Saint Seiya : Les Guerriers Bannis

Voici une copie de mon tout premier fanfic. J’espère que vous serez indulgent.
Il se passe juste après le 28ème et dernier volume du manga.

Dans la mythologie grecque, on dit que de jeunes garçons protégeaient la déesse Athéna de leur corps, au péril de leur vie. On dit que leurs poings, ils déchiraient la terre, et que de leurs pieds, ils pourfendaient le ciel : on les appelait les Chevaliers d’Athéna.
A de nombreuses reprises, à travers le temps et l’histoire, ces chevaliers courageux ont dû s’engager dans des Guerres Saintes contre les Dieux. A notre époque, encore, ils ont dû aller combattre au plus profond des Enfers contre le démoniaque Hadès.


Chapitre 1 : La Prémisse d’une nouvelle Bataille

Le Sanctuaire de Grèce, Jabu de la Licorne observe le ciel, songeur
– Le soleil réapparaît, dit-il calmement, mais d’une voie emplie de tristesse
– Génial, c’est que Athéna, Seiya, et les autres, ont réussi à arrêter Hadès, s’écria joyeusement Ichi de l’Hydre
– Oui, en effet, soupira Jabu, mais qui sait quel a été le prix à payer pour vaincre. Bien sûr, je suis heureux que la terre soit sauve, mais combien de nos compagnons ont péri lors de ces combats ?
– Jabu a raison, dit Marine de l’Aigle. La Terre a été libérée de la menace d’Hadès, mais je ne serai rassurée que lorsque nos amis seront revenus sains et saufs, eux aussi. Revenir des Enfers n’est pas chose aisée
– Oui, vous avez sans doute raison, comme d’habitude, se lamenta Ichi
– Ne croyez pas que cela soit si dur que ça, de partir des Enfers, lorsque leur geôlier vient de périr !
Celui qui venait de dire cela était en train de s’avancer vers le petit groupe de chevaliers, toujours rassemblé autour de Seika, qu’ils venaient de protéger au prix de grandes souffrances. A la stupéfaction générale, s’était bien une armure d’or que portait cet homme, mais jamais aucun des chevaliers présents n’en avait vu de semblable : elle ne ressemblait à aucune des armures d’or existantes, mais en était finalement très proches. Il ne pouvait y avoir aucuns doutes : c’était bel et bien une armure d’or. Mais comment ? Les 12 uniques armures étaient à présent au fin fond des Enfers ; certaines détruites même par Thanatos, mais cela les chevaliers restés au Sanctuaire l’ignoraient. L’étrange chevalier se tenait désormais à quelques mètres du groupe.
– Qui es-tu, cria Jabu au nouveau venu
– Mon nom ne vous apporterait rien, répondit-il. Je n’ai qu’une requête : attaquez-moi de toutes vos forces, comme si vos vies en dépendaient, ou bien vous mourrez
– Si tel est ton souhait…
Shina, Jabu, et Nachi, comme à leur habitude, venait de se jeter sur leur adversaire, comme celui-ci leur avait demandé. Leur force est très loin d’être négligeable, mais leur opposant n’eut qu’à faire un léger geste de la main pour les envoyer au loin, repoussant par là-même leurs pourtant terribles attaques. Un instant, leurs compagnons avaient pu percevoir la cosmo énergie du combattant en armure d’or : elle était gigantesque, comparable à celle des Chevaliers d’Or, supérieure même. Ils ne pouvaient plus bouger, terrorisés et émerveillés à la fois par la puissance de leur adversaire.
– Je crains que vous ne puissiez rien faire avec vos faibles capacités, soupira le chevalier d’or. Dans ce cas…
Une aura bleue claire commença à s’échapper de la main gauche du chevalier, et commença à envelopper le groupe de chevaliers, qui ne pouvaient toujours pas esquisser le moindre mouvement. Leurs armures, où du moins ce qu’il en restait, se recouvrirent peu à peu d’une fine couche de givre, qui devint vite de la glace. A peine avaient-ils compris ce qui se passait, les chevaliers étaient paralysés, prisonniers de la glace. Le Chevalier d’Or, une fois son travail accompli, se retourna et partit, s’éloignant de l’immense cube de glace qu’il venait de créer, enfermant les chevaliers, ainsi que Seika.
– C’est bien dommage, mais ils n’auraient jamais réussi, dit le chevalier à voix basse. Maintenant, la Terre est condamnée
– Ca, je n’en suis pas sûr du tout !
Cette voix provenait de derrière le chevalier, et était très arrogante. Ile se retourna lentement.

Chapitre 2 : Revenus des Enfers, Athéna et ses Chevaliers de Bronze

Le guerrier à l’armure se retourna lentement, ne se doutant pas du spectacle qui allait s’offrir à lui : les Chevaliers d’Athéna, revenus du Royaume d’Hadès, et à nouveau vêtu de leurs armures de Bronze. Et derrière eux, puissante et majestueuse…
– Athéna ! s’écria le Chevalier d’Or en se prosternant aux pieds de la déesse. Ainsi, vous voilà revenue des Enfers. Même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais imaginé telle chose
– Qui es-tu, Chevalier ? demanda Athéna avec une voie pleine de bonté. Et qu’as-tu fait à nos compagnons ?
– Excusez-moi, implora le Chevalier. Je suis le Chevalier d’Or Hydros du Dauphin.
– Le Chevalier d’Or du Dauphin, s’étonna Shun. Mais, il n’existe aucun Chevalier, ni même de constellation, de ce nom.
– Si, répondit tristement Athéna. Alors comme cela, tu es un Guerrier Banni ?
– En effet, lui répondit Hydros.
– Mais qu’est-ce que c’est, cette histoire de Guerriers Bannis ? demanda Ikki.
Athéna entreprit de répondre à la curiosité de ses Chevaliers
– Il y a de cela bien longtemps, à l’époque des temps mythologiques, 88 Chevaliers protégeaient la réincarnation d’Athéna, comme aujourd’hui. Mais les armures, ainsi que les constellations qui peuplaient le ciel, étaient très différentes de celles d’aujourd’hui ; le Dauphin représentait une de ces constellations et de ces armures, et plus exactement une armure d’or. Quelques Chevaliers d’Or, convaincus de leur puissance et de leur suprématie, entraînèrent tous les autres Chevaliers dans une guerre contre les Dieux eux-mêmes, allant même jusqu’à tuer la réincarnation d’Athéna. Durant cette lutte, les Chevaliers de Bronze et d’Argent périrent pour être envoyés dans l’Enfer des Glaces, le Cocyte, mais aucun Chevalier d’Or n’eut cette chance : ils furent emprisonnés vivants aux Enfers pour y souffrir d’éternelles tortures. Zeus modifia alors les constellations dans le ciel, ainsi que les armures, pour que personne ne se souvienne jamais de ce qui s’était passé.
– C’est cela, approuva Hydros. Nous étions sous la surveillance de Hadès, mais lorsque ce dernier a été tué, nous avons été libérés, et nous sommes revenus dans ce monde.
– Mais pourquoi avoir tué nos compagnons ? hurla Seiya. Vous voulez à nouveau vous en prendre aux Dieux ?
– Tes compagnons ne sont pas morts, répondit calmement le Chevalier du Dauphin. Je me suis contenté de stopper momentanément leurs fonctions vitales. Je voulais les tester, pour voir s’ils seraient de taille à lutter contre mes anciens compagnons. Hélas, ce n’est pas le cas.
– Pourquoi vouloir lutter contre eux ? demanda Shiryu. A l’époque, tu ne t’étais pas opposé à leurs projets, sinon tu n’aurais pas été précipité vivant en enfer toi aussi.
– A l’époque, une lutte contre les Dieux me semblait importante pour éviter d’impliquer plus d’hommes dans leurs conflits inutiles, mais aujourd’hui, il ne s’agit pas de cela. Vous comprenez ce que je veux dire, n’est-ce pas, Athéna ?
– Oui, répondit Athéna. Chacun d’entre vous devrait se trouver en enfer : votre présence sur Terre provoque un déséquilibre qui doit être rectifié au plus vite, et pour cela…
– Il faut tous nous tuer, c’est cela, dit calmement Hydros. Je cherchais de puissants alliés, car seul je suis incapable de tous les vaincre.
– Et bien, je crois que nous n’avons pas le choix, s’écria Seiya. Nous devons aller les combattre et les renvoyer dans le Royaume d’Hadès.
– Avant, il y a une chose que vous devez savoir, expliqua Hydros
– Quoi donc ? demanda Shiryu
– La plupart des Chevaliers d’Or que vous allez rencontrer sont manipulés ; ils n’agissent pas de leur propre volonté.
– Quoi, qu’est-ce que tu dis ? s’écria Shun.
– Vous pensez vraiment que tous les Chevaliers d’Or voulaient combattre les Dieux ? La plupart d’entre eux étaient contre, bien entendu. Ils furent alors hypnotisés, et manipulés par ceux d’entre nous qui voulions la guerre. Ce n’a pas été mon cas, car comme je vous l’ai dit, j’approuvais cette lutte ; mais grâce à cela, je peux aujourd’hui m’adresser librement à vous.
– Bien, qu’il en soit ainsi, décida Athéna. Nous allons donc combattre les guerriers bannis. Mais avant, peux-tu libérer nos compagnons ?
– Oui.
Une aura bleue s’échappa à nouveau, mais cette fois-ci elle provenait du bloc de glace dans lequel les autres Chevaliers et Seika étaient emprisonnés. Le bloc disparut.
– Voilà, dit Hydros. Ils sont libres. Ils auront récupéré dans quelques heures.
– Je vais rester ici, dit Athéna. Je vais les aider à récupérer grâce à la chaleur de mon cosmos.
– Mais enfin, Athéna, vous n’y pensez pas, balbutia Hydros, nerveux. Vous devez nous aider pour les combats. Eux seront inutiles lors de nos combats, mais vous…
– Même le plus petit grain de riz peut faire pencher la balance, expliqua Athéna. Ils nous seront d’une aide précieuse, alors que moi je ne peux me battre au corps à corps sans mon armure, restée à Elysion. Mon esprit vous accompagnera durant votre lutte.
– Je comprends, s’excusa Hydros.
– Bien, en avant ! hurla Seiya
Seiya de Pégase, Shun d’Andromède, Shiryu du Dragon, Hyoga du Cygne, Ikki du Phénix, et Hydros du Dauphin partirent donc à la rencontre avec les Guerriers Bannis.

Chapitre 3 : En avant Chevaliers d’Athéna ! La traque commence dans le Sanctuaire
Seiya et ses compagnons, désormais accompagnés de Hydros du Dauphin, venaient de quitter Athéna pour partir à la recherche des Guerriers Bannis
– Puis-je vous poser une question ? demanda Hydros aux Chevaliers de Bronze.
– Laquelle ? demanda Seiya.
– Comment avez-vous fait pour partir d’Elysion ?
– Pour partir, il nous fallait intensifier énormément notre cosmos, mais nous étions trop épuisés pour cela, répondit Hyoga. Athéna nous a alors expliqué que son ichor et son armure pouvaient dégager une énergie suffisante pour nous permettre de rentrer. Nous avons donc rendu à Athéna le sang divin qui coulait dans nos armures, qui sont alors redevenues de simples armures de bronze, et nous l’avons déposé sur l’armure d’Athéna. Lorsque le sang et l’armure sont entrés en contact, cela a produit une puissante force qui a permis à Athéna de tous nous renvoyer sur Terre, mais son armure est restée à Elysion, de ce fait elle ne peut plus se battre.
– Je comprends mieux, maintenant, expliqua Hydros. Nous aussi c’est par l’explosion de notre cosmos que nous avons miraculeusement pu sortir des Enfers.
– Dis-moi, Hydros, dit Ikki, où se trouvent tes compagnons désormais ?
– Toujours dans les parages, je pense, répondit Hydros. Ils m’ont chargé de partir en éclaireur dans le Sanctuaire pour me débarrasser d’éventuels ennemis, et en m’attendant je pense qu’ils doivent se promener dans le Sanctuaire : c’est un lieu rempli de souvenir pour nous tous, que nous n’avons plus revu depuis des temps immémoriaux.
– Cela ne va pas t’être trop dur de te battre contre tes anciens compagnons, surtout en sachant qu’ils sont manipulés ? demanda Shun.
– Si notre sacrifice peut permettre de sauver la Terre, je pense que cela doit être fait, expliqua Hydros. Si mes compagnons étaient conscients de leurs actes, je suis sûr qu’ils approuveraient. Et puis, je ne peux vivre en les sachant sous contrôle d’une force maléfique : je les libérai !
Ecoutant avec assiduité le Chevalier d’Or, aucun des Chevaliers n’avait remarqué l’ombre qui les suivait, qui finit enfin par se manifester.
– Mais dis-moi, Hydros, n’étais-tu pas censé tuer les ennemis que tu trouverais sur ton chemin, demanda l’ombre en apparaissant devant le groupe
L’ombre qui venait de se mettre en travers de leur route était un chevalier. Il portait lui aussi une armure d’or que nul Chevalier de Bronze n’avait encore vu : le casque représentait une tête d’oiseau au bec effilé.
– Qui est-ce ? demanda Seiya en se mettant en position de combat
– Pyros, Chevalier d’Or du Faucon, répondit Hydros. Partez ! Je veux m’occuper de ce chevalier personnellement.
– Mais qui a-t-il, demanda le Chevalier du Faucon. Qu’est-ce qui te prend, Hydros ? Pourquoi veux-tu me combattre alors que tu laisses vivre nos ennemis ? Ils t’ont ensorcelé ?
– Oh non, répliqua Hydros. Pour tout te dire, c’est bien la première fois que je vois aussi clair : tu ne peux éviter ce combat, nous allons enfin savoir lequel de nous deux est le plus puissant. Que faîtes-vous encore là, vous autres ? Le temps presse. Allez-y, je vous rejoindrai.
Les Chevaliers de Bronze assistaient à la scène. Sachant que le Chevalier d’Or avait raison, ils partirent.
– C’est d’accord, nous partons, dit Seiya. Mais nous comptons sur toi pour vaincre : tu es le seul qui connaisse bien nos adversaires.
Hydros du Dauphin attendit que les chevaliers soient partis pour s’adresser de nouveau au Chevalier Pyros du Faucon.
– Aujourd’hui, nous allons savoir lequel de nous deux est le plus fort, dit Hydros. Si tu dois périr, je préfère que ce soit de mes mains.
– Tu es fou ! Après tout ce que nous avons enduré aux Enfers, espérant pouvoir revenir sur Terre pour à nouveau lutter pour Athéna, tu décides de te retourner contre elle ?
– Ce qui me dégoûte le plus, c’est que nous ayons autrefois utilisé le nom d’Athéna pour vous manipuler, vous faisant croire que c’est pour elle que vous étiez allé combattre les Dieux eux-mêmes. Mais je vais corriger cela. Pardonne-moi, mais je dois te tuer, mon frère !

Chapitre 4 : Le premier combat fait rage : lutte fratricide entre le Feu et la Glace

La scène se déroulait dans le Sanctuaire Terrestre, en Grèce, dans un petit corridor formé par deux immenses parois rocheuses. Les deux Chevaliers d’Or s’observaient, chacun étant en position pour pouvoir donner des coups tout en pouvant se protéger le cas échéant. Leur concentration était extrême : une véritable guerre des nerfs, invisible, venait de s’engager entre les deux adversaires. Le Chevalier du Faucon prit la parole :
– Pourquoi veux-tu me combattre alors que nous sommes dans le même camp ? Ca n’a pas de sens
– Je dois t’expliquer une chose : autrefois, tu as été manipulé pour prendre part à une guerre contre les Dieux eux-mêmes, mais aujourd’hui nous pouvons racheter notre faute en nous sacrifiant pour sauver la Terre, raconta le Chevalier du Dauphin
– C’est toi qui es manipulé ! hurla l’autre. Nous sommes ici par la volonté d’Athéna : les guerres divines provoquent la mort de trop d’innocents, c’est pour cela qu’elle voulait y mettre un terme ! Toi-même soutenait la justesse de cette quête ; je ne pourrai me permettre de mourir que lorsque le dernier dieu démoniaque sera tombé, et pour y arriver, je suis préparé à combattre mon frère lui-même. Si je ne peux pas te faire changer d’avis, alors je dois t’abattre. FIRE DESTRUCTION !!
Pyros du Faucon se précipita sur son frère et compagnon, en décochant sa terrible attaque Fire Destruction : son poing, qui fusait à la vitesse de la lumière, était entouré d’un halo de feu qui prenait alors la forme d’un rapace fonçant sur sa proie. Même si le poing ne touche pas l’adversaire, le moindre contact avec le faucon de feu, dont la chaleur pouvait fondre l’or en une fraction de seconde, peut être fatal. Les deux chevaliers le savaient pertinemment : ils s’étaient maintes fois affrontés par le passé. Le choc de l’attaque fut violent, mais…
– Hum, je vois que tu as utilisé ton mur de glace, dit Pyros
– En effet, expliqua Hydros
L’attaque pourtant destructrice du Faucon avait été stoppée par un mur très fin constitué de glace, dont la température avoisinait le zéro absolu. Mais déjà, Pyros intensifiait son cosmos, qui se mit à dégager une chaleur effroyable ; le mur de glace ne pu tenir très longtemps et céda.
– Je reconnais la force du Maître du Feu, dit calmement Hydros
– Celle du Maître de la Glace n’est pas en reste, répliqua Pyros
Pyros du Faucon et Hydros du Dauphin étaient connus à leur époque pour être les « Jumeaux des Extrêmes » : alors que l’un projetait un souffle d’une chaleur telle qu’il faisait fondre toute matière, l’autre la gelait à un point tel qu’elle explosait. Le feu et la glace, les extrêmes parfaitement maîtrisés par les deux frères, qui permettaient de maintenir l’équilibre entre eux : les attaques de feu de Pyros étaient toujours stoppées par la glace de Hydros, et inversement. Ainsi n’ont-ils jamais pu se départager.
– Cette fois-ci, c’est à moi de montrer ce que je sais faire, dit Hydros. Voyons si tu seras toujours capable de m’arrêter, comme le veut la légende. STORM ASSAULT !!
Hydros du Dauphin projeta un froid terrible sous la forme d’une véritable tornade : ceux qui ne mourraient pas du froid intense étaient emportés et broyés par le souffle. Ce fut le cas du Faucon, mais celui-ci ne sembla pas gêné le moins du monde par la tornade : il fut projeté contre une des deux parois rocheuses qui bordaient leur champ de bataille, mais se redressa avant de l’heurter, s’appuya dessus, et se projeta à son tour en direction de son frère, comme s’il n’y avait pas eu l’attaque de ce dernier.
– Comment veux-tu me vaincre avec une attaque que j’ai déjà vu des centaines de fois ? hurla-t-il. A moi de te montrer mes véritables capacités. DEATH FLY !!
Ce fut comme si cette fois tout le corps de Pyros avait cédé la place à faucon de feu, fonçant sur sa proie. Le coup était violent, et laissa un impact béant et fumant dans le sol vitrifié par la chaleur, mais Hydros avait eu le temps d’esquiver l’attaque, tout du moins en partie : même à distance, quelques morceaux de son armure d’or avaient commencé à fondre.
– Je ne peux me permettre d’être détruit, ni même d’être engagé dans une guerre de 1000 jours et 1000 nuits, haleta Hydros.
– Mais pourquoi ? demanda Pyros. Qu’est-ce qui te pousse à te battre ainsi, d’autant plus contre moi, ton frère ? Je ne peux pas croire que mon frère trahisse Athéna, cela ne te ressemble pas.
– Je sais que ma cause est juste, c’est pour cela que je dois me battre jusqu’au bout : quelles que soient mes souffrances, quel que soit l’adversaire, même toi, mon frère.
– Bien, tu l’auras voulu, dit tristement le Chevalier du Faucon
Il concentra son cosmos brûlant autour de ses mains : un simple contact avec peut signifier la mort. Son frère fit de même, concentra son cosmos glacial autour de ses mains : un simple contact avec peut signifier la mort. C’est au corps à corps qu’allait se poursuivre la lutte fratricide ! Ils s’élancèrent l’un vers l’autre, et procédèrent à un incroyable échange de coups à la vitesse de la lumière. Les deux combattants se connaissaient à la perfection, et chacun était donc en mesure de deviner les mouvements de l’autre pour les éviter : parer ne suffisait pas, il leur fallait absolument éviter le cosmos de l’autre. Après un combat spectaculaire dans le petit corridor, dont les parois furent utilisées par chacun des opposants lors du combat, ces derniers se séparèrent.
– Cela ne plus durer, expliqua Hydros. Je n’ai pas le choix, je dois déchaîner ma plus terrible attaque : elle est capable de geler même les flammes de l’enfer. Tiens toi prêt, Pyros, à recevoir mon assaut : CRYSTAL RAIN !!
Comme le voulait le nom de cette attaque, ce fut comme si des milliers de cristaux de glace s’abattirent en un instant sur le Faucon. Celui-ci fut projeter contre la paroi rocheuse, et tomba au sol, son armure détruite. Son frère accouru vers lui, et le prit dans ses bras.
– Pyros ? demanda-t-il. Pourquoi n’as-tu pas tenté d’éviter mon attaque ou de te protéger ? Tu en étais capable.
– Tout simplement parce que tu es mon frère, répondit Pyros, agonisant. Depuis le temps, j’ai appris à savoir quand tu me mens, et cette fois-ci j’ai su que tout ce que tu me disais était la vérité. Le fait que tu ais déchaîné les foudres de ta plus puissante attaque contre moi en est d’ailleurs la preuve absolue qu’il me fallait. C’est un prix bien cher à payer, mais je peux mourir en paix sachant qu’il existe un défenseur de la Terre et d’Athéna tel que toi, capable de faire passer sa mission avant la vie de son propre frère.
– Oh non, Pyros, ne meurt pas, pleura Hydros
L’impénétrable armure de glace du Chevalier d’Or du Dauphin avait enfin finit par fondre sous l’action du cosmos chaud et bienveillant de son frère jumeau, le Chevalier d’Or Pyros du Faucon.
– Et bien, dit Pyros, la légende s’achève aujourd’hui : c’est finalement la glace qui aura eu raison du feu.
Ce furent ses dernières paroles. Le cosmos du Maître du Feu finit par s’éteindre, mais pas dans le cœur de son frère, le Maître de la Glace. Ce dernier déposa son corps dans le cratère qu’il avait laissé lors de son Death Fly, et le recouvrit avec de la glace aussi pur que du cristal pour conserver son corps à jamais figé dans le Sanctuaire. Abattu mais déterminé, Hydros partit à la suite des Chevaliers de Bronze à qui il avait promis qu’il les rejoindrait.

Chapitre 5 : Confrontation : le Chevalier Majestueux

Les bruits de la bataille que livrait Hydros du Dauphin résonnaient jusqu’aux oreilles de ses nouveaux compagnons d’infortune, qui continuaient de courir dans le Sanctuaire à la recherche de leurs ennemis : les Guerriers Bannis.
– Nous ferions mieux de nous séparer, proposa Shun. Ainsi nous aurions plus de chances de rencontrer les Chevaliers d’Or
– Oui : plus vite nous les débusquerons, plus vite nous les aurons vaincu, ajouta Seiya. Vous êtes tous d’accord ?
– Oui ! répondirent les Chevaliers de Bronze en chœur
Aussitôt, les 5 Chevaliers partirent dans des directions opposées. Seiya prit le chemin qui menait au lieu qui lui était symbolique dans le Sanctuaire : l’amphithéâtre, là où il avait récupéré son armure de Pégase. Après une courte course, il arriva enfin dans le lieu qui évoquait pour lui tant de souvenirs. Au lieu de continuer sa route, il s’arrêta quelques instants au centre l’arène de l’amphithéâtre, et de là le contempla. Il revoyait la foule de gardes et de chevaliers qui avaient assisté à son combat contre Cassios. Pauvre Cassios : pour celle qu’il aimait, il s’était sacrifié, sauvant ainsi la vie de Seiya. Le Grand Pope, en fait Saga à l’époque, avait lui aussi assisté au combat ; mais aujourd’hui, ce n’était pas lui qui se tenait à la place qui lui était réservé, mais un chevalier vêtu d’une armure resplendissante dans le soleil. Seiya crut tout d’abord à une hallucination provoquée par le fort soleil, mais en réalité il s’agissait bien d’un Chevalier d’Or, un Guerrier Banni ; celui-ci observait Seiya avec un regard plein de tendresse.
– Tu ne devrais pas te laisser distraire comme cela, Chevalier, dit le Chevalier d’Or. Dans la bataille, c’est un luxe que l’on ne peut pas s’offrir si l’on tient à sa vie
Le Chevalier d’Or effectua un bond prodigieux, et atterrit au centre de l’arène, à quelques mètres de Seiya qui venait de se mettre en garde, mais qui ne pouvait s’empêcher d’observer son adversaire : il se dégageait de lui une incroyable prestance, ainsi qu’une bonté immense ; pendant un court moment, Seiya oublia totalement que c’est un ennemi qui se tenait droit devant lui, mais d’un autre coté il ne comprenait pas qu’un tel homme puisse en être un.
– Salut à toi, Chevalier, dit calmement le Chevalier. Permet-moi de me présenter : je me nomme Nessus, Chevalier d’Or de l’Archer.
– Le Chevalier d’Or de l’Archer ? se dit Seiya. Et bien moi je suis Seiya, Chevalier de Bronze de Pégase.
– Ainsi donc, tu es un de ces nouveaux Chevaliers d’Athéna ? Parfait, il n’y a donc aucunes raisons que nous nous affrontions : nous sommes tous deux Chevaliers d’Athéna.
– Je suis désolé, Chevalier de l’Archer, mais tu vas devoir combattre, dit Seiya qui venait de se mettre en position d’attaque.
– Voilà une attitude bien étrange de la part d’un homme qui se dit Chevalier d’Athéna, dit calmement Nessus. S’il en est ainsi, si vraiment tu veux me combattre, alors cela veut dire que tu as usurpé le titre qui est le tien. Je ne peux tolérer qu’un homme utilise ainsi un titre pour lequel mes compagnons et moi-même avons jadis perdu la vie, donc je vais te combattre, comme tu le souhaites, Chevalier de Pégase.
– Parfait, s’écria Seiya. En garde, Chevalier de l’Archer : PEGASUS RYU SEI KEN !!
Seiya venait de décocher sa terrible attaque : une pluie de coups portés à une vitesse proche de la lumière s’abattirent sur Nessus, sans que celui-ci ne bouge, et finalement il encaissa sans broncher les coups : Seiya n’avait même pas réussi à faire bouger le Chevalier qui semblait toujours aussi serein.
– Comment ? haleta Seiya. Il a reçu mon météore sans même l’esquiver, et il n’a pas été affecté : c’est impossible !
– Je sais que je ne devrais pas te le dire, mais j’utilise une attaque similaire, répondit Nessus. Je sais donc parfaitement comment la parer : un Chevalier doit connaître tous les secrets et les défauts de ses techniques. A moi de te montrer ce que je sais faire : BURNING ARROWS !!
Cette fois, c’est Nessus qui venait de déchaîner une pluie de coups sur son adversaire, chacun d’entre eux prenant la forme d’une flèche dorée. Seiya sauta pour éviter la pourtant très rapide attaque qui perfora le sol, mais à peine venait-il de sauter que le Chevalier d’Or lui assenait un violent coup de pied qui l’envoya perforer les gradins de l’arène. Seiya était désormais allongé dans un cratère ; son armure avait mal résisté au choc et était brisée à plusieurs endroits.
– Ce Chevalier est incroyable, se lamenta Seiya en se tentant de se relever. Non seulement il a réussi à parfaitement anticiper la façon dont j’allais esquiver, mais en plus il a été si rapide que j’ai eu l’impression qu’il portait son Burning Arrows et son coup de pied en même temps. Si tous les Guerriers Bannis sont comme lui, cela risque d’être très difficile de les vaincre, mais nous devons y arriver, sinon la Terre est condamnée !
Péniblement, Seiya réussit à se relever, se tenant le ventre, là où son adversaire avait violemment frappé. Mais à peine était-il debout sur ses jambes qu’il retombait lourdement au sol.
– C’est impossible, dit Seiya. Même si son coup était d’une très grande force, il n’aurait pas dû me mettre dans un tel état. Je peux à peine bouger.
– En effet, expliqua Nessus. Ce n’est pas mon coup de pied qui est responsable de ton état. Regarde ta jambe droite et ton torse.
– Comment ? s’écria Seiya.
Deux petits trous trônaient sur la jambe et sur le torse de Seiya. Ce dernier ne les avait même pas senti.
– Qu’est-ce que c’est ? hurla Seiya. Que m’as-tu fait ?
– J’ai pressé deux points d’acuponcture, expliqua Nessus. Je possède de bonnes connaissances sur le corps humain, et je sais exactement quelles combinaisons de points je dois toucher pour plonger mon adversaire dans un profond sommeil.
– Mais quand as-tu pu me faire cela ? demanda Seiya.
– Pendant la Burning Arrows, avoua Nessus. Cette attaque me servait uniquement à masquer mes véritables intentions qui étaient de toucher tes points. Ainsi plonger dans le sommeil, je pourrais te tuer sans douleur : je déteste faire souffrir mes adversaires car je sais que moi-même je n’aimerais pas souffrir au moment de ma mort.
– Et dire que j’étais persuadé d’avoir éviter ses coups, se dit Seiya. Ce Chevalier est fantastique : il est dommage qu’il soit mon enne…
Seiya n’eut pas le temps de finir sa phrase : il s’était évanoui. Nessus, Chevalier d’Or de l’Archer, s’approcha de lui, et se pencha, passant sa main dans ses cheveux, comme un grand frère attentionné.
– C’est toi qui es incroyable, dit tristement Nessus
Un léger filet de sang s’échappait de la bouche du Chevalier d’Or.
– Tout à l’heure, ton attaque était sublime. Si je n’étais pas habitué à cette technique, j’en aurais sûrement beaucoup souffert. Et je peux te dire qu’il fut très difficile de te toucher tes points tant tu étais rapide. Tu as très largement dépassé le niveau d’un Chevalier de Bronze ; en réalité tu étais même mon égal dans ce combat, et tu aurais pu le gagner si tu n’avais pas été déjà exténué à cause de tes combats précédents. Si nous venons à nous rencontrer plus tard, selon les hasards de la Métempsycose, je souhaite pour que nous soyons amis et que nous combattions côte à côte.
Nessus leva doucement le bras au-dessus de Seiya, s’apprêtant à lui trancher la gorge. Et au moment même où il abaissait son bras, un éclair de feu le percuta et le fit dévier, le faisant ainsi plonger la main dans les gradins de l’amphithéâtre et rater Seiya.

Chapitre 6 : Le plus fidèle serviteur d’Athéna

Cet éclair de feu providentiel, c’était Ikki, le Chevalier de Bronze du Phénix, qui, sentant le choc entre les deux terribles cosmos des opposants, avait décidé de venir voir sur place ce qu’il se passait. Et là, il avait vu un Chevalier d’Or tenté d’assassiner Seiya. Le Chevalier dégagea lentement la main du sol, tendit que Ikki l’attendait au centre de l’arène de l’amphithéâtre.
– Qui es-tu, Chevalier ?
– Ikki, le Phénix, répondit Ikki. Sache une chose : il y a une chose que je déteste par-dessus tout, c’est que l’on touche à mes amis. Tu vas me le payer, Chevalier.
– Quant à moi, je me nomme Nessus, expliqua le Chevalier d’Or. Si vraiment tu veux m’affronter, je vais être forcé de te combattre et de te tuer, Chevalier Phénix.
– Trêve de bavardages, dit Phénix. Chevalier, c’est ici que tu vas mourir. Les Ailes du Phénix !!
Ikki projeta sa plus puissante attaque contre le Chevalier Nessus de l’Archer. Celui-ci évita sans aucunes difficultés le coup, et sans même que Ikki n’ait le temps de s’en apercevoir, il venait de recevoir un terrible coup de poing provenant de son adversaire, et percutait violemment le sol de l’arène.
– Arghhh, gémit Ikki en se relevant. Je comprends mieux pourquoi Seiya est à terre : ce chevalier est au moins aussi fort que les Chevaliers d’Or que nous connaissions, voire même plus.
– Abandonne, Chevalier, dit Nessus. Ne me force pas à te faire la même chose qu’à ton ami.
– Comment, abandonner ? Balbutia Ikki. Tu veux rire ? Il est hors de question que j’abandonne, pourquoi me demandes-tu une chose pareille.
– Vois-tu, je déteste combattre les gens qui ne méritent pas de mourir, et je sais que c’est ton cas, Chevalier, expliqua Nessus. Le combat ne doit être qu’un recours ultime, mais même si je répugne à le faire, il est de mon devoir d’obéir à Athéna, même si ma mission est parfois ingrate.
– Qu’est-ce que tu veux dire ? demanda Ikki.
– Par le passé, et même aujourd’hui, j’ai souvent été amené à tuer des personnes dont je ne désirais pas la mort, tout simplement car je devais le faire. En tant que Chevalier, je ne possède pas mon libre arbitre pour choisir qui mérite la mort ou non. J’ai même été obligé de faire des choses que je répugne, et pour lesquelles je mériterais mille fois la mort moi-même, mais notre devoir en tant que Chevalier d’Athéna est d’accepter ce destin cruel.
– Tu veux dire que Athéna t’aurait par le passé demandé de tuer des gens qui étaient innocents, mais c’est impossible, s’écria Ikki
– Ce n’était pas à moi de juger ce qui était bon ou mauvais, mais Athéna : ses choix sont forcément justes, et je la suivrais jusqu’aux Enfers, dit calmement Nessus. Un jour, elle m’a même demandé d’aller tuer une jeune femme qui se faisait passé pour sa réincarnation : elle a expié de sa vie.
– Tu dis n’importe quoi ! hurla Ikki. Athéna n’est pas une déesse sanguinaire, d’ailleurs elle répugne même à laisser ses Chevaliers utiliser des armes. A moins que…mais oui, Hydros nous a expliqué que ses compagnons étaient manipulés. Alors c’est comme ça : certains d’entre eux se sont substitués à Athéna pour les contrôler. Mais alors, cette jeune femme qu’il a été obligé de tuer ? Non, ce ne pouvait pas être…la véritable réincarnation d’Athéna.
– Et bien, Chevalier du Phénix, t’es-tu finalement décidé à abandonner, demanda Nessus.
– Non, je me suis décidé à t’ouvrir les yeux, Chevalier, expliqua Ikki en se relevant. Aller jusqu’à tuer des personnes que tu juges innocentes car Athéna te l’a demandé : dans un sens, on ne peut imaginer Chevalier plus loyal que toi. C’est pourquoi je me vais te montrer la vérité. Voici une attaque que tu ne pourras éviter : PHENIX GEN MA KEN !!
Un faisceau de lumière s’échappa de la main de Ikki et alla traverser le cerveau de Nessus de l’Archer. Celui-ci se retrouva alors plongé dans une illusion qui était en faite un souvenir : le moment où il a tué cette jeune femme. Il revoit la scène comme s’il y était, à un détail près : cette fois-ci son esprit n’est pas soumis à l’influence de la manipulation qui le frappait à ce moment-là, et il s’aperçut de l’horrible vérité : c’était la réincarnation de Athéna qu’il était en train d’assassiner, sans que celle-ci n’essaye de l’en empêcher. Une fois l’illusion finie, Nessus s’écroula à terre, en pleures. Ikki s’approcha doucement de lui.
– Je comprends ce que tu ressens, lui dit-il. Mais aujourd’hui, tu peux te racheter en nous aidant dans notre lutte. Rejoint-nous, Chevalier.
– Je suis désolé, Chevalier du Phénix, mais notre combat n’est pas terminé, expliqua Nessus en se relevant.
– Comment , c’est impossible ! se dit Ikki. L’Illusion du Phénix ne peut pas avoir échoué, mais il veut continuer de se battre ? A moins que le sortilège qui le manipule ne soit plus puissant que ce que je m’imaginais.
– Prépare-toi, Chevalier Phénix, à recevoir mon plus terrible coup, dit tristement Nessus. LIGHTNING ARROWS !!
Des milliers de flèches se dirigèrent tout à coup sur Ikki, venant de toutes les directions : il lui était impossible de toutes les éviter.
– C’est impossible, s’écria Ikki. Comment peut-il porter autant de coups provenant d’autant de direction ? Mais, ses flèches ? Elles ne sont pas réelles : ce sont des illusions.
En effet, les flèches traversaient le corps d’Ikki comme s’il n’existait pas, mais en réalité, c’était les flèches elles-mêmes qui n’avaient pas de consistance.
– Voilà une attaque bien étrange, se dit Ikki après que l’attaque soit finie. Nessus, pourquoi m’envoyer de fausses flèches ?
– Regarde ton corps, répondit Nessus.
– Oh mais, ces trous, s’écria Ikki. Ce sont les mêmes que sur le corps de Seiya, de quoi s’agit-il ?
– A cause de ses petits trous, tu vas t’endormir, expliqua Nessus.
– Mais, pourquoi ? demanda Ikki. Pourquoi te battre maintenant que tu connais la vérité ?
Ikki, Chevalier de Bronze du Phénix, s’endormit à son tour, et s’écroula sur le sol de l’arène du Sanctuaire.

Chapitre 7 : Le Parfum des Fleurs

Ignorant tout des funestes événements qui étaient en train de se dérouler dans l’arène du Sanctuaire, Hyoga continuait ses recherches dans le Sanctuaire, mais il s’arrêta brusquement : il venait de s’apercevoir dans quel endroit le hasard, et peut-être son inconscient, l’avait amené : le cimetière des Chevaliers. Mais cet endroit où reposaient jadis de nombreux serviteurs d’Athéna n’existait plus vraiment : Shina et les autres l’avaient détruit pour empêcher que les troupes d’Hadès n’y passent. Mélancolique, Hyoga commença alors à flâner dans le cimetière, oubliant pour un instant sa mission. Très vite, les restes d’une tombe attirèrent le regard du Chevalier du Cygne. Comme si le destin l’avait voulu, le nom inscrit sur la stèle que venait de trouver Hyoga était toujours lisible : il était marqué « Aquarius no Camus ». Hyoga tomba en pleures.
– Ô mon maître, vous étiez vous aussi un preux chevalier d’Athéna, et vous l’avez servi même au-delà de la mort. Me pardonnerez-vous un jour pour tout le mal que je vous ai fait subir ? cria Hyoga en levant les bras au ciel.
– Si c’était en effet un grand Chevalier d’Athéna, nul doute qu’il le fera, murmura une voix provenant de derrière le Chevalier de Bronze.
Hyoga se retourna aussitôt, et faillit pousser un cri de surprise : un Chevalier d’Or se tenait derrière lui. Son armure brûlait de milles feux, et un agréable parfum de fleurs émanait de lui. Il affichait un sourire doux et triste.
– Dis-moi, dit l’étrange Chevalier d’Or. Es-tu un de ces Chevaliers rebelles qui déjà ont assassiné un de mes compagnons ? J’ai senti son cosmos disparaître, ainsi que celui de deux autres d’entre eux exploser comme s’ils avaient eu à combattre.
– Un cosmos disparaître et deux exploser ? se dit Hyoga intérieurement. Cela veut dire qu’au moins un Guerrier Banni est tombé, en espérant que ce ne soit pas Hydros. Par contre, le fait qu’il est eu un combat impliquant un troisième Guerrier qui est lui bien vivant m’inquiète, d’autant plus que je ne ressens plus les cosmos de Seiya et Ikki.
– Et bien, Chevalier, j’attends ta réponse, dit le Chevalier d’Or.
– On peut en effet dire que je suis un de ceux qui combattent tes amis, répondit Hyoga. Mais je ne t’autorise pas à dire que je suis un renégat.
– Tu racontes n’importe quoi, soupira le Chevalier d’Or. Puisque tu nous combats nous, les Chevaliers d’Or au service d’Athéna, c’est forcément que tu es un renégat, et un ennemi d’Athéna. Il serait fou de prétendre le contraire.
– Je n’arriverai pas à lui faire entendre raison, se lamenta Hyoga. Il est manipulé. Bien, étant donné que je n’ai pas le choix, je vais te combattre, Chevalier. Je me nomme Hyoga, Chevalier de Bronze.
– Quant à moi, on m’appelle Narcisse, je suis le Chevalier d’Or de la constellation de la Rose. Crois-moi, tu n’as aucune chance de me vaincre. LIGHT BEAM !!!
L’armure du Chevalier de la Rose devint tout à coup encore plus brillante qu’avant. Il en émanait maintenant une chaleur douce et apaisante, mais aussi terrifiante. Hyoga lui-même était partagé entre la peur et l’admiration
– Quelle est cette technique ? s’écria Hyoga. Il ne bouge plus mais je sens que sa cosmos énergie augmente énormément. Bien, puisque tu ne sembles pas vouloir attaquer, c’est moi qui vais te porter le coup de grâce. DIAMOND DUST !!!
Narcisse se retrouva alors englobé par un air d’un froid intense, mais ne bougea pas : l’air s’écarta tout naturellement de lui, comme s’il avait été en un instant vaporisé. Au final, l’attaque de Hyoga avait été parfaitement inutile : le Chevalier de la Rose était indemne, et l’éclat de son armure était de plus en plus oppressant pour Hyoga qui dû se cacher la vue pour ne pas être aveuglé.
– Vois-tu, Chevalier, dit Narcisse. Ma technique est aussi bien offensive que défensive : il me faut du temps pour la préparer, mais pendant ce temps je suis virtuellement invincible. Et lorsque j’ai suffisamment concentré mon énergie et que je porte mon coup, rien ne peut me résister. Prépare-toi : LIGHT BEAM !!!
Un prodigieux rayon lumineux s’échappa des mains de Narcisse de la Rose, et alla frappé le Chevalier du Cygne, qui n’avait pas eu le temps d’esquisser la moindre esquive, de plein fouet. Ce dernier fut violemment projeté en arrière, et alla atterrir de l’autre coté du cimetière. Il tenta de se relever, mais tous ses membres étaient endoloris.
– Mais qu’est-ce que c’était que cette attaque ? se demanda Hyoga. C’est comme s’il avait attaqué en utilisant la lumière elle-même.
– En effet, dit le Chevalier d’Or qui s’était approché de Hyoga. Alors, comprends-tu que tu n’es pas de taille face à moi ? Je te conseille de renoncer.
– Jamais, hurla Hyoga en se relevant. Jamais je n’abandonnerai. Et tant qu’il restera le moindre souffle de vie en moi, je continuerai le combat.
– Ainsi, tu veux mourir dignement sur le champ de bataille ? demanda Narcisse. C’est un souhait courageux, que je m’en vais exhausser tout de suite. LIGHT BEAM !!
De nouveau, l’armure de Narcisse se mit à briller avec encore plus d’intensité.
– Ne crois pas que je vais me faire avoir deux fois de suite pas la même attaque, s’écria Hyoga. KHOLOMNIY SMERCH !!
Hyoga retenta sa chance en attaquant son adversaire de front lorsqu’il se concentrait, mais sans succès.
– Tu n’apprendras donc jamais ? demanda Narcisse. Je t’ai déjà dis que lorsque j’étais dans cette position, rien ne pouvait m’atteindre. LIGHT BEAM !!
Une nouvelle fois, Narcisse projeta un puissant lumineux, mais cette fois-ci le résultat fut différent : l’attaque n’atteint pas Hyoga, et ricocha contre une sorte de mûr invisible.
– Que s’est-il passé ? s’écria Narcisse.
– Moi aussi je pensais t’avoir prévenu, expliqua Hyoga. Une même attaque ne marche jamais deux fois sur un même Chevalier. J’ai compris que c’était véritablement de la lumière que tu m’envoyais, alors j’ai créé un mûr de glace qui a agi comme un miroir. C’est ton nom qui m’a donné cette idée : Narcisse, l’homme qui n’avait de cesse de s’admirer devant un miroir.
– Tu es malin, Chevalier, et un adversaire valeureux, avoua Narcisse. Malheureusement pour toi, ta lutte s’achève ici, car déjà tu es sous l’influence de mon autre attaque : la Gold Powder.
– Comment ça ? dit Hyoga. Mais de quoi veux-tu parler ? Et…
Hyoga n’acheva pas sa phrase : il venait de s’apercevoir que certaines parties de son corps étaient devenues dorées, comme de l’or. Il comprit que l’origine de cette dorure était une sorte de poudre dorée qui l’entourait, et qu’il n’avait pas remarqué auparavant.
– Chevalier du Cygne, sache que mon attaque Gold Powder est imparable, expliqua Narcisse. Elle va progressivement recouvrir ton corps, t’empêchant de bouger, puis de respirer, et finalement tu vas mourir.
– Non, je ne peux pas finir comme ça, se lamenta Hyoga. Pas comme cela, sans avoir abattu le moindre ennemi.
Mais déjà la poudre faisait son effet, et Hyoga s’écroula sur le sol, juste à coté de la stèle de son maître.
– Oh, Camus, soupira Hyoga avant de s’évanouir.
– C’est bien dommage, tu étais très courageux, Chevalier, dit Narcisse.
Le Chevalier de la Rose se retourna, et commença à partir. Mais il sursauta et se retourna : le cosmos de Hyoga se mettait à brûler avec de plus en plus d’intensité, alors qu’il était désormais prisonnier d’une épaisse couche d’or.
– Mais c’est impossible, s’écria Narcisse. Qu’est-ce qui peut bien le pousser à vouloir se relever alors qu’il serait plus doux pour lui de mourir ? Mais de toute façon, il ne pourra pas sortir, ses efforts seront vains.
Puis tout à coup, le cosmos de Hyoga explosa, et avec lui l’or qui le recouvrait, et Hyoga, plus mort que vif, commença à se relever.
– Incroyable, dit Narcisse. Pour détruire ainsi mon cocon doré, il faudrait qu’il ait réussi à produire un froid d’égale intensité que le zéro absolu, mais même Hydros, le Maître de Glace, a du mal à générer un tel froid. Alors comment lui, un Chevalier de Bronze, a-t-il pu créer ce miracle ?
– Sache que jusqu’à maintenant, mes compagnons et moi avons livré de nombreux combats. Pendant ceux-là, notre cosmos a énormément augmenté. De plus, j’ai pu avoir le droit aux conseils de mon maître, Camus du Verseau : c’est par sa mort qu’il m’a transmis le secret du zéro absolu. Cette fois, tu ne te relèveras pas, Chevalier de la Rose.
– C’est ce que tu crois, dit Narcisse. LIGHT BEAM !!
Pour la troisième fois, Narcisse se mit à briller : il venait de dresser sa terrible protection. Hyoga, de son coté, s’était mis en position d’attaque.
– C’est inutile, cria Narcisse. Tu n’as pas compris que tu ne pourrais vaincre ma protection ? Quant à ton miroir, cette fois il partira en miettes.
– Je n’ai pas l’intention de l’utiliser, dit Hyoga. Tu seras mort avant.
– Tu es fou, s’écria Narcisse. LIGHT BEAM !!
– AURORA EXECUTION !!
Au moment même où Narcisse décocha son Light Beam, il fut frappé par l’Aurora Execution de Hyoga. Son attaque fut alors déviée, et Hyoga n’eut même pas à esquiver le coup où a créer son mûr de glace, comme il l’avait promis. Pétrifié par le froid intense de l’attaque, Narcisse de la Rose s’écroula par terre, agonisant.
– Je dois le reconnaître, Chevalier, tu es incroyable, avoua Narcisse. Mais ne crois pas que ton crime restera impuni : mes compagnons auront tôt fait de me venger. Adieu, nous nous reverrons en enfer, fière et courageux Chevalier.
Ce furent ses derniers mots : il venait de succomber. Hyoga, quant à lui, n’était pas non plus sorti indemne de ce combat : il avait subi la Light Beam et la Gold Powder de son adversaire, deux attaques terribles. Désormais, le simple fait de marcher lui était difficile, mais il lui fallait tenir bon, et aller au devant d’autres combats. Hyoga laissa donc l’ancien cimetière derrière lui, et le corps du Chevalier d’Or de la Rose.

Chapitre 8 : Pris au piège : le labyrinthe de toutes les angoisses

Shun, Chevalier de Bronze d’Andromède, se réveilla dans un endroit inconnu. Il se trouvait dans un étroit couloir, le sol et les murs étaient d’une couleur marron presque irréel, il n’y avait pas de plafond, mais le ciel était d’un noir corbeau dans lequel ne brillait aucune étoile. Il se releva, bien décidé à explorer cet endroit qui ne ressemblait à aucun qu’il ne connaissait dans le Sanctuaire, tout en essayant de se souvenir de ce qui lui était arrivé. Ces compagnons et lui étaient revenus des Enfers, mais aussitôt avaient dû partir dans le Sanctuaire à la recherche des Guerriers Bannis : s’il y avait bien une chose que Shun avait appris, c’est qu’un combat en précède toujours un autre. « Alors à quoi bon se battre ? » lui disait une petite voix dans sa tête. « Parce que je crois qu’un jour, nos combats seront terminés et la Terre à jamais libérée » se répondait toujours Shun. Il était donc, tout comme ses amis, parti combattre ses nouveaux ennemis ; mais alors qu’il courait dans le Sanctuaire, il avait aperçu une lumière blanche éblouissante…et s’était réveillé dans ce lieu étrange.
Il arrivait au bout du couloir, deux chemins s’offraient alors à lui ; il choisit celui de gauche, puis avança un peu, suivit le chemin qui partait vers la gauche, toujours entouré par les étranges murs marrons, et aperçu alors un squelette en plein milieu du passage. Surpris, Shun poussa un léger cri, puis examina un petit peu le squelette avant de reprendre sa route. Encore, il eut affaire à différents choix de chemin, sans jamais trouver quoique ce soit qui ressembla un tant soit peu à une sortie ; et le ciel restait désespérément noir. Alors qu’il lui semblait courir dans ces couloirs depuis des heures, il aperçut quelque chose qui l’effraya : un squelette, mais pas n’importe lequel : celui qu’il avait déjà vu. Une idée émergea immédiatement en lui : il était bel et bien dans un labyrinthe !
De nouveau, il reprit sa course, tentant de choisir de chemins différents d’avant. Au bout de quelques temps, il arriva dans un endroit différent : une grande salle, avec des piliers, et cette fois-ci un toit ; on aurait dit un ancien temple grec, mis à part la couleur, toujours marron. Au milieu de la salle trônait un Chevalier d’Or. Prudemment, Shun s’approcha de lui, mais le Chevalier d’Or ne bougeait pas, l’observait, tenant ses bras croisés. Puis tout à coup, il leva les mains au ciel, et se mit à parler. Sa voie résonnait dans tout le temple.
– Bienvenue dans ma Demeure, Chevalier. Je me nomme Dedalus, Chevalier d’Or du Renard.
– La Demeure du Renard, s’écria Shun. Comment est-ce possible ? Il n’y aucun lieu de ce nom dans le Sanctuaire. Où sommes-nous ? Réponds Chevalier, sinon je n’hésiterai pas à t’affronter ! GREAT CAPTURE !!
– On se calme, petit gars, plaisanta Dedalus. ANIMALS ATTACKS !!
Le Chevalier d’Or projeta une pluie de coups qui repoussèrent Shun et sa chaîne contre un mûr.
– Je suis désolé, mais il faut que je te laisse, dit Dedalus. Je dois m’occuper de tes compagnons.
– Comment oses-tu partir ? s’écria Shun. Notre combat n’a même pas encore commencé.
– Tu ne comprends pas que tu as déjà perdu, dit Dedalus en rigolant. Adieu
Le Chevalier d’Or du Renard, mais aussi le temple, disparurent, laissant place à une salle vide, toujours dans le labyrinthe. Shun entreprit de retrouver son adversaire, et prit le chemin de l’autre coté de la salle. Cette fois, le chemin était en ligne droite, et au bout du long couloir, il arriva dans une autre salle ; tout du moins l’a-t-il cru quelques instants avant d’apercevoir sur un mur la trace qu’il avait laissé tantôt en le percutant.
– Mais c’est totalement impossible, hurla Shun de plus en plus effrayé.
Il entendit une sorte de sifflement, et eu à peine le temps d’éviter la masse d’arme qui vint perforer le sol juste à l’endroit où il se tenait encore il y a quelques secondes.
– Impossible, s’écria Shun. Cette arme, c’est celle de…
– En effet, c’est la mienne, dit calmement une voie près de lui.
Un Chevalier venait d’apparaître devant lui, mais son visage était bien trop familier pour Shun.
– Dante ! s’écria-t-il. Mais c’est impossible, je t’ai…
– Tué ? Est-ce le mot que tu cherches, Chevalier ? demanda le Chevalier de Cerbère. Toi qui te prétends pacifiste, tu as déjà tué de nombreuses personnes, n’est-ce pas, dont moi. C’est bien ce que t’avait dit Rune dans le tribunal des Enfers ? Tes mains sont tachées de sang !
– Je suis navré, Dante, se lamenta Shun. Maintenant, je sais que tu n’étais qu’un pion du Grand Pope que tu pensais être le serviteur d’Athéna. Prend ma vie ! C’est la seule chose que je puisse faire pour me racheter.
– Tu crois vraiment que c’est aussi simple ?
D’autres personnes venaient d’apparaître dans la salle : Andromède Noir, Aphrodite des Poissons, mais aussi le Chevalier de Céphée, le maître de Shun !
– Impossible, comment êtes-vous tous arrivés ici ? demanda Shun. Vous êtes morts.
– Par ta faute ! hurla Andromède Noir.
– Comment oses-tu te prétendre Chevalier d’Athéna, vociféra le Chevalier de Céphée. Tu es la honte de la chevalerie de par ta faiblesse
– Non, non, je suis un Chevalier d’Athéna, pleura Shun.
– Tais-toi, s’écria Aphrodite en assenant un violent coup à Shun.
– J’ai compris, dit Shun en se relevant. Ce ne sont que des illusions ! Jamais mon maître ou Aphrodite ne m’auraient dit de telles choses, d’autant plus après tout ce qui vient de se passer. C’est vrai que j’ai dû abattre mes ennemis, et mon crime est impardonnable, mais je l’ai fait pour mes compagnons, et pour Athéna. Disparaissez, ombres du passé. NEBULA STORM !!
Un vent terrible commença à souffler dans la salle où se trouvait Shun, emportant les Chevaliers qui étaient auparavant autour de lui : les illusions avaient disparu.
– J’ai réussi à les faire disparaître, haleta Shun. S’il est capable de faire cela, alors c’est sûrement mon ennemi qui a créé ce labyrinthe. Si c’est une illusion, je dois pouvoir la détruire comme celles-ci, en intensifiant mon cosmos au maximum, et en projetant ma tempête nébulaire. NEBULA STORM !!
Le Chevalier d’Or du Renard était en train de courir dans le Sanctuaire à la recherche des autres Chevaliers de Bronze, quant tout à coup il ressentit une violente douleur à la poitrine.
– Non, ce n’est pas possible, maugréa-t-il en se tordant de douleur. Il ne peut pas arriver à détruire mon labyrinthe, car…
Il ne dit rien d’autre : son corps et son armure venaient d’exploser.
Shun se réveilla sur le sol, et cette fois-ci il était bel et bien dans le Sanctuaire. A coté de lui gisait le corps de Dedalus du Renard, et les restes de son armure.
– Que s’est-il passé ? se demanda Shun. En détruisant le labyrinthe, j’aurais aussi détruit pour ennemi. Cela voudrait dire que le labyrinthe se trouvait en fait dans son propre corps ? Incroyable.
Shun mit du temps pour se relever : il avait dû intensifier son cosmos à son paroxysme, et était essoufflé. Mais au bout de quelques minutes, il était debout, et recommença sa course. Un combat en suivait toujours un autre, et les guerres faisaient des victimes ; Shun le savait mais il se disait qu’il devait l’accepter pour qu’un jour la paix puisse exister sur Terre.

Chapitre 9 : Le Dernier Combat de la Première Demeure

Shiryu, confiant bien qu’ayant senti les énergies de ses compagnons s’amoindrirent les unes après les autres (le plus étrange restait le cosmos de Shun qui avait totalement disparu, puis qui avait réapparu), avait décidé de partir sur le chemin des Douze Maisons menant au Temple d’Athéna, persuadé de trouver sur sa route plusieurs de ses ennemis. Comme la première fois qu’il était venu au Sanctuaire – cela lui paraissait une éternité – il se dirigea vers la première Demeure, celle du redoutable Bélier : Mû. C’est là que ce dernier avait jadis aidé Shiryu et ses compagnons dans leur quête, et affronté Aphrodite et Deathmask. Quel gâchis !
Au fur et à mesure que le Chevalier de Bronze s’approchait de la Maison du Bélier, il sentait grandir une force terrible : il avait bien fait de venir dans cette partie du Sanctuaire, cela ne faisait aucun doute. Il pénétra prudemment dans la Maison, sentant un cosmos oppressant tout autour de lui, mais il ne voyait pas son adversaire. Soudain, un rayon lumineux vint frapper le sol ; Shiryu eut à peine le temps d’esquiver. Cette fois-ci, son ennemi fit son apparition : c’était un Chevalier d’Or, un Guerrier Banni. Bizarrement, son armure ne ressemblait pas aux armures d’or que Shiryu avait pu voir jusqu’à présent : ces armures sont censées être celles qui protégeaient le plus, mais celle-ci ne recouvrait finalement que peu de parties du corps, peut-être même moins que les armures d’argent ! De plus, de chaque morceau de l’armure s’échappait une sorte de légère fourrure dorée. Le Chevalier en lui-même était aussi étrange : son corps était fin mais étonnement musclé, il était assez petit, et ses cheveux étaient couleur or. Il prit la parole :
– Pour avoir réussit à éviter mon attaque, dit-il, tu ne dois pas être un Chevalier ordinaire. Excuse-moi d’avoir utilisé cette technique déloyale, mais je sentais que tu pourrais l’éviter : je voulais juste vérifier ton niveau.
– Et bien, on dirait que j’ai réussi ton petit test, Chevalier, répondit Shiryu. Je suis Shiryu, le Chevalier du Dragon.
– Mon nom est Jason, je suis le Chevalier de la Toison d’Or.
– La Toison d’Or, mais alors….
– C’est en effet elle que tu peux voir sur mon armure, expliqua Jason.
– Dans ce cas, je vais avoir du mal à te vaincre : on raconte que la Toison d’Or rend invulnérable son porteur. C’est pour cela que ton armure ne recouvre que peu ton corps : c’est comme si tu n’en avais pas besoin.
– Tu es un homme cultivé et intelligent, admit Jason. Vu ce qu’il se passe actuellement dans le Sanctuaire, je suppose que tu veux m’affronter en combat singulier, Chevalier.
– En effet, répondit Shiryu. Et je n’aurai de répit avant de t’avoir vaincu.
– Laisse-moi te dire une chose : autrefois, cette demeure était la mienne, et personne ne l’a jamais franchi tant que j’en ai été le gardien. Aujourd’hui encore, je remplirai mon devoir envers Athéna en te terrassant dans ce lieu qui évoque tant de souvenirs pour moi.
– Assez bavardé : ROZAN SHO RYU HA !!
Shiryu mit toute sa force dans cette attaque, mais son adversaire ne vacilla même pas : cela ne lui faisait pas plus d’effet qu’une légère brise.
– Incroyable, s’écria Shiryu. Alors c’est vrai, c’est bien la Toison d’Or qui rend invincible qu’il porte.
– Oui, dit Jason. C’est bien elle. Et comme elle me protège, je peux me consacrer entièrement sur le combat, et non sur la défense. De ce fait, ma force de combat augmente radicalement. C’est pour cela que parmi toutes les armures d’or, celle de la Toison d’Or est la plus légère et la plus petite : elle n’est faite que pour la lutte et le combat rapproché ! Je vais t’en faire la démonstration immédiatement : GOLD HURRICAN !!
Une immense tempête commença aussitôt que le Chevalier eut prononcé ces mots. C’était comme si un vent terrible se dégageait de tout son corps ; l’attaque est semblable à la Nebula Storm de Shun. Shiryu fut projeté contre un mur avec une force inouïe. Par miracle, son armure tint le coup, mais le corps du Chevalier de Bronze avait tout de même souffert de cette attaque ; il retomba lourdement sur le sol.
– Abandonne, Chevalier, demanda le Guerrier Banni. Tu n’es pas de taille face à mon armure, ne me force pas à te faire du mal inutilement.
– Jamais, tu m’entends, hurla Shiryu tandis qu’il se relevait péniblement. Un Chevalier n’abandonne jamais ! Le ferais-tu si tu étais à ma place ?
– Certes non, répondit Jason. Mais dans le cas présent, je ne suis pas à ta place.
– Tu le seras bientôt !
Dans un effort désespéré, tenant à peine sur ses jambes, le Chevalier du Dragon tenta courageusement de frapper son adversaire. Ce dernier évita l’attaque sans aucune difficulté, et, titubant, Shiryu s’écroula de nouveau sur le sol.
– Tu es brave, Chevalier, dit Jason. Je me dois donc de t’offrir une mort digne et sans douleur.
– Non, se dit Shiryu. Je ne peux pas me permettre de mourir maintenant alors que tous mes compagnons et amis comptent sur moi. Aucune défense, même la légendaire Toison d’Or, ne peut être infaillible, je dois trouver son défaut. Peut-être…mais oui, cela doit être ça : je dois trouver un moyen de l’attaquer de tous les cotés en même temps. Mais c’est impossible, à moins que…
Alors que Jason pensait que son adversaire était bel et bien perdu, celui-ci se releva une nouvelle fois ; son cosmos brillait avait une intensité nouvelle et incroyable.
– Prépare-toi à être vaincu, Chevalier, s’écria Shiryu, confiant. ROZAN SHO RYU HA !!
Cette fois-ci, se n’était pas son adversaire que Shiryu avait décidé de frapper avec son attaque, mais la Maison du Bélier elle-même. Son but était de la faire s’écrouler sur son adversaire. L’attaque était redoutable, et ébranla la Demeure, qui commença à se fissurer de toute part, puis vint le moment fatidique où elle s’écroula sur les deux Chevaliers !
Les bruits de la bataille que se livraient les deux Chevaliers d’Athéna dans la Maison du Bélier avaient place à un silence de mort ; plus rien ne bougeait sur les ruines. Puis tout à coup, un bras se dégagea des gravas ; il portait sur lui un bouclier d’un vert métallique : c’était celui de l’armure du Dragon, c’était Shiryu. Il était vivant, et, bien que blessé et exténué, il réussit à s’extirper péniblement des décombres. « Désolé, Mû, d’avoir détruit cette Demeure que tu avais protégé vaillamment au risque même d’y perdre la vie » ; c’était ce que pensait un Chevalier du Dragon exténué et triste en contemplant les décombres. Il ne sentait plus la pourtant terrible cosmo-énergie de son valeureux adversaire, il avait eu raison de lui.
Convaincu d’y trouver encore des ennemis, Shiryu reprit comme autrefois le chemin des Douze Maisons.

Chapitre 10 : Un Flocon de Neige….en plein Eté

Hyoga avançait lentement à l’intérieur du Sanctuaire Terrestre dédié à Athéna. Il ne pensait pas que le plus difficile dans cette bataille serait de trouver ses adversaires ! Il espérait bien entendu que leur nombre diminuerait, mais n’avait pas imaginé que cela tournerait en une sorte de partie de cache-cache où les derniers participants restants seraient évidemment les mieux cachés ; jusqu’à maintenant, leurs adversaires avaient tous délibérément engagé le combat. Là, il ne savait même pas si ses ennemis se cachaient vraiment, ou si c’était juste la taille du Sanctuaire et leur petit nombre qui les rendaient difficile à débusquer. Il cherchait, cherchait encore, ne trouvant sur son passage que des gardes dont il ne restait que les cadavres ; les Guerriers Bannis étaient donc bien passé par là, il suffisait de suivre la piste. Au bout d’un moment, Hyoga se retrouva dans un des endroits les plus reculés du Sanctuaire, près de cette immense côte que les êtres humains « normaux » ne peuvent franchir, et qui constitue donc une première défense naturel pour ce lieu saint ; même si avec de tels ennemis, cette barrière n’aurait finalement réussi à repousser que les touristes, japonais ou non. Hyoga avançait maintenant sur un petit chemin escarpé longeant la falaise, au bord du précipice qui l’enverrais en dehors du Sanctuaire s’il tombait. Au détour d’un chemin, alors qu’il s’y attendait le moins, Hyoga tomba nez à nez avec un Guerrier Banni ! Il esquissa un mouvement de recul, s’apprêtant à attaquer – ou à être attaqué – à tout moment, mais à sa grande surprise, le Chevalier d’Or ne bougeait pas, et continuait de contempler l’horizon, l’extérieur du Sanctuaire, d’un air songeur.
– Voici donc le monde tel qu’il est devenu, soupira-t-il. Mais malgré sa beauté, il se dégage de ce monde une odeur de mort et de tristesse. C’est comme en tout temps : l’homme se reconnaît jamais comme étant heureux, il y a toujours une ombre que l’on ne peut effacer : celle de la mort. Mais paradoxalement, c’est cette peur de mourir à tout moment qui pousse les hommes et les femmes à tenter de vivre pleinement leur vie tant qu’ils le peuvent. Mais que diraient-ils, s’ils connaissaient le Monde des Morts qui les attend après cet instant éphémère ? Comparé au temps infini qu’ils passeront au Royaume d’Hadès, leur vie sur Terre ne représente pas plus qu’un battement de cils, alors finalement, à quoi cela sert-il de vivre ? Qu’en penses-tu, Chevalier de Bronze ?
Le Chevalier d’Or tourna lentement la tête ; jusqu’à maintenant, Hyoga pensait qu’il ne l’avait pas vu. Le Guerrier Banni adressait un sourire triste au Chevalier de Bronze, qui ne savait que répondre.
– Et bien, Chevalier, reprit le mystérieux Chevalier. Tu n’as pas d’avis sur cette question qui pourtant anime tout ceux qui ont connu les Enfers comme toi et moi ?
– Je pense…que quel que soit ce que la mort me réserve, répondit Hyoga, je n’aurai aucun regret. Et même, je louerai le ciel de m’avoir fait renaître à cette époque en tant que Chevalier d’Athéna, entouré de ces frères qui représentent tout pour moi : Shiryu, Seiya, Shun, et Ikki ; mais aussi les Chevaliers d’Or et mon maître : Camus du Verseau.
– Tu es jeune, mais rempli de courage, répondit le Chevalier d’Or. Tu as connu des tortures pires que la mort elle-même, et tu as certainement souffert infiniment plus que ces hommes qui vivent paisiblement en dehors de ce lieu, mais malgré cela tu ne crains pas le lendemain. Ainsi, je n’aurai aucun remord à te faire mourir, comme me l’a ordonné Charybde.
– Charybde ? s’écria Hyoga.
– Il représente l’autorité et la voie d’Athéna au sein de la Chevalerie, répondit le Chevalier en se levant. Il m’a dit de me débarrassé de ces Chevaliers félons qui déjà ont assassiné, en prétextant le nom d’Athéna, de nombreux preux Chevaliers d’Or
Le regard du Chevalier d’Or était soudain devenu aussi froid que la glace, alors qu’il venait de faire face à Hyoga.
– Je suis Gabriel, Chevalier d’Or de l’Ange, protecteur d’Athéna, du monde, et gardien du Sanctuaire.
– Le Chevalier de l’Ange ? Mais c’est impossible : à l’époque où les armures ont été créé, le Christianisme n’existait pas.
– Sache que le terme d’ange a toujours existé. Depuis des temps immémoriaux, ce nom est celui des messagers du ciel, qui apportent aux hommes les paroles divines. Mon rôle en tant que Chevalier de l’Ange est de faire triompher la justice d’Athéna, sur la Terre comme au Ciel. Et je n’admettrai pas que des impudents osent salir le nom d’Athéna !
Le cosmos qui se dégageait intensément de Gabriel était effrayant : il n’était pas seulement immense, mais surtout manifestait une colère incroyable chez le Chevalier de l’Ange ; il montrait parfaitement qu’il n’avait qu’un seul but : tuer Hyoga.
– Mon dieu, se dit Hyoga. Comment se fait-il que cet homme, il y a un instant doux et paisible, ait pu devenir le démon qui se trouve en face de moi maintenant. Serait-ce ce maléfice qui jadis a privé les Chevaliers d’Or de leur libre arbitre ?
– Tu vas mourir, Chevalier. Que s’abatte sur toi la plus terrible attaque du Chevalier de l’Ange : PAR LE CHÂTIMENT DIVIN !!!
Ce fut comme si un vent terrible s’était levé ; Hyoga fut directement emporté, et tomba dans le précipice sans réussir à bouger.
– Mais que se passe-t-il ? s’écria Hyoga. Quelle est cette attaque effroyable ? Je ne peux pas me redresser ! Je vais m’écraser contre le sol.
La chute parut une éternité au Chevalier du Cygne, qui s’écrasa avec une violence inouïe contre la roche ; son armure avait été partiellement détruite, mais il était encore en vie grâce à elle. Il se trouvait maintenant évanouie, à l’extérieur du Sanctuaire, près du petit village de Rodorio, où les habitants affolés avaient décidé de venir voir ce qui venait de se passer.
Lorsque le Chevalier du Cygne arriva péniblement à rouvrir les yeux, le Chevalier de l’Ange se trouvait auprès de lui ; il avait de nouveau son expression d’infinie douceur.
– Ainsi, tu as survécu à la violence de mon attaque, soupira Gabriel. Tu es très fort, Chevalier, tu mérites donc une mort sans souffrance : BEAUTIFUL DEATH !!
Une aura dorée vint entouré le Chevalier de Bronze.
– Tu vas perdre progressivement l’usage de tes 5 sens, Chevalier. Meurs en paix !
– Attends ! En tant que Chevalier d’Athéna, tu ne crois quand même pas que je vais me laisser mourir ?!
– Tu continues à dire n’importe quoi. Bien, si tu veux mourir en combattant, je vais exaucer ton souhait.
– Tu n’en aura pas le temps, Chevalier de l’Ange, s’écria Hyoga. AURORA EXTINCTION !!!
Hyoga mit toute sa rage et toute sa force, amplifiée par l’absence partielle de ses sens, dans ce coup que son maître Camus lui avait enseigné au péril même de sa vie. Le choc fut tel que l’armure du Chevalier d’Or explosa sous l’impact. Avant que son corps n’est touché le sol, le Chevalier de l’Ange était mort. Hyoga s’écroula à sa suite. Les habitants du village, ayant assisté au combat, s’approchèrent de Hyoga pour voir s’il était mort. A leur grande surprise, celui-ci se releva, péniblement, et marcha en direction de la falaise, pour retourner au Sanctuaire.
N’y allez pas, vous n’y arriverez pas *
Il a raison, même un Chevalier comme vous ne peut y arriver, blessé comme vous êtes
Hyoga ne les entendit pas ; il s’écroula.
Que se passe-t-il ici ? *
Ah, Grand Prêtre. Ces deux Chevaliers viennent de tomber ici. Celui-ci est mort et l’autre est très grièvement blessé
Des Chevaliers d’Athéna ? Incroyable, cela faisait bien longtemps que je n’en avais pas vu.
Nous n’en avions jamais vu nous-même, mais d’après les légendes, il n’y a pas d’erreur possible
En effet, transportez le blessé chez moi, nous allons le soigner
Bien, Grand Prêtre.

* = en grec

Chapitre 11 : Le Prix de la Victoire

Shun était de plus en plus inquiet. Après les cosmos de Seiya et de Ikki, c’était celui de Hyoga qu’il avait cessé de percevoir. Maintenant, seul subsistait celui de Shiryu, mais il était amoindri. Que c’était-il passé ? Ses compagnons seraient tombés sur plus fort qu’eux et auraient péri ? Non, c’est impossible : ils ont enduré trop d’épreuves pour périr maintenant, avant que la lutte ne soit fini. Shun savait que maintenant qu’il était le chevalier le plus vaillant, il devait absolument continuer le combat sans s’arrêter. Il lui fallait vite trouver son prochain adversaire ; a moins que ce ne soit ce dernier qui viennent à lui ? Shun arriva dans le village où vivaient les chevaliers et les gardiens du Sanctuaire ; et c’est là que l’attendait un Guerrier Banni. Jamais Shun n’avait vu Chevalier d’une telle beauté ; même Aphrodite dont la beauté rayonnait au sein de la Chevalerie n’aurait pu rivaliser. Son visage avait la douceur d’un visage féminin, ses cheveux étaient d’un jaune or, et ses membres étaient fins et allongés. Mais son visage exprimait surtout de la détermination.
– Je t’attendais, Chevalier. Je suis Arachne, Chevalier d’Or de la Constellation de l’Araignée, et c’est ici que ton chemin va s’arrêter.
– Ca, c’est ce que tu crois, Chevalier Arachne, répondit Shun. Je suis Shun, Chevalier de Bronze d’Andromède, et sache que rien ni personne ne pourra m’arrêter. J’ai promis à mes compagnons de vaincre les Guerriers Bannis au péril même de ma vie.
– Et bien dans ce cas, c’est ta vie que je prendrai : meurs ! STAR RAIN EXPLOSION !!
– ROLLING DEFENSE !!
Une pluie d’étoiles s’abattit sur Shun qui déclencha la fonction défensive de sa chaîne, mais malgré sa vitesse de rotation, il ne put éviter tous les coups portés à la vitesse de la lumière par son adversaire, et en reçut quelques-uns uns. Shun fut projeté en arrière.
– Incroyable, se dit Shun en se relevant. Malgré la puissance défensive de ma chaîne, il a réussit à me porter quelques coups. Sa puissance est stupéfiante.
– Je te retourne le compliment, Chevalier. Sans ta superbe chaîne, tu ne serais plus de ce monde.
– Je ne peux pas abandonner maintenant, je dois continuer le combat. Prends ça !
Cette fois-ci, Shun utilisa sa chaîne offensive pour porter un coup. Arachne évita de justesse l’attaque de Shun, mais la chaîne cassa quand même un morceau de l’armure de l’Araignée, et Shun s’aperçu de quelques choses dont il ne se serait pas douté…
– Mais tu es une femme ! s’écria Shun
– En effet, je suis une femme, répondit Arachne. Dans ma famille, il est de tradition de défendre Athéna, mais étant la seule héritière, c’est moi qui est dû remplir ce devoir en me faisant passer pour un homme, car il était interdit à une femme de devenir Chevalier. Mais cela n’a pas d’importance : dans un combat, seule la force compte. STAR RAIN EXPLOSION !!
Cette fois, Shun avait supporté sans bouger la terrible technique de Arachne ; son armure fut partiellement détruite par le choc, et son corps une nouvelle fois projeté.
– Pourquoi n’as-tu pas essayé de te défendre ? hurla Arachne à l’intention de Shun.
– Je ne peux pas me battre contre une femme, se lamenta Shun
– Arrête de dire ça, hurla Arachne en assenant un violent coup à Shun. J’ai renoncé à être traité comme une femme le jour où j’ai décidé de devenir Chevalier. Me considérer comme telle, c’est insulter mon honneur de Chevalier d’Athéna, et ça je ne peux le supporter. Relève-toi et bats-toi de toutes tes forces !
– Bien, je ne veux pas t’offenser, soupira Shun. Si c’est vraiment ce que tu veux, je me battrai contre toi, et de toutes mes forces. THUNDER WAVE !!
Shun réitéra le coup qui lui avait déjà permis de blesser son adversaire tantôt. Mais au lieu d’éviter l’attaque, Arachne leva les mains au ciel en les rejoignant.
– WONDERFUL STINGS !!
Des milliers de fils sortirent en même temps d’entre les mains jointes d’Arachne. Ces fils vinrent entourer la chaîne offensive de Shun. Celle-ci s’immobilisa, et tomba lourdement sur le sol.
– C’est impossible, ma chaîne a été stoppé en pleine course, s’écria Shun. Ainsi, sa force ne se limite pas à sa pourtant terrible Star Rain Explosion. Quelle adversaire redoutable !
– Et tu n’as pas encore tout vu : WONDERFUL COBWEB !!
De nouveau, Arachne projeta ses fils, mais cette fois ils prirent la forme d’une toile d’araignée qui vint emprisonner Shun.
– Te voilà pris comme un moucheron dans la toile de l’araignée, ironisa Arachne. N’essaye surtout pas de bouger, ses fils sont particulièrement tranchant et très résistant.
En effet, Shun en faisait l’amer expérience : il ne pouvait se libérer, et les fils lui lasseraient la chair.
– Je vais être gentil, et abréger tes souffrances : SPIDER VENOM !!
Grâce à une petite pointe d’or, Arachne venait d’inoculer un poison à Shun.
– Progressivement, tu vas perdre l’usage de tes cinq sens, dit tranquillement Arachne.
– Chevalier, dit Shun à moitié évanouie. Tu viens de faire deux erreurs. La première est que tu ignorais que je me suis déjà tiré de cette situation : c’est une épreuve similaire que j’ai dû subir pour récupérer mon armure ; et crois-moi, tes fils sont loin d’être aussi solide que la chaîne d’Andromède. La deuxième vient du poison que tu viens de m’inoculer : grâce à lui, je sens de moins en moins la douleur provoquée par tes fils.
Shun venait de commencer à concentrer son cosmos. Ce faisant, les blessures créées par les fils devenaient de plus en plus profondes et saignaient abondamment, sans que cela ne semble déranger Shun le moins du monde.
– Tu n’aurais pas dû me sous-estimer, dit Shun en relevant la tête. C’est une erreur qui te coûtera la vie.
Shun fit littéralement exploser son cosmos, ce qui eut pour effet de détruire tous les fils qui l’enserraient ; il s’écroula sur le sol.
– C’est stupéfiant, dit Arachne. Malgré ses blessures et le poison, il a réussit à détruire ma toile d’araignée ; c’est la première fois qu’un être humain est capable d’un tel exploit. Mais il est plus mort que vif, il ne se relèvera pas.
– Là encore, tu m’enterres un peu vite.
Difficilement, Shun se releva. Dans son visage se lisait sa détermination.
– Vois-tu, je n’ai pas l’habitude de tuer mon ennemi, d’autant plus si c’est une femme, expliqua Shun. Mais aujourd’hui, je n’ai plus le choix, surtout que tu m’as demandé de te traiter comme un homme pour ne pas t’offenser. Alors…je vais me battre de toutes mes forces ; j’ai enfin compris ce que mon frère tentait de m’expliquer : une guerre fait des victimes.
– Que penses-tu faire ? demanda Arachne. Tu ne tiens même plus sur tes jambes ! Tout ce qu’il me reste à faire, c’est de t’achever. Prends ça !
Arachne s’apprêtait à frapper Shun, quand soudain….
– Que se passe-t-il ? s’écria le Chevalier d’Or. Je ne peux plus bouger ! Chevalier, c’est toi qui a fait ça ?
– Oui, répondit le Chevalier de Bronze. C’est le courant nébulaire qui paralyse tes mouvements. Je peux en moduler la puissance jusqu’à créer une tempête qui détruit tout sur son passage.
– Si tu es capable de générer une telle attaque, alors tu dois être le plus puissant de tous les Chevaliers de Bronze !
– En temps normal, je refuse d’utiliser ma véritable force, mais là je n’ai plus le choix si je veux continuer le combat, pour mes compagnons. NEBULA STORM !!
La puissance de l’attaque de Shun était telle que Arachne fut projetée au loin ; son armure fut détruite, et avant d’avoir touché le sol, elle était morte.
– Je suis désolé, dit Shun en pleurant. Mais je n’avais pas le choix. Ne vous inquiétez pas, mes amis, je vous rejoindrais bientôt. Ikki, mon frère, tu as vu ? J’ai réussi.
Shun s’écroula à son tour, épuisé par le combat et par le poison d’Arachne.
Pendant ce temps, Shiryu arrivait à l’ancienne Demeure de son maître, Dokho de la Balance.

Chapitre 12 : La Chasse est Ouverte

Shiryu gravissait de plus en plus vite les marches de la route des 12 Maisons. Il avait dépassé la Maison du Taureau, les ruines de celle du Cancer, celle du Lion, et enfin de la Vierge, sans succès. Le temps était compté, il devait vite trouver d’autres Guerriers Bannis. Mais peut-être s’est-il trompé en prenant la route des 12 Maisons, peut-être n’y avait-il personne, mis à part Jason, qu’il avait rencontré dans la première Demeure. Il allait maintenant entrer dans la Demeure de son ancien maître : Dokho de la Balance, le Chevalier chargé de jauger le bien et le mal chez les Chevaliers d’Or. Ce lieu était chargé de souvenir pour Shiryu : c’est là que Hyoga avait été enfermé dans un cercueil de glace de Camus, et qu’il avait pour la première fois saisi une arme de la Balance.
Shiryu entra précipitamment dans la Maison ; il était persuadé de n’y trouver personne, et avait décidé de ne pas y perdre de temps malgré ce que cet endroit représentait pour lui. Mais rien n’allait se passer comme il l’avait prévu : au milieu de la Demeure l’attendait patiemment un Chevalier d’Or.
– On dirait que la chance me sourit enfin, se dit Shiryu. Voilà un des fameux Guerriers Bannis.
– Tiens, tiens, se moqua le Chevalier d’Or. On dirait bien qu’un insecte s’est introduit dans ce lieu
– Tu ferais mieux de ne pas me sous-estimer, s’écria Shiryu. Je suis Shiryu, Chevalier de Bronze de Dragon.
– Quant à moi, je ne dirais pas mon nom : cela ne te servirait à rien puisque, de toute façon, tu vas mourir.
– Comment ? Quelle arrogance ! hurla Shiryu. J’ai déjà vaincu un Guerrier Banni, alors tu ferais bien de ne pas me prendre à la légère
– C’est plutôt toi qui me sous-estime, ironisa le Chevalier d’Or. Ne crois pas que je sois aussi faible que les pantins que tu as rencontré jusqu’à présent !
– Comment ? Qu’est-ce que tu dis ?
– Je dis juste, repris le Guerrier Banni, que les Chevaliers manipulés sont loin d’être aussi fort qu’ils le devraient. La technique de manipulation a, apparemment, affecté leur subconscient ; les idées de bien et de mal sont devenues confuses dans leur esprit, et ils n’ont plus été capable de déployer toute leur puissance
– Mais alors…cela signifie ?! s’écria Shiryu.
– Tu as tout compris : je ne suis pas manipulé, je suis tout à fait conscient de mes actes. Cela t’étonne, n’est-ce pas, qu’un Chevalier est combattu les Dieux alors qu’il connaissait la vérité ?
– Oui, en effet, même si je sais que Hydros n’était pas manipulé lui non plus. Alors toi aussi, tu pensais qu’une guerre contre les Dieux était justifiée ?
– Pas particulièrement, répondit le Chevalier d’Or.
– Alors pourquoi ?
– Tu veux vraiment le savoir ? Bien, je vais exaucer ta dernière volonté. C’est un défi, rien de plus. Ma passion, c’est la chasse, l’aventure, me lancer de nouveaux buts à atteindre ; et plus ils sont difficiles, plus je suis heureux. Si je suis devenu Chevalier d’Athéna, ce n’est pas pour les idéaux ou les belles paroles, mais juste parce que je me suis demandé si j’en étais capable, et regarde le résultat ! Ha ha ha ha !!!
– Tu es fou, maugréa Shiryu. Devenir Chevalier d’Athéna n’est pas une chose à prendre à la légère : certaines personnes risquent leur vie pour défendre cet idéal.
– Ton discours m’ennuie, je vais te tuer.
– C’est ce que l’on va voir : ROZAN SHO RYU HA !!
Shiryu déclencha son terrible coup capable d’inverser le cours de la grande chute de Rozan. Mais le coup frappa dans le vide : le Chevalier d’Or n’était plus là.
– C’est impossible, s’écria Shiryu. Ou est-il passé ?
– Je suis là !
La voie venait de derrière. Shiryu se retourna et aperçu avec stupeur son adversaire se tenant à l’entrée de la Maison de la Balance
– Comment es-tu pu te déplacer aussi vite, demanda Shiryu. Mon coup était pourtant à une vitesse proche de celle de la lumière.
– Il faut croire que je suis très rapide, dit tranquillement le Chevalier. Et maintenant, c’est à mon tour : ONE THOUSAND CLAWS ATTACK !!
Cette attaque portait bien son nom : ce fut comme si des milliers de griffes fondaient sur Shiryu en même temps. L’armure du Dragon, même son légendaire bouclier, explosa sous l’action du coup du Chevalier d’Or. Le corps de Shiryu lui-même était recouvert de cicatrices d’où s’écoulait le sang ; Shiryu s’écroula sur le sol.
– Ton armure était résistante, avoua le Guerrier Banni. Sans elle, tu aurais eu bien plus que ces petites égratignures
– C’est incroyable, se lamenta Shiryu. Il a non seulement détruit l’armure du Dragon, mais en plus il a pu me porter des coups directement sur mon corps. Je n’ai rien pu faire, mais il faut que je me relève pour termine le combat
– Ton combat est déjà terminé, hélas, Chevalier de Bronze. C’est maintenant à mon tour de l’affronter
– Qui ? s’écria Shiryu
– Oh, c’est toi…Nessus, Chevalier d’Or de l’Archer
C’est en effet le majestueux Nessus qui venait de faire irruption dans la Demeure de la Balance.
– Un Guerrier Banni ? se dit Shiryu. Mais que fait-il ici ? Il a dit vouloir l’affronter, c’est un allié ?
– Je suppose que tu n’es pas venu ici juste pour discuter, dit tranquillement le Chevalier d’Or.
– En effet, répondit Nessus. L’attaque du Chevalier Phénix m’a fait reprendre mes esprits, et je vais aider les Chevaliers de Bronze a vous vaincre, comme un véritable Chevalier d’Athéna. Et je vais commencer par t’affronter, toi, Alchéon, Chevalier d’Or du Tigre.
– Je suis heureux, s’exclama Alchéon. J’ai longtemps voulu t’affronter, mais je ne pensais pas que je pourrais le faire aussi vite. En garde !
– Tu n’as aucune chance de me vaincre : LIGHTNING ARROWS !!
Une fois encore, Alchéon se déplaça à grande vitesse.
– Je sais que ces flèches n’étaient pas réelles, mais mieux vaut se méfier de cette attaque car tu en profites toujours pour dissimuler une autre attaque, expliqua le Chevalier du Tigre.
– Tu ne crois pas si bien dire, dit Nessus en souriant. Regarde un peu ton bars gauche.
– Mais…c’est impossible, s’écria Alchéon.
Dans le bras gauche du Chevalier du Tigre se tenait une flèche d’or
– C’est l’Annihilation Arrow, expliqua Nessus. Elle est recouverte d’un poison qui va te faire perdre l’usage de tes cinq sens.
– Ca, c’est ce que tu crois, cria Alchéon.
L’instant d’après, il s’était tranché le bras gauche.
– Ainsi, ton poison aura du mal atteindre le reste de mon corps, dit Alchéon
– Incroyable, s’écria Shiryu toujours étendu sur le sol. Il s’est lui-même coupé le bras sans que cela ne semble le gêner.
– Maintenant, c’est mon tour, s’exclama Alchéon en fonçant sur Nessus. GREAT TIGER FURY !!
Nessus ne put strictement rien faire : il reçut l’attaque de plein fouet, et alla s’écraser contre un mur, violemment.
– C’est à peine croyable, dit Nessus en se relevant. Avec un seul bras, il a reçu à me porter un coup terrible tout en évitant toutes mes attaque ; je n’ai même pas pu presser ses points. Il est bien plus fort que je ne l’aurais imaginé. Mais le plus incroyable, c’est qu’il semble prendre un plaisir immense à se battre. Un tel adversaire est bien trop redoutable pour être laissé en vie, je vais donc lui régler son compte pour de bon.
– Ah, comment comptes-tu t’y prendre, dit Alchéon d’un air supérieur. Je suis bien trop fort et rapide pour toi.
– Ca, c’est ce que tu penses.
A peine s’était-il relevé que Nessus fonçait à son tour sur son adversaire. Un combat au corps à corps s’engagea entre les deux Chevaliers d’Or. Bien que l’un d’eux n’ait plus qu’un seul bras, le combat était parfaitement équilibré, et les deux opposants n’arrivaient à se départager. Jusqu’au moment où Nessus passa derrière Alchéon et lui agrippa le corps.
– Tu as perdu, s’écria Nessus
– Imbécile, s’exclama Alchéon. Comment penses-tu pouvoir me porter un coup fatal dans une telle position
– Je ne compte pas porter un coup, expliqua Nessus. Je compte faire exploser nos corps ensemble. GOLD ARROW !!!
L’énergie de Nessus commença à augmenter énormément…jusqu’à exploser ! Le souffle fut tel que Shiryu fut projeté en dehors de la Maison de la Balance. Le coup avait projeté en l’air les corps de Nessus et Alchéon, qui filaient maintenant faire le ciel.
– Lâche-moi, idiot, hurla Alchéon. Ou bien nous allons périr tous les deux
– C’est un faible prix à payer pour expier mes crimes, répondit Nessus.
Tels une étoile filante, Nessus et Alchéon montaient au ciel dans un océan de feu, puis une lumière aveuglante déchira le ciel : les deux Chevaliers d’Or étaient morts.

Chapitre 13 : Devant la Maison de la Balance, le Combat n’est Jamais Fini

Shiryu était étalé devant la Maison de la Balance ; il avait assisté, impuissant, à la disparition de Nessus, et, bien qu’il fût aussi un ennemi, il pleurait sa mort. Hélas, Shiryu n’avait pas le temps pour cela, car il aperçut une ombre familière.
– Lève-toi, Chevalier du Dragon ! Notre combat n’est pas encore achevé.
Cette voix, Shiryu l’a connaissait, il l’avait déjà entendu. En se relevant, puis se retournant, le Chevalier du Dragon eut une vision d’horreur : Jason ! Il était bien vivant, et, même si son armure ne recouvrait plus son corps, la Toison d’Or, quant à elle, était toujours là. Il n’en croyait pas ses yeux.
– Jason ? C’est impossible, tu es mort !
– Chevalier, aurais-tu oublié que la Toison d’Or me protège ? Tu m’as vaincu, mais en tant que Chevalier d’Athéna, je ne peux te laisser continuer ta route ; mon devoir m’en empêche.
– Si tu veux toujours m’affronter, Chevalier Jason, je suis ton homme !
Shiryu tenait à peine sur ses jambes, mais il se sentait prêt à déplacer des montagnes. Lui aussi avait un devoir à accomplir coûte que coûte.
– Néanmoins, expliqua Jason, mon honneur m’interdit de combattre un homme dénué d’armure, or la tienne a été réduit en miettes par Alchéon. Il ne me reste donc qu’une chose à faire.
Et Jason retira la Toison d’Or qui recouvrait son corps
– Je ne veux pas que l’on dise que le Chevalier Jason de la Toison d’Or a vaincu un adversaire par lâcheté ! Nous allons maintenant nous porter nos coups les plus destructeurs, alors que nous ne portons plus nos protections. Celui dont la force, le courage, et la détermination seront les plus grandes vaincra. Es-tu prêt, Chevalier Shiryu du Dragon ?
– J’admire ta bravoure et ta loyauté, Chevalier, et je suis prêt à déchaîner toute la puissance de mon cosmos.
Les deux homme se tenaient désormais face à face, en position de combat. La tension est terrible : en une seconde, la vie de l’un d’entre eux allait s’éteindre, ils le savaient. Soudain, ils attaquèrent !
– ROZAN HYAKURYU HA !!!
– PAR LA PUISSANCE DES HEROS DE L’ARGOS !!!
Jason envoya sur Shiryu les Argonautes, ces glorieux héros qui partirent jadis sur l’Argos, à la recherche de la Toison d’Or. Il y avait là Atalante, Hercule, et Orphée, au milieu de tous les Héros ; ceux-ci étaient aux prises, dans l’air, avec les terribles dragons de Shiryu. La force cumulée des deux attaques provoqua une puissante explosion. Les deux hommes furent projetés en arrière, mais à ce moment-là, l’un d’eux n’était déjà plus de ce monde : Jason avait combattu vaillamment, mais n’avait pu contenir la fureur de l’attaque de Shiryu ; mais celui-ci, grièvement blessé, gisant sur le sol, n’allait peut-être pas tarder à le rejoindre.

Chapitre 14 : Interlude

« Shiryu ! Shiryu ! Oh réponds-moi, Shiryu »
Cette clameur familière sortir le Chevalier du Dragon de sa torpeur, et presque instinctivement, il dit :
– C’est toi, Seiya ?
Et en effet, c’était bien le Chevalier de Pégase qui le serrait dans ses bras ; auprès de lui se tenait Ikki, le Chevalier Phénix.
– Shiryu, ça va aller ? demanda Seiya.
– J’ai connu pire, répondit le Chevalier. Mais vous, mes amis, que faîtes-vous ici ?
– Apparemment, nous avons eu la même idée que toi, Ikki et moi ; nous nous sommes retrouvés en bas des marches. Mais que c’est-il passé, les Maisons du Bélier et de la Balance sont totalement détruites ?
– Ce serait trop long à vous expliquer. Néanmoins, j’ai eu l’impression qu’il y avait en haut de la Route des 12 Maisons quelques choses, ou quelqu’un , qui voulaient absolument préservé ; je ressens un cosmos terrible qui s’échappe de là-bas. Vous devez y aller, et….argh !
Shiryu venait de cracher une giclée de sang ; ses combats avaient été rudes.
– Shiryu ?!
– Ecoute, Seiya, dit finalement Ikki. Occupe-toi de Shiryu ; je vais partir devant, rejoins-moi dès que tu le pourras.
– Entendu, mais prends garde à toi.
– Ne t’inquiète pas pour ça !
C’est ainsi que Ikki reprit sa route, seul.

Chapitre 15 : Sous le Regard de Milo

Ikki, seul, avançait le long du Chemin des Douze Maisons ; jusqu’à présent, il n’avait pu vaincre, alors que son jeune frère, il le sentait, avait brillamment combattu. C’était maintenant à lui de montrer sa valeur, face au cosmos qu’il percevait émaner de la Maison du Scorpion, ancienne demeure de Milo, le Valeureux. Il arrivait, il se rapprochait de la Maison, et ce faisant, il sentait le cosmos augmenter terriblement : son adversaire allait être redoutable. Mais rien n’aurait pu arrêter le Chevalier du Phénix ; il était revenu plusieurs fois de l’Enfer, il ne craignait plus la Mort, car celui qui la commandait n’était plus.
Il entrait désormais dans la Demeure du Scorpion, et il devait en sortir au plus vite, après avoir vaincu son adversaire. Mais Ikki ne voyait rien à l’intérieur de la Maison tant il y faisait sombre. Il ne pouvait que sentir l’incroyable présence de son ennemi.
– Je te vois, dit une voix dans l’ombre
– Moi pas, cria Ikki. Sors de là, si tu n’es pas un lâche
– Excuse-moi, demanda la voix. Je ne perçois pas l’ombre et la lumière. Je vais m’approcher de toi.
Le Chevalier d’Or sortit de l’ombre, et avança vers Ikki ; ce que ce-dernier vit le pétrifia.
– Mais…tes yeux, balbutia Ikki. Tu es aveugle.
Ikki observait le regard désespérément vide de son vis-à-vis.
– Oui, en effet, je suis aveugle. Cela te surprend, n’est-ce pas ? Pourtant, cela ne m’empêche nullement de ma battre. Je suis Œdipe, Chevalier d’Or du Vagabond.
– Œdipe ? Comme le héros de la Mythologie Grecque ?
– C’est bien moi, répondit le Chevalier d’Or.
– Mais c’est impossible !
– Le sais-tu ? Les guerres racontées dans la Mythologie sont toutes véridiques, elles sont seulement romancées ; les grands héros, protégés par Athéna, sont en fait des Chevaliers d’Or ayant accompli des exploits particulièrement glorieux.
– Incroyable.
– C’est donc bien moi qui ai vaincu le Sphinx. On dirait bien que Zeus a décidé de laisser mon nom dans l’Histoire, alors que toute trace de notre combat contre lui a disparu ; je l’en suis gré, et Jason, autre de mes compagnons légendaires, aussi. Si je le pouvais, je serais en train de pleurer.
– Ainsi donc, plus qu’un simple Chevalier, c’est un héros de légende que je vais affronter.
– Oui ! Pour me faire pardonner auprès d’Athéna, qui a été si bonne avec moi, d’avoir perdu la guerre qu’elle avait mené contre les cieux, je protégerai cette Maison jusqu’à la mort.
– Non, tu te trompes, Chevalier. Nous luttons pour Athéna.
– Mensonge, dit calmement Œdipe. Jamais des protecteurs d’Athéna n’auraient tué aussi violemment des protecteurs d’Athéna comme mes compagnons. J’avoue que certains d’eux sont un peu rude, mais ce sont tous de braves garçons. Ce sont, ou plutôt c’étaient, mes compagnons, mes amis, mes frères.
– Je comprends ce que tu ressens, expliqua tristement Ikki. Malheureusement, si mes compagnons et moi avons agi ainsi, ce n’est pas par plaisir, mais par devoir. La seule chose que je puisse faire pour t’apaiser, c’est t’envoyer les rejoindre. HO YOKU TEN SHO !!!
– Je vois, j’avais raison. ANOTHER WAY !!!
Tout à coup, ce fût comme si la distance entre l’attaque de Ikki et le Chevalier du Vagabond était devenue infinie ! Ni le temps, ni l’espace n’existaient encore. C’était un autre lieu, une autre dimension. Un monde sans haut ni bas, sans sens. L’Enfer, le Paradis, la Mort ? Ikki ne comprenait rien à ce qui lui arrivait. Quand il reprit ses esprits, il se trouvait devant Œdipe, mais lui tournait le dos. Que s’était-il passé ? Œdipe était indemne.
– Je…n’y comprends rien, balbutia Ikki. Il était devant moi, il est désormais derrière, pourtant il n’a pas bougé, et je suis sûr d’avoir avancé en ligne droite. Pourquoi ?
– C’est ma technique, répondit Œdipe. Et j’en ai une autre pour toi : GREAT TRAVEL !!!
Soudain, Ikki se retrouva dans un monde étrange, comme celui qu’il avait traversé tantôt.
– Qu’est-ce qui m’arrive ? C’est comme la dernière fois….non, il y a quelque chose de différent !
Ikki fut prit dans un tourbillon, d’où il ne pouvait pas s’échapper, et il ne pouvait pas bouger non plus. La force qui l’entraînait était prodigieuse. Puis ce fût le choc, et Ikki percuta quelque chose. Quand il reprit ses esprits quelques instants plus tard, il était dans un cratère, dans le sol. Tout son corps lui faisait mal.
– Argh, je ne comprends rien. Quelle est donc cette force ?
Ikki se remémora ses combats contre Saga et Canon.
– Une autre dimension, dit-il. Un pouvoir capable de courber le temps et l’espace, et de s’en servir comme d’une arme. Cet homme est donc capable d’accomplir un tel miracle ?! Il n’est pas un héros pour rien.
– Bravo, tu as deviné. Et je dois te féliciter d’avoir échappé à mon attaque, tu es très résistant.
Ikki était en train de se relever.
– Another Way pour me défendre, en détournant le poing de mon adversaire, en lui faisant parcourir un autre espace. Great Travel pour l’attaque, une chute sans fin dans un autre univers. Nul ne peut échapper à ces deux techniques. Et je vais te le prouver sur le champ. GREAT TRAVEL !!!
Une fois de plus, Ikki se retrouva dans l’autre monde
– Une même attaque ne marche pas deux fois, s’écria Ikki
De nouveau, le Chevalier de Bronze fut pris dans un irrésistible tourbillon.
– Mais que se passe-t-il ?! Je pensais avoir analyser le mécanisme de son attaque, mais je ne peux pas contre-attaquer.
– Je te l’avais dit, expliqua une voix semblant venir de partout à la fois.
Ikki percuta le sol avec une violence inouïe. Son armure, qui avait pourtant résister la première fois, explosa sous le choc.
– On dirait que tu es toujours vivant, dit Œdipe. Tu es le premier à avoir survécu deux fois de suite à mon attaque. Tu es fantastique.
– Je te retourne le compliment, dit péniblement Ikki. Tu es le premier à avoir réussi à me porter deux fois le même coup, sans que je ne puisse riposter. Tu es incroyable, ta réputation est loin d’être usurpée. Mais sache une chose : j’ai déjà été dans deux dimensions semblables à celles que tu crées, et j’en suis revenu. Je déjouerai le mécanisme de ton attaque.
– Mais rien ne dit que je vais la réutiliser, répondit le Vagabond.
– Comment, tu refuses de continuer à te battre ?! hurla Ikki.
Il était en train de se relever, et sentait la colère monter en lui.
– Je n’ai jamais dit cela, le reprit Œdipe. Je dis juste que pour les adversaires dans ton genre, de ta valeur, j’ai une attaque particulière.
Œdipe du Vagabond leva l’index de la main droite en direction du ciel.
– Nous, les vagabonds, nous nous dirigeons grâce aux étoiles. Parmi toutes celles présentes dans le ciel, il y en a une, plus brillante que les autres, qui nous guide. Même moi qui suis aveugle, je peux la sentir, et je lui suis gré de diriger mes pas. On l’appelle l’Etoile du Soir : PAR LA LUMIERE DE L’ETOILE DU SOIR !!!
Un rayon de lumière jaillit du doigt pointé de Œdipe, et se dirigea vers Ikki ; ce dernier se voyait déjà mort, lorsque le miracle se produisit.
– Mais qu’est-ce que… ?! hurla Œdipe
L’armure du Phénix venait de renaître de ses cendres, et c’était d’elle-même mise sur la trajectoire de l’attaque, qui fût annihilée ; mais l’armure éclata tant la force du Chevalier d’Or était grande.
– Que ‘est-il passé ? demanda Œdipe.
– L’armure du Phénix a le pouvoir de renaître de ses cendres, expliqua Phénix. Et aujourd’hui, elle m’a protégé.
Un cosmos brûlant commença à s’échapper du corps de Ikki. Les cendres de l’armure était déjà en train de reprendre place, mais cette fois-ci autour du corps de Ikki.
– Une armure du Phénix, plus belle, plus puissante, vient de voir le jour ! cria le Chevalier de Bronze. Et avec elle, je te terrasserai : HO YOKU TEN SHO !!!
– Tu n’y arrivera pas. ANOTHER WAY !!!
Encore une fois, Ikki se retrouva dans un nouvel univers.
– Allez-y, Ailes du Phénix ! Traversez le temps et l’espace ! Débusquez mon ennemi, et abattez-le ! Que le miracle se produise !
Un flot de lumière envahit l’espace entourant le Chevalier du Phénix, et l’autre dimension autour de lui disparut, laissant place à la Maison du Scorpion, et à Œdipe du Vagabond. Celui-ci fût frappé par toute la rage de l’attaque de Ikki. Son armure éclata partiellement, et le Chevalier d’Or s’écrasa dans son propre sang.
– Bravo, Chevalier, dit difficilement Œdipe. Tu es digne de passer cette Maison. Va ! Tu as prouvé ta bravoure et ta sagesse. Seul un homme animé par des sentiments purs et une cause juste est capable d’accomplir de tels miracles. Adieu.
Ce furent ses derniers paroles ; il expira. Ainsi disparaissait une légende.
– Ô Chevalier du Vagabond, toi qui alliait force et sagesse, je voudrais en effet sortir de cette demeure, et aller au devant de mes prochains adversaires. Hélas, c’est impossible : tes attaques et cet ultime effort auront eu raison de mes forces. Mais je sais que j’ai accompli mon devoir.
Et Ikki s’écroula à son tour.

Au même moment, en bas du Zodiaque d’Or, Shun et Hyoga arrivaient, difficilement, à la Maison du Bélier, se soutenant l’un l’autre.

Chapitre 16 : Protégé par la Muse

Lorsqu’il reprit connaissance, Ikki aperçut Seiya au-dessus de lui.
– Tu vas bien, Ikki ?
– C’est toi, Seiya ? Oui, ça va. J’ai connu pire. Mais ne m’attend pas, et fonce à la prochaine Maison. Il ne doit plus nous rester beaucoup d’ennemis à abattre…et nul doute qu’ils doivent être terribles.
– Très bien. Shiryu va bientôt te rejoindre. Comme toi, il m’a dit de partir devant.
Après s’être assuré que son ami s’en tirerait, Seiya reprit sa route en direction de la Maison suivante, celle du Sagittaire. Mais Seiya ne trouva qu’un lieu vide, tout comme l’était la Demeure du Capricorne ; il lui restait donc deux Maisons à visiter, la demeure du Grand Pope, et le Temple d’Athéna, tout au bout du chemin. Voilà que s’approchait la Maison du Verseau. Dans la Mythologie Grecque, on raconte que Ganymède était un prince d’une grande beauté ; subjugué, Zeus l’enleva et le transforma en la constellation du Verseau, qui avec sa jarre verse le nectar et l’ambroisie dans la coupe de Zeus. Seiya, en entrant dans la Maison, perçu tout à coup une mélodie. Il ne savait que trop bien ce que cela pouvait signifier : il avait vu à l’œuvre Pharaon du Sphinx et Orphée de la Lyre ; de plus, Shun lui avait parlé d’un de ses anciens adversaires, Sorrente de la Sirène Maléfique. Tous ces hommes utilisaient, pour combattre, le son ; par l’intermédiaire de leurs instruments, ils produisaient de terribles attaques, auxquelles on ne pouvait résister ; Aldébaran, pour combattre l’un d’eux, avait bien essayer de se crever les tympans…sans succès, à ce qu’on lui avait dit. Mais, bien que sachant cela, Seiya ne pouvait s’empêcher d’écouter le son prodigieux qui venait des profondeurs du temple ; une musique emplie d’une grande tristesse. Comme manipulé, Seiya avança à l’intérieur de la Maison, et finit par apercevoir son ennemi ; il était bien en train de jouer, et était étrangement calme. C’était un garçon fluet, dont l’armure était recouverte d’un vêtement blanc, comme ceux des grecques d’autrefois, et à ses lèvres était porté une flûte de Pan ; c’était grâce à elle qu’il produisait ce son incroyable. Puis, il s’arrêta, et, toujours très calmement, sans regarder Seiya, dit :
– Je te félicite d’être arrivé jusqu’ici, Chevalier d’Athéna, mais tu ne pourra pas me tuer !
– « Chevalier d’Athéna » ? Dans ce cas, tu n’es pas un de ces Chevaliers manipulés.
– Bien sûr que non, dit le Chevalier en rigolant. C’est même moi qui les manipulait.
– Comment ?! C’est à cause de toi qu’ils sont morts ?!
– C’est vous qui les avez tué, pas moi. Et puis, ne me traite pas si durement, j’avais mes raisons pour agir comme je l’ai fait. Mais tu ne peux pas comprendre ! A mon époque, les Dieux étaient omniprésents ; ils gouvernaient tout, contrôlaient tout, utilisaient les hommes comme de simples jouets. Même la célèbre Guerre de Troie, à l’origine, avait été causée par une stupide rivalité entre eux. Les hommes n’ont pas besoin de Dieux ! Si c’était à refaire, je le referai. Assez bavassé ! Si tu es venu me tuer, je suis prêt. Je suis Epidaure, Chevalier d’Or du Musicien !
Epidaure venait de ranger son calme et son apparente douceur.
– Je comprends ton ressentiment, avoua Seiya. Mais, en tout temps, quoi que tu penses en penser, les hommes ont eu besoin de dieux, et inversement. De plus, ce n’était pas la peine d’envoyer pour cela tes compagnons à la Mort ; tu t’es servi d’eux pour assouvir tes propres désirs.
– Je t’ai dit que tu ne pouvais pas comprendre ! hurla Epidaure. Tu ne peux pas savoir ce que cela fait de voir son frère, marin, mourir dans une tempête déclenchée par Poséidon ; ou de voir ses parents être pris dans le feu d’une guerre entre l’Athènes d’Athéna, et la Sparte d’Arès. A cette époque, tout n’était que terreur à l’idée qu’un Dieu pourrait décider, arbitrairement, de reprendre une vie.
– Et tu crois que les choses sont différentes, aujourd’hui ? La Mort existe toujours, et elle existera toujours. Je crois que tu es tout simplement égoïste.
– La ferme ! DAMNATION RHAPSODY !!!
Seiya fût soudain prit de vertiges, puis il vit une lame lui trancher le bras droit, puis la jambe gauche, et finalement l’ensemble de son corps ! Il était mort ! Puis, il reprit ses esprits ; il était toujours vivant, et en un seul morceau, mais il était écroulé sur le sol, et ne pouvait plus bouger. Il tremblait de tous ses membres, et sa respiration haletait.
– Alors, qu’est-ce que ça fait de mourir ? demanda Epidaure.
– Je ne comprends rien, se lamenta Seiya. La douleur était bien réelle, et j’ai vu mon corps se fendre. Tout cela n’était qu’une illusion provoquée par sa musique ?
– Exact ! Tu comprends vite.
Seiya se relevait péniblement. Il ne portait aucune blessure, mais son esprit avait été, lui, sérieusement touché.
– Puisque c’est grâce à cet instrument que tu attaques, je vais te l’enlever ! PEGASUS RYU SEI KEN !!!
L’attaque était puissante ; mais il suffit que Epidaure joue une note pour qu’elle soit stoppée par un mur invisible.
– Qu’est-ce qui s’est passé ?! s’écria Seiya
– Le son est une vibration dans l’air. Si on maîtrise le son, on maîtrise l’air. C’est aussi simple que ça. DAMNATION RHAPSODY !!!
– Non ! Pas encore !
De nouveau, Seiya s’était écroulé par terre. Il se tenait les oreilles, et faisait son possible pour contenir l’attaque sonore. Il y arriva, mais cela l’épuisa ; il suffoquait.
– Je te félicite, mais combien de temps pourras-tu tenir ?
– Aussi longtemps qu’il le faudra, répondit Seiya. PEGASUS RYU SEI KEN !!!
– Tu n’as pas compris que cela ne servait à rien ?
Epidaure produisit le même son que précédemment avec sa flûte de Pan, afin de stopper l’attaque de Seiya. Mais quelques coups franchirent la barrière invisible, et vinrent détruire l’instrument du Chevalier d’Or. Celui-ci ne semblait pas surpris, ni même en colère.
– La lumière….est…plus rapide que le son ! balbutia Seiya
– Je vois. C’est donc un combat aux poings que tu cherches. Tu es aussi idiot que les autres.
– Comment ?! s’écria Seiya.
– Du fait de mon nom et de mon instrument, tout le monde croit que toutes mes attaques sont basées sur le son, et ils font tout pour détruire ma flûte de Pan, pensant que je ne pourrais pas me défendre sans. Mais pourtant, comme tous les Chevaliers, c’est grâce à la force de mes poings que je suis parvenu à gagner mon armure ; je suis bien plus terrible avec ma seule force physique. Mais comme tous les autres, tu as utilisé toutes tes forces pour détruire la flûte de Pan ; tu n’as plus la capacité de te défendre, et, comme mes précédents adversaires, tu vas mourir. EARTH RHAPSODY !!!
Epidaure donna un coup terrible dans le sol de la Maison du Verseau, faisant un trou béant, et projetant énormément de poussière et de cailloux. Aveuglé et surpris, Seiya ne vit pas son adversaire s’approcher, et lui asséner un puissant coup dans l’abdomen. Le Chevalier de Bronze fut projeté en arrière, et alla s’écraser contre un mur.
– Il avait raison, se dit Seiya. Ses coups sont au moins aussi redoutables que sa musique. Mais j’ai mis mes dernières forces pour détruire son instrument. Il est incroyable : grâce à son intelligence, il a mis au point un excellent stratagème.
Seiya était dans l’incapacité de se lever. Au moment où Epidaure, qui se tenait devant lui, s’apprêta à lui donner le coup de grâce, un éclair de feu vint lui frapper la main ; cet éclair de feu, c’était en réalité des plumes de métal.
– Qui a osé ?! s’écria Epidaure.
– C’est moi, Phénix !
– Ikki, tu es venu m’aider ? se réjouit Seiya.
– Je te l’avais dit, répondit Ikki.
– Je te remercie, mais c’est mon combat. Je veux m’en occuper seul ; tu ne dois pas intervenir. Pars devant !
– Hors de question que je partes en te laissant dans cet état. Mais je ne vais plus intervenir ; et s’il venait à te tuer, je serai son adversaire.
– Belle preuve d’amitié, se moqua Epidaure.
– Plus qu’un ami, c’est mon frère !
Seiya s’était relevé. Son cosmos était brûlant, il se sentait capable de déplacer des montagnes. Lui qui doutait depuis la moitié du combat, après avoir subi la Damnation Rhapsody, se sentait revitaliser par la présence de Ikki.
– Maintenant qu’il est là, je ne peux plus me permettre de perdre. Je vais déchaîner contre toi ma plus terrible attaque, Chevalier. Après ce coup, tout sera fini, ou tout pourra commencer.
– Bien, puisque tu es décidé à mourir, je vais moi aussi sortir mon meilleur coup ; celui que j’ai hérité de mon maître : le Dragon Rhapsody.
Les deux adversaire se faisaient face.
– PEGASUS SUI SEI KEN !!!
– DRAGON RHAPSODY !!!
Ceux qui étaient aux alentours purent apercevoir un éclair de lumière sortir de la Maison du Verseau.
– Bien joué, Seiya, dit calmement Ikki.
Il ramassa le corps inconscient de son compagnon, puis sortit tranquillement de la Maison, laissant derrière lui le corps sans vie de Epidaure du Musicien. Quelques instants plus tard, Seiya retrouvait ses esprits.
– C’était un grand adversaire.
– Oui, tu as raison, répondit Ikki.
Il posa son ami sur le sol, qui se releva, et c’est ensemble, côte à côte, qu’ils continuèrent la route des 12 Maisons.

Chapitre 17 : L’Homme qui rêvait d’être Dieu

Ikki et Seiya gravissaient tant bien que mal les marches qui les séparaient de la Maison des Poissons ; mais c’était le Temple du Grand Pope qui les intéressait : la mort d’Epidaure leur avait révélé un cosmos gigantesque qui s’y dissimulait. Leur dernier adversaire, mais sans doute le plus puissant, les attendait.
Après une marche éreintante, les deux amis arrivèrent enfin sur le parvis du Temps. Ils entrèrent, et trouvèrent un Chevalier en armure assis sur le trône du Grand Pope, qu’occupèrent autrefois Sion et Saga ; le Chevalier ne prit même pas la peine de lever les yeux vers les deux Chevaliers de Bronze.
– Si vous êtes là, c’est que les autres sont morts, je suppose, dit-il d’un ton mélancolique. Même s’ils n’étaient pour moi que de simples marionnettes, j’avais sans doute presque fini par les considérer comme de véritables compagnons de bataille ; après tout, nous avons passé tant de siècles à partager le même malheur.
– Lève-toi et bas-toi, lui ordonna Seiya.
– Me battre ? Parle-t-on de combat lorsque s’affrontent un lion et une fourmi ? Certes non : on parle de massacre. Un combat, c’est une lutte entre deux adversaires de force sensiblement équivalente. Que vous ayez vaincu les autres Chevaliers d’Or ne fait pas de vous des êtres dignes de moi.
– Qu’oses-tu dire ?! hurla Ikki.
– Tu dois bien le sentir toi-même, à moins que tu ne te mentes, expliqua le mystérieux Chevalier d’un ton toujours aussi triste. Nos forces sont incomparables ; même en vous y mettant à deux, vous ne pourriez me vaincre. Quoi qu’il en soit, il est trop tard : la Terre va bientôt être engloutie par le Royaume des Morts. Quelle ironie : nous allons, sans le vouloir, réaliser les plans d’Hadès, notre détestable bourreau ; mais cela sera pour moi une juste vengeance que de détruire le monde par les Dieux créé.
– Si nous te tuons à temps, alors il n’en sera rien. Moi, Pégase, je ne te laisserai pas faire !
L’œil de leur adversaire s’alluma ; un mot venait d’attirer son intention, et il se leva, un sourire de dément sur le visage.
– Tu as bien dit « pégase » ? Ahahahahahahaha !!!!!! Finalement, je crois que les Dieux ne m’ont pas tout à fait abandonné, en me permettant en ce jour de te tuer. Pégase… pégase… ce cheval maudit, celui qui, écoutant les paroles de Zeus, m’empêcha de monter sur l’Olympe pour y trouver ma juste place, celle qui me revenait à la vue de tous les exploits que j’avais accomplis. Dès ce moment, une seule idée a hanté mon esprit : ravir aux Dieux leur rang et devenir le seul Dieu, le nouveau Porte-Egide !
– Et c’est pour cela que tu as entraîné tes compagnons vers la mort ?! s’écria Ikki. Pour devenir un Dieu ? Tu es fou !
Debout devant les deux Chevaliers, le cosmos de leur adversaire brûlait de mille feux ; il semblait à la fois hors de lui et rempli d’allégresse.
– De quel droit m’adresses-tu la parole, misérable insecte ? Tu ne m’intéresses en rien. Seul ton compagnon me préoccupe : je vais le tuer, pour apaiser ma colère.
Le mystérieux Chevalier voulut porter un coup redoutable à Seiya ; il était si rapide que ni lui ni Ikki n’aurait eu le temps de bouger, si quelqu’un ne lui avait attraper le bras à temps. Un autre personnage venait d’apparaître en un instant dans la pièce. Il était de petite taille, mais semblait très musclé, et portait une cuirasse de bronze finement ouvragée, un casque léger, et un écu de bronze sur son avant-bras. A sa vue, l’autre sembla terrifié.
– Non, pas toi, Mérion !
– Je le crains, Béllérophon. Les Dieux qui existent encore ne sont pas prêt à abandonner la Terre, qui plus est à toi qui jadis les défia. Alors ils m’ont envoyé sur Terre pour suppléer les Chevaliers de Bronze, comme ils ont toujours été prêts à le faire sans que cela ne soit nécessaire. Mais aujourd’hui, ta présence leur a fait prendre les devants ; ils ne t’ont pas encore pardonné.
Seiya n’en revenait pas. Non seulement, ils semblaient se connaître, mais en plus le nouvel arrivant avait réussi à arrêter l’autre avec une aisance effrayante, alors qu’il était sur le point de le renvoyer prématurément dans le Royaume de feu Hadès. Et, encore plus surprenant, il y avait leurs noms : Mérion, héros de la Guerre de Troie, qui fut même l’un des combattants cachés dans le légendaire Cheval, et Bellérophon, qui jadis accomplit des miracles en chevauchant Pégase.
– Qui es-tu, toi qui m’as sauvé ? demanda Seiya.
– Je suis Mérion, « l’émule de l’ardent Arès », frère de mon roi Idoménée, et membre de la Garde Prétorienne de Zeus, le Porte-Egide. Jadis, je fis parti de ceux qui affrontèrent les Bannis aux portes de l’Olympe.
– Et tu es venu pour me tuer, n’est-ce pas ? ironisa Bellérophon.
– Bellérophon. Comment toi, l’un des plus grands héros des temps mythologiques, as-tu pu t’abandonner à la vanité et vouloir renverser les Dieux ? Malgré le nombre de mes compagnons tombés au combat par leur faute, je sais que nul n’est en droit de leur tenir tête, et moi-même donnerait ma vie pour la protéger la leur. Et pour répondre à ta question, ce ne sera pas moi ton adversaire en ce jour. Vois par la porte de ce temple ceux que tu devras affronter.
Voilà qu’arrivaient au bout du Chemin des 12 Maisons les compagnons et amis de Seiya et Ikki : Il y avait là Ichi de l’Hydre et le fier Loup, les imposants Ban et Geki, le courageux Jabu et le non moins courageux, quoi que jeune, Kiki, les farouches guerrières, dignes des Amazones, Shina et Marine, ainsi que Seika que tous protégèrent au péril même de leur vie, et devant ce cortège la divine et rayonnante Athéna, accompagnée de…
– ….Hydros ! s’écria Bellérophon.
C’était bien Hydros, dont l’armure était partiellement détruire suite à son combat fratricide contre Pyros.
– C’est par ma main que tu vas tomber, Bellérophon, toi qui nous a tous trompés. Ce n’est pas pour protéger les humains que tu as défié les Dieux, mais pour devenir Dieu toi-même. Mon cosmos brûlera tant que la nuit n’aura pas voilé tes yeux.
– Penses-tu vraiment en être capable, pauvre imbécile ?!
– Non.
D’un geste très rapide, Hydros essaya de perforer le cœur de son adversaire, mais celui-là esquiva le coup, et le Chevalier du Dauphin ficha son bras dans l’épaule de Bellérophon.
– Maintenant que je te tiens, rien ne pourra me faire lâcher ! s’exclama Hydros. Mérion, je te le demande : de par ta flèche de bronze et ton agilité par laquelle tu rivalises avec Teucros, transperce nos deux corps. Car ce n’est pas seulement lui mais nous qui devons retourner dans le Royaume des Morts pour ne pas briser l’équilibre de ce monde.
Tandis que Bellérophon essayait tant bien que mal de se dégager de l’étreinte d’Hydros, mais las sans succès, Mérion fit apparaître son arc et une flèche de bronze. Il tendit son arc, et, visant au niveau de la poitrine des deux Chevaliers d’Or, décocha une flèche qui vint se loger d’abord dans Hydros, puis le traversa de part en part avant de stopper la vie de Bellérophon, le banni. Tous deux s’écroulèrent sur le sol, sans que pour autant Hydros ne lâche sa prise. C’en était fini des Guerriers Bannis.

Epilogue

Le combat terminé, et la pression retombée, Seika se jeta dans les bras de Seiya.
– Oh, Seiya, Seiya, enfin je te retrouve.
– Oh, Seika, c’est trop beau, je dois rêver.
Mérion s’approcha de ces frère et sœur, redevenus pour un instant de simples mortels dans les bras l’un de l’autre.
– Malheureusement, tout n’est pas encore fini, expliqua-t-il. N’est-ce pas, Seiya.
Un murmure parcoura l’assistance.
– Que se passe-t-il ? demanda Seika, paniquée.
– Nous n’avons pas encore renvoyé toutes les personnes qui devraient se trouver au Royaume des Morts.
– Comment ?! s’écria Jabu. Mais toutes les personnes ici présentes sont bien vivantes et non donc aucune raison d’aller au Royaume des Morts ; quant aux Guerriers Bannis, ils sont tous morts, non ?
Athéna s’avança, en pleurs.
– Hélas, il reste une personne qui va devoir nous quitter. Celui qui, parmi tous les Chevaliers revenus avec moi sur Terre, a succombé à son combat contre Hadès : Seiya.
– Non !!! hurla Seika, tandis que Seiya la repoussait en détournant son regard.
– C’est malheureusement la vérité, avoua Seiya. Je suis mort lors de notre combat contre Hadès, et comme tous les morts, je dois retourner aux Enfers ; sinon, le déséquilibre se produira, et notre lutte contre les Guerriers Bannis aura été inutile.
Puis, à Mérion.
– Mérion, je ne peux pas demander à mes amis de m’ôter la vie, car je sais que si j’étais à leur place, j’en serais incapable. J’avais prévu de me suicider, mais comme tu es là, je te demande une faveur : reprends ma vie que tu as sauvée tantôt.
– Cela était mon intention dès le départ, de te tuer dès le combat fini ; tantôt, ce n’est pas toi que je voulais sauver, mais Bellérophon que je voulais arrêter.
Seiya se tourna vers ses anciens compagnons.
– Mes amis, mes frères, je vous confie ma sœur. J’espère que lorsque je renaîtrais, nous serons de nouveau frères.
– Seiya !!!!!!!!
Seika hurlait le nom de son frère, tandis que ses compagnons, en pleurs, la retenaient.
– Ne t’inquiète pas, Seiya, dit tranquillement Mérion. Par égard envers tes exploits, je t’offrirais une mort rapide et sans douleur, en déchaînant ma plus puissante attaque : les Vents de Cnossos.
Mérion se concentra, et on vit un vent puissant se lever. Celui-ci engloba Seiya, tourbillonnant autour de son corps à une vitesse prodigieuse ; même les Chevaliers présents avaient du mal à contenir le vent furieux qui soufflait et à ne pas détourner leur regard du corps de Seiya. Lorsque le vent enfin se fût lever, les corps de Mérion et du Chevalier Pégase avaient disparu de la surface de la Terre.

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2 commentaires pour Saint Seiya : Les Guerriers Bannis

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