La Zone – Le Cinéma Asiatique

Dans le cadre de la remise en ligne du contenu de mon défunt site, je vous propose les quelques critiques – souvent très courtes – sur le cinéma asiatique écrites à l’époque.

20th Century Boys (20-seiki Shônen) – 2008
Enfants, Kenji et ses amis ont écrit un scénario de fin du monde, et une fois adultes, ils s’aperçoivent que Ami, le chef spirituel d’une secte, essaye de mettre en application ce scénario.
Eux seuls connaissaient cette histoire et le symbole qu’ils avaient créé, alors qui peut bien être Ami ?
J’ai trouvé ce film réussi ; il faut dire que le style de Naoki Urasawa se prête bien à une adaptation ciématographique, et surtout que son histoire était déjà d’une grande qualité à la base, ce qui facilite les choses pour obtenir un bon long-métrage (mais encore faut-il que le réalisateur face un travail convenable).
Comme je suis un otak’ qui a lu le manga, j’aurais des reproches à faire sur les choix faits lors du travail d’adaptation du scénario, mais j’avoue que le résultat ménage un bon rythme, et que l’ensemble essaye de ne pas trop perdre le spectateur pendant les nombreux flashbacks ; dommage que cela se fasse parfois au détriment du suspens…
Les acteurs japonais ne surjouent pas trop, j’ai surtout été impressionné par leur ressemblance avec les personnages du manga, et le maquillage utilisé pour les vieillir.
Par contre, même si je ne me suis pas ennuyé malgré un début un peu poussif – il faut bien commencer par présenter les personnages – la fin devient trop longue, surtout qu’à partir d’un moment, j’attendais le « à suivre » d’un instant à l’autre ; d’autant plus que, dans le manga, la dernière scène du film n’intervient pas si tôt dans l’intrigue.
Au final, j’ai trouvé que c’était un très bon film, apparemment accessible à ceux qui ne connaissent pas le manga, et j’irais voir la suite au cinéma si elle sort en France un jour.

A Touch of Zen (Xia Nu) – 1969
Ku Sheng-chai officie en temps que peintre et écrivain public dans un petit village, à la frontière entre la Chine et la Mongolie. Il vit seul avec sa mère, et bien qu’il en aurait les capacités, il refuse de passer des examens pour intégrer le mandarinat ; sa vie actuelle lui convient.
Depuis quelques jours, des événements étranges se succèdent autour de lui. La police semble plus active qu’à l’accoutumée, et il a entendu des bruits dans la citadelle abandonnée près de chez lui ; certains prétendent qu’elle est hantée.
Au début, je me suis demandé si je regardais bien un Wu Xia Pian, tant – pendant les 3 premiers quarts d’heure – il ne se passe rien. Enfin, ce n’est pas qu’il ne se passe rien, mais il n’y a absolument pas d’action. Pour autant, grâce à une réalisation réussie, ce n’est ni long, ni ennuyeux. Comme le nom international du film l’indique, c’est très « zen ».
Il faut attendre plus de 45 minutes pour que le scénario démarre, et que les événements s’enchaînent, avec eux l’action et les combats. Ce n’est plus zen du tout. L’histoire devient alors intéressante, et les combats sont réussis ; l’image est jolie, mais nous sommes loin de l’esthétisme des productions récentes, qui deviennent d’ailleurs trop esthétiques au détriment de leur cohérence…
Le seul véritable défaut, c’est la longueur. Au bout de 2h10, je me disais que l’histoire était finie. Et non, ça re-part de plus belle… Mais il faut savoir ne pas abuser des bonnes choses.
A Touch of Zen est un trop long-métrage réussi, mais qui n’aurait rien perdu à s’arrêter après son premier arc. A noter que l’actrice principale est très mignonne.

Aniki, mon Frère (Brother) – 2000
Yamamoto est un yakuza. Suite à la mort de son patron, un accord de paix avec son clan a lieu, mais en échange il doit quitter le Japon.
Il part en Amérique rencontrer son petit frère Ken, un gangster minable vendant de la drogue.
Yamamoto va prendre les rennes et les guider vers le sommet en tuant ou s’alliant a la concurrence.
Un film assez surprenant, un mot qui décidément colle bien à Takeshi Kitano.
Ce « Yakusa à L.A » possède une réalisation particulière, comprenant notamment de nombreux gros plans sur une personne tandis qu’elle parle à une autre, mais qui au final montre une certaine puissance visuelle ; deux scènes en particulier, sur la fin, gagne une dimension inouïe grâce à quelques choix audacieux du réalisateur, qui sont peut-être là pour compenser un petit budget, mais qui s’avèrent non moins efficaces.
Omar Epps est excellent – sauf au début, quand il se la joue trop « racaille » – de même que les acteurs japonais, qui n’exagèrent pas trop leur jeu, à part quand ils choisissent délibérément de « faire les yakusas ».
Aniki est un film violent, orchestré par Yamamoto – le personnage interprété par Kitano – qui au final ne semble monter que pour mieux s’auto-détruire ; son impact sur son entourage apporte une grande noirceur, en plus d’une montagne de cadavres.
J’aurais deux reproches à faire à Aniki : un rythme un peu lent, même si cela permet d’amener un final impressionnant, et surtout une musique qui ne va pas du tout – et je pèse mes mots – avec l’ambiance.
Aniki mon Frère est donc un film assez spécial, violent comme il faut et avec de bons acteurs, mais dont la réalisation souffre de quelques défauts – malgré d’indéniables bonnes idées – l’empêchant d’être tout simplement parfait.

Avalon (Avalon) – 2001
Ash est une adepte d’Avalon, un jeu vidéo interdit. Sa particularité : elle fait parti des rares joueurs gagnant assez d’argent grâce à Avalon pour vivre ; mais sa célébrité vient surtout de la notoriété de son ancien groupe : les légendaires Wizard. Depuis leur séparation, elle ne parcourt le jeu qu’en solitaire.
Le jour où elle apprend que son ancien coéquipier et ami, Murphy, fait parti des « non revenus », les joueurs plongés dans un état catatonique suite à une expérience dans le jeu, elle décide de rechercher son fantôme sur Avalon.
Au-delà de son scénario, il y a deux choses qui font d’Avalon une oeuvre à part : sa musique et sa réalisation.
La musique, c’est celle de Kenji Kawai, le compositeur attitré de Mamoru Oshii. Il signe là une de ses meilleures OST – de toute façon, il ne se révèle vraiment que pour les long-métrages – avec quelques thèmes magnifiques : Nine Sisters, Log In, Log Off, et le sublime Voyage To Avalon. Mélancolique et immersive, cette OST apporte beaucoup à Avalon.
Mais c’est la réalisation – ainsi que la photographie – qui fait d’Avalon une oeuvre hors norme. Le choix des couleurs, l’intégration des éléments 3D, et surtout, tout le fonctionnement interne du jeu : explosions 2D, disparitions des personnages, scènes d’action ; l’ensemble est absolument unique, autant qu’indescriptible.
Bien que le film soit réalisé par un Japonais, les acteurs sont Polonais, et jouent bien ; nous évitons donc les Nippons et leur jeu d’acteur parfois déplorable car tout en exagération.
Il y a quelques longueurs, mais la fin rattrape largement le coup ; la réalisation prend d’ailleurs tout son sens à cet instant, magnifiée par la version orchestrale de Voyage To Avalon.
Avalon est un film hors du commun, un imaginable OVNI dont la forme fantasque ne pouvait germer que dans l’esprit déjà atteint de « l’homme qui aurait voulu être un basset » : Mamoru Oshii ; sorti de l’animation – de ses Lamu, GITS, et Patlabor – il est toujours aussi efficace.
Cultissime ^^

Battle Royale (Batoru Rowaiaru) – 2000
Le Japon est en crise : le taux de chômage avoisine les 15% de la population active, et les jeunes n’ont plus aucune confiance envers les adultes. Pour les reprendre en main, ces derniers créent le programme Battle Royale, afin de les dissuader de se rebeller : chaque année, une classe de 3ème du pays sera prise au hasard, et chacun de ses élèves se verra remettre une arme, avant d’être lâché sur une île avec ses camarades de classe. Le but est simple : être le dernier à survivre, et tous les coups sont permis.
Scénario : Vous l’aurez compris, le scénario ne sert qu’à une seule chose : mettre en place un carnage. Tout n’est pour cela que prétexte. Mais le déroulement en lui-même est bien organisé.
Musique : Presque essentiellement de grands thèmes de musique classique, donnant un résultat décalé mais très efficace. On notera d’ailleurs, mis à part le générique, une quasi absence de musiques originales ; mais on ne va pas s’en plaindre, c’est très bon.
Forme : Un point important à préciser. Les effets spéciaux sont exagérés, tout comme les effets sonores et le jeu des acteurs, et la réalisation en elle-même n’est que peu crédible, surtout lorsque l’on voit une fille avec une flèche dans le cou marcher comme si de rien n’était. De ce fait, ce film normalement violent et absurde devient étonnement comique, et je doute que c’était le but recherché.
Fun/Intérêt : Violent et barbare, donc à ne pas mettre entre toutes les mains. Malheureusement beaucoup trop drôle à son insu pour être crédible. Il n’y avait que les japonais pour nous offrir un film aussi perversement violent, mais il n’y avait aussi qu’eux pour jouer aussi mal.
Un de mes films japonais préférés. Le concept est génial, mais ce film aurait pu, et surtout aurait dû, être mieux traité. A voir pour ses nombreux bons moments, et c’est un classique. Personnellement, je prends toujours un plaisir sadique à revoir ce film défouloir d’un genre extrême.
Mais je vous préviens : c’est gore.

Born to Fight (Kerd Ma Lui) – 2004
Dans le but de faire libérer leur chef, le colonel Yang, emprisonné par le gouvernement thailandais, ses hommes prennent position dans un petit village frontalier où se déroule alors une démonstration sportive ; parmi les membres de la délégation, Deaw, un policier dont le coéquipier a été assassiné par le colonel.
Le plus gros nanar que j’ai jamais vu !
Je vous traduis le scénario : un policier expert en kung-fu et des sportifs au grand coeur partent donner un peu de bonheur à de pauvres miséreux, en leur montrant à quel point ils sont beaux et forts. Puis des terroristes attaquent, tuent la moitié des habitants, et emprisonnent ce qui reste. Pour en rajouter une couche, ils menacent de balancer un missile nucléaire sur Bangkok ; seules les personnes susnommées peuvent sauver le monde.
Rien qu’en lisant le scénario, on peut s’attendre à un bon nanar ; ça l’est. A trop vouloir obtenir des scènes d’action « originales », le réalisateur a juste donné vie à des scènes d’action « ridicules ». Par exemple, les différents athlètes de la mission humanitaire se battent, chacun dans son propre style ; on a ainsi droit à la gymnaste qui ne se bat que sur une poutre (d’ailleurs elle a de la chance : il y a tous les agrets de base disponibles dans le village), au rugbyman qui plaque les militaires, à un footballeur à qui il suffit de frapper dans une balle pour être sûr qu’elle frappera la tête de son adversaire, à un autre footballeur qui pourrait concurrencer Juninho et Zidane (il est capable d’atteindre un type situé à 50m sur un mirador), et enfin à un dernier gymnaste, qui a encore le temps de faire un triple saut périlleux arrière alors qu’il est coursé par un type armé jusqu’aux dents et qu’il porte un bébé dans son dos ; mais le mieux reste tout de même l’unijambiste karatéka.
Après tout ça, le côté très mélodramatique du film, le patriotisme primaire (les villageois se révoltent en écoutant l’hymne thaïlandais, tandis qu’un se ballade carrément avec un drapeau durant presque tout le combat), les failles énormes du scénario, ou l’incompétence notoire des rebelles (c’était pas censé être des trafiquants de drogue ?) et de l’armée thaïlandaise (de jour et dans les brousailles, la combinaison noir type « GIGN » n’est pas un camouflage) paraîtraient même secondaires.
J’ai énormément rigolé, mais avant tout aux dépends de ce ratage de 96 minutes. C’était censé être un film d’action, et non une comédie.

Breaking News (Dai Si Gein) – 2004
Les dirigeants de la Police de Hong-Kong, désireux de redorer leur blason, décident de filmer leur prochaine intervention : libérer des otages tenus prisonniers par une bande de gangsters. Mais ces derniers vont se servir eux aussi des médias pour contre-attaquer.
Commençons par le commencement, c’est-à-dire la première scène. On en a beaucoup parlé, car il s’agit d’un plan séquence (tourné en une prise, sans montage) de près de 10 minutes, ce qui est un exploit. J’avoue qu’en tant que néophyte, la performance technique et artistique me laisse un peu de glace, mais sur la fin de la séquence, j’ai trouvé que cela rendait très bien ; cela donne une certaine profondeur à la scène, ainsi qu’une intéressante vue d’ensemble. Mais de là à en faire tout une histoire, je ne pense pas, quand même.
Pour ce qui est du film en lui-même, j’ai trouvé que la première heure passait très bien. L’utilisation des médias est intelligente, et l’action vraiment superbement réalisée ; on en prend plein la vue.
Les acteurs, pour leur part, sont très bons, surtout les terroristes. Bon, j’ai bien noté une ou deux incohérences scénaristiques, mais rien de bien grave. Dans l’ensemble, c’est vraiment excellent (en particulier une scène que j’ai trouvé assez poignante).
Mais attention, si j’ai bien différencié la « première heure » de la suite, c’est que cette dernière est d’une qualité bien moindre. On sent que le scénariste a eu du mal à trouver comment les personnages allaient s’en sortir, et si on fait attention, on s’aperçoit que c’est incohérent. Sans compter que la fin est si ce n’est bâclée, au moins très médiocre.
Je reprocherais donc à ce film un scénario pas toujours bien élaboré, mais aussi que l’influence des médias n’est presque pas assez présente, quoique très intéressante.
Par contre, l’action et la réalisation forment tout l’intérêt de film, et quel intérêt !
Rien que pour cela, ça vaut le coup de voir Breaking News. C’est vraiment très prenant.

Drunken Master (Jui Kuen) – 1978
Wong Fei-Hung a beau pratiqué le kung-fu, ce n’est pas cela qui lui a appris la discipline et le calme…
Turbulent et incontrôlable, son père décide d’employer une technique de choc pour le faire revenir dans le droit chemin : le placer sous la tutelle de maître Su Hua Chi.
Sous ses airs d’impassible vieillard, Su Hua Chi n’en demeure pas moins un combattant exceptionnel. Sa spécialité : la boxe de l’homme ivre.
J’ai beau savoir que tous les combats sont chorégraphiés, cela n’enlève rien à leur côté spectaculaire et à leur fluidité ; Jackie Chan s’avère tout de même plus à l’aise dans un film HK. Cela reste du Jackie Chan tel que nous le connaissons actuellement, donc malgré son aisance qui nous rappelle sa formation initiale, il ne nous épargne pas de quelques singeries humoristiques dont il a le secret ; ce film est impressionnant dans ses scènes de combat – c’est Yuen Woo-ping qui mène la danse – tout en restant dans le style « kung-fu comique ».
Drunken Master a porté la boxe de l’homme ivre au statut d’art martial culte, fréquemment retrouvée dans d’autres œuvres ; Rock Lee (Naruto) ou encore Tortue Géniale (Dragon Ball) en sont de fervents adeptes. Dommage que la version française possède autant de scènes coupées et un doublage aussi médiocre.

Electric Dragon 80.000 V (Electric Dragon 80.000 V) – 2001
Enfant, alors qu’il grimpait sur un poteau électrique pour impressionner ses camarades, « Oeil de Dragon » Morisson reçut une puissante décharge électrique. A son réveil, il n’était plus vraiment le même ; il avait gagné deux étranges pouvoirs : celui de contrôler l’électricité, et celui de parler aux reptiles. Utilisant ce second don, une fois adulte, il devînt détective privé, spécialisé dans la disparition de lézards et autres iguanes.
Un jour, il rencontre une personne dotée d’aptitudes semblables aux siennes : Foudre Buddha.
C’est quoi ce truc ? J’ai beau savoir que nos amis asiatiques peuvent nous offrir des oeuvres fortement atypiques, là, nous touchons le gros lot.
Electric Dragon 80.000V n’a pas de scénario – ce n’est que la rencontre entre deux phénomènes de foire – mais dispose de prises de vue hors norme, et d’une musique fausse à souhait, grâce à l’incroyable capacité d’Oeil de Dragon de se complaire à jouer faux de sa guitare (bien entendu électrique). C’est du noir et blanc, c’est décousu, c’est complètement frappa-dingue.
Un film extra-terrestre, le spectateur adorera ou détestera. Pour ma part, je crois que j’ai plutôt aimé, mais je m’interroge encore ^^ »

Fight Back To School (Tao Xue Wei Long) – 1991
Star Chow, jeune policier de Hong-Kong, est chargé d’infiltrer un lycée en se faisant passer pour un élève. Mais s’il est entré dans la police, c’est justement parce qu’il ne supporte pas l’école ; et elle le lui rend bien.
Avant toute chose, il convient de parler du scénario de Fight Back To School. C’est bien simple : il n’y en a pas.
Tout ce qu’il y a dans ce film est un prétexte pour que Stephen Chow se retrouve au lycée ; et ledit prétexte n’est d’ailleurs pas des plus convaincants. Pour le reste, il s’agit d’une succession de saynettes plus ou moins prévisibles (plutôt plus que moins) ayant pour seul but de nous faire rire aux dépends de notre héros ; un but pas toujours atteint.
Si certains gags, aussi classiques soient-ils, s’avouent marrants, l’ensemble ne décolle pas vraiment et fait au mieux sourire. L’essentiel du film est basé sur le duo Stephen Chow / Ng Man Tat qui, à l’instar du film lui-même, peut faire rire mais a tout de même du mal à nous arracher plus qu’un simple rictus, alors que c’est ce qui est censé sauver le film de son absence d’histoire ; j’ai connu ces deux troublions beaucoup plus en forme.
Les quelques rares scènes d’action qui jalonnent Fight Back To School ne sont guère mieux : tous les coups s’arrêtent bien à 20 cm de leurs destinataires, ce qui est normal pour ne pas les abimer, mais hélas cela se voit, et pas qu’un peu ! Et la réalisation est au demeurant très quelconque.
Fight Back To School est tout juste distrayant ; on rit parfois, mais cela reste bien rare. Même Stephen Chow ne m’aura pas vraiment amusé, et je l’ai d’ailleurs trouvé d’un assez bas niveau.
Je crois que c’est plutôt un film à éviter (essayez plutôt Tricky Brains, si vous voulez vraiment rigoler).

Fist of Legend – La Nouvelle Fureur de Vaincre (Jing Wu Ying Xiong) – 1994
Chen Zhen est chinois, il poursuit ses études au Japon. Lorsqu’il apprend que son maître en arts martiaux est mort lors d’un duel, il décide de retourner chez lui et de mener son enquête ; il ne croit pas que son maître ait pu perdre dans un combat loyal. Il ne tarde pas à découvrir qu’il avait été empoisonné avant l’affrontement.
Fist of Legend est sans nul doute l’archétype du film de kung-fu, à la fois dans ses qualités et ses excès. Ces derniers consistent en des effets sonores exagérés, des scènes accélérées (fort heureusement peu souvent), et une quasi-déification du personnage principal, en l’occurrence interprété par le producteur du film ; mais en me montrant gentil, je dirais que cela fait parti du charme des films de kung-fu. Et celui-ci est, par ailleurs, bien fait : les combats sont diversifiés et superbement chorégraphiés par un expert du genre, toujours très impressionnants, l’ambiance d’époque est bien rendue – que ce soit au niveau des décors ou des costumes – et Jet Li se montre au sommet de son art. Je pourrais parler de la trame scénaristique prévisible et du certain sentiment anti-Japon qui se dégage, mais je vais passer sur ça aussi.
Fist of Legend est un excellent film de kung-fu, classique et bien réalisé. Je le recommande aux amateurs du genre ou aux curieux qui voudraient le découvrir.

Flash Point (Dou Fo Sin) – 2007
Le sergent Ma Jun est un inspecteur de la police de Hong-Kong, d’une rare efficacité mais n’hésitant pas à user de violence, et à envoyer des suspects à l’hôpital.
Avec son coéquipier Wilson, il mène l’enquête sur 3 frères : Tony, Jaa, et Tiger, des trafiquants Vietnamiens. Depuis plusieurs mois, Wilson a infiltré leur bande, mais sa mission devient de plus en plus dangereuse.
Un film d’action à la hongkongaise, efficace dans sa réalisation et ses combats, mais qui souffre d’un scénario qui aurait pu être écrit par Luc Besson : basique, sans imagination, et avec un hasard faisant trop bien les choses.
Flash Point est ce genre de films qui peuvent devenir involontairement comiques par les situations qu’ils présentent ; l’affrontement final est trop long, et Donnie Yen n’arrive à montrer que deux émotions à l’écran : « content » 🙂 et « pas content » 😡
Bref, cela ne casse pas trois pattes à un canard.

Future Cops (Chao Ji Xue Xiao Ba Wang) – 1993
En 2043, le chef de la plus terrible triade du pays est arrêté ; ses hommes de main décident alors de partir 50 ans en arrière, en 1993, pour se débarasser du juge qui doit le comdamner.
Mais ils ne sont pas seuls à partir dans le passé : 3 hommes de la Future Cops, la police du futur, les suivent afin de trouver et de protéger le juge.
Ceux-ci vont atterrir chez un looser mal dans sa peau, qui va les héberger et les aider dans leur mission, à condition qu’ils l’aident en retour.
Future Cops, c’est à la fois une parodie de Terminator, de Super Mario Bros., de Dragon Ball Z, et d’un tas d’autres trucs.
Son influence principale reste sans aucun doute Street Fighter : tous les personnages sont issus de son univers et, même s’ils ont des noms différents – comme par exemple Toyota le sumo, – leur look et leurs techniques nous indiquent clairement la couleur.
D’ailleurs, je trouve que l’esprit du jeu est bien mieux rendu que dans l’adaptation officielle, ce qui ne gâche rien (Guile sans sa coiffure en ballet à chiotte, ce n’est pas vraiment Guile).
Avant de passer à la critique proprement dite, il faut savoir que Wong Jing, le scénariste et réalisateur du film, est aussi le responsable de Tricky Brains, et ça se sent.
Vous l’aurez compris : ce film est délirant, déjanté, fou à lier, plein de bonnes idées, et complètement hilarant.
Je me suis bidonné presque pendant la totalité du film devant cet humour débile à souhait mais tellement efficace ; je parlais de Tricky Brains : et bien c’est le même genre, mais cela reste quand même un cran en dessous niveau drôlerie.
Et oui, il n’est pas parfait : au milieu du film, le scénario part un peu dans tous les sens, et l’on sent que la trame principale est alors complètement laissée de côté ; c’est dommage.
D’un autre côté, Future Cops regorge d’excellents moments, complètement délirants, mais aussi de combats pour le moins impressionnants ; le combat final est, par ailleurs, la synthèse parfaite de ces deux aspects : c’est prenant et tordant à la fois, notamment grâce à un Blanca plus vrai que nature.
Pour ce qui est des acteurs, j’ai trouvé que Jacky Cheung et Simon Yam, qui incarnent respectivement Guile et Dhalsim, étaient vraiment géniaux et apportaient une bonne partie de l’humour du film.
Par contre, j’ai été très déçu par Andy Lau (Vega) : autant il était excellent dans Tricky Brains, autant là, je l’ai trouvé fade, presque absent alors qu’il a un des rôles principaux, sans compter que sa relation dans le film avec Chingmy Yau (Chun Li) n’a strictement aucun intérêt.
Si vous voulez vous marrer et que l’humour débile profond ne vous dérange pas, alors Future Cops est un film à ne pas louper.
Si en plus, vous aimez Street Fighter, alors ce serait une honte de ne pas le voir de suite après avoir lu cette critique, qui ce finit justement… maintenant.

Ip Man (Ip Man) – 2008
L’histoire vraie (mais romancée) de Ip Man, célèbre maître de kung-fu et instructeur de Bruce Lee.
C’est un film d’arts martiaux, cela se passe en Chine, les Japonais sont les méchants, les combats sont très réussis, et les acteurs parlent cantonnais.
Malgré tout, je me suis demandé si je regardais bien un film hongkongais…
La mise en scène, le scénario mélodramatique parfois très éloigné de la véritable histoire de maître Ip Man, tout cela me fait plus penser à une grosse production hollywoodienne qu’autre chose. Et au passage, j’ai enfin mis le doigt sur ce qui me gênait avec le Maître d’Armes : je n’y retrouve pas la magie, le petit grain de folie, la touche originale des productions de Hong-Kong, et plus rien ne distingue ces films du cinéma US ; c’est d’autant plus vrai depuis que les Américains font appel à des chorégraphes hongkongais pour leurs films d’action, même The Forbidden Kingdom fait plus asiatique que Ip Man et le Maître d’Armes…
Objectivement, c’est bien fait, les combats sont franchement bons. Mais ce n’est pas ce que j’attends du cinéma de Hong-Kong, pour sûr.

Kamikaze Girls (Shimotsuma Monogatari) – 2004
Momoko est une pure fashion-victime tokyoïte, adepte du style « lolita », du rococo, et des sucreries.
Après que son père, un yakuza minable, se soit retrouvé mêlé à une sale affaire, ils ont fait leurs bagages et se sont installés chez la grand-mère, dans la campagne profonde (le « Japon d’en bas ») ; et autant dire que là, les robes rose-bonbon de Momoko ne passent pas inaperçues.
Solitaire dans l’âme, elle va tout de même se faire une amie en la personne d’Ichiko, une yankee, membre d’un gang de motards.
En voilà un film japonais qu’il est bien. Le postulat de base est assez simple : deux filles diamétralement opposées se croisent et se lient d’amitié ; c’est classique, mais nos deux héroïnes sont délirantes tellement elles sont implantées dans leur rôle respectif et tellement le choc des cultures est rude.
Techniquement, ce film dispose de nombreuses qualités : la musique est belle, les actrices épatantes, il y a beaucoup d’humour (souvent très décalé), et surtout la réalisation est excellente, avec des visuels étranges mais rendant parfaitement ; l’ambiance qui se crée en devient tout à fait unique. Quant aux dialogues, ce n’est peut-être pas du Audiard, mais ils sont tout de même vraiment bons : cyniques, drôles, ils font presque toujours mouche, surtout au début. Quelques séquences d’animation viennent parachever le travail.
Je verrai tout de même un point noir : le scénario. Comme je l’ai dit, la base est simple, mais les petites scènes de vie de Momoko et Ichiko consistuent l’essentiel du film, et il n’y a pas vraiment d’histoire de fond, à part peut-être à la fin. Est-ce tellement handicapant ? Non : nos deux héroïnes se suffisent à elle-mêmes et portent ce film d’un bout à l’autre sans vraiment de problèmes ; je ne pense pas m’être ennuyé plus d’une minute en regardant Kamikaze Girls, alors que je suis généralement du genre à me lasser vite.
Ce film est décalé, coloré, un peu fou, à la fois une comédie et une réflexion sur l’amitié. Un grand bain de fraîcheur à ne pas louper.

L’Hirondelle d’Or (Da Zui Xia) – 1966
Le fils du gouverneur a été enlevé ; la célèbre combattante Hirondelle d’Or part immédiatement à son secours. Dans sa quête, elle recevra l’assistance du mystérieux Chat Ivre.
Un wu xia taiwanais (produit par Run Run Shaw) parfaitement maîtrisé de bout en bout par King Hu, un maître du genre. Il s’agit d’un film très stylisé, avec tout autant de combats réussis que de scènes d’observation faisant subtilement monter la tension, et qui nous prouve qu’il n’est pas utile de jouer avec les couleurs dans tous les sens – attention, cela ne veut pas dire que je renie Hero – pour obtenir une œuvre à l’esthétisme poussé. Par contre, le titre français me semble contestable, dans la mesure où Chat Ivre finit par voler la vedette à la mignonne Pei-pei Cheng ; notons à ce propos l’excellent jeu d’acteur du couple vedette.
Un wu xia avec toutes les qualités du Wu Xia Pian.

La 36ème Chambre de Shaolin (Shao Lin San Shi Liu Fang) – 1978
Les Mandchous contrôlent la ville chinoise de Canton, et y exercent un pouvoir tyrannique pour éliminer toute tentative de rebellion ; malgré tout, une cellule de résistance arrive à leur échapper. Lorsqu’un jeune étudiant voit ses liens avec ce groupe découverts, il s’enfuit et se rend au monastère Shaolin. Son but : apprendre les fameux arts-martiaux des moines, et les diffuser auprès du peuple pour combattre les Mandchous.
Un excellent film de kung-fu, où nous suivons le parcours initiatique d’un moine shaolin. Le scénario n’est qu’un prétexte pour montrer cet entraînement et les combats sont rares, mais cela suffit à rendre ce film impressionnant. Un classique du genre.

La Cité Interdite (Man cheng jin dai huang jin jia) – 2006
Dans la Chine du Xème siècle, l’empereur voit son règne menacé par la trahison prochaine de son épouse. Derrière les faux-semblants et une façade imperturbable se trame une rébellion sanglante.
Tout comme Hero (même réalisateur), La Cité Interdite s’appuie sur une trame simple magnifiée par la réalisation, la photographie, et la chorégraphie des combats ; à cela s’ajoutent des décors tape-à-l’oeil, essentiellement en nuances dorées. Les productions chinoises peuvent compter sur un nombre conséquent de figurants (et sur un bon usage des images de synthèse) pour donner à certaines scènes un côté démesuré, et aux batailles un aspect épique. Ce film doit être superbe sur grand écran, car déjà sur un petit, c’est absolument magnifique. Un bémol, car nul en ce monde n’est parfait : j’ai trouvé que l’histoire ne commençait vraiment qu’à la 35ème minute, ce qui fait que je me suis un peu ennuyé au début ; il faut le temps de mettre en place tous les éléments avant de vraiment faire démarrer la machine, or je ne suis pas d’un naturel patient.

La Fureur de Vaincre (Jing Wu Men) – 1972
Huo Yuan Jia, le fameux maître chinois en arts martiaux, vient de mourir. Pendant la cérémonie pour lui rendre hommage, des hommes de l’école Suzuki viennent défier les disciples de son école, et se moquer ouvertement d’eux. S’en est trop pour son meilleur élève, Chen Zhen : il décide de les faire payer pour cet affront.
Je savais déjà de quoi allait parler la Fureur de Vaincre avant même de le voir. Non pas que les scénarii des films de kung-fu soient prévisibles – enfin un peu quand même – mais je connaissais l’histoire de Huo Yuan Jia pour avoir vu le Maître d’Armes, et surtout, j’avais déjà pu en apprécier le remake édulcoré de Jet Li : Fist of Legend.
Je ne vais pas vous faire languir plus longtemps pour vous donner mon opinion dessus : c’est un film de genre – en l’occurence de kung-fu – donc il faut aimer ledit genre pour voir la Fureur de Vaincre. Mais si c’est le cas, ça devrait vous plaire : c’est excellent.
Je vous avouerai que c’est la première fois que je vois un film avec Bruce Lee – il faut dire qu’il n’en a pas fait tant que ça – et je suis très impressionné : cette force, ce petit corps sec, ces hurlements primals, ce style bien particulier qui continue d’influencer près de 30 années après sa mort, et enfin cette aura qui lui a apporté ce statut de légende. Dans ce film, il n’y va pas de main morte avec ses adversaires, et à la manière d’un Rambo, un affrontement se termine généralement par une morte violente ; il ne faut pas énerver Bruce Lee. Certains combats sont exceptionnels, et certaines scènes sont devenues cultes, en particulier celles de l’affrontement contre Petrov.
La Fureur de Vaincre est un film de kung-fu violent devant énormément à son acteur vedette.

La Fureur du Dragon (Maang Lung Goh Kong) – 1972
Chen Ching Hua, la propriétaire d’un restaurant chinois à Rome victime de racket et de la mafia locale, fait appel à un cousin de Hong-Kong pour les aider.
Tang Lung est dépêché sur place pour repousser les malfrats à l’aide de sa boxe chinoise, et les empêcher de mettre la clef sous la porte.
Deuxième film de Bruce Lee pour moi ; c’est aussi mon deuxième de Chuck Norris.
La première demi-heure pourrait s’appeler « un hongkongais à Rome » ; il est en ballade, il est content, il suit des parcours en voiture irréalisables (je suis allé sur place donc ça m’a sauté aux yeux ^^’), bref c’est long et peu intéressant… Et c’est frustrant : à plusieurs reprises, il est sur le point de faire une petite démonstration, mais à chaque fois, il en est empêché au dernier moment.
Ensuite, le film commence vraiment. Ouf ! Et là, c’est du grand Bruce Lee : maîtrise du nunchaku face à 20 adversaires, combats contre des mecs dotés d’armes à feu, etc… Une démonstration. Le mieux, c’est quand même quand d’autres purs combattants montrent enfin le bout de leur nez. Surtout Chuck Norris, évidemment ; certes, un affrontement au Colisée fait un petit peu cliché, mais il est impressionnant, à l’image des poils de Chuck (la vache !). Même l’échauffement des deux champions fout les jetons ; les articulations craquent dans tous les sens.
Le film est long à se mettre en place, mais niveau action, c’est du tout bon.

La Rage du Tigre (Shin Dubei Dao) – 1971
Cela fait à peine 6 mois que le jeune et arrogant Lei Li – maître dans l’art de manier les sabres jumeaux – parcourt le monde, et déjà, sa réputation le précède.
Lung I Chih est un Chevalier qui voit d’un mauvais œil l’arrivée de jeunes prodiges du kung-fu ; non seulement car ils risquent de ternir sa propre renommée, mais en plus, ils pourraient découvrir ses véritables agissements, loin d’être aussi louables qu’il aime à le faire croire. Pour que jamais ils ne deviennent un problème, il les défie alors qu’ils n’ont pas encore atteint leur meilleur niveau, et les pousse à abandonner les arts-martiaux.
Pris dans son piège, Lei Li se coupera un bras, et se retirera des combats. Désormais, ce n’est que le modeste serveur manchot d’une petite taverne.
Troisième et dernier volet de la saga du Sabreur Manchot. Et à ce propos, ce titre est erroné : nous ne parlons pas du Sabreur Manchot, mais bien d’un sabreur manchot ; ici, point de Wang Yu, donc point de Fang Gang. Nous suivons les péripéties d’un autre combattant, auquel il va arriver une histoire semblable. Avec des dissensions, tout de même : Lei Li étant déjà très habile de ses deux mains, il n’aura pas à apprendre à se servir de son bras gauche ; il lui faudra juste retrouver l’envie de se battre. L’avantage que cette suite n’en soit pas une, c’est que nous retrouvons là un « parcours » et la découverte d’un personnage, à la différence du précédent opus, qui déifie Fang Gang. Dans la Rage du Tigre, nous avons moins de combats, mais ils sont bien faits ; j’ai pris particulièrement plaisir à y trouver un adepte du bâton à 3 branches – popularisé par Gordon Liu dans le premier volet des 36 Chambres de Shaolin – une de mes armes favorites. Et le combat final a lieu sur un pont, que demander de plus ?
Dans l’ensemble, j’ai pris plaisir à voir cette trilogie, avec une préférence pour le premier film ; le dernier volet vient en seconde position dans mon ordre d’appréciation. Avec le recul, je me dis par contre que ces films ne sont pas très gentils avec la gent féminine, alors que dans les Wu Xia Pian, nous y trouvons d’habitude des femmes fortes ; là, elles sont toujours au minimum une gêne pour le héros, et peu malignes quand elles ne sont pas ses adversaires… Mais à part ça, ce sont de bons films, voire d’excellents films.

Le Bahut des Tordus (Sakigake! Kuromati Kouko) – 2005
Depuis le début de sa courte existence, le lycée Cromartie a déjà été détruit six fois ; et la septième pourrait ne pas tarder. En effet, il regroupe dans ses murs les pires loubards de tout le Japon, et a la réputation d’être le plus mauvais lycée de Tokyo.
Autant dire que Kamiyama, lycéen intelligent, affable et naïf, fait un peu tâche dans ce décor. Mais lui a pour objectif de changer l’école et les élèves.
Je me suis franchement marré. C’est débile, mais qu’est-ce que c’est bon !
L’humour est avant tout basé sur les caractères franchement bizarres et la stupidité profonde des personnages, ainsi que sur la folie qui semble règner sur ce lycée pas comme les autres, où on trouve, parmi les chefs de bande, des « choses » aussi étranges qu’un robot ou qu’un sosie de Freddy Mercury.
Petit problème, néanmoins : où est passé le scénario ?
En effet, ce film est un ensemble de sketchs, et la continuité est pour le moins absente. Je lui reprocherais aussi des moments où, malheureusement, on rit moins que d’autre… mais bon, on rit quand même.
Cromartie High School est un ovni, ce genre de film complètement décalé que l’on ne s’attendait vraiment pas à trouver. Bien qu’il soit d’une bêtise à faire peur, je dois bien avouer que je n’ai pas boudé mon plaisir, et qu’à certains moments j’étais plié de rire. Et pour une fois, j’ai trouvé que les acteurs (japonais, je le rappelle) ne surjouaient pas trop.
Je ne peux que conseiller ce film à tous ceux qui veulent rire un bon coup. Mais attention : c’est très con.

Le Bras de la Vengeance (Dubei Dao Wang) – 1969
Fang Gang a tenu sa promesse faite à Xiao Man : il a abandonné son sabre pour se consacrer à la culture de la terre, et ils vivent ensemble des fruits de leur labeur.
Pourtant, la réputation du Sabreur Manchot le poursuit. Un jour, il reçoit une invitation provenant d’un groupe de bandits – les Huit Rois – lui imposant de participer au tournoi de sabre qu’ils organisent pour prouver leur supériorité. S’il refuse, leurs hommes ont ordre de le tuer.
Second volet de la saga du Sabreur Manchot.
Autant le dire tout de suite, ce film est différent du précédent. Fini le parcours initiatique et la naissance de l’amour : Fang Gang – nous ne savons pas comment – est devenu un sabreur invincible à qui rien de résiste, et pour montrer à quel point il est balèze, le scénariste/réalisateur lui oppose 8 personnages puissants et hauts en couleur. Le seul propos de cette suite, c’est l’action pure. Et c’est vrai que ça marche : les affrontements s’enchainent sans cesse, sous couvert d’un scénario.
Seulement, ce-dernier n’est pas exempt de défauts. Déjà, j’ai trouvé dommage que la seule combattante du film ne se repose que sur ses fourberies et ses charmes, sans être capable d’utiliser de véritables techniques ; c’est du gâchis, et une insulte pour les féministes. Et en parlant de fourberies, les « gentils » de l’histoire ne sont pas en reste, puisque – sachant qu’ils sont plus faibles qu’eux – ils n’hésiteront pas un seul instant à se mettre à plusieurs contre un « méchant » ; Fang Gang mis à part, la plupart des héros n’ont rien d’héroïque, et les bandits paraissent infiniment plus courageux, ce qui est un comble. Autre reproche : les nombres de personnages sont changeant ; déjà, alors que tous les maîtres semblent mourir au début, nous en retrouvons un paquet en pleine forme vers la fin, et surtout, les compagnons du Sabreur apparaissent plus nombreux au fur et à mesure que l’histoire progresse, alors que beaucoup se font régulièrement massacrer. Sur ce point, il est d’ailleurs étonnant de voir Fang Gang les envoyer au casse-pipe sans sourciller, pour ensuite regretter leurs morts ; en même temps, si ceux qui lui restent se multiplient, il aurait tort de se gêner…
Le Bras de la Vengeance, du fait de ses défauts, ne doit pas être regardé de trop près mais peut apporter beaucoup de plaisir à ses spectateurs. Il y a énormément d’action, et celle-ci est bien faite ; du moment que nous faisons semblant de ne pas remarquer les failles grossières dans la technique du héros – qui normalement, devrait y passer dès le premier combat vu ses compétences – il y a vraiment moyen d’apprécier.

Le Maître d’Armes (Huo Yuan Jia) – 2005
Huo Yuan Jia est l’héritier d’une prestigieuse famille de maîtres en arts martiaux. Depuis tout jeune, il rêve d’être considéré comme le meilleur combattant, titre qu’il reproche à son père de ne jamais avoir réussi à conquérir. Il enchaîne combat sur combat, jusqu’au jour où il tue son adversaire.
Comme tout bon film d’arts martiaux, le Maître d’Armes se résume à des combats posés sur un scénario très classique, dont la seule originalité réside en l’époque de l’action : début du XXème siècle.
L’autre particularité de ce film est de proposer – outre des combats ‘’normaux’’ – des affrontements avec des combattants aux styles (et aux nationalités) différents ; un peu comme dans The Quest (avec JC Vandamme), mais le ridicule en moins.
A vrai dire, ces combats sont bien menés et donnent un excellent résultat. Dans leur ensemble, les combats jouent la carte du réalisme ; sachant que le chorégraphe a aussi signé ceux de Matrix et de Tigre et Dragon, c’en serait presque surprenant. Bien entendu, tout n’est pas forcément crédible, mais pas plus que dans n’importe quel autre film d’arts martiaux.
Je profite du fait d’avoir mentionné Tigre et Dragon pour faire un parallèle avec les dernières grandes productions chinoises en date : ici, l’esthétique n’est pas travaillée. Ou du moins si, mais là où d’autres films iraient presque dans l’exubérance, le Maître d’Armes mise sur la sobriété. Ce n’est pas nécessairement un mal ; nous pourrions par exemple penser au Secret des Poignards Volants, qui privilégiait son esthétique à sa cohérence.
L’ambiance est ici sombre et intimiste, avec un Jet Li exubérant au début – on le confondrait presque avec Stephen Chow – mais par la suite véritablement poignant. Le seul bémol se situe sur la fin, bien trop pathétique selon moi. Le Maître d’Armes devrait sans peine ravir les amateurs de films d’action et de combats. C’est un bon représentant du genre.

Le Temple du Lotus Rouge (Huo Shao Hong Lian Si) – 1994
Par peur de la puissance des moines shaolins, l’Empereur ordonne le démantèlement de leur ordre, et l’arrestation de leurs combattants.
Un de ses officiers s’y emploie avec zèle, faisant des moines les esclaves de son Temple du Lotus Rouge.
Ce film n’a qu’un seul atout : la qualité de ses combats. Vraiment, ils sont impressionnants.
Pour le reste, c’est ambiance glauque, humour à deux yuans, et dialogues au raz des pâquerettes.
Bref, si les combats sont tout ce qui vous intéressent dans un film de Hong-Kong, allez-y, car c’est en effet un atout intéressant. Mais les autres, laissez tomber…

Les Seigneurs de la Guerre (Tau Ming Chong) – 2007
Le général Lianjie Li est le seul rescapé d’une terrible bataille. Honteux, il erre à travers le pays, avant de rejoindre une bande de brigands des montagnes ; mais pour eux aussi, la vie est difficile.
Lianjie Li propose alors à ses nouveaux compagnons de créer leur propre armée, et de vendre leurs services.
Les Seigneurs de la Guerre appartient à ce nouveau cinéma chinois épique, au nombre de figurants absolument fabuleux, et aux décors réalistes.
Moins esthétisant que d’autres représentant du genre, ce qui n’est pas nécessairement un mal, nous y retrouvons une histoire qui n’a pas été sans me rappeler celle du Suikoden – notamment car les brigands sont au nombre de 108 – et surtout deux des plus grands acteurs de Hong-Kong, ici obligés de parler mandarin : Andy Lau et Jet Li.
Objectivement, Les Seigneurs de la Guerre n’a aucun défaut majeur, sans pour autant être transcendant, si ce n’est dans sa fin tragique. Les batailles sont bien faites, les acteurs jouent correctement sans en rajouter (même l’acteur japonais), bref il n’y a rien à redire : c’est juste un bon gros film épique chinois.

Longinus (Longinus) – 2004
Dans un petit hôpital isolé, l’unique médecin vient de mourir ; les trois derniers occupants décident de partir, et de fermer l’endroit. Mais débarque un groupe de militaires, dont une grièvement blessée, qui réquisitionne l’hôpital.
Je n’irai pas par quatre chemin : ce film est complètement raté.
Pourtant, le concept semblait bon, tout comme l’univers dans lequel se déroule l’action.
Malheureusement, les acteurs sont mauvais, les scènes de combat beaucoup trop sombres pour être compréhensibles, et le moment où « tout le monde suspecte tout le monde » est, si ce n’est absurde, au moins ridicule.
Ajoutez à cela un rythme lent, malgré la très courte durée de ce film, et vous comprendrez pourquoi mieux vaut éviter de regarder Longinus. C’est 40 minutes de perdues.

Opération Dragon (Enter the Dragon) – 1973
Un maître en arts martiaux accepte d’aider la police de Hong-Kong, en participant au tournoi d’arts martiaux organisé par le mystérieux Monsieur Han. Il va ainsi pouvoir se venger du responsable de la mort de sa sœur : le garde du corps de Han.
Un film qui a du mal à savoir quel est son propre genre… Il commence par une histoire policière qui n’apparaît que comme un mauvais prétexte pour faire participer Bruce Lee à un tournoi, mais arrivés à la fin, nous nous rendons compte que nous n’avons presque pas vu le tournoi en question, et que Bruce Lee – qui se montre ici particulièrement violent – a presque moins d’importance (en tout cas beaucoup moins de lignes de texte) que les deux combattants américains du film…
Les personnages affrontent un maître en arts martiaux spécialisés dans la drogue et la traite des blanches, habillé comme le Docteur No, qui habite sur une île bizarre avec ses femmes et ses disciples… Drôle de concept, et ambiance plutôt glauque.
Même les combats et les prestations de Bruce Lee sont décevants, autant dire que Opération Dragon est un film fortement dispensable.

Royal Tramp (Lu Ding Ji) – 1992
La dynastie Ming a été destituée, pour faire place à la dynastie Qing. Mais des luttes terribles ont encore lieu entre les différentes forces en présence.
Siu-Bo, conteur dans une maison close, va se retrouver bien malgré lui pris dans ces histoires compliquées, et échouer au palais impérial.
Wong Jing, Stephen Chow, Ng Man Tat,… L’association est connue mais efficace, et nous offre une fois de plus ce qu’elle sait le mieux faire : la comédie à la hongkongaise.
Royal Tramp mèle humour et kung-fu grand-guignolesque dans une Chine médiévale magnifiquement rendue ; la musique aidant, on s’y croirait vraiment.
Les scènes de combat sont aussi surréalistes qu’impressionnantes, et s’avouent très prenantes, notamment grâce à de nombreux personnages aux styles et aux caractères très différents.
Pour ce qui est de l’humour, et bien c’est de l’humour à la Stephen Chow : c’est très con, mais c’est très drôle ; et plus c’est con, plus c’est drôle : il n’y a presque pas de limite. Certains gags sont de petits bijous, et notre acteur vedette est au sommet de son art, avec des mimiques délirantes et un jeu toujours très drôle ; il est au même niveau que dans Tricky Brains (aussi de Wong Jing), le film où je l’avais trouvé le meilleur jusqu’à maintenant. Après, il y a quand même parfois des gags un peu énervants, comme par exemple le « running gag » sur la folie de Ng Man Tat, et celui sur les pénis ; c’est lassant, à la longue.
Si vous aimez les comédies HK avec des arts martiaux (euh… il y en a, sans arts martiaux ?), Royal Tramp est forcément un incontournable. Après, si vous ne connaissez pas le genre, c’est un bon moyen de le découvrir.
Moi, j’adhère !

Royal Tramp II (Lu Ding Ji II Zhi Shen Long Jiao) – 1992
Ao Bei a été vaincu, et l’impératrice libérée. Néanmoins, tout n’est pas encore fini pour Siu-Bo : de nombreuses sociétés secrètes complotent dans l’ombre pour renverser le régime en place.
Il convient avant toutes choses d’expliquer ce qu’est Royal Tramp 2. Il ne s’agit en aucun cas d’une suite commerciale comme peuvent l’être le Roi Lion 2 et autres Rocky 25 ; en fait, Royal Tramp avait été pensé à la base non pas comme un film unique mais comme une série de films, dans le même genre que Kill Bill ou Star Wars. Ce faisant, si ce numéro 2 est dispensable pour ceux qui ont vu le premier opus – même si ce serait dommage – il est à éviter fortement pour tous ceux qui ne l’ont pas vu ; cela ne ferait que rendre un peu plus complexe un scénario un tantinet bordélique.
Royal Tramp 2 étant dans la veine de son prédécesseur, il est dans le même genre, alternant action et humour, même si cette fois-ci c’est l’action qui est privilégiée. A vrai dire, il y manque même Ng Man Tat, le complice de Stephen Chow, ce qui provoque la disparition de nombreux gags potaches ; et ce n’est pas forcément un défaut.
Pour en revenir à l’action, elle est superbement chorégraphiée ; les différentes techniques sont souvent rocambolesques, mais c’est réussi. Quant à l’humour, tout comme dans le premier, il est avant tout situé au-dessous de la ceinture ; ce n’est pas non plus une généralité. Ce qui est sûr, c’est que je suis bien marré à plusieurs reprises, notamment grâce à un Stephen Chow en très grande forme, nous offrant là un jeu hilarant ; mais Chingmy Yau est elle-aussi excellente, du moins dans ce rôle.
Seulement voilà : niveau scénario, cela ne s’est pas amélioré depuis Royal Tramp premier du nom, loin de là.
Le nombre conséquent de sociétés secrètes et de méchants dont on ne connait pas vraiment les motivations fait que l’on se perd facilement, c’est parfois décousu… bref, c’est un peu le bordel. Cela n’empêche heureusement pas de comprendre le film et de l’apprécier, mais c’est tout de même dommage.
Royal Tramp 2 est un film à voir, mais à condition d’avoir vu et apprécier le premier. Si ces deux conditions sont respectées, il ne faut surtout pas passer à côté ; sinon… passez votre chemin, cela vaut mieux.
De mon côté, je l’ai trouvé supérieur à son prédécesseur.

Seven Swords (Chat Gim) – 2004
XVIIème siècle. L’Empereur a promulgué une loi interdisant la pratique des arts martiaux.
Ravage et son armée de mercenaires massacrent les villages reculés afin de récupérer les primes promises par l’Empereur. Fu, ancien bourreau en quête de pardon, veut protéger le dernier village. Avec deux de ses habitants, il va demander le secours du Maître de la Montagne Céleste, armurier et forgeron de génie, qui désigne quatre de ses disciples pour les aider.
A eux sept, il confie sept lames aux pouvoirs et capacités multiples.
Un excellent film de Tsui Hark, prenant à souhait et bénéificiant de combats impressionnants. Son gros défaut, c’est que malgré sa longueur, il est inachevé : certains événements – comme la découverte d’une puissante épée vers la fin – montrent que l’histoire appelle une suite, qui n’est jamais venue.
Mais en lui-même, Seven Swords est un film suffisamment spectaculaire pour faire passer au spectateur un bon moment.

Shinobi (Shinobi) – 2005
En 1614, le shogun Tokugawa tente de finir de pacifier le pays, suite à plusieurs siècles de luttes fratricides.
Mais la puissance des villages cachés de Koga et d’Iga l’inquiète.
Pour résoudre ce problème, il décide d’organiser un duel entre les 5 meilleurs combattants de chacun des deux clans rivaux.
Oboro, du clan Iga Tsubagakure, et Gennosuke, du clan Koga Manjidani, s’aiment en secret, malgré les luttes qui voient s’opposer les leurs depuis des siècles.
Cette confrontation va les amener à s’affronter.
Enfin ! Enfin un film japonais de très haut niveau ! J’ai failli désespérer, moi, à force de me farcir des daubes surjouées et quelques comédies certes sympathiques, mais limitées (bon, j’exagère un peu, sans doute).
Je vous plante le décor en quelques mots : l’histoire se passe sur fond de réalité historique, et va faire s’affronter deux clans de shinobi, ceux-ci étant tels que dans les légendes : incroyablement puissants, et dotés de pouvoirs et de techniques fabuleuses. Les combats qui en découlent sont forcément magistraux.
Le scénario est sobre mais parfaitement traité ; au début, j’avais peur que l’histoire d’amour, mélodramatique à l’extrême (type « Roméo et Juliette » : je t’aime, mais nos familles ne peuvent pas se sentir), soit trop pesante, mais finalement elle s’intègre assez bien au reste.
Chaque personnage possède un côté « paranormal » qui lui est propre, faisant qu’ils sont tous différents et intéressants, et surtout donnant lieu à des affrontements magnifiques et démesurés, superbement chorégraphiés, à l’image de ceux d’un excellent film de Wu Xia Pian (comme Hero) ; il y a juste au niveau des effets spéciaux qu’il y a parfois un ou deux ratés, mais rien de bien méchant comparé à la plupart des productions nippones.
L’ambiance du Japon médiéval est superbement rendue dans les moindres détails, apparemment sans anachronismes et surenchères. Les visuels sont élaborés, avec des paysages magnifiques, et une réalisation particulièrement esthétique et recherchée, notamment lors des combats.
L’aspect dramatique, en parallèle des scènes d’action, est bien traité, là encore sans abus, et reste donc agréable, voire touchant ; le destin des shinobi nous parait bien peu enviable, à mille lieux de l’image que véhiculent des oeuvres type « Naruto ».
J’ai adoré Shinobi. Ce film s’avoue être une grande réussite aussi bien technique, scénaristique, que visuelle ; la preuve que le Japon peut nous offrir un cinéma vraiment exceptionnel.

Sky High (Sky High) – 2003
Kohei Kanzaki est un policier, chargé d’enquêter sur une série de meurtres de jeunes femmes ; toutes ont eu le cœur arraché.
Le jour de son mariage avec Mina, celle-ci se fait à son tour voler son cœur. Elle se retrouve alors devant la Porte de la Rancœur, avec un choix à faire : aller au paradis, retourner sur Terre sous la forme d’un fantôme, ou maudire son assassin.
De son côté, Kohei se dit prêt à tout pour faire payer le meurtrier de sa fiancée.
Jusqu’à ce jour, on ne peut pas dire que la majorité des films japonais, surtout les plus récents, m’aient vraiment émerveillé. Cette fois, je crois en avoir enfin vu le potentiel : on est loin des comédies potaches, des acteurs qui sur-jouent, et des effets spéciaux à deux yens.
Sky High est un mélange subtil mais réussi de thriller, d’horreur, de paranormal, et de combats au sabre ; une mayonnaise qui prend assez bien. Le scénario est bon, mais pas dénué de quelques absurdités, même si celles-ci sont partiellement expliquées par de pseudo-histoires de magie ; d’ailleurs, certains points sont durs à avaler, quand même. Mais ce qui fait la force de ce film, c’est avant tout la réalisation de Ryuhei Kitamura : audacieuse, intelligente, dynamique, et tout simplement réussie.
Par contre, il y a tout de même un bémol non négligeable : deux heures, c’est trop long ; le scénario est finalement un peu trop faible pour nous tenir en haleine aussi longtemps, et il y a des passages pendant lesquels on s’ennuie – surtout au début – et quelques scènes sentimentales superflues.
Sky High est un film qui, je pense, ne pouvait voir le jour qu’au Japon.
Sa réalisation et son ambiance sont ses deux gros points forts, et justifient son visionnage.

Skyline Cruisers (San Tau Chi Saidoi) – 2000
Mac, Bird, Sam, et Michelle forment un quatuor de voleurs particulièrement efficace, prêt à voler n’importe quoi pour de l’argent. La nouvelle mission qu’on leur confie consiste à récupérer un médicament révolutionnaire, volé par un scientifique influant voulant s’en approprier la découverte.
Dès le début du film, le ton est donné avec une simple phrase : « notre coffre est parfaitement inviolable ; même dans Mission Impossible I et II, ils n’arriveraient pas à l’ouvrir ». Vous l’aurez compris : ce film est un remake hongkongais de Mission Impossible, mais en surenchéri.
Niveau action, le contrat est parfaitement rempli : les scènes de combat ou d’action pure sont légion, et pour le moins époustouflantes; trop même : certaines séquences paraissent trop surréalistes pour être crédibles, ce qui gâche de nombreuses scènes. Certaines prouesses, notamment dans les combats, sont irréalisables et l’usage des effets spéciaux n’est pas toujours judicieux. Dans l’ensemble, l’action reste tout de même bien menée, et très présente.
De ce fait, on pourrait penser que le scénario a été négligé pour donner la part belle aux cascades et autres séquences du même acabit, mais pas du tout : le scénario est beaucoup plus complexe et tortueux qu’il n’y paraît au premier abord, et bien traité. Même si là encore, certains points manquent un peu de crédibilté, mais ce n’est pas bien grave.
Les vols en eux-mêmes sont de grandes réussites, synthèse de Mission Impossible, d’Ocean Eleven et de Lupin III, mais dans ce que ces œuvres ont de meilleur ; un vrai petit bonheur à contempler, même si certaines techniques semblent tenir de la science-fiction.
Pour finir, je dirais que ce film possède quelques pointes d’humour non négligeables, notamment dans la dernière scène où un petite surprise s’avoue hilarante.
Au final, pari réussi pour Skyline Cruisers : ça ressemble à du Mission Impossible, mais c’est hongkongais, même si on ressent une très forte influence américaine. Le film est très plaisant en lui-même, malgré ses quelques bémols, et, même si je trouve qu’il est sans grande prétention, il n’en demeure pas moins très agréable à visionner ; j’ai passé un bon moment.

Swordsman II (Xiao Ao Jiang Hu Zhi Dong Fang Bu Bai)
Chine, XVIIème Siècle. Le gouvernement tremble sous la menace du redoutable Invincible Dawn, un tyran androgyne surpuissant, parvenu à la tête de la Secte Hérétique après avoir fait enfermer Wu, l’ancien dirigeant de la Secte. Entre-temps, Ling et Kiddo, élèves de l’école martiale du mont Wah, reviennent d’un long voyage afin de retrouver leurs compagnons d’armes et leur amie Ying, fille de Wu. Celle-ci désespérée de retrouver son père, convainc Ling d’aller le libérer des griffes d’Invincible Dawn.
Swordsman II est un « Wu Wia » qui commence en jouant sur deux tableaux : arts martiaux et humour. Le style de combat est très aérien, parfois ridicule avec les personnages qui crient les noms de leurs attaques, mais imaginatif et donnant des affrontements des plus réussis ; plusieurs combattants possèdent des techniques hors-normes – comme l’Invincible Dawn et ses aiguilles – ce qui apporte encore de la diversité aux combats. Comme il l’avait fait dans Tai-Chi Master, Jet Li utilise son registre comique, et il s’en sort bien.
Au fur et à mesure que le film avance, il évolue ; et avec lui Brigitte Lin, qui incarne l’Invincible de Dawn. Son passage progressif d’homme à femme à cause de son kung-fu amène un côté fantastique et même dramatique, avec notamment la relation qui commence à naître entre elle et Jet Li. Ainsi, la fin est beaucoup plus axée sur l’émotionnel.
Swordsman II est un bon film du genre ; moins « sérieux » qu’un Hero (du même réalisateur et avec le même acteur principal), mais il assume parfaitement son style, et son évolution progressive est réussie, ainsi que ses combats.

Tai-Chi Master (Tai Ji Zhang San Feng) – 1993
Zhang Juanbao et Dang Tianbao intègrent très jeunes le temple de Shaolin. Pris en charge par le même maître, ils se lient d’amitié et c’est ensemble qu’ils apprennent le kung-fu. Devenus adultes, ils sont renvoyés du temple suite à une dispute avec un de leurs supérieurs.
C’est ainsi qu’ils découvrent le monde extérieur, dans une province malmenée par un gouverneur tyrannique.
Le destin ne va pas tarder à les séparer.
Le scénario de Tai-Chi Master, que ce soit dans son principe ou dans son développement, est aussi classique que prévisible ; il est du genre « on était les meilleurs amis du monde mais on va devoir s’affronter et c’est tant mieux car on est les deux combattants les plus forts du film ». Mais bon, au moins, l’histoire ne souffre d’aucun défaut.
Ce film vaut avant tout pour sa pléthore de combats ; pour la petite histoire, c’est tout de même Yuen Woo Ping qui a signé les scènes de combat de Matrix et de Tigre & Dragon. Les affrontements sont nombreux, bien réalisés, et très prenants.
Tai Chi Master est bourré d’action, avec un rythme très soutenu, mais aussi quelques petites pointes d’humour du meilleur effet ; je n’aurais jamais cru que Jet Li possédait un tel talent comique. D’ailleurs, le succès de ce film repose beaucoup sur le talent de ses acteurs.
Tai Chi Master a tout du film prenant et défouloir. Il s’agit d’un pur moment de détente et de plaisir visuel, à consommer sans modération : du tout bon.

That’s Cunning! Shijo Saidai no Sakusen (That’s Cunning! Shijo Saidai no Sakusen) – 1996
Le professeur Migata propose la démolition du dortoir Sigma de l’université – prétextant que ce batiment est vieux et habité seulement par quelques cancres – afin de construire à la place un hôtel.
Néanmoins, il y a une condition : si les élèves du dortoir réussissent leurs examens en ayant tous un A, alors le projet sera abandonné. Seulement voilà : leur réputation de cancres est loin d’être volée.
Pour réussir, il n’y a qu’une solution : tricher.
L’art et la manière de tricher aux examens.
De quoi rappeler de bons souvenirs à ceux qui ont aimé les Sous-Doués, se sont extasiés devant l’examen chuunin de Naruto, ou tout simplement se sont fait pincer lorsqu’ils étaient eux-mêmes en train de sortir une formule de maths de leur trousse, gribouillée en toute hâte sur un bout de papier le matin, avant de partir, lorsqu’ils s’étaient aperçus que le test était ce jour-là et qu’ils avaient oublié de réviser la seule chose qui allait tombé à coup sûr ; ça nous est tous arrivé (ne niez pas !!).
That’s Cunning! (j’ai un peu raccourci le titre, là) fait partie d’une série de films prenant pour actrice vedette différentes idoles du moment au Japon, ici : Namie Amuro. Rien que cela définit clairement le style : c’est une comédie pour adolescents ; l’idole est bien mise en valeur, mais n’est pas pour autant l’élement central du film, et c’est tant mieux.
Comme vous l’aurez déjà compris, le sujet de ce film est la Triche.
Mais attention : c’est pour la bonne cause ! Ben oui, sinon, ça ne serait pas moral. Enfin bref, on va suivre la vie d’une bande de loosers qui ne se passionnent pas vraiment pour les études (l’un passe sa vie sur le net, l’autre ne pense qu’à faire de la musculation, etc…), mais qui doivent réussir à tout prix ; et pour ça, tous les moyens sont bons.
Heureusement pour eux, ils ont des alliés et des idées. Oui, des idées : ce film nous offre une collection de gags et de coups tordus pour le moins délectable, et tente de renouveller le genre dans la série des « trucs et astuces pour tricher sans se faire prendre » ; alors il y a du déjà vu, mais aussi quelques trouvailles excellentes (moi, je vais me faire des dreadlocks ; désolé si j’écorche l’orthographe). Vu le temps qu’ils prennent pour élaborer leurs techniques, on pourrait d’ailleurs se demander s’il ne serait pas plus rapide pour eux de réviser, finalement…
Néanmoins, That’s Cunning n’est pas uniquement basé sur l’art de tricher ; l’aspect comique est illustré sous différentes formes, notamment à travers Namie qui semble douée pour trouver, bien malgré elle, des réactions pour le moins « explosives » (et vas-y que je te lâche un gros morceau de sodium dans l’eau). Les différents personnages ont tous un petit quelque chose qui les distingue des autres, et les rend souvent très amusants.
Ce film n’est, bien entendu, pas extraordinaire non plus, dans l’ensemble ; il y a quelques longueurs, et ce n’est pas d’un haut niveau. Mais il s’agit là d’une petite comédie gentillette avec des moments vraiment très drôles, qui devrait, et c’est un plus non négligeable, donner une ou deux bonnes idées à ceux qui, comme moi, passent bientôt leurs exams de fin d’année (et vu que je regarde des films asiatiques au lieu de réviser, j’en ai bien besoin).
A prendre pour ce qu’elle est : une comédie fraiche et sans prétention avant tout, mais qui cache quelques perles d’humour.

The Duel (Kuet Chin Chi Gam Ji Din) – 2000
Cool-Son Yeh, épéiste légendaire, réussit à récupérer le sceau royal qui avait été dérobé, et le rend à l’empereur en échange d’une promesse : ce dernier devra lui permettre d’organiser un duel contre le non moins célèbre Simon le Souffleur de Neige au sommet de la Cité Interdite.
Dragon Neuf, le plus redoutable agent de l’empereur, est chargé de sélectionner les 8 personnes qui auront le droit d’assister à ce combat titanesque, qui déchaîne passions et paris.
J’avoue ne pas trop savoir comment aborder ma critique.
Quand le film commence, à la vue des premières scènes, on s’attend très logiquement à du Wu Xia Pian.
Puis apparaissent des anachronismes, un personnage furieusement décalé, et des effets spéciaux que les plus ironiques qualifieront de « japonais » ; tout de suite, on plonge dans le film parodique.
Par la suite, l’humour fait place à l’amour, avec en fond une histoire policière, et ce jusqu’à la dramatique scène finale. Un sacré mélange.
Reprenons tout ça depuis le début.
Tout commence dans la Chine médiévale ; il est question de maîtres en arts-martiaux et d’un légendaire voleur : ça sent le Wu Xia à plein nez.
Puis Nicky Cheung (Dragon Neuf) entre en scène, et tout de suite, ça part en vrille : notre personnage porte des lunettes de soleil, contrôle son estomac à volonté, et parait complètement désinvolte ; autour de lui gravitent une princesse extravagante avec qui il va avoir des échanges plutôt savoureux, et les autres Dragons, une sacré bande de loosers.
Ajoutez à cela des effets spéciaux particulièrement exagérés (et mauvais) autant que les combats eux-mêmes, de quoi nous faire croire qu’il s’agit de moqueries sur les combats du genre Wu Xia Pian ; je ne sais pas si c’était voulu ou non, mais le résultat est là.
On a donc d’un côté un véritable film d’arts-martiaux chinois, avec une base scénaristique intéressante et des personnages stylés, et d’un autre côté un humour parodique, porté essentiellement par un excellent Nicky Cheung ; The Duel jongle sans cesse entre ces deux genres, ce qui fait qu’il est parfois dur de vraiment s’y retrouver et de savoir ce qui se veut sérieux ou pas (et par conséquent ce qui est raté ou réussi).
Le tout agrémenté, comme dit plus haut, de quelques combats dont la surcharge d’effets spéciaux est plus handicapante qu’autre chose ; avec une telle collection d’experts en combat et techniques qui grillent les rétines, on aurait pu s’attendre à beaucoup mieux.
Par la suite, l’humour disparaît corps et bien. On bifurque sur une histoire plus policière, et surtout sur les amours d’Andy Lau et d’Ekin Cheng (pas l’un envers l’autre, hein, mais avec leurs copines). Là, j’ai trouvé que ce n’était pas très réussi ; surtout qu’Ekin Cheng semble autant capable de montrer ses sentiments qu’un glaçon par -50°C sur la banquise…. Bref, je me suis « fait chier grave », si vous me permettez d’utilisez cette expression.
A la fin, le scénario s’étoffe ; et au passage révèle ses faiblesses et ses boulettes.
La révélation finale est un peu parachutée, et l’aspect mélodramatique faussement larmoyant un tantinet énervant. En fait, la fin est juste tarabiscotée.
The Duel est un film qui aurait gagné à ne pas autant se disperser : il aurait pu être génial s’il n’avait été qu’un « Wu Xia Pian », et il aurait pu être tout autant génial s’il n’avait été qu’une comédie ; il avait vraiment du potentiel (par contre, il aurait été barbant s’il n’avait été qu’une histoire d’amour).
Au final, il est divertissant, et possède quelques bons moments, mais sans tellement plus.
Une grosse déception une fois le visionnage terminé : il aurait pu être largement meilleur.

The God of Cookery (Sik San) – 1996
Stephen Chow est connu dans tout Hong Kong comme étant le « Dieu de la Cuisine » – un cuisinier de génie – et surtout magna de l’agro-alimentaire.
A la tête d’un véritable empire, il gère sa chaîne de restaurants – et surtout son image – d’une poigne de fer ; au fil des années, c’est devenu un homme tyrannique et mégalomane.
Mais la chance tourne pour lui le jour où son élève, Bull Tong, réussit à montrer devant la presse que ce n’est qu’un imposteur.
Dès lors, à la rue et sans le sou, Stephen va tout faire pour revenir au sommet, aidé d’une bande des bas-quartiers de la ville.
Si Shaolin Soccer est inspiré de Captain Tsubasa (Olive et Tom), on ne peut s’empêcher de penser à Mister Ajikko (Le Petit Chef) quand on voit les duels de cuisine, les techniques ahurissantes, et les sensations « d’extase culinaire » de God of Cookery.
Une fois encore, Stephen Chow nous offre ce qu’il fait de mieux : la comédie potache et débile.
Seulement, là où des films comme Tricky Brains ou Shaolin Soccer sont si idiots qu’ils en deviennent hilarants et géniaux, God of Cookery est si idiot qu’il en devient profondément débile et exaspérant.
Bien sûr, il y a quand même de nombreuses trouvailles, et des moments où on rit beaucoup, mais la plupart du temps, on frise la stupidité profonde et agaçante.
Stephen Chow lui-même est la seule véritable attraction de ce film à sa gloire, et s’avoue au sommet de son art, mais malheureusement n’arrive pas à sauver God of Cookery du fiasco.
La seule autre chose qui vaille vraiment le coup est le duo qu’il forme avec l’actrice principale, mais il faut attendre la fin du film pour qu’il soit vraiment hilarant.
Niveau comédie, ne serait-ce qu’à Hong-Kong ou dans les œuvres de Stephen Chow, on peut trouver très largement mieux que God of Cookery.
Ca se laisse voir, on rigole bien, mais ce n’est pas vraiment ça, et c’est souvent plus énervant que marrant.
A réserver aux inconditionnels de Stephen Chow ; de toute façon, c’est le seul atout du film.

The Machine Girl (Kataude Mashin Garu) – 2008
Yû et son ami Takeshi sont quotidiennement rackettés par une bande de voyous de leur lycée, avec à leur tête Kimura Sho, héritier d’un clan yakusa. Alors qu’ils tentent de se rebeller, leurs bourreaux se débarrassent des deux garçons.
Amy, la sœur de Yû, ne croit pas à la version de la police, selon laquelle ils se seraient suicidés. En fouillant les affaires de son frère, elle trouve la liste de ceux responsables de sa mort, et jure de le venger.
The Machine Girl peut se vanter d’être un des plus mauvais films que j’ai pu voir ! Quoique, à sa place, je ne m’en vanterai pas… En le regardant, je ne savais pas si je devais rire ou pleurer devant sa nullité.
Commençons par vous résumer ce film de manière plus explicite qu’un synopsis classique : Amy veut venger son frère en tuant ses meurtriers, en particulier l’héritier d’un clan de yakusa-ninja (c’est un concept). Elle perd un bras en essayant, mais se fait construire deux membres de remplacement : une sulfateuse et une tronçonneuse. Une fille amputée avec une arme à la place d’une partie de son corps, cela ne vous rappelle pas un film de Robert Rodriguez ? The Machine Girl se réclame aussi du genre Grindhouse, mais là où Planet Terror était jouissif, ce long-métrage nippon est une bouse absolue, enchaînant situations aberrantes – ce sont surtout les réactions des personnages qui sont effarantes – scènes de carnage hideuses du fait d’effets spéciaux ignobles (même pour un film japonais), et dialogues au raz des pâquerettes ; ajoutez à cela un jeu des acteurs à l’image des FX – c’est-à-dire mauvais même pour des Japonais – et vous obtenez un ratage complet, qui ne peut même pas prétendre au statut de nanard tant il n’y a pas la moindre once de plaisir à prendre devant son visionnage, même les séquences violentes sont nulles.
Un film que je ne conseillerais pas à mon pire ennemi.

The Master (Long Xing Tian Xia) – 1989
Depuis que Tak a quitté Hong-Kong pour s’installer à Los Angeles, il a ouvert une petite boutique de médecines chinoises. En parallèle, il continue le kung-fu ; il lui arrive même de prendre des élèves. L’un d’eux – Johnny – a fini par ouvrir sa propre école d’arts martiaux, mais il garde de la rancune envers son ancien maître, la seule personne qu’il n’ait pu vaincre. Un soir, il décide d’aller se battre contre lui.
Lorsque Jet, élève de Tak quand celui-ci vivait à Hong-Kong, arrive en Amérique, il trouve la boutique de son maître dévastée.
Jet Li en Amérique.
Jet Li se bat contre des loubards sortis du clip « Bad » de Michael Jackson.
Jet Li constate que les policiers américains passent leur temps à manger.
The Master, de Tsui Hark, dispose de bons combats, ce qui est la moindre des choses pour un film de kung-fu. Par contre, niveau scénario… Je ne trouve pas de mot pour qualifier l’ampleur du désastre : absence totale de trame, situation rocambolesque, méchant qui l’est sans que nous sachions pourquoi, caricature souvent ridicule, et finalement, quand cela ne se castagne pas à l’écran, c’est chiant à mourir. Jet Li est la seule attraction du film, mais ne le sauve pas.
A oublier de suite.

The White Dragon (Fei Hap Siu Baak Lung) – 2004
Black Phoenix, la combattante connue sous le nom de White Dragon, recherche l’assassin aveugle Chicken Feathers afin de le tuer.
Quand on voit l’affiche, que l’on lit le synopsis, ou que l’on regarde les premières minutes du film, on s’attend tout naturellement à un film d’arts martiaux dans la pure tradition chinoise, comme peut l’être Tigre et Dragon.
C’est vrai qu’il y a un peu de ça, mais en fait, ce film n’est pas du tout ce qu’il semble être ; des combats, il y en a en tout trois dans tout le film, assez bien faits quoiqu’encore plus exagérés qu’à l’accoutumée, et surtout, les prouesses des combattants sont ici expliquées grâce à quelques histoires de super pouvoirs.
En réalité, ce film peut se diviser en deux parties.
La première est ce que j’appellerais un « gag immense et perpétuel », basé sur un humour débile mais assez original, et fort heureusement souvent hilarant.
L’effet est à la hauteur de la surprise : non seulement, on ne s’y attend jamais quand un gag nous tombe dessus, mais en plus, c’est complètement surréaliste (la technique de passation de pouvoirs est tout bonnement excellente).
Tout a un côté décalé et pour le moins loufoque, très réussi.
La deuxième partie se veut beaucoup plus touchante. Trop même : on sent qu’il y a pas mal de surrenchères de ce point de vue – une surenchère accentuée par une musique trop larmoyante – et c’est un peu exaspérant.
Cette partie nous offre tout de même des moments véritablement poignants, mais aussi très poétiques.
On coupe radicalement avec le début, et on est loin du style supposé du film, mais cela reste agréable, même si c’est aussi bien moins sympathique que la première partie ; la rupture est trop brutale.
The White Dragon est vraiment un film étrange, complètement surréaliste, mais j’ai bien aimé et me suis vraiment amusé. Certaines trouvailles sont de petites perles.
Une véritable curiosité, qui change de ce que l’on a l’habitude de voir. Largement conseillé à tous ceux qui veulent du dépaysement, ou juste rire un bon coup.

Tricky Brains (Jing Gu Jyun Ga) – 1991
Jing Koo dit être l’Expert en Tours, un homme capable de rendre fou n’importe qui ; et il se fait payer très cher pour ça. Son nouveau travail est des plus simples : il doit se débarasser du petit ami de la fille sur laquelle son client a des vues. Sa victime, Chi Man Kit, est un employé affable et innocent.
Si je devais qualifier ce film, je dirais que c’est le prototyope du « film de farces et attrapes ».
Pour pièger ses victimes, Jing est capable de déployer des trésors d’inventivité et de drôlerie, donnant ainsi un film où l’on ne s’ennuie jamais, trop occupés que l’on est à se tordre de rire comme des malades.
Car ce qui est sûr, c’est que Tricky Brains est vraiment hilarant, même si l’on ne peut pas vraiment dire que son humour soit très sophistiqué ; de ce point de vue, c’est bas de gamme, mais d’autant plus efficace.
On frôle sans cesse les limites de la pure stupidité, de la bêtise profonde, du gag lourd mais efficace (le légendaire gant de boxe à ressort), mais aussi du génie quand on voit certaines trouvailles humoristiques qui jalonnent le film.
Stephen Chow et Ng Man Tat, connus en France pour tenir les deux rôles principaux de Shaolin Soccer, s’en donnent à coeur joie (surtout Stephen Chow, qui nous offre là une prestation ahurissante), accompagnés d’Andy Lau, qui lui aussi est à fond dans son rôle de garçon attachant mais souvent aussi drôle que ses compères.
On se bidonne pendant plus d’une heure et demi, alors je dirais vraiment que c’est un film à ne pas rater, pour peu que l’on aime l’humour peu profond mais profondément débile.
A ne surtout pas prendre au sérieux !

Un Seul Bras Les Tua Tous (Dubei Dao) – 1967
Bien que de petite condition, le père de Fang Gang a pu faire jurer au Chevalier Qi, après lui avoir sauvé la vie au prix de la sienne, de prendre son fils comme disciple dans son école du Sabre d’Or.
Les années ont passé, et Fang Gang s’est révélé être un élève doué et attentionné. Malgré tout, il entretient des relations difficiles avec ses condisciples, et décide de s’en aller pour ne pas nuire à l’école. Le soir de son départ, Qi Rufeng – la fille de son maître – lui tranche un bras.
Selon les périodes, ça me reprend ; je me surprends à revenir vers des genres – dans le cas présent cinématographiques – que j’apprécie mais auxquels je ne pense plus forcément pendant quelques temps.
Cette fois, c’est la diffusion sur Arte – dans le cadre de sa thématique sur les années 70 – de « A Touch of Zen » qui a réveillé en moi mon amour du film de sabre à la chinoise.
Un Seul Bras Les Tua Tous est un excellent représentant du genre, alliant une véritable histoire, des combats réussis (mais pas aussi chorégraphiés que ceux des films plus récents), et un fort côté dramatique. Passionnant, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde devant ; il y a ce qu’il faut d’action, de belles scènes, et d’amour, dans des décors réussis et avec une bonne réalisation. Bref, il a les qualités que j’apprécie dans le film de sabre, sans fioriture : c’est juste excellent.

Zatôichi (Zatôichi) – 2003
Zatoichi, samouraï aveugle gagnant sa vie en tant que masseur, arrive dans une ville entièrement sous la coupe de Ginzo, qui rackette la population.
Dans le même temps, deux geishas itinérantes tentent de retrouver et d’assassiner les malfrats qui ont décimé leur famille.
J’ai toujours une légère appréhension quand il s’agit de regarder un film japonais ; il faut bien dire que mes quelques intrusions dans ces films ne m’ont jamais vraiment comblé.
Commençons par ce que je vois comme défauts à Zatoichi. Tout d’abord, je trouve que les effets spéciaux sont vraiment immondes : le sang ne fait pas naturel, comme toutes les blessures au sabre qui sont infligées dans ce film ; cela gâcherait presque les scènes de combat, ce qui est dommage.
Puis le scénario n’est pas toujours très clair quant aux différentes factions rivales, et il se perd parfois en flashbacks. Ensuite, je trouve que ce film manque de sérieux ; des cheveux décolorés, un con qui court dans tous les sens en criant, ou encore une scène de claquettes… non, vraiment, je pense que ce film aurait été bien meilleur en se cantonnant à quelques chose de plus historique et plus classique.
Néanmoins, pour en revenir à la scène de claquettes, je l’ai trouvé vraiment excellente, quoique trop longue.
Pour ce qui est des points positifs, je dirais que j’ai adoré l’époque (avec l’architecture et la société), le style, et l’ambiance de ce film ; ça a vraiment du cachet, et c’est très agréable.
Sans compter que même si j’ai critiqué le scénario plus haut, il n’en reste pas moins d’excellente facture.
J’ai bien aimé Zatoichi. Cependant, maintenant, j’aimerais surtout voir des films japonais se déroulant dans le Japon médiéval, des films de samouraïs, et des films de yakuza (mais pas forcément à la même époque) ; je pense qu’ils feraient plus mon bonheur, car ce sont avant tout leurs aspects que j’ai aimé dans Zatoichi.

Zu, les Guerriers de la Montagne Magique (San Suk San Geen Hap) – 1983
Depuis des temps immémoriaux, la chaîne de montagne de Zu forme une frontière naturelle protégeant la Chine. C’est une terre de légendes, où vivraient monstres immortels et guerriers fabuleux.
Sept rois se battent pour prendre le contrôle de la région, sans se douter du retour prochain du Mal sur Terre.
J’avais entendu dire que Tsui Hark était un excellent réalisateur. Le premier de ces films que j’ai eu l’occasion de voir, c’était Seven Sword, et c’est en effet un bon film malgré son absence de fin. Par contre, depuis, je n’ai rien vu de concluant ; pire, j’ai trouvé The Master assez « daubesque », et ce Zu blabla guère mieux. Ce pourrait être un long-métrage prenant et divertissant, mais entre un scénario nébuleux, des effets spéciaux médiocres – qui ne seraient pas trop dérangeant s’ils n’étaient pas surexploités – et un montage désagréable pour de nombreuses raisons, il n’arrive jamais à convaincre. Une grosse déception ; par contre, il y a Brigitte Lin et Sammo Hung Kam-Bo, je les aime bien.

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6 commentaires pour La Zone – Le Cinéma Asiatique

  1. Viral dit :

    Wow joli palmarès de films regardé, dommage qu’il n’y ait pas les films gore et kistch si cher au Japon comme Tetsuo, Itchi The Killer ou Audition qui sont franchement cultes.
    Sinon pour Avalon j’ai trouvé ce film franchement décevant, moi qui m’attendait a des magnifique chorégraphie de bataille dans un univers cyberpunk a la GITS j’ai eu droit a 20% de scène excellente de ce type (l’intro du film, le combat contre le train…) et le reste s’épuise franchement en longeurs inutiles (contempler 2 minutes un chien qui mange ou l’héroïne qui se ballade dans son appartement :/).
    Enfin je n’ai pas du saisir toutes les subtilité du film et SURTOUT les alternances réel/virtuel malgré 2 visonnage, et je me ressent un peu dans le même état qu’après avoir regardé The End Of Evangelion, a savoir si il y a une logique ou si on s’est foutu de notre gueule 😡

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  2. Kyonami dit :

    Battle Royale est une critique de la société japonaise. Personnellement, je le trouve pas si gore (moins que le manga).
    Battle Royale 2 par contre est un navet.

    Je trouve dommage de voir que les films (sans parler des séries) asiatiques à la télé sont plus que rares(noyés quasiment de séries/films américains et français).
    Et malgré le support DVD aidant, on passe à côté de pleins de films de qualités diverses.

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  3. Jacut dit :

    Je te conseille en films récents, et comme le dit très bien Viral avant moi, les films de Shinya Tsukamoto (en particulier les monstrueux Tetsuo – évites le 2 par contre-, Tokyo Fist, Bullet Ballet et Vital), ceux de Kiyoshi Kurosawa (en particulier Doppelganger, Cure, Kairo, Tokyo Sonata et Sakebi, du très grand cinéma de déconstruction), et les autres Kitano (en particulier ses chefs d’œuvre Kids Return, Sonatine, Dolls, Hana Bi et Kikujiro no Natsu). Il y a plein d’autres excellents réalisateurs japonais à découvrir (en tête Aoyama, Kore-Eda, Nakata et Miike) mais ce sont les trois auteurs japonais majeurs de notre époque pour moi, animation exceptée. En cinéma japonais plus ancien, il faut bien entendu voir TOUS les Akira Kurosawa (le plus grand réalisateur de tous les temps et la définition même du cinéma, point barre), les Mizoguchi (la plupart sont introuvables mais tu peux au moins voir ses derniers long métrages), les Ozu (ahhhh Tokyo Densetsu…), les Oshima (trop de bons films pour tous les citer), les Gosha (regardes Goyokin au moins), Fukasaku (bon ok tu peux te passer de la majorité de ses films mais il y a quelques perles dans sa filmo) et les Imamura (deux palmes d’or le monsieur), et ça me paraît un bon début déjà 😉

    Pour ce qui est du cinéma Coréen, HK, Chinois, Philippin et autres, j’aurais plus de mal à dire par contre comme je suis moins spécialiste, il y a d’ailleurs pas mal de films que tu cites qui me paraissent très intéressants, je vais essayer d’en choper quelques uns! J’aime bien tes goûts sinon, c’est très hétéroclite et très « geek », ça me plait bien ça 😉

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  4. gemini dit :

    Cette liste ne se veut pas exhaustive. J’ai aussi vu Shaolin Soccer, From Beijing with Love, Les Griffes de Jade, les 14 Amazones, Seven Swords, 20th Century Boys, Cutie Honey, Devilman, Seven Swords, Godzilla VS Méchagodzilla, Les 3 Royaumes, Battle Royale 2, Tigre et Dragon, Hero – qui est à ce point mon film préféré que je ne sais même pas comment en parler -, et bien sûr Les 7 Samouraïs de Kurosawa. J’en oublie sûrement.
    Mais d’un point de vue générale, j’ai toujours eu une préférence pour le cinéma de Hong-Kong, bien plus que pour le cinéma nippon.

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  5. Aer dit :

    Mais Zu c’est tout simplement la quintessence ultime du nanard de Hong-Kong, on ne peut pas ne pas aimer Zu, c’est si… Brut de décoffrage !

    Sinon y’a Gozu en très bon film sur les yakuza. De Miike Takashi. Aussi.

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  6. Hero7 dit :

    j’ai bien apprécié ton billet
    pour l’essentiel des films qu’on a en commun on arrive au même conclusion même si j’ai pas encore trouvé une raison pour m’engloutir Battle Royal.
    Pour m’a part après les multitudes frustrations devant un jeu d’acteur que j’arrivais pas à sacquer, je garde de bon souvenir que de quelques un que t’a pas dans ta liste dont
    pour la corée : « ma femme est un gangster » et « bittersweetlife »
    pour HK : « new police story » surement le meilleur jackie chan; « infernal affair » best asian movie ever; « SPL »
    pour le japon: « the returner » le film qui m’a reconcilié avec le cineasie

    par contre je supporte de moins en moins les decors excessif de certains films récent et comme toi j’ai une préférence pour les HK puis la corée au second palier.

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