La Zone – Go Nagai

En matière d’animation japonaise et de manga, j’ai trois maîtres, trois auteurs que je considère comme mes références. Après Osamu Tezuka, le premier, je transferts maintenant les reviews consacrées au second : Go Nagai.

ANIMES !

Black Lion (1 OAV – 1992)
Histoire : A l’aide d’armes venues d’un autre temps, Nobunaga Oda poursuit sa conquête du pays. A ses côtés l’immortel Ginnai Doma, dont la haine profonde envers les ninja lui a valu le surnom de « Tueur de Ninja ».
Les clans Iga et Koga doivent s’unir pour vaincre Ginnai. Shishimaru, jeune ninja du clan Iga, souhaite plus que tout se venger de celui qui a tué son amie Oyu.
Critique : Nous connaissons Go Nagai avant tout pour ses robots géants, ses démons, et ses héroïnes sexy. Pourtant, dans sa longue carrière, il a aussi travaillé sur les samourais ; ou du moins sur l’époque des samourais, et plus précisément sur les ninja. Ce n’est pas très étonnant de la part d’un auteur appréciant les personnages à la forte personnalité et les combats épiques et violents : il pouvait trouver dans ce genre tout le matériel brut qu’il lui fallait.
Black Lion est une OAV de 1992, pourtant sa qualité technique pourrait le faire passer pour une oeuvre beaucoup plus récente tant elle est réussie sur ce plan. Le fait que ce soit un anime prévu directement pour la video a permis au studio responsable de l’adaptation de ne pas lésiner pour ce qui est de la violence, des boyaux et autres viscères, et bien sûr des litres de sang répandus sur le sol.
L’histoire se focalise sur la confrontation entre Ginnai et les ninja, et même si nous entrevoyons un monde vaste et développé, nous n’en découvrirons finalement rien. Et c’est ce qui est dommage : Black Lion en anime ne donne qu’un léger aperçu de Black Lion en manga, si bien que de nombreuses questions resteront sans réponse, comme celles concernant la présence d’une technologie futuriste, considérée comme anachronique par un des personnages. Le but de cette OAV – tout comme celles de Gunnm ou de Angel Sanctuary – semble avant tout de pousser les spectateurs à découvrir l’oeuvre d’origine. Ce qui ne sert à rien pour nous étant donné que ce manga n’est pas disponible en langue française.
En lui-même, Black Lion est un anime limité. Il ne propose qu’une longue confrontation certes prenante, mais basique ; et surtout, comme je l’ai déjà précisé, ce n’est qu’un « extrait » de l’histoire.
Verdict : Une OAV dispensable, sauf pour les fans de Go Nagai.

Cherry Miel (25 épisodes – 1973)
Histoire : Cherry Miel voit son père mourir sous ses yeux, victime des Panthères Grises, et ne rêve que de vengeance ; avant de mourir, ce dernier lui révèle qu’elle est en fait un robot, capable de prendre n’importe quelle apparence grâce à un appareil, le catalyseur multiplicateur. De leur coté, les Panthères Grises veulent mettre la main sur la puissance du catalyseur multiplicateur.
Critique : Des combats, de l’humour, et des petites culottes, le tout dans un univers disco/flower power psychadélique et décapant. Voilà qui fit le succès de cette série en son temps, qui pourrait bien le refaire si on lui donnait l’occasion ; ce ne sera certainement pas le cas, car cet anime date quand même beaucoup, et ça se voit : rien qu’au niveau de l’animation, on se croirait dans une série de Hanna et Barbera (Scooby-Doo, Capitaine Caverne, etc…). Mais pour moi, ce n’est pas grave, car cet anime est vraiment excellent, même si, comme pour toutes les séries de Go Nagai, tous les épisodes se ressemblent : un ennemi arrive, Cherry Miel le met sur orbite, l’épisode est fini ; de quoi lasser un peu, mais la série ne fait que 25 épisodes, et c’est tout de même plus varié que pour Goldorak. A part ça, je dirais que la musique (disco powa !) est excellente.
Aujourd’hui, Cherry Miel serait un ovni, mais un très bon ovni, qui vaut le détour. Quand on le voit, on se rend compte que l’excellent Re : Cutie Honey n’est finalement qu’un hommage à cette grande dame de l’animation qu’est Cherry Miel.
Verdict : Un passage obligé pour tout amateur de oldies.

Dante, Seigneur des Démons (13 épisodes – 2002)
Histoire : Depuis que Ryo a commencé à faire ces étranges cauchemars, il ne sort presque plus de chez lui. Il y voit un monstre gigantesque, et des hordes de démons attaquer des humains dans un immense bain de sang. Le pire reste cette scène, si réaliste, dans laquelle une jeune femme se fait arracher le cœur. Un jour, il découvre que ce n’était pas qu’un simple rêve, et que la femme qu’il y apercevait s’est vraiment faite assassiner.
Critique : En regardant cet anime, j’ai trouvé qu’il oscillait entre le bon et le très mauvais. Les idées de base sont excellentes, et alors qu’il semblait au début s’acheminer vers un affrontement classique en un remake de Devilman, ce n’est finalement pas le cas et le scénario m’a surpris ; une gageur pour une série de Go Nagai, d’habitude si prévisible. Mais si le concept est bon, je ne peux en dire autant du résultat. Déjà, l’animation est minimaliste, les graphismes juste corrects, et les scènes d’action manquent cruellement d’intensité. Mais c’est surtout au niveau du scénario qu’il y aurait eu du travail à faire : les plans des différentes forces en présence sont totalement hermétiques, à la finalité douteuse et généralement incompréhensibles – je suspecte Hydargos et Minos, de la série Goldorak, d’être les conseillers des personnages de Dante pour ce qui est d’élaborer des stratégies – les épisodes passent du coq à l’âne de l’un à l’autre, si bien que j’ai plusieurs fois pensé en avoir sauté un en route sans le vouloir, et malgré un format assez court, je me suis parfois ennuyé.
Il y avait de l’idée et de l’originalité – c’est notable pour ce genre de série – mais je la qualifierai au final de ‘‘foireuse’’. Il y a beaucoup trop de choses à revoir…
Verdict : On oublie et on passe à autre chose.

Getter Robo Armageddon (13 épisodes – 2000)
Histoire : Pendant les années qu’a duré la Guerre Lunaire contre les Envahisseurs, la Getter Team a accompli des miracles. Les choses ont bien changé depuis le retour de la paix : Michiru a péri lors du test du dernier Getter Robo, et Ryoma a été emprisonné suite au meurtre du professeur Saotome.
Mais alors que le monde le croyait mort, Saotome refait surface à bord du monumental Shin Dragon, et menace de déclencher l’Armageddon. Ryoma est libéré pour reprendre les commandes du Getter Robo et le stopper, mais cela suffira-t-il ?
Critique : Alors ce qui est génial dans Getter Robo Armageddon, c’est que les auteurs ne se sont pas du tout soucié de la logique et des lois de la physique ; le scénario tient avec des ficelles grossières, et la réflexion la plus aboutie dont sont capable les personnages est du genre : « on va stabiliser ce réacteur nucléaire en lui tirant dessus ! » Donc ne cherchez pas les subtilités de cette série ou sa cohérence : il n’y en a pas. Là, c’est du bourrinage primaire, dans un monde apocalyptique bien noir, où la surface terrestre est devenue inhabitable et peuplée de gros envahisseurs bien moches et bien méchants, auxquels nous sommes gré d’être organiques et non mécaniques : ça permet de foutre de la chaire putride et quelques kilolitres de fluides visqueux par terre pendant les combats. Les personnages sont soit idiots soit fêlés – parfois les deux à la fois – et généralement du genre à foncer avant de réfléchir (shonen inside). Le graphisme, c’est du Go Nagai – donc faut aimer le genre – l’animation n’est pas mal, les méchas sont parfois bien classes, ça se bastonne et ça vire carrément au délire sur la fin.
C’est un anime à voir en pleine connaissance de cause ; sinon, ça risque de surprendre.
Verdict : Si vous avez besoin de voir un truc défoulant et que vous n’en avez rien à foutre de la logique.

Goldorak (74 épisodes – 1975)
Histoire : La Terre est menacée ; les troupes de Véga, du grand Stratéguerre, s’apprêtent à l’envahir grâce à de redoutables robots géants. Le seul espoir de la Terre réside en Goldorak, la terrible machine de combat, et son pilote, Actarus, dont la planète a été détruite par Véga. Dans sa lutte, il pourra compter sur de nombreuses aides.
Critique : Comment voulez-vous parler d’un anime qui a à ce point marqué votre enfance, et qui est sans doute en grande partie responsable de votre basculement dans l’animation japonaise en général, les robotto en particulier ? Surtout si c’est pour, potentiellement, ne pas en dire du bien ?
Le problème est le suivant : arrivé à un âge plus avancé, certaines failles me sont apparues clairement, comme son scénario identique à chaque épisode, et l’inefficacité à peine concevable des méchants. Le tout rendant presque impossible l’enchainement de deux épisodes. Et puis zut, on s’en fout ! Il suffit juste de ne pas regarder plusieurs épisodes de suite, et Goldorak diffuse toute sa saveur : ses combats, son héros charismatique, ses robots impressionnants, un humour parfois très con mais efficace, notamment grâce à quelques protagonistes pas piqués des hannetons – Ah, Rigel et son Club des Amis de l’Espace -, le tout avec une musique exceptionnel, l’ambiance des années 70, et de beaux sentiments.
Oui, c’est caricatural. Oui, c’est basique. Oui, c’est vieux. Mais qu’est-ce que c’est bon !
Verdict : Cet anime gardera toujours une place très particulière dans mon cœur.

Goldorak VS Great Mazinger (1 film – 1976)
Histoire : Les armées de Vega décident de voler le légendaire robot Great Mazinger afin de pouvoir contrer Goldorak.
Critique : Le scénario (ou plutôt l’absence de scénario) n’a pour but que de faire s’affronter deux légendaires robots géants de Go Nagai, mais ce n’est pas grave. Cela reste un excellent film, de meilleure qualité technique qu’un épisode même s’il est identique dans son développement, et représentatif de tout ce que l’on peut aimer dans Goldorak : c’est passionnant et prenant, quoique TRES prévisible.
Verdict : Vous aimez Goldorak ? Vous devez voir ce film.

Kekko Kamen (2 OAV – 1991)
Histoire : L’Institut Spartan a pour vocation de former l’Elite ; et aux yeux de son principal démoniaque, tous les moyens sont bons pour y parvenir. Outre une discipline excessive, cette école dispose d’un professeur de punition, chargé de s’occuper de manière extrême des élèves les plus déméritants. Mais Kekko Kamen, justicière des temps modernes, est prête à tout pour faire disparaître ces méthodes barbares.
Critique : Si cette série devait sortir en France, elle porterait au minimum la mention « interdit au moins de 16 ans » ; même s’il n’y a rien ici de sexuel au sens strict du terme, les scènes de nudité totale sont légion.
En effet, le personnage de Mayumi s’affiche comme victime chronique des différents professeurs de punition sadiques et pervers, et se retrouve systématiquement dénudée bien malgré elle. Mais surtout, il y a Kekko Kamen, héroïne dont l’habillement se compose d’un masque, d’une paire de gants, d’une autre de bottes, d’un nunchaku, et… c’est tout ! Elle ne porte rien d’autre ! Même pas un string ! Rien, vous dis-je ! Même Cutie Honey, autre femme fatale imaginée par Go Nagai, en deviendrait rouge de honte. Et c’est sans parler de ses techniques d’attaque, dont je vous passerai les détails.
Le fanservice débridé et l’ecchi pur devraient énormément plaire aux pervers les plus exigeants, qui ne se satisfont pas d’un coup d’oeil furtif sur une culotte blanche ; ici, on ne peut même plus parler de « pantsu », tant elles ne tiennent pas longtemps lorsqu’il y en a.
L’ecchi est poussé à l’extrême, à un point tel qu’il en devient ridicule. Et c’est ça, le but.
Autour d’une histoire rocambolesque au possible, et des personnages aussi farfelus que dérangés, l’auteur s’est amusé à parodier les séries d’action sur fond d’un ecchi utilisé à son paroxisme. Et franchement, je me suis marré. Une fois passé le choc premier, les personnages caricaturaux et les techniques employées ne peuvent que faire rire tant ils sont ouvertement ridicules. Attention, cela ne veut pas dire pour autant que c’est un anime à mettre entre toutes les mains, bien au contraire ; relisez ce que j’ai dit à la première ligne de ma critique.
L’anime date de 1991, mais ce sont des oav, donc ça reste techniquement plus que correct, sauf peut-être au niveau de l’animation. La musique, par contre, est excellente. J’ai aussi trouvé que la gestion des mimiques donnait un plus humoristique non négligeable.
Mon seul reproche concerne un certain manque de goût, au début, où l’on retrouve des adeptes SM en costumes nazi, une fille crucifiée sur une croix gammée, et une prof de punition appelée Gestapoko ; en tant qu’européen, ça choque beaucoup plus que la surrenchère de chair nue.
Kekko Kamen, c’est Cutie Honey en pire. C’est de l’ecchi (amusez-vous à compter le nombre de fois où j’ai dit ce mot dans cette critique), de l’humour, et de l’action ; et le mélange donne un résultat délirant, que j’ai adoré.
Verdict : A ne pas mettre entre toutes les mains, mais c’est bien fendard comme anime.

Kotetsushin Jeeg (13 épisodes – 2007)
Histoire : Cinquante ans ont passé depuis que la reine Himika et l’Empire Jama ont été scellés sur Kyushu. L’île est depuis inaccessible.
Kenji est un lycéen ; il partage son temps entre l’école et les courses de moto. Le jour où l’Empire Jama refait surface, il apprend qu’il a été choisi pour devenir le nouveau pilote du Jeeg, le robot qui avait vaincu ce redoutable ennemi en son temps.
Critique : C’est du Go Nagai. Ce simple fait induit tout le reste pour cette série : c’est du mecha, c’est ultra-basique, mais c’est un bon défouloir pour ceux qui sauront l’apprécier. Le format assez court permet de nous épargner le schéma classique « un épisode – un ennemi », c’est plus violent que les animes de Go Nagai des années ’70, et le fonctionnement du robot, basé sur le magnétisme, donne lieu à de nouvelles possibilités, notamment dans les affrontements.
Par contre, malgré la présence de nombreux flash-backs sur l’anime d’origine de 1975 pour permettre aux néophytes de tout saisir à l’univers de la série, j’ai parfois eu l’impression de passer à côté de certains aspects de l’histoire. Ce n’est peut-être qu’une impression, mais cela reste frustrant. L’autre petit reproche que je ferai à cet anime, c’est le même que pour d’autres animes récents estampillés « Go Nagai » : il manque le côté désuet et l’ambiance des séries d’origine. Par exemple, le côté psychédélique/flower-power typique de son époque qui caractérisait le premier anime de Cutie Honey apportait un véritable plus ; mais là, il n’y a plus d’équivalent.
Cet anime peut se résumer en deux mots : « Go Nagai ». Donc si vous aimez d’autres séries de l’auteur, ça devrait passer sans problème. Si vous y êtes allergiques, vous retrouverez ici tout ce que vous détestez. Et si vous n’avez jamais essayé, ce n’est pas nécessairement l’anime par lequel vous devriez commencer.
A noter que les fans de l’auteur pourront ici s’amuser à noter les nombreuses références à ses autres titres, de Cutie Honey (j’ai bien aimé l’apparition de l’émule du professeur Alphonsine) à Abarashi Family.
Verdict : Un anime plutôt pour fan du genre.

Re : Cutie Honey (3 OAV – 2004)
Histoire : Honey Kusaragi était la fille unique du Pr Kusaragi avant de mourir dans un accident de voiture. Son père l’a recrée à partir des nano-machines, lui donnant ainsi un corps de robot (qui nécessite pas mal d’énergie), et de fabuleux pouvoirs, comme celui de prendre n’importe quelle apparence. Mais à son réveil, Honey découvre que son père a été assassiné par les Panther Claw ; depuis, elle ne rêve que de revanche.
Critique : Re : Cutie Honey, ce sont 3 OAV d’exception, et un hommage magnifique à Go Nagai (d’ailleurs, on voit nombre de ses personnages en figuration, comme Akira ou Duke Fleed). Pour aller plus loin, je dirais que tout dans cette série est merveilleux. Déjà, il y a le scénario : simple, mais particulièrement efficace. Ensuite, il y a le graphisme et l’animation : dingues, décalés, « toonesques » même, mais de tellement bonne qualité. Puis, il y a l’humour, bien sûr : c’est extrêmement drôle. Pour finir, cet anime est prenant, palpitant, et l’on ne s’ennuie pas une seconde lors de ces 3 oav de 45 minutes chacun. J’allais oublier la musique, sans quoi cette mini-critique aurait moins de sens : elle est excellente et colle toujours à l’action à la perfection. Si vous êtes pervers, vous trouverez encore un avantage supplémentaire à cet anime signé Hideaki Anno, mais nul besoin de l’être pour l’apprécier, voire l’adorer.
En tout cas, j’ose dire, sans penser me tromper, que Re : Cutie Honey est l’un des meilleurs animes récents, et je sais de quoi je parle : à la fin, j’ai versé une larme non pas de tristesse, mais de bonheur.
Verdict : C’est de la balle !

Shin Getter Robo (13 épisodes – 2004)
Histoire : Pour contrer les attaques des Onis, le professeur Saotome a construit le Getter Robo, une formidable machine de guerre. Mais aucun des pilotes qui sont montés à bord n’a réussi à supporter la puissance de l’engin. Pour contrôler ce robot exceptionnel, il ne reste plus au professeur qu’à trouver des individus eux-mêmes exceptionnels.
Critique : Pour cette version de Getter Robo, l’auteur a misé sur une ambiance sombre et sanglante, et sur des personnages beaucoup plus dangereux et violents qu’à l’origine. C’est la guerre entre les Onis et les humains, et ces-derniers en sont des victimes directes ; pas de complaisance : les combats n’ont pas toujours lieu dans des endroits déserts. Bien que le début soit semblable à toutes les oeuvres de Go Nagai et reprenne le style « tokutatsu » cher à l’auteur, la suite innove, et le résultat est surprenant. Malheureusement, tout cela manque de logique, ou peut-être d’explications : on a parfois l’impression que l’histoire part dans tous les sens, mais cela permet d’apporter quelques réflexions ; mais bon, on en vient parfois presque à regretter le système « un épisode – un ennemi » basique. Les combats font l’intérêt majeur de cet anime, il faut dire que c’est aussi ce qui a fait la popularité de Go Nagai, alors il maîtrise bien son affaire ; les quelques questions posées en parallèle sont bien amenées. Techniquement, l’animation est bonne, mais les graphismes sont surprenants, surtout concernant les énormes lignes noires qui soulignent chaque trait des personnages et des méchas ; mais on s’y fait vite. La musique est excellente.
Shin Getter Robo n’est pas à mettre entre toutes les mains du fait de sa violence pure, et parfois de son obscènité ; ou du moins, à ne pas faire voir aux plus jeunes et aux détracteurs des manga qui pourraient alors donner de l’eau à leur moulin. J’ai apprécié le côté défouloir de cet anime, mais « à cause » de sa tentative d’innovation par rapport au genre, il manque parfois de logique. Et j’ai tout à fait conscience qu’il ne plaira pas au plus grand nombre.
Verdict : Comme souvent avec ce genre d’animes : à réserver aux fans du genre.

Shin Getter Robo VS Neo Getter Robo (4 OAV – 2000)
Histoire : Cinq années ont passé depuis le sacrifice de Musashi et l’apparente destruction de l’Empire des Reptiles.
Conscient que la paix pourrait n’être que provisoire, Jin Hayato est à la recherche de pilotes pour sa nouvelle machine de combat : le Neo Getter Robo.
Critique : J’aime bien voir différentes versions de Getter Robo ; cela permet d’entretenir le mythe, tout en exploitant d’autres possibilités. Et de ce côté, cette série d’OAV n’est pas exceptionnelle, beaucoup moins originale que les versions « Shin » et « Armageddon ». Shin VS Neo se contente de nous offrir une trame plate mais efficace, avec 3 nouveaux pilotes qui sont loin d’avoir le charisme des anciens.
Seule la toute première scène de l’épisode 1 s’avoue exceptionnelle dans cette série, mais le reste permet tout de même de passer un moment agréable.
Verdict : Un anime médiocre.

Uchû Enban Dai-Senso (1 épisode – 1975)
Histoire : Suite à la destruction de sa planète, Duke Fleed s’enfuie à bord du plus puissant vaisseau ennemi.
Arrivé sur Terre, il s’y cache sous l’identité de Umon Daisuke, un simple garçon de ferme.
Mais un jour, ses poursuivants le retrouvent.
Critique : Tout est dans le résumé : Uchû Enban Dai-Senso est tout simplement le prototype de UFO Robo Grendizer (Goldorak), son épisode pilote.
Un épisode avec autant de différences que de points communs avec l’oeuvre définitive, donc les fans pourront s’amuser à comparer les deux ; pour ma part, je comprends désormais mieux pourquoi le nom VO d’Hydargos est « Blacky ».
A part ça, Uchû Enban Dai-Senso donne un bon aperçu de la série, avec ses qualités, mais il est trop court et donc la fin un peu abrupte ; dommage, 10 minutes de plus n’auraient pas été de trop. On notera surtout une conclusion intéressante et très différente de Grendizer.
Verdict : Vous êtes curieux et vous appréciez Goldorak ? Sinon, passez votre chemin.

CINEMA !

Cutie Honey – Live Action Movie (1 film – 2004)
Histoire : Kisaragi Honey, alias Cutie Honey, est une fille robot capable de revêtir n’importe quelle apparence et possédant une force phénoménale. Suite à l’enlèvement de son oncle, le professeur Utsugi, par les Panther Claws, Honey va découvrir que c’est le même groupe qui a assassiné son père un an plus tôt.
Dès lors, Honey va partir en guerre pour libérer son oncle et venger son père. Pour se faire, elle est aidée de Nat-chan, une flic de choc, et de Seiji, un mystérieux journaliste qui semble en savoir long sur la belle combattante.
Critique : Procédons par point.
La base scénaristique ne peut pas être originale étant donné que la série elle-même existe depuis 30 ans avec la même base (la fille robot, les transformations, et les Panther Claws qui ont tué son père). Le développement du film en lui-même est très classique, dans un pur style manga/jeu video, puisque Honey affronte tous les ennemis les uns après les autres jusqu’au boss de fin dans son antre.
Pour la musique, aucune surprise : c’est la même depuis 30 ans ; elle a juste été réenregistrée et actualisée. Mais du disco reste du disco. J’adorais celle de la première version, alors j’aime aussi celle de la nouvelle.
Les effets spéciaux sont… Euh… Visibles comme le nez au milieu de la figure. Mais dans certains cas, c’est fait exprès, puisque ce sont des morceaux d’animation qui sont utilisés. Le résultat est surprenant, mais vraiment réussi. Mais dans l’ensemble, c’est quand même trop visible quand cela ne devrait pas l’être.
Mais bon : C’est drôle, tout simplement. Un petit délire, synthèse improbable des animes, des mangas, des sentaï, et de grands moments d’autodérision (enfin, on espère que c’est de l’autodérision, car sinon, c’est grave). Il y a beaucoup d’action, d’excellentes idées, et quelques scènes géniales, comme la première ou le combat entre Honey et Black Claw. Ceux que ça intéresse pourront aussi contempler la plastique irréprochable de l’actrice principale. Un petit détail qui gâche un peu le plaisir : c’est franchement surjoué (ou mal joué, c’est au choix) ; mais bon, je suis sûr que vous vous en doutiez
Un film à voir au moins une fois mais à ne surtout pas prendre au sérieux. Avec ses effets spéciaux mangas, son rythme d’anime, ses personnages loufoques et attachants, et sa réalisation venue d’ailleurs, ce film est un ovni qui ne plaira certes pas à tout le monde mais qui ravira ceux qui l’accepteront comme tel. Pas besoin d’être fan de Cutie Honey, ou même de la connaître. Pour moi, c’est la meilleure adaptation de manga en film (avec Crying Freeman) ; ce n’est pas grand chose pour autant, mais c’est vraiment sympa.
Verdict : Pour voir ce film, il faut avoir l’esprit ouvert et pouvoir le prendre au second voire au troisième degré.

Devilman (1 film – 2004)
Histoire : Ryo et Akira sont amis depuis l’enfance, alors que tout les sépare : si le premier est aussi brillant qu’il peut être violent, le second est plus calme et banal.
Leur vie bascule le jour où les Démons sont libérés et commencent à se déchaîner sur Terre. Akira se fait alors posséder par Amon, mais grâce à sa force de caractère, il arrive à conserver son coeur d’humain : il est devenu un Devilman. Avec ses nouveaux pouvoirs, il jure de protéger ceux qu’ils aiment.
Le monde ne tarde pas à découvrir l’existence des Démons, et une véritable psychose apparaît. L’humanité pourrait bien ne pas y survivre.
Critique : Décidément, dur de trouver un film japonais bon en tout point… Alors que Devilman avait un véritable potentiel – ce qui se ressent dans les thèmes abordés, ou dans certaines scènes d’action – il doit se contenter du titre de « nanar » à cause de son gros point faible : il est ridicule.
Pour une fois, ce ridicule ne vient pas que des effets spéciaux et du jeu des acteurs japonais. Enfin, ils y contribuent quand même ; il ne faut pas rêver. Le pire, c’est l’acteur principal, ce qui est évidemment handicapant : le pauvre semble incapable d’interpréter à l’écran la moindre émotion avec un minimum de crédibilité. Fort heureusement, quand Devilman atteint sa forme ultime (et non sa forme intermédiaire mal maquillée), l’acteur est remplacé par un démon en images de synthèse – comme pour tous les démons du film, en fait – ce qui permet de ne plus le voir jouer. Le problème, c’est que la qualité de ces images de synthèse est loin d’être géniale, faisant ressembler le combat final en une cinématique d’un vieux jeu de PS2 ; et encore, même celles de Final Fantasy IX sur PSX étaient plus réussies…
Mais revenons-en à notre principal problème : le ridicule. Celui-ci vient plus d’un manque de budget et de choix douteux concernant les personnages, leurs réactions, ou encore le monde du film. Un exemple concret : les humains ont peur des Démons, et créent une unité anti-Démons chargées de recevoir les délations, de les traquer, et de les emprisonner. Au final, les membres de cette unité « d’élite » ressemblent à des paysans avec des armes, sont à peine capable d’arrêter un humain faussement accusé, et nous ne pouvons qu’imaginer ce qu’ils pourraient faire (ou pas) devant un vrai Démon. Ce n’est peut-être qu’un détail, mais des détails de ce genre sont légion dans Devilman ; et mis bout à bout, vous avez un beau gâchis. Car il y a du potentiel, vraiment. Et c’est grâce à cela que j’ai pu voir le film en entier, mais à plusieurs reprises, j’ai ri à ses dépends.
L’autre adaptation récente d’une œuvre de Go Nagai – Cutie Honey – avait été conçue pour être prise au second degré ; là, ce n’est pas le cas. Donc c’est un nanar, un bon mauvais film. Il y a des moments que j’ai beaucoup aimé, mais dans l’ensemble je suis frustré quand je vois le résultat, qui aurait pu être largement meilleur.
Verdict : Ca passe pas.

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4 commentaires pour La Zone – Go Nagai

  1. Ialda dit :

    Il n’y a qu’un seul vrai dieu des mangas et c’est Go Nagai, qu’on se le dise !

    Re Cutie n’était que supervisé par Anno, chaque épisode était réalisé par qq’un de différent (ce qui explique les différences entre l’excellent épisode de Imaishi, le médiocre du gus de Kanon 1 et le post-eva de Masayuki). Et faut vraiment que tu changes cette image du manga de CHF pour représenter la série originale >_<

    Sinon, en matière de manga, Devilman représente clairement le magnum opus de Go Nagai, rarement un manga a été aussi loin dans la peinture du côté sombre de l’humanité, du démon qui réside en chaque être humain. Les OAV produites par le studio Oh! Prod de Komatsubara valent aussi le coup (et puis la série TV de DM Lady, pour une ambiance un peu plus différente, plus axée horreur).

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  2. gemini dit :

    A propos du manga de Devilman, Dynamic n’a apparemment toujours pas trouvé de distributeur, et les tomes en VF seraient toujours bloqués à l’aéroport… Un beau ratage.

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  3. Rukawa dit :

    nan Nagai c’est un diable.

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  4. Deuz dit :

    J’aime beaucoup ces articles « retrospective ». Je redécouvre Go Nagai depuis peu et je suis en train de devenir totalement fan. Le manga Devilman est un chef-d’oeuvre et c’est bien dommage qu’il ne soit plus disponible en France. Le film est effectivement une daube immonde, les OAVs (non chroniqués ici) sont très regardables par contre. Mao Dante était à l’origine un manga arrété précipitamment par Nagai pour pouvoir justement se lancer sur Devilman. Du coup, ce dernier a eu droit à une fausse fin au bout de 2 tomes seulement (un peu triste quand on commençait à s’imaginer de futurs affrontements très Godzilliesques). Je suis assez curieux de voir ce qu’en a fait l’animé de 2002. Mais avant cela et suivant ta critique élogieuse, je me jette de suite sur Re Cutie Honey ! Pour ma part, je conseille à tous la nouvelle série Shin Mazinger Shôgeki ! Z-Hen.

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