Tribulation d’un Bédéphile à Bruxelles

Bienvenue chez les Ch’tis… Depuis quelques semaines, me voilà coincé dans le Nord de la France. Seul point positif : cette situation m’a énormément rapproché de Bruxelles. L’occasion de prendre mes premières vacances (= sortie du territoire) depuis mon retour du Japon, voilà 3 ans.

Il s’agit d’un détail de mon existence que j’ai déjà mentionné : je suis né dans une famille de bédéphiles. Ma mère lisait Le Journal de Tintin – j’en ai d’ailleurs récupéré une impressionnante collection – et mon père Pilote. Cela s’est forcément ressenti dans mes lectures. D’autant plus que ma bibliothèque locale ne jurait que par la bande-dessinée franco-belge, et de préférence pour jeune public.
Pendant des années et des années, mes références – mes livres de chevet – sont donc restées Tintin, Spirou & Fantasio, Oumpah-Pah, Michel Vaillant, Ric Hochet, Clifton, Sibylline, Modeste & Pompon, Boule & Bill, Les Schtroumpfs, Lucky Luke, Le Scrameustache, Benoit Brisefer, Gaston Lagaffe, Docteur Poche, Yoko Tsuno, Achille Talon, Chlorophylle, Leonard, Cubitus, Les Tuniques Bleues, Robin Dubois, Sammy, Jeannette Pointu, Astérix, et tant d’autres… Saint Seiya, XIII, et Watchmen ne viendront que bien plus tard.

Tout cela pour dire que la BD Franco-Belge fait indubitablement partie de moi. Et la perspective d’aller à Bruxelles – capitale de la BD – ne pouvait que me réjouir.
Car dans cette ville, la BD s’affiche absolument partout. Même sur le nom des rues :

Vous arrivez à Bruxelles, et voilà ce que vous voyez à l’entrée de certaines rues : outre le nom officiel de ladite rue (en français et en flamand), nombre d’entre elles sont affublées du nom d’une série ou d’un personnage de BD. Ici Ric Hochet, mais je suis tombé notamment sur Tryphon Tournesol, le Petit Spirou, Kid Paddle, Yoko Tsuno, Michel Vaillant, Bob Morane, Mafalda, Spirou & Fantasio, et même le Trombone Illustré.

Leur présence ne s’arrête pas là, puisque les personnages s’affichent aussi sur les murs de la ville :

Il y en a certainement plus, mais ce sont les seuls sur lesquels je sois tombé. J’avoue que le Gaston est particulièrement savoureux.
Parler de Gaston, au passage, me fournit la parfaite transition pour passer au Centre Belge de la Bande-Dessinée, certainement l’endroit immanquable pour tout bédéphile qui se respecte (même si j’avoue ne pas avoir fait beaucoup de recherche avant d’y aller). Non seulement Gaston y tient une place plus qu’honorable (logique), mais cela se ressent jusqu’au restaurant du musée, puisque celui-ci propose un menu Gaston Lagaffe, avec des plats aussi attrayants que le rollmops à la confiture de myrtille, la blanquette de veau au chocolat blanc, et la tarte tatin aux endives… Sur le coup, je me suis demandé s’il s’agissait d’un simple gag destiné à voir quels clients oseraient tenter l’expérience, ou un véritable menu. Et je pense qu’il s’agissait d’un véritable menu, comme semble l’indiquer l’absence remarquée de certaines spécialités culinaires de l’individu, telles que sa fameuse chicken soup au poisson ou sa légendaire morue à la mayonnaise à la fraise. Néanmoins, à 22€ le menu, j’ai préféré ne pas tenter ma chance…

Le CBBD lui-même soufflait le chaud et le froid en terme de contenu. Il concilie dans un même espace une exposition permanente et plusieurs expositions provisoires, qui n’étaient pas toutes intéressantes.
Pour ceux qui se demandent quelle place le Centre donne à la BD non Franco-Belge, sachez qu’il y en a, mais que cela reste discret. La majorité des exemples se trouvaient dans les expositions provisoires, celles-ci proposant sporadiquement des planches de John Buscema, Hugo Pratt, ou encore David Lloyd ; comparé à la présence d’auteurs comme Macherot ou Roba, cela reste ridicule. Quant aux manga, ils s’affichaient à travers deux statues : une de Goku, et une de Porco Rosso (qui est un anime)… J’ai eu l’impression que le musée avait un peu le cul entre deux chaises, entre une volonté de parler de la BD au sens large, et une focalisation logique sur les auteurs belges (même Astérix évite de s’y faire remarquer).

Le plus intéressant reste probablement les espaces consacrés à une série en particulier, puisque cela allait jusqu’à des reconstitutions (sommaires) d’environnement, pour un rendu fort sympathique. C’est ainsi que nous retrouvions tous les personnages classiques, de Tintin à Boule & Bill, en passant par les Schtroumpfs et Lucky Luke ; j’ai apprécié. Surtout, j’essayais à chaque fois que je voyais une planche ou une illustration de retrouver l’album exact d’où elle provenait, et j’aime bien ce genre d’exercice. Cela m’a même donné envie de relire mes classiques.

La grosse déception du musée, c’est peut-être la boutique. Elle propose certes de nombreux albums de Franco-Belge, mais pas plus que n’importe quelle autre librairie, voire même carrément moins que les librairies spécialisées. Les classiques, les séries du moment, rien qui sort des sentiers battus. De nombreuses séries, pourtant bien représentées dans le Centre, n’ont aucun équivalent dans la boutique, ce que je trouve dommage… Je me serais bien fait un Modeste & Pompon, ou un Chlorophylle. Enfin, je repars quand même avec quelques albums qui manquaient à ma collection (faut pas déconner). A noter qu’il y avait presque plus de choix en matière de manga ; un comble, surtout compte-tenu de leur place dans le musée.

Je repars de Bruxelles avec un rhume. Parce que oui, franchement, nous avons eu un temps de Bill. Mais cela m’a quand même fait du bien de prendre des vacances, surtout en accord avec une de mes passions.

Publicités
Cet article, publié dans Humeurs, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s