Mes Lectures Manga du Moment (1)

Pour varier les plaisirs, voilà quelques avis sur des séries commencées récemment. Bonne lecture à tous.

Divine Nanami
Abandonnée par son père, expulsée de son appartement, Nanami se retrouve à la rue. Sans abri, elle fait la connaissance de l’étrange Mikage, garçon qui – ému par ses problèmes – lui propose d’occuper à sa place son logement, laissé vacant. En se rendant au lieu indiqué, elle découvre un sanctuaire en ruine déserté par sa divinité protectrice, dont elle va désormais devoir remplir les fonctions à sa place.
Le nouveau shôjo de chez Delcourt. J’ai été tenté par son synopsis – mélange de Fruits Basket et de Kamichu – par son dessin classique mais toujours efficace, et par des retours positifs qui en font une vente étonnamment bonne.
Nous suivons Nanami dans le monde des divinités et des esprits ; elle qui avait toujours été une lycéenne normale va du jour au lendemain découvrir l’existence d’un univers de légende et devoir se plier à certaines exigences liées au métier de déesse. Vers la fin du premier volume, le schéma de Divine Nanami semble assez claire : dans la mesure où elle occupe un sanctuaire spécialisé dans l’amour, elle va devoir exaucer les prières amoureuses de ses fidèles. Cela peut paraître simpliste malgré l’environnement de la série, mais rien que sa première mission indique bien que cela ne risque pas d’être vraiment banal.
Il s’agit d’une entame réussie. Je ne pense pas que Divine Nanami restera dans les annales, mais pour l’instant il s’avère très agréable à lire. L’héroïne est dynamique et courageuse – cela change des gourdes qui pullulent dans de trop nombreuses séries – elle forme un excellent duo avec son « messager » Tomoe, et l’ambiance semble suffisamment originale pour sortir des trames lycéennes. Reste à voir comment l’auteur va faire évoluer son histoire, et si elle va se contenter d’un schéma narrative simple où Nanami devra résoudre toujours de nouveau problème de cœur, auquel cas cela risque de devenir lassant. Mais ne lui jetons pas la pierre tout de suite, car le premier tome est encourageant.

Drifters
Pendant la Bataille de Sekigahara, Toyohisa Shimazu se perd alors qu’il poursuit le chef d’une troupe ennemie. Il se retrouve dans un immense couloir, occupé uniquement par un homme étrange ; l’instant d’après, il se réveille dans un monde inconnu.
Quand j’étais au collège, j’avais imaginé une histoire dans laquelle les plus grands combattants – Gallahad, Miyamoto Musashi, D’Artagnan, Jeanne d’Arc,… – se retrouveraient dans un monde parallèle, pour mener un combat sans fin dont l’issue déterminerait le destin de la Terre. Kotah Hirano m’a piqué mon idée ! Enfin plus ou moins.
Difficile de vraiment dégager un scénario de Drifters après ce premier volume ; tout ce que nous savons, c’est que que des personnages historiques ont échoué dans un monde où plusieurs factions se combattent, et nous ne pouvons que supposer que chacun devra choisir un camp aux côtés duquel lutter ; certains ont déjà choisi, et apparemment pas les gentils. L’univers semble très inspiré de l’heroic fantasy, avec en prime des personnages venus de toutes les époques et dont je vous tairai les identités, afin de garder un minimum de surprise ; j’ai en tout cas été surpris par quelques choix – un, surtout – et par la faculté de certains à utiliser des pouvoirs magiques.
Avec des bases pareilles combinées au talent du mangaka pour créer de magnifiques boucheries sur le papier, Drifters s’annonce comme un titre bien bourrin et totalement jouissif. Je suis impatient de voir ce qu’il va bien pouvoir faire avec ce manga.

Free Fight
Kiichi Miyazawa, chef de l’école Nadashinkage, participe à des combats clandestins organisés par des yakuzas. Pas pour l’argent, pas pour l’adrénaline, juste pour devenir plus fort, car ses capacités actuelles ne lui permettent pas de se mesurer à son oncle, le combattant le plus redoutable du Nadashinkage.
J’avais gagné un tome à Epitanime, finalement cela m’a beaucoup plu et j’ai continué ; c’était pile le genre de série que je recherchais. J’avais une certaine appréhension avant de commencer ma lecture, car il faut savoir que Free Fight est la suite de Tough, manga sorti chez Tonkam aujourd’hui difficile à se procurer. Finalement, cela passe très bien : les enjeux nous sont bien présentés, nous rentrons directement dans le vif du sujet, et seule l’apparition de personnages que le héros semble déjà connaître nous prouve qu’il s’agit effectivement d’une suite. Non, vraiment, ce manga peut être lu sans rien connaître de Tough.
Tout est dans le titre : c’est une histoire de combat. Kiichi, dans sa lutte pour devenir plus fort, va être amené à affronter des ennemis toujours plus puissants, issus de différents milieux et de différents styles, dans des confrontations sans règle. Je suppose que l’auteur a eu largement le temps de se roder sur sa précédente série – qui compte pas moins de 42 tomes – en tout cas le résultat est un manga palpitant, largement fournis en combattants de tout bord et de tout gabarit, doté d’un dessin percutent et de combats magnifiquement mis en image. Le style est infiniment plus sombre et réaliste que ce que nous pouvons trouver dans n’importe quel shônen orienté baston, et c’est aussi ce qui rend Free Fight aussi efficace.
La série semble s’acheminer vers une longueur importante, mais si elle garde ce niveau de qualité tout du long, je continuerai à la suivre avec plaisir.

K-On!
Ritsu, aidée de sa meilleure amie Mio, décide de faire revivre le club de musique de son lycée. Séduite par l’emportement de sa camarde, Tsumugi rejoint le club, mais elles ont encore besoin d’un membre pour que leur existence soit officiellement reconnue par l’établissement. Yui, de son côté, cherche une activité dans laquelle s’investir, et c’est presque par hasard qu’elle frappe à la porte de leur club, sans savoir ce qui l’attend.
C’est mon premier manga entièrement en yankoma ; j’avais peur que cela pose des problèmes de rythme, mais finalement chaque série s’enchaine parfaitement avec la précédente, donc aucun soucis de ce point de vue.
Quelques mots sur l’édition de Kaze Manga. J’ai été surpris par le format, supérieur à celui d’un manga traditionnel ; le prix reste pourtant raisonnable, mais le nombre de page est en conséquence : à peine plus de 100. Le seul défaut majeur concerne les pages couleurs : ne pas toutes les sortir colorisées pour cette version française peut se comprendre – c’est habituel – mais le traitement en noir et blanc en rend certaines absolument illisibles ; à un moment, Mio est vêtue d’un costume qui apparait comme une masse noire et informe, l’éditeur ne semble pas avoir essayé de faire un effort et de jouer sur les contrastes pour que nous discernions à peu près les détails… Pour le reste, il s’agit d’une édition très correcte.
Concernant l’histoire : aucune surprise si vous avez vu K-On!. Il s’avère que KyoAni a fait une adaptation extrêmement fidèle, se contentant surtout d’ajouter un peu de contenu pour meubler. Cela implique que nous allons retrouver notamment les tendances fujoshi de Mugi, la culotte à rayure de Mio, et le fétichisme de Sawako, pour ceux qui auraient pu croire qu’il s’agissait d’apports du studio.
Dans la mesure où j’ai apprécié l’anime, j’ai aussi apprécié le manga : cela ne vole jamais bien haut, c’est mignon, c’est distrayant, elles passent leur temps à boire du thé et à manger des gâteaux.

Yotsuba
Avec son père, Yotsuba arrive dans une nouvelle ville. Elle découvrir sa nouvelle maison, ses nouvelles voisines, et son nouveau quartier, toujours avec sa bonne humeur naturelle.
Ayant trouvé le premier tome en occasion (à prix très raisonnable), j’ai à mon tour sombré dans la folie Yotsuba. Yotsuba, c’est cette petite fille étrange, naïve et énergique comme pas deux, dont l’auteur nous invite à suivre le quotidien. Le scénario se limite à ça, mais pour la fillette, n’importe quel événement se transforme immédiatement en aventure, dans laquelle elle va entraîné son père, ses voisines, le meilleur ami de son père, et toutes les personnes qu’elle croisera sur son chemin.
Derrière cette simplicité apparente se cache un manga vraiment attachant. Tout simplement parce que Yotsuba elle-même est attachante : nous la découvrons, et avec elle nous serons amené à nous amuser, à pleurer, et parfois même à faire n’importe quoi. C’est mignon, c’est amusant, cela me plait.

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5 commentaires pour Mes Lectures Manga du Moment (1)

  1. Faust dit :

    Yotsuba, c’est le bien. Dommage que la moitié des tomes ne soient plus dispo en français…

    « j’avais imaginé une histoire dans laquelle les plus grands combattants se retrouveraient dans un monde parallèle, pour mener un combat sans fin dont l’issue déterminerait le destin de la Terre » -> c’est aussi plus ou moins ce qu’il se passe dans Fate Stay Night non ?
    Du coup, je suis pas sûr que Hirano (qui t’a piqué ton idée), ne l’a pas aussi piqué a quelqu’un d’autre…

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    • Gemini dit :

      Nan, dans Fate/stay night, ça se passe sur Terre. Rien à voir, là tout se déroule dans un monde parallèle.

      Par contre, quand tu dis que la moitié des tomes de Yotsuba sont disponibles, je te trouve généreux ; je n’en ai pas trouvé autant.

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      • Faust dit :

        Il y a quelques semaines, le 1, 2, 3, 6 et le 9 était dispos. Apparemment, c’est plus le cas des 3 premiers.

        Corti : espérons que ça marche alors…y a tellement de bouses qui sont publiées en France, elles doivent pas toute trouver leur public…je pense qu’il doit y avoir pas mal d’invendus…

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  2. Corti dit :

    Faust >> Il va y avoir une réédition des Yotsuba. Le truc, c’est qu’elles seront conditionnées aux réussites des rééditions précédentes. En somme, si la réédition du tome 3 ne marche pas, ils ne feront pas la 4. C’est ce que j’ai compris en tout cas.

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