Wingman, le Guerrier des Rêves

Second – hélas! aussi dernier – article de la catégorie « Trésor Enfoui » que je remets sur ce blog. Cette fois consacré à Wingman, le plus grand des héros.

N’en déplaisent aux fans des comédies romantiques de Masakazu Katsura : son premier manga n’est autre que Wingman ; c’est aussi son premier succès. Il faut croire que les sorties après lui de Video Girl Aï ou encore I’’s lui ont été préjudiciables, car bien que l’auteur lui-même soit connu, ce n’est plus le cas de cette œuvre.

Il faudra s’y faire, c’est bien par cette série que nous avons découvert Katsura, puisque l’anime de Wingman, datant de 1984, a été diffusé sur TF1 dès 1989, puis re-diffusé notamment sur la Cinq et sur Mangas. La raison de ce manque de reconnaissance ? Sans doute son genre, différent de celui des manga qui lui ont apporté le succès en France : à l’époque où la série aurait de nouveau eu sa chance, les admirateurs de Katsura cherchaient de la comédie romantique, et non des histoires de pseudo-héros. Résultat : un manga interrompu dans sa publication – il semblerait que Pika dispose encore de sa licence, mais n’ait pas envie de le ressortir – et un anime dont seuls 6 épisodes sont disponibles en VHS. La série a sombré dans l’oubli.
Pourtant, Wingman – du moins pour sa version animée, car je n’ai jamais eu la chance de lire le manga – est un anime qui avait connu un bon petit succès lors du Club Dorothée, et qui mérite que nous nous y intéressions. Enclenchez la machine à remonter le temps et prenez votre kit d’explorateur : nous partons déterrer un Trésor Enfoui.

Kenta Hirono (David Duchemin) rêve de devenir un super-héros. Ce serait un enfant, ce genre de fantaisie passerait sans problème ; mais à son âge, cela ne fait pas sérieux. Pourtant, lui y croit dur comme fer ; il s’est d’ailleurs confectionné un costume, et a créé son personnage : Wingman. Là où l’injustice sévit, Wingman – le Bras de la Justice – apparaît ! Attendris par le sens de la justice de cet adolescent, et surtout amusés par le comportement de ce doux rêveur, ses parents et ses professeurs le laissent faire, et tous rentrent dans son jeu.

Un jour, alors qu’il revenait de l’école, une fille lui tombe sur la tête ; elle est habillée légèrement, et est inconsciente. Comme il ne sait pas du tout quoi faire dans une telle situation, son cœur de héros lui dicte de la ramener chez elle ; sauf qu’elle n’a aucun papier indiquant son nom ou son adresse, et en sa possession qu’un cahier aux pages blanches. N’écoutant que son courage, il la porte jusqu’à chez lui, dans sa chambre, et la pose sur son lit en attendant son réveil. Pour égayer son attente, il fait comme tous les adolescents qui auraient une fille en sous-vêtements sur son lit : il décide de mettre au point son nouveau costume de Wingman, en commençant par faire quelques croquis sur le cahier de la jeune fille. A peine a-t-il fini qu’il se transforme en Wingman ! Réveillée, Aoi Yume (Elise) ne tarde pas à comprendre la situation, et explique tout à Kenta : elle vient d’une autre dimension, mais le trône de son père – le roi – a été usurpé par le démoniaque Rimeru (Gédéon) ; craignant que la puissance du Livre des Rêves – grâce auquel les rêves deviennent réalité – ne tombe entre les mains du tyran, elle s’enfuit et atterrit dans notre dimension.
En écrivant sans le savoir dans le Livre des Rêves, Kenta a pu devenir Wingman ; et ses nouveaux pouvoirs ne seront pas de trop pour lutter contre les armées de Rimeru, bien décidé à récupérer le Livre. Seulement, malgré ses pouvoirs, Kenta n’est pas encore un super héros.

Wingman n’est pas un héros comme les autres, loin de là. Comme le dirait Benjamin Parker, un des plus grands philosophes du 20ème siècle : « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ». Seulement, en l’occurrence, celui qui détient les grands pouvoirs est un adolescent maladroit, immature, qui a toujours rêver de devenir un super-héros, mais qui n’en voyait que le côté amusant et n’a jamais imaginé les complications que cela pouvait entraîner. De ce fait, il va mettre du temps avant de saisir l’importance de sa mission, à savoir protéger Aoi et le Livre des Rêves ; et accessoirement, tous ceux qui vont être pris dans son combat, de son professeur principal à ses camarades de classe, dont la belle Miku (Sophie). Il n’est qu’un gamin qui aurait trouvé un nouveau jouet. Et même quand il aura compris que la vie de héros est un affrontement permanent, ce n’est pas pour autant qu’il va devenir une foudre de guerre, car sa maladresse maladive et sa légère bêtise sont incurables ; mais son sens de la justice est plus fort que tout.

Vous l’aurez compris, cet anime se moque gentiment des codes du tokusatsu. Mais la série ne s’arrête pas là. En réalité, il y a deux histoires dans Wingman : le combat de notre anti-héros contre les soldats de Rimeru, et les tracas quotidien de Kenta. Car, et c’est normal, Kenta va à l’école, et sa vie n’est pas de tout repos.
Premier problème : Aoi. Usant de ses pouvoirs, elle va s’installer chez Kenta et décider d’aller à l’école en se faisant passer pour sa cousine. Ne connaissant rien à la vie sur Terre, elle le mettra souvent dans des situations délicates, comme lorsqu’elle décide d’utiliser ouvertement ses incroyables facultés.
Second problème : Miku. Kenta en est amoureux, et c’est réciproque. Mais entre les attaques à répétition des hommes de Rimeru, et Aoi qui prendra bien soin de se mettre entre eux à la moindre occasion, leurs relations tourneront vite au cauchemar.
Troisième problème : Matsuoka-sensei. La prof de Kenta supporte de temps en temps les excentricités de son élève, mais parfois, trop c’est trop. Depuis qu’il est devenu Wingman « pour de vrai », il doit y faire appel fréquemment, mais personne n’imagine (ou du moins ne croit) que cet imbécile a des super pouvoirs, et pour tous, il ne fait que continuer son jeu idiot. Alors elle sévit.

Entre ses problèmes d’adolescent et ses problèmes de héros, Kenta va avoir du mal à s’en sortir. Et qu’est-ce que cela apporte ? Beaucoup d’humour. Les situations sont souvent cocasses, les personnages un peu allumés – en particulier Matsuoka-sensei, qui a le hurlement facile – et la maladresse de notre zéro ne peut que faire rire ; il arrive même que les méchants s’y mettent, surtout quand ils se font passer pour des humains et que le professeur susnommé se prend d’amour pour eux. A cela s’ajoute une touche de romantisme, à travers le triangle amoureux composé par Kenta, Aoi, et Miku ; d’ailleurs, Wingman est dans un sens le précurseur de la « série harem », puisque de nombreuses autres filles de la série vont se prendre d’affection pour ce garçon qui rêve de sauver les autres, comme en témoigne le nombre élevé de Winggirls (assistantes de Wingman) à la fin de la série.

Produit par Toei Animation – décidément le studio phare des années 80 – cet anime réunit quelques habitués du studio, notamment Tomoharu Katsumata (voir article sur Cherry Miel) à la réalisation, Keiichi Oku (Ojamajo Doremi, Ashita no Nadja) à la musique, Yoshinori Kanemori (Queen Millenia, Gineiden) au chara design, et Tadanao Tsuji (Grendizer, Devilman) à la création des arrières-plans. Concernant les seiyuus, s’il s’agit là d’un des principaux rôles de Yoko Kawanami (Aoi), Sumi Shinamoto (Matsuoka) a incarné notamment Nausicaä dans le célèbre film éponyme de Hayao Miyazaki et Sara de A Little Princess Sara, Naoko Watanabe (Miku) a joué la version adulte de Chichi dans la saga des Dragon Ball et l’énigmatique Guu de Jungle Wa Istumo Hare Nochi Guu, et Ryo Harikawa (Kenta) a prêté sa voix à Végéta dans Dragon Ball et à Reinhard von Lohengramm dans Gineiden. Bref, la série dispose d’un casting de voix connues.

Techniquement, Wingman accuse clairement son âge. Les graphismes ont vieilli, et l’animation est extrêmement basique ; parfois, les personnages nous donnent l’impression de n’être que des formes fixes que les animateurs se contentent de déplacer devant la caméra. Le seul point encore digne d’éloge, c’est la magnifique bande-son, avec notamment les génériques interprétés par Norimasa Yamanaka et Popura (Bernard Minet en VF).

Wingman est un anime qui a vieilli, mais dont l’humour reste intact. A l’inverse d’autres séries du Club Dorothée m’ayant déçu après les avoir revu, celle-ci fait partie des rares que j’ai pris un plaisir fou à visionner dans leur intégralité. Les situations sont toujours aussi efficaces, et cet anime devrait plaire même à ceux qui, d’habitude, n’aiment pas trop les œuvres de Masakazu Katsura (c’est mon cas). Encore faut-il, comme pour la plupart des Trésors Enfouis, accepter le fait que l’animation et les graphismes ne seront pas ceux d’un Seirei no Moribito.

Venons-en au sujet qui fâche : la disponibilité de la série. Deux VHS de 3 épisodes chacune ont été éditées par Dagobert et sont trouvables sur les sites d’enchères et d’occasions ; mais pour la VF, ce sera tout à moins d’attendre une éventuelle rediffusion sur Mangas ou – on peut toujours rêver – une édition DVD par AB. En Z1, vous ne trouverez rien, la série semble inconnue aux USA. Deux coffrets reprenant l’intégralité de la série existent au Japon, mais sans sous-titres et à ¥23.000 (un peu plus de 130€) l’un, il vous faudra en avoir vraiment envie et posséder de bonnes bases en japonais pour vous les procurer.

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