Très Cher Frère…

J’avais prévu un article sur Nippon Animation, mais cela me prend plus de temps que prévu et cela n’avance pas. En attendant, je ressors ma critique d’un véritable chef d’œuvre.

Très Cher Frère fait partie des « séries du Club Dorothée ». Si elle n’est pas restée dans les annales de l’émission, c’est que sa diffusion s’est achevée brutalement au 7ème épisode, ce qui correspond au temps qu’il a fallu aux responsables de l’émission pour s’apercevoir que cet anime n’était pas du tout destiné au jeune public.

Nanako, accompagnée de sa meilleure amie Tomoko, intègre en première année le prestigieux lycée pour filles Seiran. Dans cette école, elle va découvrir de nombreux secrets, et surtout un club très select réservé aux élèves les plus exceptionnelles : le Cercle de la Rose. Bouleversée par les événements qui vont se succèder autour d’elle, Nanako ne confie ses joies et ses peines que dans les longues lettres destinées à celui qu’elle appelle son « très cher frère ».

Titre Français : Très Cher Frère
Titres Japonais : Oniisama e…, おにいさまへ…
Genre : Drame
Année de Production : 1991 à 1992
Durée : 39 x 25 mn

Manga Original : Riyoko Ikeda
Réalisateur : Osamu Dezaki
Chara Designer : Akio Sugino
Scénaristes : Hideo Takayashiki, Tomoko Konparu
Compositeur : Kentaro Haneda
Studio : Tezuka Productions

Distribution / Licence France : Kaze

Opening : « Kin no Utsuwa, Gin no Utsuwa » par Satomi Takada
Ending : « Kimagure na Yousei » par Takako Noda

Dessin / Animation :
Très Cher Frère est, à l’origine, un manga de Riyoko Ikeda, mangaka plus connu en France pour son œuvre principale : Lady Oscar (Versailles no Bara) ; cela donne une bonne idée du graphisme de cet anime. Le dessin est ici presque caricatural de l’idée que l’on pourrait se faire des grands shojos dramatiques (des années ’70), avec des personnages magnifiques, aux membres fins et élancés, et pourvus d’yeux très détaillés. Du pur Akio Sugino. L’animation en elle-même est assez pauvre, mais la réalisation compense ses défauts par un jeu d’effets et de scènes fixes parfaitement utilisés ; Osamu Dezaki, déjà réalisateur (entre autres) sur Lady Oscar, nous offre ici un travail de grande qualité.

Histoire / Scénario :
Comme pour le dessin, le scénario serait presque une caricature, même si je préfère penser qu’il est représentatif du genre. Une école remplie de jeunes filles « parfaites », un club regroupant des élèves encore plus parfaites, des mensonges, des secrets, des amours interdits, de la méchanceté gratuite, des situations ambiguës et tendancieuses, et une fille qui va devoir survivre courageusement dans cet univers, le tout dans une ambiance très occidentale ; le suicide et le masochisme font parti des thèmes abordés, mais il ne faut pas s’y tromper : il y a aussi du bonheur, dans cette série. Les personnages sont des figures récurrentes du genre, avec notamment la fille naïve et gentille, des lycéennes jalouses et mesquines, ou encore toute une collection de malades mentales ; et tout ce petit monde est fouillé et bien mis en valeur aux différents moments de l’histoire. En lui-même, le scénario est bien traité, même si, après coup, je lui reprocherais une ou deux petites incohérences, mais surtout le fait que la scène dramatique de la fin paraisse peu crédible.

Musique :
J’ai été étonné de ne trouver dans cette série qu’un seul thème chanté, que l’on retrouve parfois utilisé comme générique de fin ; mais rarement. Même le générique de début est entièrement instrumental, ce qui est surprenant. La musique de Très Cher Frère n’en est pas pour autant mauvaise. C’est agréable à l’oreille, bien utilisé, et les nombreuses séquences de piano ou de violon rendent bien. Sans être exceptionnel, ça se laisse écouter, mais uniquement dans le contexte.

Très Cher Frère est un drame poignant et passionnant, qui aura réussi à me faire verser des larmes. J’ai beaucoup apprécié son graphisme stylé, sa réalisation exceptionnelle, et son ambiance particulière. Néanmoins, j’ai tout à fait conscience que cet anime ne plaira pas à tout le monde du fait de la folie des personnages et de ses histoires tendancieuses. C’est un très grand shojo à mes yeux, mais à pendre avec une grande précaution, et en connaissance de cause.

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Un commentaire pour Très Cher Frère…

  1. Guilhem dit :

    C’est en effet une oeuvre tout à fait intéressante : je suis tombé dessus en quelque sorte « par hasard » et j’en ais été très plaisamment surpris. En fait, et sous bien des aspects, je l’ai largement préférée à Versailles no Bara…

    J'aime

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