Y – The Last Man

De passage dernièrement à Paris pour une obscure histoire de sacrifices de lapins – ne rigolez pas, car c’est authentique – j’en ai profité pour visiter les hauts lieux culturels de la capitale. Passage obligé par Book Off, et bien entendu par Arkham, boutique spécialisée dans les comics bien connue des geeks de la région. Là, j’ai eu le plaisir de discuter avec Philippe – à ne pas confondre avec son collègue Philippe – qui m’a notamment expliqué que, depuis quelques années, les lecteurs s’attachaient moins à des séries qu’à des auteurs.

Grosso modo, dans l’univers des comics, il y a plusieurs types de publications : les séries en cours depuis de nombreuses années et sur lesquels les scénaristes et dessinateurs changent régulièrement – ils passent d’un titre à l’autre, parfois chez différents éditeurs, de la même façon qu’un joueur de foot change d’équipe – et les mini-séries ou titres plus atypiques, qui gardent généralement le même scénariste – et souvent le même dessinateur – du début à la fin. Ainsi, un fan de Grant Morrison va lire Les Invisibles ou 7 Soldiers of Victory, puis se mettre à acheter X-Men en kiosque lorsqu’il va devenir scénariste de la série principale, et évidemment arrêter lorsque le scénariste va de nouveau changer.

Je comprends parfaitement cet état d’esprit, puisque je me suis aperçu que, dernièrement, je m’étais mis à privilégier certains auteurs en particulier. Je continue à suivre des séries sans me soucier des auteurs – The Ultimates et Ultimates X-Men – et d’acheter des mini-séries dont le synopsis m’attire, mais il est vrai que voir certains noms sur une couverture va me pousser à jeter un œil au comics en question. Cela a commencé avec Alan Moore, ensuite j’ai découvert Frank Miller, Grant Morrison (que j’avais pourtant détesté lorsqu’il œuvrait sur X-Men), Warren Ellis (idem), Mark Millar, Mike Mignola, Garth Ennis, et Brian K. Vaughan. Les connaisseurs vous diront probablement que je me cantonne aux classiques.
Y – The Last Man fait parti de ces séries démarrées à cause de leur auteur. En l’occurrence Brian K. Vaughan, créateur de l’excellente série Runaways.

Quelques minutes avant le drame, Yorick est chez lui et perfectionne ses techniques d’évasion. Après avoir discuté au téléphone avec sa mère, puis avoir enguirlander le singe dont il a la garde, il appelle sa petite amie en Australie pour la demander en mariage.
Deux mois plus tard, Yorick est seul. Il est le seul. Le seul homme encore en vie. Mais par un phénomène dont il ignore tout, il reste un autre mâle vivant sur la planète : son singe.

Brian K. Vaughan nous plonge dans un monde certes apocalyptique mais où les survivantes sont nombreuses et commencent à s’organiser. Un semblant de gouvernement essaye de subsister, mais cela reste difficile dans une société patriarcale où la majorité des postes-clés étaient occupés par des hommes.
Avant même de penser à l’origine de la disparition de tous les hommes – les théories vont du super-virus à la punition divine – Yorick doit penser aux conséquences et à sa propre survie. Est-il vraiment le dernier ? Pourquoi lui ? Que risque-t-il de lui arriver si des femmes s’aperçoivent de son véritable sexe ? Autant de question qui vont jalonner son parcours alors qu’il essaye dans un premier temps de retrouver sa famille.
Avec ces événements, il a atteint à la fois le statut de menace, d’espoir, de trésor national à préserver à tout prix, et pour certains, d’amant potentiel. Le monde tel que chacun le connaissait a disparu, il faut s’adapter.

Le traitement de l’histoire selon Vaughan oscille entre plusieurs genres, au premier desquels le thriller à tendance politique et un côté « survival » qui n’est pas sans rappeler les films de zombie, ces-derniers étant incarnés par des femmes lui voulant plus ou moins du bien…
J’espère que ce scénario vous tente, car je sais que personnellement j’ai adoré les premiers volumes de cette série. L’univers est original – même si la série Sliders, notamment, évoquait dans un épisode un monde où 99% des hommes avaient péri – et surtout il s’agit d’un comics passionnant grâce à une écriture réussie, un ton réaliste, et de nombreuses questions qui seront posées tout au long du voyage de Yorick.
Pour vous donner une meilleure idée des qualités de Y – The Last Man, je vous invite à vous rendre sur le site officiel de DC Comics – la série sort aux USA sous le label Vertigo – qui propose gratuitement le premier chapitre. Un bon moyen de découvrir un titre les plus attrayants de ces dernières années.

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