Runaways

Le magazine Wizard définit Runaways comme « The Best original concept from Marvel in thirty years. » Et il faut bien avouer que la série créée par Brian K. Vaughan (Y The Last Man) et co-scénarisé par Joss Whedon (Buffy The Vampire Slayer) sort des sentiers battus.

Régulièrement, 6 familles huppées de Los Angeles se réunissent. Tandis que les parents s’enferment pour discuter de leurs œuvres caritatives, les 6 enfants essayent de tuer l’ennui dans leur coin. Mais pas cette année. Les enfants trouvent le moyen d’espionner leurs parents, et découvrent l’horrible vérité : ils forment en réalité The Pride (Le Cercle), une organisation criminelle.
Bien décidés à se révolter contre leurs familles, les 6 adolescents se retrouvent confrontés aux mystères de leurs propres origines.

Alors que j’ai arrêté de lire les séries Marvel depuis quelques temps déjà, Runaways (Les Fugitifs en VF) constitue à la fois une excellente surprise, et une bouffée d’air frais dans cet univers.
La première force de ce comics vient de son originalité. Enfin « originalité »… Transmetropolitan est original, tandis que Runaways reste un comics sur le thème des super-pouvoirs. Mais pour une série Marvel, dans le continuum espace-temps des séries Marvel – donc qui se paye le luxe de ne pas céder à la facilité en se déroulant dans un univers parallèle – et sur un thème aussi basique, il ne fait aucun doute que Runaways est original et se démarque radicalement des autres titres situés sur le même créneau. D’ailleurs, l’auteur exprime bien sa volonté d’apporter un peu de sang neuf à un univers presque incapable de se renouveler sans recourir à un concept tel que The Ultimates (qui pour le coup est effectivement un reboot de la réalité). Pour Brian K. Vaughan, il s’agit non seulement d’une réflexion sur l’éditeur Marvel, mais aussi d’une réflexion sur l’adolescence (comme pouvait l’être à leur origine X-Men et Spiderman) ; ce n’est pas pour rien que la première série (il en existe deux au total) compte 18 numéros.
Outre ses réflexions, l’originalité du titre tient dans son scénario. Il pose une question simple : que feriez-vous si vous appreniez que vos proches étaient des criminels ? Une question que, heureusement, je pense que peu de gens ont eu à se poser dans leur vie. Et comme de bien entendu, il s’agit de super-criminels. Nos adolescents fuient – d’où le titre – et en fouillant dans la vie de leurs parents, comprennent qu’eux mêmes ne sont pas aussi « normaux » qu’ils le pensaient.
La première série se concentre sur l’affrontement entre The Pride et les Runaways (lesquels refusent le qualificatif de héros), avec toutefois un ou deux passages hors-sujets. Si le hasard donne l’impression de bien faire les choses, l’écriture se révèle en réalité excellente, grâce à une fin étonnante. Son concept lui-même mène à des situations inédites, et Brian K. Vaughan nous montre ses talents d’auteur, en nous servant une histoire prenante ; celle-ci possède une véritable conclusion, tout en restant suffisamment ouverte pour permettre la naissance d’une suite.

La seconde série commence quelques temps après la fin de la première. Le groupe continue d’exister par lui-même, ses membres essayant de temps à autre de réparer les erreurs de leurs parents. Mais cette fois, ce sont les ennuis qui viennent les chercher.
Cette suite change de ton, avec des personnages plus ouvert vers l’extérieur, là où ils étaient obnubilés par The Pride auparavant. L’occasion de les placer dans des situations nouvelles, de rencontrer d’autres figures majeures de Marvel, et de les voir évoluer.
Si les scénarii eux-mêmes restent relativement classiques, l’intérêt vient essentiellement des personnages, véritablement atypiques puisque totalement au-dessus des notions de bien et de mal, et ne vivant que pour des objectifs personnels. Un style qui permet aux auteurs d’expérimenter des idées différentes des poncifs du genre, ou de détourner à leur avantage les aspects caricaturaux de Marvel.
Sans même chercher les pieds de nez, j’ai éprouvé un véritable plaisir à lire leurs aventures, et cela passe effectivement par des personnages étonnants, comme la petite Molly Hayes, adorable gamine à la force hulkéenne, dont le passe-temps favori pourrait être d’envoyer valdinguer les types plus badass de l’univers Marvel, dans des scènes souvent hilarantes. Un régal.

Si comme moi, vous aimez les histoires de super-pouvoirs et que vous souhaitez découvrir autre chose sans pour autant taper du côté d’un énième univers parallèles qui foule la continuité du pied, vous pouvez sans problème essayer Runaways, surtout avec une première série qui se suffit à elle-même et bourrée de qualité.
Par contre, la première série est sortie chez Semic, mais n’a pas encore été ré-éditée par Panini ; l’éditeur n’a jusqu’à présent sorti que la seconde série, alors je vous conseille de regarder du côté de l’import.

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Un commentaire pour Runaways

  1. a-yin dit :

    La première série n’est pas éditée par Semic mais par Panini dans la défunte collection Mini Monster, voilà pourquoi elle n’a jamais été rééditée… Dommage de ne pas l’avoir fait et d’avoir sorti direct, en gros volumes luxueux, la suite … Ca la fout mal de voir un gros « 1 » sur la tranche alors que c’est le 2…

    J’aime

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