Cheerio~nagatari

Dans le but de récupérer les 12 épées légendaires forgées par Shikizaki Kiki, la jeune stratège Togame décide de faire appel à Shichika Yasuri, 7ème génération du style Kyôtôryu et véritable épée vivante.

Katanagatari, voilà un anime très attendu, et qui aura fait parler de lui, du moins au début de sa diffusion. Les raisons de cette attente sont au nombre de deux : nous y retrouvons le même auteur que Bakemonogatari – une série à succès – et surtout, cette série repose sur un format original. En effet, Katanagatari compte 12 épisodes de 50 minutes, diffusés à la télévision japonaise à raison d’un par mois, entre Janvier 2010 et Décembre de cette même année.
Quant à la raison pour laquelle cet anime a fait parler de lui une fois sa diffusion commencée, il s’agit d’une fuite au sein du studio qui aura permis à ceux qui le souhaitaient de connaître le déroulement exact des 7 premiers épisodes longtemps à l’avance.

Katanagatari se déroule dans un Japon médiéval, mais avec quelques différences notables par rapport à la véritable histoire. Le shogun a fait de Owari sa capitale, le seul clan de ninja existant s’appelle Maniwa, et une tentative de coup d’état a eu lieu quelques années auparavant. Lors de cette révolution avortée, l’instigateur fût exécuté par la 6ème génération de Kyôtôryu ; lequel, pour des raisons politiques, fût ensuite bânni sur une petite île au large des côtes, ainsi que sa famille. Surtout, dans ce Japon, il existe 12 épées exceptionnelles, connues pour leur puissance mais aussi pour pervertir le cœur de ceux qui les portent.
Togame, stratège au service du shogunat, a pour mission de retrouver ces épées, éparpillées aux quatre coins du pays, et en possession de personnes potentiellement dangereuses. Malheureusement, ses tentatives sont jusque-là restées vaines, ses agents succombant les uns après les autres aux pouvoirs maléfiques des épées ; il lui fallait donc trouver un épéiste n’utilisant pas d’épée lui-même – ne pouvant donc être contaminé par elles – mais capable de battre de redoutables adversaires : l’héritier du Kyôtôryu. Elle doit le convaincre de quitter son île, et de venir parcourir le Japon à ses côtés dans sa quête des 12 épées de Shikizaki Kiki.

Douze épées, 12 épisodes… Inutile d’être un génie pour deviner la structure de Katanagatari. Ce qui pose d’entrée les questions du rythme et de la surprise ; surprise qui, rappelons-le, pouvait être mise à mal pour les 7 premiers épisodes, selon les désirs du spectateur (sachant que j’ai préféré ne pas prêter attention aux fuites).
Le premier épisode ne pose aucun problème, puisque tout reste à encore à montrer et à expliquer ; il y a largement matière pour tenir 50 minutes. Le second, par contre, souffre de véritables lacunes au niveau du rythme, puisque constitué en grande partie de dialogues pas toujours passionnants entre Togame et Shichika. Cela fait craindre le pire pour la suite. Heureusement, l’équipe responsable de cet anime se rattrape dès le troisième épisode, tout de suite plus digeste. Enfin, le quatrième vient mettre une énorme claque dans la gueule de tous ceux qui pensaient que Katanagatari était une série tristement prévisible, destinée à rester sur de rails jusqu’à la fin du dernier épisode. Dès cet instant, cet anime rentrait dans une nouvelle catégorie et devenait imprévisible, même s’il conservait son système d’une épée par épisode, dont il ne dérogera jamais.

Une fois les questions du rythme et de la surprise réglée, cette série ne possède presque que des qualités. A commencer par une identité visuelle marquée et originale. Les vues du Japon traditionnelle sont magnifiques, avec des textures particulières mais au rendu parfaitement réussi. Dès que nous passons à des points plus atypiques, le design s’en ressent fortement, et tous les personnages apparaitront plus surprenants les uns que les autres, avec un dessin apparemment minimaliste, mais fait en réalité de nombreux effets, de couleurs étranges, et de coupes de cheveux improbables.

Les personnages, parlons-en, car ils constituent le noyau de Katanagatari. Le duo principal est formé par Togame, stratège exubérante sur laquelle nous pouvons parfois émettre des doutes quant à ses talents réels, et Shichika, grand nigaud à la force anormale et dotée d’une connaissance de la civilisation pour ainsi dire nulle, puisqu’il a vécu en marge sur une île toute sa vie et qu’il ne connaît rien d’autre que le combat ; leur relation oscille entre le comique et le passionnel, mais ils forment un duo aussi réussi qu’ils sont mal assortis. J’éviterai de trop m’étendre sur les autres personnages récurrents, dans la mesure où ils font tarder leur apparition dans la série ; néanmoins, il convient de citer les 12 chefs du clan Maniwa, personnages aux goûts vestimentaires douteux et aux grands talents de ninja, que nos héros croiseront à de nombreuses reprises. A cela s’ajoutent bien évidemment les détenteurs des 12 épées, combattants toujours talentueux mais aux passifs et personnalités bien différents les uns des autres ; dans l’ensemble, ils disposent tous d’un certain charisme, tout en demeurant attachants.
Et que se passe-t-il lorsque des épéistes littéralement possédés par leurs épées rencontrent un ennemi chargé de récupérer lesdites épées ? Baston, bien évidemment. Même si, et cela fait partie des qualités de cet anime, les confrontations se suivent mais ne se ressemblent pas ; et pour cause, ni les adversaires ni les épées ne se ressemblent, ce qui donne nécessairement lieu à des situations inédites. Après, certaines de ces situations s’avéreront plus originales que les autres, cela va sans dire. Et le scénario qui lie tous ces combats réserve de nombreuses surprises bien senties, ce qui permet de maintenir – une fois que l’anime a trouvé son rythme de croisière – un niveau d’intérêt constant.

Tout au long de l’année, Katanagatari aura réussi à faire preuve de nombreuses forces qui en font un anime parfaitement réussi. Mélange d’action et d’humour avec une véritable originalité et une histoire plus riche qu’elle ne laisse paraître au début, il s’agit à n’en pas douter d’une des grandes séries de 2010, malgré un début un peu laborieux.

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3 commentaires pour Cheerio~nagatari

  1. kyouray dit :

    Il est vrai que le début de la série a été timide mais elle m’avait séduit dès le début notamment avec ce Japon médiéval et ce design rafraîchissant. De nombreuses personnes ont fait l’erreur de comparer Katanagatari à Bakemonogatari et ont dû lâcher après cet épisode 2 qui pourtant était plaisant.
    Je pense que tu as bien résumé la série, pas grand chose d’autre à dire si ce n’est que la série s’est terminée sur un grand final et a bien prouvé que Katanagatari fait partie des meilleurs éléments de l’année 2010 avec une aventure avec un A majuscule qui nous manquait ces temps-ci.
    Cheerio!

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  2. Tabris dit :

    Cheerio~

    Un des très bons animes de cette année, à n’en pas douter. Pas grand chose à ajouter à ton article, si ce n’est qu’on peut regretter la durée (très) courte de la plupart des combats. Cependant, même sur un anime centré sur des épées, cela passe bien.

    Et le duo Togame/Shichika est aussi efficace que Hitagi/Araragi

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  3. Tinky dit :

    J’avais mis Katanagatari entre parenthèse depuis plusieurs mois, mais ton article plutôt dithyrambique m’a donné envie de le reprendre. A vrai dire, j’attendais que la série arrive à son terme pour pouvoir lire des avis et savoir si je continuais ou pas ; parce que bon, le début de la série me donnait pas trop envie de continuer, surtout va la durée des épisodes…

    Bon eh bien je sais quoi regarder dans les prochains jours, merci.

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