Des OAV et des années 80

En fait, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un article d’impressions personnelles, loin d’être exhaustif sur le sujet ; il concerne juste les derniers animes que j’ai regardé. Je ferai peut-être un article sur l’histoire des OAV un jour, où je parlerai de Dallos et consort, mais pas aujourd’hui.

J’aime beaucoup les OAV des années 80 (au sens large), me disant qu’ils forment presque un genre à part. Ce sont des animes le plus souvent très soignés, servis par une musique dynamique, et abordant des thèmes comme les méchas, le cyberpunk, ou encore une fantasy simple. Je sais bien qu’il ne faut pas généraliser, mais c’est tout de même ce que j’ai retenu de mes incursions dans ces OAV.
Le must reste les OAV de 1988 !

Dominion Tank Police (4 OAV – 1988)
Histoire : Pour lutter contre l’augmentation de la criminalité, une force de police d’un genre nouveau et particulièrement controversée a été mise en place : la Tank Police. Leona Ozaki, leur nouvelle recrue, armée de son tank personnel Bonaparte, aura fort à faire pour arrêter Buaku et sa bande.
Critique : Adaptation d’un manga de Masamu Shirow (Ghost in the Shell), Dominion Tank Police se déroule dans un monde futuriste, polluée par un « nuage de bactéries » dont nous ne savons pas grand chose, mais autour duquel chaque épisode reste intimement lié, tant il influe désormais sur la vie quotidienne. L’aspect futuriste se ressent finalement peu : certes, certaines technologies (celle des tanks notamment) semblent plus avancées, et le chaos ambiant à presque un côté post-apocalyptique, mais à part l’obligation de porter un masque pour se promener à l’extérieur, il n’existe pas de différences significatives avec notre époque.
J’ai trouvé le style de cet anime un peu surprenant au début. A première vue, il part sur des bases comiques ; il faut dire que les personnages sont tous des personnalités comiques : caricatures de policiers, baroudeurs et à moitié cinglés, méchants en apparence maladroits mais en réalité d’une rare efficacité, héroïne obnubilée par son tank et qui ne tardera pas à devenir comme ses coéquipiers, tout cela ne respire pas le sérieux. La façon de gérer l’ensemble ne parait pas plus sérieuse, puisque nous pouvons voir à l’écran des armées de tank déferler dans les rues, détruisant la chaussée sans vergogne, mais étant aussi capable de prouesses rares, et dont les pilotes n’hésitent pas à entrer dans les bâtiments avec, quitte à tout détruire sur leur passage. Le travail sur les mimiques vient encore renforcer cet aspect comique.
Pourtant, cette série traite de sujets assez sérieux, plus ou moins liés l’environnement pas des plus accueillant qui les entoure : recherche sur des êtres humains, trafic, politique, bref des thèmes qui contrastent avec le côté un peu bouffon des personnages, et le délire qui a tendance à monopoliser l’écran. Un de ses protagonistes, Buaku, se montre particulièrement touchant tout en restant foncièrement drôle, et finit presque par voler la vedette à Leona.
Pour parler franchement, Dominion Tank Police aurait été juste un anime sympa si centré sur la comédie, mais finalement le mélange prend fort bien, et l’œuvre se révèle étonnante.
Je finirais sur la partie technique : c’est bien fait, dans la moyenne haute des productions de l’époque sans atteindre la qualité des titres les plus aboutis. Comme à l’accoutumée dans les OAV de 1988, la musique est particulièrement présente et travaillée, nous y retrouvons beaucoup plus de thèmes chantés qu’à l’heure actuelle, ce qui ne me déplait pas (au contraire). La scène de striptease de Unipuma et Annapuma est particulièrement représentative de ce que je peux apprécier dans ce genre d’OAV : une musique pop, un jeu de lumière réussi, une séquence presque inutile mais surprenante et envoutante. J’aurais envie de parler d’art.
Verdict : Un classique de la fin des années 80, je vous le recommande.

Dragon’s Heaven (1 OAV – 1988)
Histoire : En 3195, la guerre fait rage entre l’humanité et les robots rebelles. Ayant perdu son pilote humain, Shaian obéit à la procédure et se met en sommeil pendant 1000 ans. A son réveil, il rencontre Ikuru, une mercenaire ; de sa bouche, il apprend que sa némésis, le robot El Médine, est toujours en vie.
Critique : Un anime essayé sur les conseils de Ialda – je vous renvoie à lui pour tous les détails techniques et une critique plus poussée -, cela semblait correspondre à mes goûts.
Cette OAV est surprenante à plus d’un titre. Elle commence par une longue séquence live où nous observons une maquette du robot Shaian sous tous les angles, et se termine par un making-of de 10 minutes pendant lesquels nous voyons les techniciens travailler sur ladite maquette. Il ne doit pas y avoir plus d’une vingtaine de minutes d’animation effective dans cette OAV.
L’animation elle-même est particulière, puisque faisant bouger des éléments très détaillés ; cela témoigne du soin tout particulier apporté à cet anime, mais j’ai trouvé que certaines séquences étaient assez étranges, et qu’elles n’offraient pas un rendu très agréable. Le graphisme et l’univers, quant à eux, ne sont pas sans rappeler Nausicaä de la Vallée du Vent ; seul le robot Shaian semble se démarquer un peu dans ce petit monde, j’ai apprécié son mecha design.
Le scénario, quant à lui, reste relativement basique : une fille trouve un mécha, et pile à ce moment, les méchants débarquent et ils doivent faire front ensemble. Malgré tout ce qui pour l’instant pourrait sonner comme une majorité de reproches, j’ai bien aimé cette OAV, essentiellement car ses scènes d’affrontement sont extrêmement bien faites, et accompagnées par une bande-son typique des années 80 qui rend parfaitement en pleine action.
Verdict : Une curiosité plus qu’autre chose, mais il y a moyen de prendre du plaisir en regardant cette courte OAV.

GunBuster (6 OAV – 1988)
Histoire : La destruction du vaisseau Luxion par les extra-terrestres a marqué le début de la lutte entre eux et la Terre.
Plusieurs années plus tard, Noriko Takaya veut partir dans l’espace à bord d’un mécha, afin de venger la mort de son père, le commandant du Luxion.
Critique : J’ai vu cette série pour la première fois il y a bien longtemps, mais impossible de parler des OAV de 1988 sans mentionner ce monument indémodable de l’animation japonaise. Cela m’a fait le plus grand bien de re-re-(re ?)-voir ce classique absolu de la SF, d’autant plus que je peux le contempler avec un œil neuf, ayant depuis la dernière fois découvert Ace wo Nerae et Uchuu Senkan Yamato, deux œuvres majeures des années 70 et de l’animation japonaise dont cette série d’OAV s’inspire fortement ; et par « fortement », je suis loin du compte.
Que dire sur cet anime qui n’ait pas été déjà dit et redit ? Aucune idée, alors je repars du début. Déjà, GunBuster a superbement bien vieilli, et ne fait absolument pas son âge : il reste absolument sublime tant la Gainax avait apporté un soin extrême à cette merveille, le temps semble n’avoir aucune emprise sur lui. La réalisation de Hideaki Anno, le chara design de Haruhiko Mikimoto, la musique de Kohei Tanaka, tout contribue à propulser cette série vers le top. Rien que le dernier épisode époustoufle par son incroyable qualité technique.
Mais ce qui fait ici la différence, c’est la gestion intelligente du temps, son côté scientifique poussé (même si tout n’est pas crédible pour autant), et l’émotion à nulle autre pareil qui se dégage. Les personnages sont GAR, les méchas possèdent la classe – près de 19 ans avant Gurren-Lagann, nous avions affaire à un robot terriblement poseur -, bref cet anime accumule les qualités.
Ce qu’il faut néanmoins bien voir – c’est du moins ce que je considère – c’est que la série peut être divisée en deux parties, les 3 premières OAV (plus proches de Ace wo Nerae que leur suite) manquant de puissance scénaristique, visuelle, et émotive, même si elles se terminent par un moment magnifique. Je les qualifierai presque de « quelconques », là où la fin en met plein la gueule au spectateur, l’impressionne, et le touche profondément.
Je vais arrêter là dans les superlatifs (surtout que j’ai du mal à parler d’un anime que j’ai vu autant de fois). Une seule chose à dire : regardez GunBuster !
Verdict : Immanquable.

Starship Troopers (6 OAV – 1988)
Histoire : Pour suivre les pas de Carmencita, Johnnie Rico décide de s’engager dans l’armée de la Fédération Terrestre. Mais l’entrainement de l’Infanterie Mobile est le plus dur qui soit, et la guerre imminente.
Critique : Bien avant de devenir un film à succès, le roman de Robert Heinlein fût adapté par les studios Sunrise en une série de 6 OAV.
La première constatation, c’est que d’un point de vue purement technique, ce Starship Troopers ne tient absolument pas la comparaison avec d’autres titres de la même époque, et du même format ; je sais que Gunbuster et Bubblegum Crisis ont placé la barre (très) haut, mais tout de même ! C’est essentiellement au niveau des visages que se situe le problème : à la base, le chara design n’est pas des plus agréables à l’œil ; mais surtout, dès que des personnages ne se situent plus au premier plan, ou se trouvent tout simplement en mouvement, il devient difficile de reconnaître à leurs visages des êtres humains, tant ils semblent grossiers. L’animation elle-même ne rend pas hommage au studio Sunrise, et les graphismes sont très lisses, manquant cruellement de détails. On dirait que tout le budget a été utilisé pour la bande-son. Mais la bande-son en question est vraiment exceptionnelle ! Je trouve les génériques superbes, ainsi que les thèmes d’accompagnement pendant la série ; cela rend l’ensemble beaucoup plus vivant.
N’ayant pas lu le livre, je ne me prononcerais pas sur la qualité de l’adaptation ; par contre, je connais bien le film, donc j’ai pu discerner de nombreuses différences entre les deux.
La première, celle qui saute aux yeux, c’est la présence de méchas. Oui, nous sommes bien dans une série d’OAV de la fin des années 80, et de la Sunrise qui plus est. Néanmoins, il ne s’agit pas de robots géants, mais d’armures de combat presque à taille humaine ; toutefois, leur design rappelle à ce point celui des séries de robotto, qu’à leur première apparition (avant que nous ayons une échelle de comparaison) j’ai bien cru voir d’imposants robots de combat.
Toujours par rapport au film, exit la Fédération limite fasciste, et l’obligation d’intégrer l’armée pour obtenir la citoyenneté et le droit de vote ; c’est peut-être encore le cas dans cette version, mais nous n’en savons rien. Il faut aussi noter que ces OAV contiennent moins d’action, ou plus exactement moins d’affrontements directs avec les aliens ; le scénario se concentre sur Johnnie Rico, son entraînement, sa relation avec Carmencita, ses joies, ses peines, et tout ce qui va avec. Cela rend cette série très humaine, et pousse le spectateur à se prendre d’affection pour le personnage. Le scénario s’avère finalement très subtil dans la manière de traiter les émotions, et la réalisation vient renforcer cet aspect.
Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant, c’est la relation vis-à-vis des extra-terrestres. Là, les autorités ignorent tout de leurs assaillants, nous pourrions même dire qu’ils réfutent l’idée même que les créatures organiques qui les ont attaqués soient autre chose que des armes issues d’une technologie futuriste. Ceux qui ont vu le film savent que les aliens en question sont des insectes violents, mais dans cette version, les personnages restent dans le flou jusqu’au bout. Dans le contexte de l’histoire, c’est très bien fait.
Verdict : Ce Starship Troopers possède suffisamment de qualités, malgré ses désagréments techniques, pour plaire aux amateurs de SF et aux spectateurs à qui les vieilles séries ne font pas peur. Les autres n’y verront qu’un titre moche et dispensable.

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6 commentaires pour Des OAV et des années 80

  1. Tetho dit :

    >c’est la gestion intelligente du temps
    Blindée d’incohérence (internes à la série) quand on s’atarde un instant dessus. La relativité du temps est plus un plot device qu’autre chose. (même remarque pour le coté scientifique qui est juste L O L)

    Pour Starship Trooper faut pas oublier que le film n’est pas vraiment une adaptation du roman de Heinlein, c’est juste parecque on a fait remarquer à un des producteurs les similitudes entre son scénar et le livre qu’il a acheté les droits du roman et le scénario a été modifié pour coller un peu plus à l’oeuvre originale.
    Voila pkoi le film, aussi génial soit il, est une bien piètre adaptation.

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  2. Ialda dit :

    A noter que si je ne me trompe pas, les OAV de Dominion c’est du Mashimo, d’où l’importance que peu y prendre la musique; les petits intermèdes musicaux ça collait déjà à son style, voir aussi Project Eden ou Kaze no tairiku à ce sujet à la même époque ou à peu prèt.

    Tu as lu le manga au fait (Dominion + No more noise) ? Shirow écrivait d’excellents titres mi-sérieux mi-comiques dans les 80s, et ils n’ont pas pris une ride (Orion et sa parodie du mythe de Cthulhu, priceless).

    Le gros avantage du marché de l’anime des années 80s, c’est d’une part l’avénement du public des otakus, et d’autre part la bulle économique qui leur assure de disposer de ressources suffisantes pour financer leur passion. Le résultat on le connait, c’est l’explosion du marché de l’OAV et l’apogée de la cel animation avec des Gunbuster, Macross DYRL, Honneamise, etc.

    Content que Dragon’s Heaven t’ait plû. Tu l’as vu sur Nico finalement ?

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  3. gemini dit :

    Tetho >> Scientifiquement, c’est toujours plus poussé que GunBuster 2 😛

    Ialda >> Je n’ai jamais lu un manga de Shirow, je le confesse ^^’
    Quant à Dragon’s Heaven, je l’ai trouvé sur Tosho 🙂

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  4. Jacut dit :

    Yep, scientifiquement, c’est pas terrible certes, mais un putain de bon plot device qui permet de développer des tonnes de thèmes et un scénario très original 🙂 Les OAV 5 et 6, c’est quand même le must des OAV des années 80.

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  5. Deuz dit :

    Super article qui me donne vraiment envie de voir Gunbuster !

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  6. Suzu dit :

    Moi, j’ai vu Gunbuster ! o/
    Et j’ai franchement adoré.

    Par contre, j’ai rien vu d’autre encore.

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