Sibylline en Danger

Je reviens vers un de mes thèmes de prédilection : la BD franco-belge. Parce qu’il n’y a pas que les manga dans la vie.

Il m’arrive de me demander ce qui sépare le lecteur de BD du collectionneur de BD. Pour ma part, j’estime être avant tout un lecteur ; mais dans la mesure où j’aime pouvoir relire les titres que j’apprécie (ou du moins savoir que je peux les relire lorsque je le souhaite), que je revends rarement mes albums, et que lorsqu’une série me plait, j’essaye de trouver tous les volumes correspondant, alors je deviens un collectionneur. C’est une conséquence.
Néanmoins, j’ai été périodiquement confronté à un phénomène particulier : l’envie de lire des albums qui, malheureusement, ne se trouvent plus dans les circuits de distribution classiques. Souvenez-vous, je vous ai parlé dernièrement de l’auteur Raymond Macherot, notant au passage la chance que j’avais eu de lire une bonne partie de ses écrits à l’époque où je fréquentais assidument une bibliothèque municipale bien fournie. Lors d’une visite à Bruxelles, il m’est venu l’envie de relire certaines de ses séries ; cela s’est tout d’abord concrétisé par l’achat d’une intégrale de ses travaux sur Clifton, avant que je me penche sur Sibylline et Chlorophylle, titres hélas! introuvables (ou dans de simili-rééditions catastrophiques). D’où une conséquence surprenante : pour pouvoir les lire, il m’a fallu acquérir des albums de collection. Et pour commencer, j’ai choisi Sibylline en Danger.

Sibylline est une série créée par Macherot pour le compte des éditions Dupuis et du Journal de Spirou ; très proche de Chlorophylle qu’il dessinait pour le Journal de Tintin avant de quitter l’éditeur Le Lombard. Dans les deux titres, nous retrouvons un décor champêtre et des animaux doués de parole.
Notre héroïne, Sibylline, est une petite souris courageuse, fiancée à Taboum. Dans son univers, nous rencontrons aussi le lapin Clothaire, le gendarme hérisson Verboten, ainsi que Flouzemaker, l’oiseau commerçant.
Présenté comme cela, la série parait bucolique et assez légère. Mais j’avoue que Sibylline en Danger, second album de Sibylline, m’a laissé sur le postérieur en raison de son ambiance sombre et même violente, dont je n’avais que peu de souvenir.

Dans Sibylline en Danger, tout commence lorsque Anathème, rat pleutre et mesquin, se fait chasser de la demeure que sa famille occupait depuis plusieurs générations. Découvrant le vaste monde, il ne va pas tarder à tomber sur la communauté de Sibylline et de ses amis, essayant dans un premier temps d’abuser de ce qu’il prend pour de la faiblesse, avant d’être rejeté à cause de son comportement et de décider de se venger. Échouant une seconde fois, il part pour la ville, où il espère trouver des congénères. Là, il découvre des rats presque morts de faim, apeurés par la mort-aux-rats qui a déjà décimé nombre des leurs ; profitant de la situation, Anathème leur parle de la forêt, de l’endroit où vit Sibylline, et de la nourriture qui y foisonne. Nommé roi, il lance l’assaut de la petite communauté, capturant puis enfermant la plupart de ses membres ; seuls Sibylline, Flouzemaker, Clothaire, et Verboten arrivent à s’enfuir. Ils s’installent sur une île minuscule, et arrivent à contrer les attaques des rats, jusqu’à ce qu’une situation avantageuse leur permette de capturer Anathème, qu’ils échangent finalement contre la libération de leurs amis.
L’album se termine ainsi : seul Taboum rejoint l’île tandis que les autres habitants s’enfuient, et les rats continuent de mener le siège.

Vous l’aurez remarqué : cette histoire s’achève sur une fin amère, sur une dissolution de la communauté voire un abandon des 5 personnages principaux, et annonce une suite toujours aussi guerrière. J’ai été très surpris par Sibylline en Danger, mais positivement surpris. C’est étonnant, sombre malgré le cadre à priori enfantin, et il parait que les albums suivant vont encore plus loin dans la noirceur. Je redécouvre cette série, et je suis déjà conquis. Mais trouver la suite risque de présenter des difficultés.

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2 commentaires pour Sibylline en Danger

  1. DrNoze dit :

    Raaah, ça donne envie ton truc mais c’est vrai, c’est tellement dure de trouver du Macherot à un prix abordable de nos jours.

    J’espère vraiment une réédition potable et totale (voir en fac similé mais là je rêve) .
    J’ai cru entendre parlé d’un projet comme ça à sa mort mais je ne sais pas oú ça en est…

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  2. Gemini dit :

    En réédition, tu as une intégrale Clifton (noir et blanc), une intégrale Père La Houle, et des intégrales Isabelle. Ensuite, Chlorophylle et les Rats Noirs a été réédité ; c’est le seul de la série, et il parait que le travail de l’éditeur est honteux.
    Chaminou et Sibylline ont été repris par un éditeur nommé Flouzemaker, mais dont le travail est ignoble, avec des albums modifiés, aux noms changés, pas l’ordre chronologique d’origine, et avec intercalés des albums d’autres auteurs… Et comme cela ne semble pas marcher – normal, vu la qualité de ces éditions – ils pensent arrêter avant la fin, faisant qu’ils auront publié des inédits mais pas les vrais Macherot :/ Je déconseille fortement ces rééditions, quitte à devoir payer un peu plus cher des albums d’occasion.

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