Cinéma de Quartier (11)

Oyé! Oyé! Brave gens. Dans la mesure où j’ai mes partiels à la fin de ce mois, et les rattrapages de mes partiels précédents un jour avant, je risque de griller quelques neurones d’ici-là, et de commencer à tenir des propos incohérents. Ne vous en faîtes pas, cela m’arrive régulièrement. Par contre, si je commence à encenser les adaptations de eroge et les oeuvres de Masakazu Katsura, n’hésitez pas à m’abattre !

Barbarella (1968)
Voyageant de planète en planète, la belle Barbarella se voit un jour confiée par le président de la Terre la mission de retrouver le professeur Durand Durand, porté disparu. Celui-ci vient de mettre au point une arme destructrice, comme il n’en existait plus depuis des centaines d’années.
Il y a des jours, je vous jure que j’ignore moi-même où je vais chercher des films pareils… J’ai tenté de regarder celui-ci par curiosité, ayant vaguement entendu parler du personnage de Barbarella par le passé ; pour autant, je ne savais rien à son sujet. Je me suis documenté après coup, et il apparait qu’il s’agit à l’origine d’une BD érotique créée par un Français. Le film joue logiquement la carte de l’érotisme, avec une Jane Fonda qui s’en donne à cœur joie. Fait intéressant : Barbarella a été inspirée par Brigitte Bardot, et j’ai trouvé que Jane Fonda ressemblait véritablement à la célèbre icône ; curieusement, le réalisateur de cette adaptation, Roger Vadim, aura eu l’occasion de les diriger puis de les épouser toutes les deux…
Le contexte expliqué, passons au film. Il possède un fort côté kitsch : décors en carton pâte, peuplades aliens étranges, costumes de l’héroïne signés Paco Rabanne, présence du mime Marceau et de plusieurs acteurs italiens au fort accent dans le casting, il se dégage une ambiance plus particulière de cette œuvre de SF. Une ambiance où se mélangent aussi un aspect érotique renforcé par le jeu de Jane Fonda – et le fait que l’amour physique ne se fasse plus sur Terre depuis des centaines d’années, qu’elle le découvre et qu’elle y devient vite accroc – et toute la magie des ’60, à force d’effets hallucinatoires et de produits dérivés du pétrole ; j’apprécie tout particulièrement l’intérieur du vaisseau de Barbarella, entièrement tapissé d’une épaisse moquette. Dans tout ça, le scénario n’a pas une grande importance, tout tourne finalement autour de la découverte par notre aventurière de la planète sur laquelle elle recherche le professeur, et des rencontres qu’elle y fait : un génie fêlée, un ange taciturne – à qui nous devons la phrase magnifique : « les anges ne font pas l’amour, les anges sont l’amour’ – une reine aux mœurs légères, des enfants sauvages,… Un véritable patchwork.
Barbarella apparait pour moi comme le témoignage d’une époque, marquée par un design spécifique et la liberté sexuelle. Même sans y voir un aspect documentaire, j’ai pris plaisir à le regarder, pour son délire et son esthétisme. Un long-métrage étrange et oublié.

L’Affaire Farewell (2009)
En 1981, François Mitterrand vient de devenir président ; Ronald Reagan voit d’un mauvais œil ce socialiste, et se méfie de lui. Dans le même temps, le colonel Gregoriev prend contact avec Pierre Froment, un ingénieur en poste à Moscou, pour faire passer à l’Ouest des documents top secrets.
J’aime beaucoup l’intitulé du sujet du forum Mad-Movies consacré au cinéma français : « Le cadavre a été retrouvé dans le placard, il est mort il y a 30 ans ». Un à-priori extrême, je le concède, mais qui résume malgré tout l’appréhension qui me tenaille face aux affiches et aux synopsis de bon nombre de films français : entre les comédies lourdingues avec Kad Merad/Dany Boon/Gad Elmalech, les drames sociaux sur les anciens soixante-huitards avec Campan/Frot, et les comédies amoureuses avec Tautou/Cornillac, j’ai tendance à me méfier ; sans parler des tronches de raie de Yolande Moreau, de Marina Fois, et de toute une tripotée d’actrices que je suis incapable de distinguer les unes des autres… Il faut vraiment toute la force d’un grand réalisateur (genre Jean-Pierre Jeunet), d’un synopsis particulièrement accrocheur, ou de critiques élogieuses de la part de personnes dont j’estime les goûts, pour me pousser à voir un film français récent.
Dans le cas de L’Affaire Farewell, j’ai surtout été intéressé par le scénario : un film inspiré de faits réels sur une affaire d’espionnage à l’époque de la Guerre Froide, voilà qui est bien plus intéressant que l’histoire d’un cinquantenaire dépressif suite à son divorce. Là, cela rappelle les romans de John Le Carré, et parfois les films qui en sont tirés. N’attendez pas une débauche d’action à la James Bond : le rythme est lent, suffisamment pour être crédible ; le scénario se focalise avant tout sur la vie des deux principaux protagonistes – un colonel russe qui décide de trahir pour le bien de son pays, et un ingénieur français impliqué malgré lui car insoupçonnable – et sur les conséquences de leurs informations à l’Ouest et sur la relation Mitterrand/Reagan. J’ignore ce qui tient de la fiction et de la réalité dans ce long-métrage, mais j’ai trouvé le résultat intéressant, d’autant que la fin s’avère riche en suspens et en révélations.
L’Affaire Farewell est donc un excellent film français, porté par un duo d’acteurs excellents, en particulier Emir Kusturica. Le cinéma de genre possède encore un véritable potentiel en France, dommage que cela ne semble pas beaucoup intéresser les producteurs.

Dragons (2010)
Cela fait 7 générations qu’un clan Viking a fondé le village de Berk, mais les maisons sont toutes neuves. Un phénomène bien étrange, si l’on ignore que les dragons attaquent régulièrement le village et brûlent les maisons. Des gens normaux auraient quitté les lieux depuis des lustres, mais pas les Vikings ; ils sont bien trop butés. Harold voudrait aider ses concitoyens à combattre ces fléaux volants, hélas! son tempérament et sa carrure collent mal à celles des guerriers. Mais il pense que s’il arrive à abattre à un dragon, il sera accepté comme un des leurs.
Donc en gros, l’histoire, c’est celle d’un adolescent mal dans sa peau – car « différent » de ses petits camarades – considéré comme un minable mais qui en pince pour la plus jolie fille du coin, et qui va être amené à prouver qu’il est en fait super génial. Voilà voilà… Original, n’est-ce pas ? Et encore, je n’ai pas précisé que le héros privilégiait l’intelligence au sport à la force ; à ce niveau, nous frisons la caricature, à croire que la moitié des scénaristes d’Hollywood ont passé une adolescence difficile, à lire Spiderman quand des quarterbacks puants et nuls en maths sortaient avec tous les canons du lycée. Autant dire que les ficelles de ce film sont grosses comme des buildings. Mais cela marche toujours autant.
A côté de ce schéma d’un classique éprouvé, les auteurs ont apporté un univers passionnant fait de dragons tous plus effrayants les uns que les autres, et de valeureux Vikings avec un comportement aussi viril que potentiellement comique. Un mélange qui plait très vite, en fait dès les premiers instants du film lorsque le héros nous présente son village et la personnalité subtile de ses habitants. Les protagonistes font partie des classiques du genre, mais cela ne les empêche pas de posséder un fort capital sympathie ; les geeks apprécieront tout particulièrement leur congénère « j’ai besoin de +5 en bouclier ! » Petit changement par rapport aux habitudes : le rival du héros n’est pas le sportif de service mais mais la fille de ses rêves en personne, et elle ne se laisse pas démonter.
Nous avons donc, au départ, un scénario simple mais correctement bâti, et un environnement plus recherché que la moyenne. A cela viennent s’ajouter plusieurs qualités manifestes : un humour bien présent et servi par quelques phrases joliment tournées, une évolution touchante du héros et de sa relation avec les dragons, et une animation tout bonnement exceptionnelle, aidée par une réalisation qui n’hésite pas à faire dans l’eye candy (avec la musique qui va avec) mais pour un résultat véritablement bluffant, à la fois impressionnant et poétique.
Dragon ne révolutionne pas le cinéma d’animation, mais il fait partie de ses représentants les plus agréables à regarder. J’y ai pris énormément de plaisir, malgré son côté extrêmement prévisible.
Pour finir, certaines salles diffusent ce film en 3D. Comme je n’ai aucune envie de payer en plus la location des lunettes (je trouve le cinéma suffisamment cher comme ça), je me suis contenté de la 2D, mais j’ai bien senti quels moments avaient été conçu spécifiquement pour ce format.

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