Je reviens de l’Epitanime et je n’ai plus de voix

Pour ma deuxième visite à Epitanime, j’ai décidé d’écrire un billet tenant à la fois de l’expérience personnelle et de la description de certaines spécificités de cette convention, pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance d’y aller.

Pendant plusieurs années, je n’ai pas eu l’occasion de me rendre au Kremlin-Bicêtre (ville « annexe » de Paris) pour assister à l’Epitanime, mais voilà la deuxième fois d’affilée que j’ai le bonheur de participer à l’événement. Cette seconde expérience confirme tout le bien que je pensais de cette convention, ainsi que le fait qu’il s’agisse de ma préférée.

Pour ceux qui ne connaissent que la Japan Expo, les deux n’ont pas grand chose en commun. A Epitanime, j’apprécie la convivialité, l’accent porté sur l’interactivité, et la passion fièrement affichée pour l’animation japonaise et les manga de la part des organisateurs. La Japan Expo fait plus office de supermarché à entrée payante, mais il faut avouer que les deux ne jouent pas dans la même catégorie : en bons professionnels, les responsables de l’événement ont des moyens à la hauteur de leurs ambitions, ce qui se traduit notamment par la venue d’invités prestigieux, tels que Takeshi Obata, les CLAMP, Tsukasa Hojo, Natsuki Takaya, Go Nagai, etc… Mais aussi des invités plus ciblés (comme des chara designer), des groupes de musiques, bref il y en a finalement pour tous les goûts parmi les nombreux intervenants étrangers. Tandis que l’Epitanime ne propose au mieux qu’un seul invité, et destiné à un public de niche. Cette année Noizi Ito, illustratrice japonaise de jeux vidéos, ayant eu l’occasion de travailler sur des light novels plus tard adaptés en animes (auxquels elle a d’ailleurs participé).
Je le répète : les deux ne boxent pas dans la même catégorie. Quitte à choisir, je privilégierais probablement l’Epitanime pour son ambiance, mais je n’ai justement pas à choisir.

Mais revenons au sujet principal. L’Epitanime est une convention se déroulant chaque année, le temps de deux nocturnes et de deux diurnes.
Par rapport à la dernière édition, j’avais cette fois des obligations à remplir, et je devais donc me trouver sur place bien avant l’ouverture. Une fois mes engagements réglés, je suis allé faire la queue devant l’entrée, avec d’autres personnes et plusieurs heures d’avance. La queue du Vendredi est probablement la partie la plus énervante de la convention, puisque l’ouverture se fait généralement avec un certain retard… D’un autre côté, il suffit de faire la queue une seule fois : en échange de son billet, chaque visiteur reçoit un ou plusieurs bracelets de couleur, chacun correspondant à une des 4 périodes de l’Epitaniùe (Vendredi soir, Samedi jour, Samedi soir, et Dimanche jour). Ces bracelets permettent de circuler librement entre les deux bâtiments de la convention, et les sorties ne sont pas définitives ; un choix d’autant plus logique que, contrairement à d’autres événements se déroulant au milieu de nulle part, celui-ci se passe dans un quartier vivant, comprenant notamment nombre de restaurants.
Le seul bémol, c’est l’absence de toilettes fonctionnelles dans le second bâtiment – le principal en terme d’activités et de capacité d’accueil – obligeant les participants à faire l’aller-retour entre les deux, et à repasser à chaque fois à la fouille des sacs… Cela devient très vite lassant, même si les vigiles engagés par les organisateurs ne se montraient pas trop zélés ; enfin, pour ma part, je n’ai rien à leur reprocher.

Pour le premier soir, j’avais opté pour un système similaire à celui de l’année dernière : venir avant tout pour récupérer mes bracelets (qui permettent notamment d’entrer directement dans le second bâtiment le lendemain), participer à quelques activités, commencer à rencontrer des connaissances d’internet, puis partir suffisamment tôt pour prendre un métro et aller engranger du temps de sommeil pour tenir lors de la nocturne du Samedi, traditionnellement plus vivante et intéressante.

Le lendemain, j’arrive peu après le début de la diurne (les organisateurs ferment la convention une heure entre chaque nocturne/diurne pour vider les lieux). Le Samedi est marqué par l’ouverture du forum, un espace sous-terrain dévolu aux exposants, professionnels et amateurs. Évidemment, l’ouverture en question s’est faite en retard, mais nous avons pu assister à un one-haruhist-show pour combler l’attente. Celui-là, je ne sais pas à quoi il carbure, mais c’est puissant. Surtout que le soir, il a remis ça sur scène !
Lors de la précédente édition, Beez avait fait sensation avec ses prix extraordinairement bas (pour cet éditeur), et de nouveau, il écrasait ses concurrents, du moins ceux qui vendaient aussi des produits Beez ; pour vous donner un exemple, l’intégrale de Eureka seveN en deux coffrets coutait 40 euros chez eux, 100 euros sur le stand d’en face… L’autre surprise du forum concernait Manga Distribution, qui ne proposait aucun coffret Princesse Tutu, et pour les collections Gold/Nostalgie des prix supérieurs à ceux qu’ils pratiquent sur amazon/priceminister, ce malgré leur promotion sur place.
Au final, je n’ai pas acheté grand chose : je ne prends plus de figurines sur les salons (à part auprès des magasins dont je sais qu’ils ne proposent que des produits officiels), et j’ai oublié de retourner sur le stand Beez pour acquérir les .hack//Sign (je me rattraperai un jour) ; je me suis donc contenté de l’intégrale de Gilgamesh, et d’un t-shirt de Uchû Senkan Yamato.
Pour le reste de la journée : des activités, un peu de karaoké dans l’amphi (j’y reviendrai), des discussions IRL, et le troll sur fresque. En effet, sur le chemin d’accès au forum se trouve une fresque sur laquelle les participants ajoutent ce qu’ils veulent, généralement des dessins ; et un plaisantin d’écrire dessus un troll fustigeant les Haruhistes, pour observer les éventuelles réactions au fur et à mesure de la convention. J’espère qu’un autre blogueur vous proposera des photos du résultat.

Le soir, la nocturne commence tranquillement pour moi avec quelques projections dans la salle dédiée, salle qui se remplit de plus en plus tandis que les conditions météo se dégradent. C’est d’ailleurs le problème de cette convention : le seul endroit abrité apte à recevoir le grand nombre de visiteurs – le forum – n’ouvre qu’en journée, et en cas d’intempéries, les parties accessibles des bâtiments ne suffisent absolument pas pour accueillir les personnes souhaitant se protéger ; restent les tentes prévues pour l’occasion dans la cour du second bâtiment – où se trouve la scène principale donc une partie très importante de la foule – mais à peine plus efficaces qu’un cautère sur une jambe de bois. Toujours est-il qu’avec des salles bondées, impossible de vraiment participer aux activités ; heureusement, la pluie s’arrête périodiquement, et les visiteurs commencent à quitter la convention pour prendre le dernier métro.

Mais l’atout principal du Samedi soir reste le karaoké. Et vu le titre de ce billet, vous vous doutez que j’en ai bien profité.
Ce que semblent ignorer nombre de participants, c’est qu’il existe non pas une mais deux salles de karaoké, chacune ayant ses qualités et ses défauts : l’antichambre (où j’ai passé une grande partie de la nuit) et l’amphi.
¤ L’antichambre : Si vous ne supportez pas les adaptations de visual novel et/ou les animes de mecha des années 70, alors cette salle n’est pas pour vous. En effet, elle se distingue par une programmation atypique, qui s’explique par ses particularités. Contrairement à l’amphi, l’antichambre n’ouvre que la nuit ; il s’agit en réalité du vestiaire dévolu aux cosplayeurs, qui devient salle de karaoké une fois que ceux-ci ont quitté les lieux ; soit officiellement à minuit, dans les faits beaucoup plus tard… Il faut de la patience pour attendre son ouverture, et même si elle est indiquée sur le programme, peu de gens semblent la remarquer. Résultat : elle accueille peu de monde, ce qui non seulement rend l’ambiance plus convivial, mais aussi augmente les chances des participants d’obtenir des génériques spécifiques, ce qui conduit à des extrêmes : de nombreux génériques de visual novel dégoulinant de moe, et tout autant d’apologies épiques dédiées aux robots géants. Mieux vaut avoir l’esprit ouvert pour supporter certains choix de programmation, mais cela se passe dans une ambiance bonne enfant ; de plus, le public est constitué en grande partie d’habitués de la salle, et la plupart se connaissent. Le seul détail à reprocher, c’est qu’il parait que le Vendredi soir, le karaoké était superviser par Mereck dont le penchant pour les VN n’est plus à démontrer, et qui a semble-t-il privilégié cet aspect dans les choix de génériques ; heureusement, pour le lendemain, nous avons demandé à ce que sa présence soit contre-balancée par celle de Rukawa, aux goûts de bien meilleures qualités.
¤ L’amphi : Plus de 150 places assises consacrées exclusivement au karaoké, sauf aux rares moments où l’endroit se trouve réquisitionné pour d’autres activités, comme pour les conférences des invités. Comme pour l’antichambre, le public choisit les génériques par l’intermédiaire d’une feuille qui circule dans l’assistance ; mais comme les participants sont nombreux et le nombre de titres par playlist limité, ce sont finalement les organisateurs qui effectuent la sélection finale. Or – et cela se comprend – ils essayent de privilégier le plus grand nombre ; donc hormis quelques « délires » comme Segata Sanshiro ou des classiques indémodables, l’amphi propose essentiellement des titres récents et grand public, avec des sessions pouvant contenir plusieurs génériques de Naruto, Bleach, Fullmetal Alchemist, et One Piece.

J’aime bien l’amphi pour gueuler un bon coup entre deux activités – et puis j’apprécie aussi les animes populaires, malgré ce que je peux m’amuser à sous-entendre – mais cela reste limité. Donc je privilégie l’antichambre, malgré une certaine envie de me crever les tympans (style Aldébaran) à chaque fois que Clannad et consort font leur apparition ; et encore, heureusement que j’apprécie Angel Beats.
Après m’être injecté des quantités létales de caféine et de taurine dans les veines, je rejoins la petite salle de karaoké, qui ouvre finalement avec seulement une heure de retard (sans compter les problèmes techniques). J’y suis resté jusqu’à 6h30, avant d’aller prendre mon train. Et comme l’année dernière, c’était épique, avec quelques génériques parfois très GAR comme je les aime ; ne manquait peut-être que celui de Overman King Gainer, pour que nous puissions effectuer une petite danse du singe, mais à part ça, nous avons eu droit à de belles choses.

J’ai passé un excellent week-end, même si maintenant, j’accuse un peu le coup après la nuit blanche, le train, et la voiture pour rentrer… C’est surtout la voix et les fesses – rester le derrière vissé sur une chaise pendant toute la nuit, mauvais plan – qui me font souffrir, mais ça devrait aller mieux demain. Bon sang, j’espère pouvoir revenir l’année prochaine !
Quelques anecdotes idiotes :
– Il manque le générique japonais de Hana no Ko Lun Lun dans les titres disponibles pour le karaoké d’Epitanime !
– J’ai réussi à chanter le générique de Umi no Triton sans le connaitre, car Animetal en a fait une reprise.
– J’ai honte d’avoir reconnu le sailorfuku de Happiness du premier coup d’œil. Et encore, je n’avais même pas vu qui se cachait sous ce cosplay (ce qui aurait constitué un bon indice connaissant la personne en question).

Pour finir, petite sélection personnelle de vidéos diffusés lors du karaoké de l’antichambre.




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8 commentaires pour Je reviens de l’Epitanime et je n’ai plus de voix

  1. neokenji dit :

    « mais aussi augmente les chances des participants d’obtenir des génériques spécifiques, ce qui conduit à des extrêmes : de nombreux génériques de visual novel dégoulinant de moe, et tout autant d’apologies épiques dédiées aux robots géants. »

    Ca illustre à peu près ce qui se passe dans la salle de kara alternative àchaque nocturne Epitanime. Mais ça reste bien marrant quand même. Même si j’avais l’impression que la feuille permettant de faire ses choix d’OP/ED ne circulaient que dans une partie de la salle seulement pour la nocturne de vendredi.

    Et pour la fresque à troll, je me rappelle juste de celle-là :

    « A bas les arouhistes, vivent les méchaphiles ! » L’auteur se reconnaitra 😀

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  2. Tetho dit :

    En amphi on balance plusieurs titres sur la wishlist à chaque fois, en espérant qu’au moins un sera choisi, donc on ratisse large. En salle alternative on a le droit à un titre en étant sûr qu’il passera, donc on choisit ceux qu’on aime vraiment. Forcément ça donne quelque chose de plus extrême dans les choix.

    >Rukawa, aux goûts de bien meilleures qualités.
    Bof, il préfère Sora à KISEKI…
    Sinon Mereck faisait la playlist avec ce qu’on lui donnait. Le samedi à 5H on a eut une liste que l’on aurait cru faite sure mesure pour moi (à 2-3 trucs près). Tout bêtement parce qu’il épluchait les listes dans l’ordre (les différentes allégeances étant souvent regroupées ensemble) au lieu de piocher ici et là, donnant des playlists assez déséquilibrées.

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  3. Rukawa dit :

    des meilleurs goûts, p-ê mais une plus grande connaissance à ce niveau, j’en ai bien plus que les 3/4 au moins de la salle le vendredi car elle était composée de 3/4 de personne qui était soient arouiste, soient amateurs des derniers anime adaptés de ranobe ou de JV. Ce vendredi j’ai senti un moment de solitude devant Ai wa torimodose.
    perso c pas une question de goût et de couleur pour le mecha ou pour le oldies. J’ai même mis du Naruto et du haruhi de ma propre initiative. Umi no Triton je ne voulais pas le mettre, car il y avait 3 personnes qui demandaient du oldies où ils n’étaient que les seuls à chanter. Finalement, j’ai échangé le choix de mettre que 2 chansons au lieu de 3, pour qu’il y ait Umi no Triton.

    j’ai du mal à comprendre Mereck à vouloir être orga karaoke, qui le samedi soir ne chantaient que 5% de ce qui était passé. C’est simple, ce qui était avant 2000, ce qui était du mecha, ce qui était du shounen, ce qui était du shoujo, il ne chantait pas. Au final, il ne reste plus grand chose oui.
    Qu’un visiteur squatte une salle karaoke sans chanter çà ne me dérange pas, mais qu’un orga le fasse, cela me choque un peu.

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  4. Gemini dit :

    D’un autre côté, nous ne demandons pas aux organisateurs de chanter aux karaokés. Tout ce que je leur demande, c’est d’être totalement impartiaux dans les choix des musiques et de laisser chacun choisir sans privilégier tel ou tel groupe.
    Par contre, d’un côté (mecha) comme de l’autre (moe), il y avait clairement des extrémistes. L’église méchaphile du fond, j’essayais de suivre de mon mieux leurs demandes de programmation, mais j’ai beau connaître Baldios, même moi ce générique me pose problème ; pourtant, j’arrive à chanter du Dancougar, et j’ai moi-même demander Zambot 3. Dans ce cas, rien d’étonnant à ce que peu de onde chante ; mais cela fait aussi partie du charme de cette salle, et de toute façon, je connais infiniment mieux ce genre d’oldies que les musiques de Touhou, pour ne citer que cet exemple en particulier.

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  5. Sacriledge dit :

    « Si vous ne supportez pas […] les animes de mecha des années 70, alors cette salle n’est pas pour vous  »

    Ouais bah tiens, quand je me suis rendue compte de ce fait il était déjà bien trop tard pour faire marche arrière =P

    J’ai profité du kara non en chantant, mais en écoutant vos voix à l’unisson, pouvant même chanter les yeux fermés (quel intérêt d’avoir passé une heure à régler la hauteur des sous-titres !), c’était mystique, ni plus ni moins =D

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  6. Gemini dit :

    Dis-toi que tu fais ton éducation, et profites-en pour découvrir de nouvelles séries par le biais de leurs génériques 😛
    Mais crois-moi : supporter ces génériques, c’est toujours moins pire que de supporter les deux olibrius, qui au cas où tu ne l’aurais pas remarqué étaient passablement éméchés la nuit du Samedi ^^’

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  7. Sacriledge dit :

    Si je dis que oui, je l’ai remarqué, je me fais lyncher ? =}

    Boah qui n’a pas été « légèrement » pompette à Epitanime ? Surtout pour tenir le coup du kara jusqu’au bout de la nuit ? :p

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  8. Ping : Le Paradoxe de la Salle Alternative | Le Chapelier Fou

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