Tora Dora : Tigre (nain) et (gentil) Dragon

Je m’apprête à dire du bien d’un anime diffusé en 2008. Oui, bon, je sais : classer les animes par année de diffusion, c’est un peu léger, mais je fais avec.
Tora Dora – ou Toradora, je ne sais pas lequel des deux se dit vraiment, même si je crois que la logique voudrait que ce soit Tora Dora. Tora Dora, donc, est un anime qui aura réussi à me toucher, et c’est en partie pour cela que je l’ai apprécié.

Fils d’un petit truand, Ryuji a hérité de son père un regard effrayant, qui contraste singulièrement avec sa personnalité de garçon aimable et serviable. Au lycée, tout le monde le prend pour un délinquant et s’en méfie comme de la peste.
Taiga, quant à elle, ressemble à une petite poupée. Pourtant, son caractère violent en fait la terreur de ses condisciples.
Leur rencontre risque de faire des étincelles.

Cet anime de 25 épisodes démarre donc comme une comédie parfaitement classique, avec deux personnages haut en couleur qui vont, bien malgré eux, se retrouver liés l’un à l’autre, pour le meilleur et surtout le rire. Et par derrière, nous découvrons une légère trame amoureuse.
Plus que sur son couple vedette, Tora Dora repose sur un quintette de personnages.
Ryuji : Un garçon intelligent, mais qui complexe terriblement à cause d’une apparence trompeuse ; la plupart des personnes qu’il croise prennent peur à sa seule vue, persuadées d’avoir affaire à un délinquant, alors qu’il s’agit d’une véritable crème : il s’occupe de toutes les tâches ménagères chez lui, travaille bien à l’école, une perle rare. Il aime Minori en secret depuis des années, mais est trop timide pour lui avouer.
Taiga : Le contraire parfait de Ryuji dans le sens où elle ne risque pas de faire peur à qui que ce soit avec son physique de lolita ; sauf que quiconque s’en approche de trop près risque de le regretter. Fille d’une famille riche avec qui elle a coupé les ponts (tout en comptant sur les virements bancaires de son père), elle peut se montrer d’une rare violence, et se vexe facilement. Elle craque sur Yuusaku depuis qu’il lui a fait sa déclaration d’amour, mais sur le coup, l’avait repoussé avec sa « douceur » habituelle ; donc elle n’ose plus se rapprocher de lui.
Yuusaku : Vice-président du conseil des élèves du lycée, c’est un garçon un peu « étrange » ; déjà, c’est le seul qui ait eu suffisamment d’inconscience pour approcher Ryuji, et donc découvrir derrière son regard de psychopathe un garçon doux et sensible. Pour le reste, ses réactions ont souvent tendance à étonner son entourage, mais tous louent ses compétences en tant que vice-président, et chef de classe.
Minori : En terme de bizarreries, elle n’a rien à envier à Yuusaku. Meilleure amie de Taiga (c’est aussi la seule), elle s’investit à fond dans tout ce qu’elle fait : sport, baito (petits boulots), amitié ; il n’y a qu’au niveau des études que cela bloque légèrement. Elle apparait toujours enjouée et déterminée, et souhaite faire le bonheur de son entourage.
Ami : Amie d’enfance de Yuusaku, elle pose en tant que mannequin pour des magasines ; ce qui ne l’empêche pas d’aller à l’école. Elle aime se donner un rôle de gentille benette, alors qu’en réalité, elle n’est ni spécialement gentille – elle aurait même plutôt un sale caractère -, ni idiote ; et elle sait parfaitement jouer de ses charmes. Vue sa personnalité, ses relations avec Taiga sont pour le moins tendues.

Dans un premier temps, Tora Dora ne propose rien que de très classique, mais cela fonctionne à merveille : Ryuji et Taiga forment un duo à la fois attachant et hilarant, et les comportements fantasques de leurs petits camarades ajoutent encore un peu de piment dans l’affaire. Vraiment, j’ai trouvé que cet anime constituait une comédie efficace et divertissante, même si pas particulièrement brillante dans les situations qu’elle propose ; certaines, comme la sacro-sainte fête du lycée, sont parfaitement prévisibles, tout en restant réussies.

Pourtant, Tora Dora va progressivement changer de registre, de façon très subtile. Rapidement, nos héros s’associent pour arriver à leur objectif : se rapprocher du meilleur ami de l’autre. L’intrigue amoureuse intervient dès le début, mais cela passe alors pour ce que j’appellerais un School Rumble-like : les tentatives de conquêtes de l’autre sexe ne sont jamais que des moyens d’apporter des gags supplémentaires.
Sauf que cela ne dure pas, et que les relations entre les protagonistes finissent par prendre le pas sur le délire. Nous passons au fur et à mesure des épisodes d’une comédie à un drame, les personnages se révélant, les amours impossibles luttant face à l’amitié.

Même si cela m’a, personnellement, un peu choqué d’observer une telle évolution dans la nature même de la série – je m’attendais à une comédie loufoque du début à la fin -, j’ai été touché par les sentiments des personnages, par leurs réactions, et finalement, j’en suis même arrivé à verser ma petite larme à certains moments de l’histoire.
Après l’avoir regardé en entier, je crois que là se situe la force de Tora Dora : l’évolution des personnages mise en parallèle de l’évolution de la série elle-même, sa puissance comique confrontée aux sentiments mis à nus de Taiga et Ryuji, cette alchimie si complexe qui finit par naître dans cet anime. Alors il y a des passages qui deviennent un peu lourds, mais au final, j’ai trouvé là une série qui m’aura fait rire, fait ressentir les joies et les peines de ses lycéens finalement comme tout le monde, fait pleurer, et finalement m’aura plu.
Oui, c’est une jolie série.

Pour finir, je rajouterai tout de même que cet anime aurait eu du mal à s’en sortir sans cette légère évolution, du moins aurais-je eu du mal à le supporter. Son humour seul n’aurait jamais suffi, car il serait devenu lassant au fil des épisodes ; il commence à montrer quelques faiblesses vers le milieu de la série. De même, 25 épisodes de relations amoureuses un peu larmoyantes auraient été une torture. Mais là, le mélange arrive à prendre sans qu’un côté prenne le dessus sur l’autre, et le résultat est réussi.
C’est décidément une jolie série.

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16 commentaires pour Tora Dora : Tigre (nain) et (gentil) Dragon

  1. Sirius dit :

    Ouais Toradora en vaut largement la peine et prouve à nouveau que 2008 c’était pas si mal que ça. C’est exactement ça : un bon dosage d’humour et de romance. J’ai eu un gros coup de cœur pour Minori qui est bien zarb sur les bords avec ses propos sur les fantômes et OVNI et s’avère très touchante.

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  2. Eacil dit :

    Je suis le seul à m’être bidonné en entendant dans le premier skouetch une histoire de traumatismes et de subtilité psychologique ? Surtout en posant ça comme innovant… alors que Toradora! demeure un gros stéréotype dès que l’on occulte son humour. (Meilleure série de l’année ? WTF !)

    J’ai vraiment adhéré au délire avant de tomber dans l’insipidité toute banale de l’intrigue amoureuse. Surtout que tu fais bien de remarquer qu’une fois enclenché la seconde étape, on s’éloigne quasi définitivement du délire, ce qui fait que je me suis par conséquent définitivement coupé de mon plaisir. La fin fut pour moi un calvaire.
    Je trouve dommage ce genre de séries en deux temps qui se sent obligé de dévier progressivement du concept original pour devenir sérieux et retomber sur les rails des convenances.

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  3. gemini dit :

    Eacil >> Je comprends tout à fait ton ressenti. La différence est assez forte entre les deux parties, et celle humoristique est plus facile à regarder que la seconde, qui virerait presque au Clannad ; un épisode de plus de romance, et j’aurais eu envie de frapper les personnages, déjà que cela me démangeait bien sur la fin avec l’ultime connerie de Taiga :/

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  4. Rukawa dit :

    Eacil : en même temps dans le 1er skouetch, ils ont parlé de je sais plus combien de série, seul Tetho a cité des anime avec un scenario ou qui n’est pas QUE du moe + FFenril qui a résumé Code Geass. Fallait bien trouver des arguments pour motiver les leechers.
    Donc en voyant la liste des invités fallait pas t’attendre à autre chose de leur part.

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  5. Tabris dit :

    Le seul truc qui m’a énervé dans le passage au romantico-dramatique, c’est l’entêtement acharné des personnages féminins à ne pas exprimer leurs sentiments de façon explicite. Sur quelques épisodes, c’était devenu extrêmement énervant et agaçant à regarder, où je me voyais dire tout haut « bordel dis le lui !! »

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  6. cyberpenpen dit :

    J’ai eu également du mal à accepter la seconde partie de la série. L’omniscience d’Ami m’avait de plus en plus agacée au fil de l’histoire, les intrigues amoureuses devenaient extravagantes tout en restant plongées dans le drame (c’est un mélange qui fait mal) et les leçons que tiraient les personnages de leurs aventures me donnaient mal à la tête de par leur trajet, digne des montagnes russes (le sommet étant atteint par le long discours de Minori sur « l’ultime connerie » de Taiga dans le dernier épisode). Je retiens donc plutôt la première partie très réjouissante et la réalisation de bonne facture comme points positifs, même si effectivement il aurait été un peu difficile de tenir juste ainsi l’intérêt pendant 25 épisodes.

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  7. Axel Terizaki dit :

    Toradora est peut-être une comédie romantique somme toute banale, mais elle est déjà plus originale quand on s’intéresse aux relations entre les personnages. Un peu comme Kimikiss on a pas qu’un seul couple dans l’histoire et c’est assez fun au final.

    P’têt pas la meilleure série de 2008 pour moi mais clairement un bon moment.

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  8. Eacil dit :

    La meilleure série 2008, c’est Kaiba, d’abord. Nha !

    Sinon, je pense que le dialogue totalement surréaliste sur les spectres entre Minorin et Ryuuji signe la décadence de la série et est totalement représentatif de la suite. (Du non-dit pour des longueurs.)
    Certains y ont vu un truc profond et émouvant, tellement métaphysique qu’ils se sont sentis tout drôle devant tant de subtilité. Moi, j’ai cru qu’ils continuaient dans la blague mais j’ai vite compris dans la douleur et l’hébétude que ce n’était pas le cas.

    Rukawa> Donc tu insinues qu’ils n’étaient pas en accord avec les opinions qu’ils ont prononcées ?

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  9. Deuz dit :

    Le character design (Ryuji surtout) me branche carrément, pour ce que je vois sur ces photos. Rien que pour ça, j’ai déjà envie d’y jeter un coup d’oeil. Et puis le côté seconde partie plus sérieuse n’est peut-être pas forcément un mal, comme ton article le laisse entendre. Par exemple, qui n’a pas décroché lors de la seconde saison de school rumble, tant la série devenait du grand n’importe quoi cherchant la blague facile à tout prix (alors que la première était vraiment cool, avec une bonne fin et tout, snif)? Enfin je dis ça, mais pour l’instant je n’ai rien vu… à voir donc ^^

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  10. Jacut dit :

    Excellente série en effet, beaucoup plus profonde que certains semblent le penser, très bien animée sur les 25 épisodes que compte la série(en temps de crise et de réduction drastique des budgets, c’est suffisamment rare pour être souligné) et surtout extrêmement bien mise en scène avec une grosse maitrise de l’instrument dramatique sans tomber dans le ridicule (bon ok ça arrive une fois ou deux, mais on est loin d’un Vampire Knight ou d’un Nana). Et puis, quand on voit un développement des personnages de cette qualité dans un comédie romance avec une vraie incertitude et un renouvèlement constant jusqu’aux trois quarts de l’anime, ça vaut pas le coup de sabrer le champagne non? Son seul défaut pour moi, c’est sa fin, et donc sa « rewatch value », qui est assez faible de mon point de vue.

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  11. mt-i dit :

    Eacil: c’est moi qui ai parlé de subtilité psychologique du personnage de Taiga, et je veux bien le soutenir autant que tu voudras.

    Évidemment, c’est un titre qui s’adresse à un public particulier, qui s’insère dans un genre particulier ayant ses codes narratifs, et qui doit donc se comprendre dans ce schéma. Si l’on s’arrête à une lecture superficielle des personnages, ils vont naturellement faire référence à des archétypes, et l’on ne saisira pas de quelle façon l’écriture s’en joue et les dépasse.

    C’est un peu comme la plaisanterie du scénariste qui vient voir un producteur avec un scénario de 300 pages. Élaguez, élaguez lui fait le producteur, qui n’a certainement pas le temps de lire tout ça. Alors le scénariste compresse et revient avec une centaine de pages. Encore trop long! Une semaine et il peut présenter un synopsis de 5 feuillets. Le producteur les pose au coin de son bureau et lance : « Bon, vous ne voulez pas être succinct alors on va faire simple, il parle de quoi votre film? — C’est l’histoire d’un amour impossible… — Ah ça ne va pas être possible, ça a déjà été fait dans Roméo et Juliette ».

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  12. Exelen dit :

    Il faut vraiment que je tente de redonner une seconde chance a cette serie, vu tous les avis dessus et qui ont l’air plutot positifs (surtout sur le personnage de Minori, qui a l’air visiblement d’avoir pas mal de fans).
    Merci pour cet article en tout cas, ca me donne envie de me repencher plus serieusement sur cet anime.

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  13. Trit' dit :

    Exelen : tu l’as toujours pas fait depuis ce que je considère comme un appel au secours pour que tu veuilles bien lui donner cette deuxième chance ? °0°

    Minori (Minorin !) ? On ne peut pas la retranscrire par des mots pour les épisodes 1-13 (où je me disais : « que va-t-elle faire cette fois-ci ? » XD) ! Mais on peut le faire pour les suivants, en revanche… :O/

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  14. Olivia dit :

    Ses vraiment trop bien.Moi qui étais tous le temps su PRETEAR ses mon frère qui ma pousser a regardé sa et frenchement ses … SUPERRRRRRRRR CCCCCCCCOOOOOOOOOOOOLLLLLLLLL!!lol

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  15. Kevin dit :

    Bonjour !Pourrais tu éviter de spoiler a mort stp ?

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