre de « Hajime Yatate » dans ce classement, et encore je n’ai pas lu Brain Powerd, parait-il bien naze.

      Et je n’ai mis que des manga que j’ai lu, donc pas Doubt, par définition…

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  2. Moi j’ai vu le film live de Samurai Commando 1549 xD xD xD !!!!

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  3. Sebkun!! dit :

    Ah bah ça… évidemment, quand on fiat ce genre d’articles, on sait qu’on va faire réagir ! 🙂

    Et je suis pas mal d’accord avec une tripotée de titres du top, mais je me permets de réagir quand même sur KOR. En effet, lire « une touche d’originalité qui lui permet de s’affranchir de certains poncifs, […] Ce manga ne possède ni l’un ni l’autre » c’est dur !

    En effet, KOR étant probablement la première comédie romantique, c’est LA série qui a posé les poncifs dont vous parlez.

    D’ailleurs, quand je lis votre réaction face également aux mangas de Katsura (mais là tout est affaire de goût), je me pose une petite question (et sans agressivité ou motif dédaigneux croyez-le bien) : à quel âge avez-vous lu ces titres ? Car n’oublions pas qu’ils s’adressent à un public d’adolescents et doivent donc être consommés dans cette optique ! 🙂

    Pour conclure, je rajouterai qu’à ces trois titres là, j’aurai personnellement placé « Remote » chez Pika ou Neuro chez « Glénat » ou « Angel Dust » chez Tonkam !

    Bonne journée

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    • Gemini dit :

      Alors les Katsura, dans la mesure où je les ai lu il y a environ 10 ans – hormis Video Girl Aï, mais que j’ai suffisamment apprécié malgré tout pour ne pas le mettre dans ce classement – oui, j’étais effectivement adolescent ^^

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      • Sebkun!! dit :

        Effectivement, on peut dire que vous étiez pourtant en plein dans la cible !

        M’enfin… et Muhyo et Rohji (orthographe non homologuée certes), ça c’est mauvais non ? Et le clône de Death Note avec de l’hypnose (en trois tomes uniquement, Dieu merci) ? Et La Plume de Feu chez Muteki ? 😉

        Bon j’arrête !

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      • Tetho dit :

        LA PLUME DE FEU ? MAUVAIS ‽‽‽‽‽‽‽
        /o MER IL ET FOU /o

        Dans le genre fabuleux ça s’imposait. Du nekketsu à son paroxysme, les chevaliers d’Athena en étaient jaloux et les gamins de Bakuman. rêve d’atteindre une telle intensité dans leur histoire.
        Je conserve très précieusement mes deux volumes VF en pleurant que les autres mangas de cette série ne seront jamais publiés (dans la préquelle Aoi Honoo le héros est en fac avec Anno, Akai et Yamaga, participe aux films de Daicon Film, explique à sa copine la surpuissance de l’animation par Kanada avant d’avoir le choc de sa vie en découvrant Adachi dans le Shônen Sunday. Y a que les thalistes et les nanamistes pour rester froid devant tant d’amour.).

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      • Gemini dit :

        Je ne me prononce toujours pas, mais cela fait longtemps qu’il faut que je lise la Plume de Feu.

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      • Plumy dit :

        Je me rajoute au rang de ceux qui défendent la plume de feu et l’adorent ! è___é;

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  4. Tetho dit :

    Comme l’a si bien dit Miyazaki Hayao à son fils « tu a été digne de toi même ». Le billet mérite donc un beau label #lolgemini.

    Vivement les 15 meilleurs manga ever, l’aperçu qui a tourné sur twitter a grave teasé.

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  5. Rukawa dit :

    il en avait pas déjà fait des top pourris genre best anime du xxè sicele ?
    avec chaque fois au moins 2-3 choix qui montre qu’il a des goûts de merde.

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  6. Amrith dit :

    Ca ressemble davantage à une sélection irréfléchie de déceptions qu’à un listing des pires rebuts disponibles sur le marché.

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    • Gemini dit :

      Je n’ai jamais prétendu le contraire (cf un des premiers paragraphes), même si la notion de déception n’est valable que dans les cas où j’avais des attentes ; cela concerne relativement peu de titres dans le lot ^^
      Pour que ce soit objectif, déjà, il faudrait que j’ai lu tout ce qui disponible en France, et je ne m’imagine pas lire La Paire et le Sabre.

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      • Faust dit :

        Pas besoin de le lire, je l’ai chroniqué…ou plutôt j’ai mis les 3-4 images qui valaient le coup…

        Sinon, Petit Eva c’est pire que Neon-genesis evangelion iron maiden 2nd ? Quelqu’un qui a lu les 2 peut confirmer ? Parce que je vois vraiment pas comment on peut faire plus mauvais…

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      • Gemini dit :

        Pas lu Iron Maiden (pas fou), mais Petit Eva, ce n’est même pas forcément mauvais, juste risible.

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      • Amrith dit :

        > La notion de déception n’est valable que dans les cas où j’avais des attentes ; cela concerne relativement peu de titres dans le lot.

        On ne choisit pas par hasard les versions manga de Evangelion, Gundam, Bebop ou Escaflowne. On n’achète pas innocemment la suite de Saphir ou un Toriyama. C’est parce que l’on en attend qqchose, et lorsque ce qqchose n’est pas au rendez-vous c’est la déception qui domine. Tu n’as pas pris les pires mangas, mais ceux qui pour toi ne se sont pas montrés à la hauteur promise par leur point de départ ou le mythe entourant leurs auteurs ; le titre du billet lui annonce autre chose.

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  7. ZGMF Balmung dit :

    Mon dieu… Que de souvenirs avec ‘My Z-Hime’… Je suis pourtant bon public, mais là, c’était au dessus de mes forces. Comme pour toi Gemini, il irait aussi dans un top de ce genre chez moi.

    Enfin, le pire que j’ai lu, si ‘lire’ peut correspondre… Ça restera le « manga » de ‘El Cazador’… Encore une adaptation d’animé d’ailleurs.

    Assez surpris de retrouver ‘I”s’ et ‘Détenu O42’. Je ne les ai pas lu, mais ce n’est ps forcément les titres dont on entend le plus de critiques.

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    • Gemini dit :

      Pour I »s, en effet, j’ai conscience qu’il s’agit d’un avis peu partagé ; Katsura reçoit généralement d’excellentes critiques, mais chez moi, cela n’a jamais fonctionné ; au contraire, je trouve ses manga vite insupportables (mais je tenterai quand même Wingman car dans un autre genre). Concernant Détenu O42, par contre, je n’avais pas forcément remarqué qu’il avait de si bonnes critiques, ce qui semble pourtant bien être le cas.

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