Avis sur mes Dernières Lectures (5)

Les stages, ça pourrit la vie. Mais qui dit stage dit rémunération donc de quoi acheter de nouveaux bouquins. Surtout des comics.

Freak Angels – Tome 1 de Warren Ellis et Paul Duffield
Il y a 23 ans, en Angleterre, 12 enfants étrangent naquirent exactement au même moment. Il y a 6 ans, ce fût la fin du monde. Voici ce qui s’est passé ensuite… C’est par cet énoncé étrange que commence la nouvelle série de Warren Ellis, auteur dont je n’ai pas apprécié les travaux sur les séries X de Marvel, mais dont le Transmetropolitan en fait un de mes auteurs fétiches. Raisons amplement suffisante pour acquérir ce premier tome (sur 6) publié par Le Lombard, qui se lance à son tour dans le comics.
Je n’ai, bizarrement, que peu de chose à dire sur ce premier volume. Il faut préciser qu’en cela, il s’agit d’une réussite : l’auteur ne nous donne pas toutes les informations d’entrée – pas plus qu’il ne dévoile tous les personnages principaux – et se contente de nous dépeindre une journée dans le quartier de Whitechapel, aux côtés des Freak Angels, ces mystérieuses personnes à la peau laiteuse et aux yeux violets. Le monde nous apparait chaotique et dévasté, mais nous ne pouvons que nous interroger sur les origines du cataclysme ayant provoqué cette situation, puisque tout ne nous est dit qu’à demi-mot.
Cette ambiance post-apocalyptique et fantastique à la fois est pour beaucoup dans l’attrait de ce premier tome. Ça et les Freak Angels eux-mêmes, puisqu’ils semblent tous avoir des personnalités aussi marquées que stupéfiantes, à l’image de leurs étranges capacités. Cette entame pose de très nombreuses questions, et même si Warren Ellis utilise le bon vieux système du « petit nouveau » – la petite nouvelle, dans le cas présent – pour nous expliquer certains points, la plupart demeurent sans réponse. Ce qui rend la suite indispensable. J’ignore comment l’histoire va évoluer après cette présentation sommaire de l’univers de la série, mais vu ce que Warren Ellis a réussi à nous montrer par le passé, cela peut s’avérer excellent.
Je me montrerai moins élogieux concernant le dessin de Paul Duffield. Il n’a rien de spécialement mauvais, je n’y accroche juste pas particulièrement… Mais il faudra faire avec pour continuer à lire Freak Angels, ce que je compte bien faire.

Uncle Sam de Steve Darnall et Alex Ross
Faire d’un symbole américain un héros de comics, cela peut paraître étrange, mais l’Oncle Sam fait pourtant bien parti des figures mythiques des séries de super-héros depuis son apparition en 1940 dans un périodique de l’éditeur Quality Comics, plus tard racheté par DC Comics ; le personnage sera ensuite incorporé à l’univers DC lors de Crisis on Infinite Earths, avec d’autres figures plus marquantes du défunt Quality, comme The Ray et surtout l’escadron Black Hawks.
En 1998, Steve Darnall et Alex Ross reprennent le personnage pour une mini-série, publiée sous le label Vertigo. Néanmoins, nous pouvons vite nous interroger sur l’identité réelle du « Sam » des deux auteurs, dans la mesure où s’il reprend bien l’apparence générale du célèbre symbole, il ressemble tout de même plus à un sans-abri. Et son comportement va dans ce sens, puisque nous le voyons fouiller les poubelles, entendre des voix, et déblatérer des phrases incohérentes. Est-ce vraiment l’incarnation de l’Amérique, ou un simple clochard ayant depuis longtemps perdu sa santé mentale ? Les événements dans lequel nous le découvrons sont-ils des souvenirs ou une incarnation de son délire ?
La seule chose certaine, c’est qu’à travers lui, nous avons droit à une plongée étonnante à travers les heures les plus sombres des USA, du massacre des Indiens à l’assassinat de Kennedy, en passant par des histoires que nous autres Européens connaissont mal, et qui selon les auteurs ne sont pas particulièrement mises en avant dans les manuels scolaires américains. Même si cette thérapie de choc sur l’Amérique nous concerne peu, elle reste très intéressante et nous permet au passage de nous interroger sur notre propre Histoire, et sur ce que nous en apprenons à l’école (sachant que je la trouve très subjective).
J’ai un faible pour le dessin de Alex Ross – qui signe aussi la colorisation de cet album – que je trouve réaliste et de grande qualité. Mais la série elle-même m’a paru vraiment étrange. Après coup, je n’ai pas trop quoi en penser. Que ce soit dans ses thèmes ou dans sa façon de les présenter, c’est une œuvre totalement atypique. Je pense qu’elle mérite le coup d’œil, malheureusement Panini Comics la propose dans une édition onéreuse que je trouve injustifiée vu le nombre de pages ; c’est plus un album de collection. Donc je vous conseillerais, si vous êtes intéressé par ce bien curieux comics, de plutôt voir du côté de la VO, généralement plus abordable.

Veuve Noir : Une Mort Annoncée de Paul Corney, Tom Raney, et John Paul Leon
A l’occasion de la sortie du film Iron Man 2, dans lequel elle tient un rôle d’importance, voir Panini Comics capitaliser sur le nom de la Veuve Noire n’a rien de bien surprenant, de même que son choix de publier un album qui revient sur les origines de la célèbre espionne russe – nous rappelant notamment qu’elle fût un temps leader des Avengers – en mélangeant histoire inédite et flashbacks.
Reprendre les origines d’un personnage, c’est un coup extrêmement classique, et peu importe que cela contredise les informations précédemment distillées. Les auteurs – surtout chez Marvel – semblent faire peu de cas des écrits de leurs prédécesseurs, et ne s’intéresser qu’à leurs propres scénarios. En l’occurrence, la Veuve Noire est une héroïne suffisamment sombre et complexe pour que son histoire soit riche et passionnante ; ce qui n’est, hélas!, absolument pas le cas de l’autre histoire de cet album, celle dont les événements poussent l’héroïne à revenir sur son passé. Là où Une Mort Annoncée se démarque d’autres productions similaires, c’est dans le choix d’utiliser deux dessinateurs différents pour illustrer les deux récits ; cela facilite la lecture, et le trait particulier de John Paul Leon sied à merveille à l’ambiance qui se dégage de ce flashback. Comparativement, Tom Raney possède un coup de crayon plus moderne, mais aussi plus impersonnel même s’il reste reconnaissable ; je me souviens notamment l’avoir vu dans X-Men, mais je ne l’ai jamais trouvé marquant.
Une Mort Annoncée est un comics un peu bâtard. D’un côté, il nous fait découvrir le passé d’un des personnages les plus obscurs de l’univers Marvel, avec un véritable talent. De l’autre, l’histoire servant à introduire ces flashbacks ne présente guère d’intérêt… Il s’agit d’un bon moyen d’en savoir plus sur le personnage, mais finalement, qui voudrait en savoir plus sur elle ? L’album lui-même ne possède pas suffisamment de qualités pour justifier l’achat.
A noter que j’ai failli péter un câble pendant ma lecture, à la vue d’un personnage. Comme je l’ai indiqué plus haut, les auteurs n’hésitent pas à faire ce qu’ils veulent lorsqu’ils reprennent une série, et cela passe notamment à travers la résurrection de protagonistes décédés, dont Marvel est le grand spécialiste. Depuis que je suis leurs séries – une dizaine d’années – j’aurais vu revenir (parfois mourir et revenir) Magnéto, Colossus, Captain America, Cyclope, Œil de Faucon, Hellcat, Speedball, et même Captain Marvel, jusque-là cité en exemple comme le grand héros mort et resté mort. Et encore, je n’ai pas tout suivi en détail…
Parmi les personnages restés morts, il y a quelques X-Men et affiliés – parmi lesquels Jean Grey et Moïra McTaggert – Gwen Stacy, Namorita, Benjamin Parker, Mocking Bird, la première Human Torch,… Or, qui je ne vois pas dans cet album ? Mocking Bird ! Bien vivante. Apparemment, elle avait été enlevée par des extra-terrestres, et n’était pas vraiment morte… Après, ce n’est pas comme si nous l’avions vu aux enfers dans un histoire des Avengers, justement celle où ils sortent Hellcat de ces mêmes enfers… Je sais qu’il arrive à DC Comics de faire de même – moins puisque les auteurs privilégient la transmission du titre, mais il reste des cas célèbres comme Hal Jordan et Conner Kent – mais chez Marvel, cela devient aussi redondant que saoulant.

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Un commentaire pour Avis sur mes Dernières Lectures (5)

  1. Tinky dit :

    J’ai beaucoup aimé le premier tome de Freak Angels avec son ambiance très bien travaillé et plaisante à lire, sublimée par une excellente narration. Donc si je peux vous donner un conseil : achetez-le ou lisez le sur votre ordi, ça vaut le coup.

    http://www.freakangels.com/?p=23

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