Saint Seiya : La Bataille des Dieux

Après avoir parlé des Guerriers d’Abel, je le confesse : je n’avais pas prévu de digresser sur les autres films tirés de Saint Seiya. Mais regarder La Bataille des Dieux (le second film) m’aura donné envie de dire quelques mots à son sujet.

La Bataille des Dieux est le dernier des quatre films de Saint Seiya que j’ai découvert ; je ne vous expliquerai pas pourquoi : c’est long et inintéressant. Toujours est-il qu’il s’agit d’un film que j’ai regardé pour la première fois sur le tard – mais toujours en VHS, malgré tout – et surtout après avoir vu la saga d’Asgard. Ce détail a son importance.
Comme je l’avais déjà précisé en parlant de cette fameuse saga d’Asgard, elle s’appuie en grande partie sur l’univers mis en place dans ce second film. Sauf que cela, j’en avais cure en regardant la Bataille des Dieux : j’y ai retrouvé des éléments de ma saga favorite, mais je me souviens l’avoir trouvé “insultant par rapport à Asgard”. J’étais jeune et ne mâchais pas mes mots. Bref, ce film m’a fait un effet “bof”, j’ai fait la bêtise de prendre la majestueuse saga d’Asgard comme référence, et j’ai évidemment été très déçu, si bien que je ne l’ai plus revu avant d’acheter les DVD des films de la série. Cette fois, je l’ai regardé avec un œil plus mature, et j’avoue l’avoir trouvé surprenant.

Sur ses terres de Sibérie, Hyoga sauve un homme pourchassé par les troupes d’Asgard. Intriguée par ce qui se trame dans ce petit pays du Nord, Athéna y dépêche le Chevalier du Cygne pour enquêter ; mais du jour au lendemain, celui-ci arrête de donner de ses nouvelles à ses compagnons qui, inquiets, partent à leur tour pour Asgard.
Sur place, le prêtre d’Odin leur promet de les aider à retrouver leur ami, mais ses Guerriers Divins et lui semblent bien être les responsables de l’étrange disparition de Hyoga.

D’emblée, vous remarquerez que le scénario ne ressemble pas tout-à-fait à celui des autres films. Ici, pas de déité revenue sur Terre pour détruire le monde, ni d’Athéna portée sur le masochisme, mais un prêtre bien décidé à utiliser son dieu comme prétexte pour mener à bien ses ambitions personnelles ; les Guerriers Divins ne sont pas pour autant de fiers combattants manipulés, mais de véritables “méchants” : il aurait été dur de les développer sur seulement 45 minutes (soit à peine la moitié d’un affrontement dans la saga d’Asgard).

Toujours dans le registre des différences, ce film commence par la disparition d’un des Chevaliers. Le boss de fin ne dévoile son jeu que tardivement, même si le spectateur se doute bien vite des tenants et aboutissants de l’histoire ; je veux dire, rien qu’à sa tête, nous savons que c’est lui. De la même façon, Athéna ne devient véritablement en danger que vers la fin, quand les affrontements commencent ; car là encore, l’histoire n’est pas constituée que de combats, ce qui coupe radicalement avec les 3 autres films de Saint Seiya ; la base de l’intrigue – avant l’identification formelle du plan criminel du prêtre d’Odin – je le répète, c’est vraiment la disparition de Hyoga, disparition qui va imposer au récit une structure inédite.

Je continue dans les innovations – car décidément, il y en a – en rappelant qu’il s’agit du seul film ne se déroulant pas dans des temples en ruine, puisque ses successeurs sacrifieront à cette “tradition” très caricaturale de la série. Non, lui introduit de nouveaux lieux (les terres glacées du Nord), mais aussi – pour la première fois – il est fait état d’une divinité non grecque : Odin ; lequel dispose, tout comme Athéna, d’un prêtre et de combattants à ses ordres. Là encore, c’est de l’inédit : jusque-là, Saint Seiya se limitait à la mythologie hellénique, et le premier film ne dérogeait pas à cette règle.
Pour finir dans les nouveautés, je préciserai que ce film est le seul à présenter des personnages annexes : Freyr et Freya. Ils ne sont pas liés aux Chevaliers, ne sont pas des combattants (même si Freyr possède apparemment une formation guerrière), mais cela ne les empêche pas de participer au récit, activement de surcroit, en tant qu’habitants d’Asgard opposés aux desseins hérétiques du grand prêtre. A bien y regarder, j’irai même jusqu’à dire que le héros de La Bataille des Dieux n’est ni Seiya, ni même Hyoga, mais bel et bien Freyr, qui se met particulièrement en valeur lors d’une scène épique.

Avec le recul, je me dis donc que j’avais terriblement mésestimé ce moyen-métrage, car j’en attendais du “Asgard”, ce qu’il ne pouvait offrir. Mais bordel, même s’il n’est pas aussi poignant que les Guerriers d’Abel – quoique, la musique aidant, la fin est vraiment réussie – il s’agit d’un film couillu, qui se démarque du scénario ultra-basique des autres avatars cinématographiques de la célèbre licence.
Et puis, techniquement, ça tape : bonne animation, décors absolument magnifiques, et surtout, il y a la musique ! A part le thème d’Hilda de Polaris, tous les thèmes extraordinaires utilisés pour la saga d’Asgard ont initialement été créés pour ce film. Je reste d’ailleurs stupéfait par la quantité et la qualité du travail fourni par le compositeur, Seiji Yokoyama, pour un simple film de 45 minutes tiré d’une série à succès.
Cet anime n’atteint sans doute pas le degré de puissance des Guerriers d’Abel, pourtant moins novateur, mais je le place juste derrière lui en terme de qualité, d’intérêt, et de plaisir.
A noter que pour la VF, et pour des raisons que je ne m’explique pas, Marc François ne double pas Hyoga (alors qu’il participe à ce film en tant que voix de Shiryu), son rôle étant tenu par Gilles Laurent. Incompréhensible…

Comme je n’ai pas arrêté de parler de la saga d’Asgard, qui part des bases mises en place pour ce film, je vais me lancer dans une rapide comparaison des deux. Une comparaison purement scénaristique, car en terme d’émotion, le moyen-métrage se fait joliment éclater. Les deux ne concourent pas dans la même catégorie.
¤ Le pays reste le même, toujours sous la protection d’Odin, et toujours aussi froid. Les paysages et bâtiments du film sont ré-utilisés pour la version télévisée, en particulier la gigantesque statue du dieu nordique, qui ne subit que quelques modifications.
¤ Le principe du prêtre d’Odin demeure, mais il se trouve remplacé par une princesse largement plus agréable à regarder. Par contre, exit Freyr – dommage, c’est clairement la bonne idée du film – et Freya n’est gardée qu’en tant que sœur d’Hilda ; de toute façon, son chara design diffère entre les deux versions, nous pouvons véritablement parler de deux personnages différents.
¤ Hyoga conserve la même importance dans la mise en place du récit, mais cette fois ne disparaît pas.
¤ Les bases des Guerriers Divins restent les mêmes, elles aussi. Pour la saga, leur nombre augmente, et les armures existantes sont légèrement améliorées pour les rendre plus attractives ; il y a des figurines à vendre après, quand même. En observant les armures dans le film, nous reconnaissons bien celles de Gamma, Delta, et Epsilon, même si nous ne connaissons dans cette version que les noms de leurs porteurs : Loki, Ullr, et Runng ; le personnage de Midgard, quant à lui, semble avoir inspiré celui du Guerrier Divin de Beta. A noter que le pendant du Guerrier Divin de Gamma possède déjà l’attaque Mjolnir Hammer, que celui de Delta dispose aussi d’une épée, et que le style de celui d’Epsilon ressemble énormément à Fenril. Comme je l’ai précisé plus haut, la plus grosse différence reste que ces Guerriers ne sont absolument pas développés – et donc attachants – dans La Bataille des Dieux, à la différence de la série télé.
¤ Tout ce qui se rapporte aux Saphirs d’Odin, à l’Epée de Balmung, et à l’Anneau des Nibelungen n’a aucun équivalent dans le film.

Parti comme je le suis, je crois que je vais devoir écrire sur les deux autres films quand je les aurais revu.

Publicités
Cet article, publié dans Animes, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s